Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
138 pages

p. 37 à 38
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Partie 1 : Réseaux sociaux : diversité des approches

n° 147 2008/3

2008 Informations sociales Partie 1 : Réseaux sociaux : diversité des approches

... en contrepoint - Réseaux sociaux en équation

Pierre Grelley
Ceux qui estiment que la sociologie est essentiellement un discours critique dont l’objet réside dans l’étude des déterminations psychosociales des comportements collectifs ne manqueront pas d’être étonnés – et éclairés – par un petit ouvrage sur les réseaux sociaux dont l’auteur, Emmanuel Lazega [1] professeur à l’Université Paris-Dauphine, vient de publier la deuxième édition dans la collection “Que sais-je ?”.
Ici, en effet, la lettre laisse souvent place au chiffre, et la rhétorique au calcul sous ses formes les plus élaborées. Le propos est davantage méthodologique que théorique et porte sur un objectif de repérage, de mesure et de représentation des relations sociales qui s’établissent entre les membres des groupes que l’auteur appelle des “acteurs collectifs” ou des “milieux sociaux organisés”.
Deux spécificités distinguent la démarche. C’est en premier lieu un effort de cartographie dont il n’est pas attendu autre chose d’abord qu’une “mise à plat” forcément simplifiée d’un système très complexe d’interdépendances directes ou indirectes. C’est ensuite une méthode inspirée par l’analyse structurale, qui s’efforce de neutraliser – au moins dans un premier temps – les éléments de situation le moins facilement objectivables, par exemple ceux qui sont trop conditionnés par l’affectif. C’est assez dire que ce qui est privilégié est la prise en compte des formes de rationalité des acteurs considérés, au moins pour les besoins de la cause, comme des homini sociologici dont le comportement serait pratiquement totalement explicable car réductible à des dynamiques mesurables et prévisibles.
La méthode structurale travaille sur des systèmes de relations ou de réseaux dits “complets” qui débordent les réseaux personnels des acteurs, et à travers l’analyse desquels le chercheur s’efforce de montrer comment les relations indirectes – souvent non perçues par les individus eux-mêmes – expliquent le développement des phénomènes sociaux.
Une fois l’acteur ainsi intellectuellement “contrôlé”, il devient possible, à l’instar de ce qui se pratique couramment chez les économistes, de modéliser les situations, c’est-à-dire de construire des simulations censées rendre compte aussi fidèlement que possible de la réalité et d’en faire varier les éléments, par extrapolation ou hypothèse, afin d’anticiper ses évolutions.
Au-delà de l’abstraction de certains des concepts qu’elle utilise (équivalence structurale, cohésion, “centralité”, autonomie…) et de la complexité des procédures mathématiques auxquelles elle a recours, la méthode, si l’on accepte de faire l’effort de l’appréhender, mérite en tout cas davantage que les critiques un peu sommaires d’utilitarisme qui lui sont souvent adressées.
 
NOTES
 
[1]Emmanuel Lazega, 2007, Réseaux sociaux et structures relationnelles, Paris, PUF, coll. “Que sais-je ?”, n° 3399, 127 pages, 7, 60 euros.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Emmanuel Lazega, 2007, Réseaux sociaux et structures relati...
[suite] Suite de la note...