La “discrimination positive” à la française
Les contradictions des politiques publiques
Simon Wuhl
Cet article analyse les limites de la politique française de la discrimination positive – sur le plan des politiques éducatives et de la lutte contre le chômage, notamment – vis-à-vis de son ambition de justice sociale. Celles-ci viennent essentiellement d’une marginalisation des politiques sociales en direction des plus défavorisés par rapport aux politiques globales, d’une difficulté à prendre en compte les facteurs déterminants de la grande précarité et de l’exclusion, et d’une subordination du critère de justice à celui d’efficacité économique immédiate dans des programmes sociaux ciblés. Nous examinons ensuite l’apport de la problématique de John Rawls, qui nous paraît offrir un fondement intellectuel fécond pour surmonter ces contradictions.
• La politique française de discrimination positive
— Éléments de définition
— Caractéristiques
— Critiques et contre-arguments
• Les limites du modèle français
— L’occultation des logiques structurelles
— L’absence de confrontation entre le juste et l’efficace
• L’apport des principes de justice de John Rawls
— La prise en compte des facteurs structurels de l’injustice sociale
— Les conditions d’une priorité du juste sur l’efficace
• Bibliographie