Informations sociales 2009/2
Informations sociales
2009/2 (n° 152)
156 pages
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Partie 3 : Des incertitudes sur les nouveaux modes de gestion et les finalités du travail social

Vous consultezContrepoint - L’animation : une profession ?

AuteurAlain Vulbeau du même auteur



Le secteur de l’animation est difficile à cerner car il pose un triple problème de définition, de dénombrement et de visibilité. Peu légitime mais très demandé, ce domaine d’activité s’inscrit dans une sphère éducative au-delà des frontières de l’Éducation nationale. Une partie de l’animation est professionnelle, une autre relève du bénévolat. Les acteurs de ce champ sont souvent des étudiants de passage qui font de l’animation en attendant d’investir des métiers proches, comme l’enseignement ou le travail social.

2 Si l’on essaie de les dénombrer, on arrive à des résultats partiels : 67 000 personnes, vu de l’Observatoire de la fonction publique territoriale, 140 000 à partir d’Uniformation, 50 000 personnes pour 16 000 équivalents temps plein, selon les chiffres des centres sociaux[1] [1] Observatoire « Emploi formation » (rattaché...
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. Les recensements sont aléatoires et ne tiennent compte, selon les logiques institutionnelles, que du secteur privé ou du public, ou bien encore des personnes employées mais sans les référer à des temps pleins, ce qui se révèle pourtant nécessaire.

3 Francis Lebon, auteur d’une récente étude sur les animateurs[*] [*] Francis Lebon (avec la collaboration d’Emmanuel de Lescure),...
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, a pris comme source les enquêtes Emploi de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), et s’est fondé sur les actifs qui déclarent exercer cette profession. C’est donc l’unité idéologique qui sert de critère, avec un risque de définition extensive mais aussi la certitude d’englober un domaine de toute façon hétérogène par les positions de ses membres (bénévoles, professionnels) ainsi que par l’ampleur de son style pédagogique et de ses projets de transformation sociale.

4 Selon cette étude, les animateurs seraient environ 110 000 en 2005, nombre stabilisé depuis 2000, soit autant que les éducateurs spécialisés et deux fois plus que les assistants de service social. Les femmes composent 70 % des effectifs, à l’identique des professions de santé et du travail social. C’est un jeune métier et un métier de jeunes, puisque deux tiers des animateurs ont moins de 35 ans et que le quart est âgé de 25 à 29 ans, ce qui correspond à la morphologie d’âge des vendeurs, des serveurs, des agents de services commerciaux, etc. Environ 60 % travaillent pour des établissements publics.

5 Le droit d’entrée dans le secteur de l’animation est faible. Des formations existent mais elles ne sont pas toujours nécessaires à l’accès au métier. De plus, ces formations sont hétérogènes dans leurs niveaux (de II à V) et dans leur maîtrise d’œuvre, entre universités, secteur associatif et formation publique territoriale. En outre, les porte-parole de l’animation ne réclament pas de monopole pour la formation, pour l’accès ou encore pour les modalités d’exercice.

6 Au total, l’animation est un secteur flexible et précaire, sans unité (à l’image des classes moyennes qui le composent), qui apparaît comme « une coalition de segments » en relation avec différentes institutions. S’il fallait trouver une unité, on la décèlerait peut-être dans son ancrage local.

 

Notes

[ 1] Observatoire « Emploi formation » (rattaché à la Commission paritaire nationale emploi formation – CPNEF), note de cadrage Emploi 2005, novembre 2006, p. 3-4.Retour

[ *] Francis Lebon (avec la collaboration d’Emmanuel de Lescure), Les animateurs socioculturels et de loisirs : morphologie d’un groupe professionnel (1982-1985), Marly, Injep, 2007.Retour


POUR CITER CET ARTICLE

Alain Vulbeau « Contrepoint - L'animation : une profession ? », Informations sociales 2/2009 (n° 152), p. 143-143.
URL :
www.cairn.info/revue-informations-sociales-2009-2-page-143.htm.