Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 48 à 55
doi: en cours

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Partie II : Le travail, temps pivot

n° 153 2009/3

2009 Informations sociales Partie II : Le travail, temps pivot

Quelle place le travail occupe-t-il dans la vie des Français par rapport aux Européens ?

Lucie Davoine économisteLucie Davoine était, à l’époque de la réalisation de cette recherche, chargée d’études au Centre d’études pour l’emploi. Elle a terminé une thèse sur la qualité de l’emploi en Europe, sujet auquel elle également consacré de nombreux articles (voir notamment L. Davoine, C.Ehrel, M. Guergoat-Larivière, « Evaluer la qualité de l’emploi : les indicateurs de la stratégie européenne de l’emploi et au-delà », Revue Internationale du Travail, nËš 2-3, volume 147, 2008. Lucie Davoine est actuellement administratrice à la Commission Européenne. Cet article reflète uniquement l’opinion personnelle de l’auteur. Dominique Méda sociologueDirectrice de recherches au Centre d’études de l’emploi (CEE), elle a publié de nombreux ouvrages sur le travail (cf. Le Travail, Que sais-je ?, PUF, 2004) et sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale (dont Le temps des femmes. Pour un nouveau partage des rôles, Champs-Flammarion, rééd. 2008).
Quelle place le travail occupe-t-il dans la vie des Européens ? Plusieurs enquêtes européennes permettent d’apporter des éléments de réponse à cette question. Elles mettent en évidence une double spécificité française : les Français affirment, plus intensément que les autres Européens, que le travail est pour eux très important. Mais plus que les autres, ils souhaiteraient que le travail prenne moins de place dans leur vie. L’article, appuyé sur les résultats d’une recherche européenne intitulée Social pattern of relation to work, menée par 6 pays européens et coordonnée par la Fondation Travail-Université, analyse les différentes dimensions de ce paradoxe.
Les Français sont-ils davantage attachés au travail que les autres Européens ? L’exploitation des enquêtes valeurs le laisserait penser. Or une étude comparée avec d’autres enquêtes tend à montrer que cet attachement s’accompagne d’un vif souhait que le travail occupe moins de place dans leur vie. Comment expliquer cet apparent paradoxe ?
Depuis qu’elles existent, les enquêtes européennes sur les valeurs mettent en évidence que les Français accordent une très grande importance au travail, mais aussi qu’ils sont les plus nombreux parmi les Européens à souhaiter voir celui-ci occuper une moindre place dans leur vie. Comment expliquer ce paradoxe ? Que signifie ce plébiscite du travail par les Français ? À quelle dimension du travail se réfèrent-ils ? Dans cet article, nous mobilisons les enquêtes européennes et françaises qui nous permettent de cerner les spécificités de l’attachement des Français au travail. Nous nous appuyons essentiellement sur les différentes vagues de trois enquêtes internationales : les vagues 1981, 1990 et 1999 de l’European Values Surveys (EVS), les vagues 1989, 1997 et 2005 de l’International Social Survey Programme (ISSP) et les vagues 2002 et 2004 de l’European Social Survey (ESS). Plus ponctuellement, nous utilisons les résultats des Eurobaromètres, du Panel communautaire des ménages et de l’enquête européenne sur les conditions de travail, ainsi que des enquêtes nationales suivantes : « Travail et mode de vie », réalisée en 1997 (Baudelot et Gollac, 2003) ; l’enquête de l’Observatoire sociologique du changement intitulée « Emploi salarié et conditions de vie », qui a eu lieu en 1995 (Paugam, 2000) ; l’enquête « Histoire de vie – Construction des identités », menée en 2003 (Garner et al., 2006).
Dans un premier temps, nous précisons les différentes dimensions du travail et analysons celles qui expliquent la singularité française.
Dans une seconde partie, nous proposons deux grandes catégories d’explications susceptibles de permettre de comprendre pourquoi, malgré ces scores, les Français considèrent que ce serait une bonne chose que le travail occupe une place moins importante dans leur vie.
 
Un rapport spécifique des Français au travail
 
 
Le travail occupe une place centrale dans la vie des Européens : seule une minorité de personnes interrogées – moins de 20 % dans quasiment tous les pays – déclarent que le travail n’est « pas très important » ou « pas important du tout » dans leur vie. L’hétérogénéité européenne apparaît néanmoins dès que l’on distingue le degré d’importance accordé au travail. 40 % seulement des Danois et des Britanniques déclarent ainsi que le travail est « très important ». La France occupe une position singulière : elle se distingue des pays continentaux et méditerranéens par une proportion plus importante d’habitants – de l’ordre de 70 % – pour lesquels le travail est « très important ». Elle se trouve ainsi proche des pays les plus pauvres d’Europe au sens du Produit intérieur brut (PIB) par habitant (avec la Roumanie et la Pologne). Comment expliquer de telles différences au sein de l’Union européenne (UE) ? Comment comprendre la position singulière de la France ?
Corrélation entre importance accordée au travail et niveau de chômage
Il existe un lien très fort, en France et en Europe, entre l’importance accordée au travail et le taux de chômage : c’est dans les pays qui doivent faire face à un chômage de masse que les habitants considèrent le plus souvent le travail comme « très important ». Le taux de chômage et l’insécurité en matière d’emploi pourraient donc expliquer l’importance que le travail revêt aux yeux des Français, comme l’avaient bien mis en évidence les analyses de Christian Baudelot et Michel Gollac à partir de l’enquête « Travail et modes de vie », en 1997. Les chômeurs et les salariés en emploi temporaire citaient en effet beaucoup plus souvent que les titulaires d’emplois stables le travail parmi les conditions nécessaires au bonheur.
Pourtant, les réponses des Français ne s’expliquent pas entièrement par le taux de chômage et l’insécurité sur le marché du travail. Pour affiner l’analyse, nous avons utilisé la grille offerte notamment par Ronald Inglehart [*]. L’objectif était de tenter de comprendre si le fait que le travail soit considéré comme plus important en France que dans d’autres pays s’expliquait plutôt par une plus grande prégnance de l’éthique du devoir, par l’effet d’une situation de l’emploi particulièrement mauvaise par rapport à d’autres pays européens (notamment en ce qui concerne le taux de chômage et les inquiétudes liées à l’insécurité de l’emploi) ou par des attentes spécialement fortes vis-à-vis du travail, notamment marquées par le souhait que celui-ci devienne un lieu d’expression de soi, permettant de nouer des liens sociaux, et donc par des dimensions postmatérialistes. Nos résultats mettent en évidence que deux de ces hypothèses permettent d’expliquer la situation française.
L’intérêt intrinsèque du travail
L’éthique du travail au sens où le travail serait considéré comme un « devoir à l’égard de la société » n’est pas très présente en France. Par ailleurs, pour moins de 30 % des Français, le travail est « juste un moyen de gagner sa vie », et 60 % d’entre eux continueraient à travailler même s’ils n’avaient pas besoin d’argent. La valeur instrumentale du travail n’est ni plus ni moins développée que dans des pays comparables comme l’Allemagne : elle l’est certes plus qu’en Suède, au Danemark et aux Pays-Bas, mais moins que dans les pays méditerranéens. Les Français se distinguent en fait par l’importance qu’ils accordent à l’intérêt intrinsèque de l’emploi : d’après l’ISSP, près de 65 % de la population déclare cet aspect « très important » en 1997 et de nouveau en 2005. Cette proportion est moins élevée dans la plupart des autres pays européens. Les Français sont également beaucoup plus nombreux que les Suédois et que les Britanniques à estimer que le développement de leurs capacités passe par un travail : plus de la moitié d’entre eux sont « tout à fait d’accord » avec l’idée que le travail est nécessaire pour développer pleinement ses capacités. C’est le score le plus élevé d’Europe. Ils sont moins de 20 % à partager cette opinion en Grande-Bretagne, en Suède et en Finlande.
Ce résultat confirme l’idée que le travail occupe une place tout à fait singulière en France, alors que les pays anglo-saxons et scandinaves n’y placent pas de tels espoirs. Les Français accordent une importance spécifique à l’intérêt du travail, qui ne peut s’expliquer ni par les caractéristiques de la population en emploi ni par les effets de contexte. Plus généralement, le travail correspond plus fréquemment à un investissement affectif en France (Solom, 2006 ; TNS Sofres, 2007). Les Français sont ainsi 42 % à penser qu’ils « s’accomplissent souvent dans le travail » pour une moyenne européenne de 30 % (Solom, 2006). Ils plébiscitent les notions d’accomplissement et de fierté alors que les Britanniques, par exemple, évoquent plus spontanément l’idée de routine, marquant un rapport plus distancié au travail. On retrouve ici les idées développées par Philippe d’Iribarne (1989, 2006) : les valeurs françaises opposent le travail « vil » au travail « noble », qui échappe à la logique du marché, pour s’appuyer sur une logique interne, celle de l’honneur du métier. Si l’on adopte ce type d’explication, la société française resterait structurée par une hiérarchie sociale, par des « rangs » dont l’accès est conditionné par la réussite au sein du système scolaire. C’est cette place centrale du diplôme dans la stratification sociale et, par conséquent, le fait que le travail soit un véritable statut social qui pourrait expliquer les investissements dont celui-ci est l’objet.
 
Un souhait exprimé de diminuer la place occupée par le travail : le paradoxe français
 
 
Si les Français sont les plus nombreux à déclarer que le travail est important ou très important, ils sont également les plus nombreux à souhaiter le voir occuper moins de place. Près de la moitié des Britanniques, des Belges et des Suédois souhaiteraient que le travail prenne moins de place dans leur vie. Cette proportion atteint 65 % en France. Comment expliquer un tel paradoxe ? D’abord, il est possible qu’il s’agisse moins d’un paradoxe que d’un effet grossi des débats publics de l’époque. L’année 1999, date de ces résultats, est en effet celle où les débats sur la réduction du temps de travail battaient leur plein en France. Mais les enquêtes les plus récentes dont on dispose, par exemple la vague de l’ISSP de 2005, précisément consacrée au travail, montrent pourtant qu’une part importante des Français continue, malgré un changement d’époque et de « mode » vis-à-vis du temps de travail, à désirer réduire le temps consacré au travail (37 %), même si une petite partie souhaite aussi augmenter le temps consacré à celui-ci (17 %).
Deux grands types d’explications sont susceptibles, de notre point de vue, d’éclairer ce paradoxe. Le premier insiste sur les dysfonctionnements propres à la sphère du travail : les individus, dotés d’attentes très fortes vis-à-vis de ce dernier, verraient ces attentes déçues en raison de l’incapacité de ladite sphère à les combler et des mauvaises conditions d’exercice du travail. Le second fait intervenir les autres sphères de réalisation ou d’expression de soi, les autres sources d’identité. La résolution du paradoxe s’expliquerait moins (ou autant) par l’insatisfaction issue de la sphère du travail que par la trop grande emprise de celui-ci et par son empiètement sur d’autres sphères jugées importantes, par le trop faible espace-temps qu’il laisse à ces autres activités et par les modalités défectueuses d’articulation entre les différentes sphères.
Malaise au travail
Selon Thomas Philippon (2007), il n’y aurait pas de crise de la valeur travail en France mais l’expression d’un fort malaise au travail. Les relations sociales en France seraient tellement exécrables que les salariés désespéreraient du travail et se mettraient en quelque sorte dans une position de retrait : la volonté de réduire la place occupée par le travail serait la conséquence de l’impossibilité de changer ce dernier et l’expression des difficultés ressenties dans la vie de travail. C’est en effet en France que les relations avec la direction sont les plus mauvaises, d’après les trois vagues de l’ISSP : 52 % des salariés français estiment que leur relation avec la direction est « bonne », alors que cette proportion atteint plus de 60 % dans tous les autres pays de l’UE 15 et près de 80 % en Allemagne, en Irlande et au Portugal. Plus généralement, la France apparaît mal placée, en Europe, du point de vue de la perception par les salariés de leurs conditions de travail, de la sécurité de l’emploi et des aspects matériels de leur travail. Il en résulte une forte insatisfaction qui pourrait être à l’origine, pour une partie de la population, d’un certain retrait vis-à-vis de la sphère du travail (Garner et al., 2005 ; Amossé et Chardon, 2006).
L’intérêt que les Français portent au travail semble avoir pour revers de la médaille un certain stress et un investissement épuisant. Les résultats de l’ISSP mettent en effet en évidence que la France se distingue par une proportion de travailleurs qui se déclarent soumis au stress plus importante qu’ailleurs. Les Français sont aussi ceux qui se sentent le plus souvent épuisés après le travail. En outre, la France n’est pas épargnée par la progression de l’intensité du travail, qui touche la plupart des pays européens (Green, 2006). Plus de la moitié des travailleurs sont concernés, si l’on en croit l’enquête européenne sur les conditions de travail (Parent-Thirion et al., 2007).
Par ailleurs, les générations françaises les plus jeunes, si elles s’impliquent dans le travail aujourd’hui, ont également investi massivement dans l’éducation et dans la formation, avant même d’intégrer le marché du travail, avec, entre autres espoirs, celui de décrocher un emploi intéressant. Ces espoirs semblent aujourd’hui déçus. La France se distingue en effet par un sentiment de déclassement beaucoup plus affirmé que dans d’autres pays : plus de 4 Français sur 10 estiment que leur qualification leur permettrait d’effectuer un travail plus exigeant, d’après l’enquête européenne sur les conditions de travail (Davoine et Méda, 2008). Si les salariés français se plaignent du stress et de la mauvaise qualité des relations sociales, ils se disent aussi mécontents de leur salaire : selon l’ISSP, seuls 15 % estiment que leur revenu est élevé, ce qui place la France en dernière position avec le Portugal. L’Eurobaromètre spécial de 2007 sur la « réalité sociale en Europe » confirme ce résultat. Les Français sont beaucoup moins satisfaits de leur salaire que les habitants des pays aussi développés que la France. Leur taux de satisfaction avoisine celui des Polonais et des Portugais : il est de 76 %, alors qu’il atteint plus de 90 % dans les pays nordiques ou anglo-saxons (Commission européenne, 2007).
Cette situation est d’autant plus désespérante pour les Français qu’ils croient peu en des perspectives de promotion. La France est en effet le pays où les chances subjectives de promotion seraient les plus faibles. Les conditions de travail, son organisation et les rétributions qui en découlent (salaire, sécurité, perspective de promotion) s’y révèlent, selon l’opinion des travailleurs, plus médiocres que dans d’autres pays européens. En d’autres termes, si l’appétence au travail reste très vivace, les conditions qui l’entourent ont pu susciter une certaine frustration parmi les Français, qui souhaiteraient par conséquent réduire l’importance que celui-ci occupe dans leur vie.
Une volonté de passer plus de temps en famille
Les explications présentées ci-dessus étaient principalement « négatives ». Mais la prise en considération des attentes que les Européens, et plus encore les Français, manifestent vis-à-vis d’autres domaines ou d’autres sphères de vie que le travail montre qu’il est nécessaire de faire place à des explications plus positives. Toutes les enquêtes européennes et françaises mettent en effet en évidence, depuis plusieurs années, la force des attentes, souvent insatisfaites, concernant la famille, particulièrement en France. Loin d’apparaître seulement comme un refuge, une « valeur » ou une activité d’autant plus appréciée que le travail serait décevant, « la famille » se présente au contraire comme un domaine d’investissement affectif et de réalisation de soi extrêmement attractif, susceptible non seulement d’être affecté par ce qui se passe au sein de la sphère du travail mais aussi d’affecter la vie de travail, et comme une activité extrêmement consommatrice de temps qui entre directement en concurrence avec le travail, particulièrement pour les femmes.
Dans l’enquête de l’EVS, la famille est citée comme très importante par 88 % des Français interrogés en 1999 (contre 66 % pour le travail). En souhaitant réduire la place que le travail occupe dans leur vie, ceux-ci n’expriment donc pas un désinvestissement du travail mais le souhait que la place prise par ce dernier ne les empêche pas d’assurer leurs autres investissements dans des activités consommatrices de temps comme la famille. L’enquête « Histoire de vie – Construction des identités » met ainsi en évidence que, lorsque l’on demande aux personnes de dire si le travail est plus ou moins important que d’autres « activités » ou « temps de vie », notamment la vie familiale, la vie sociale et la vie personnelle, 66 % des actifs en emploi déclarent que « le travail est assez important mais moins que d’autres choses (vie sociale, vie familiale, vie personnelle…) » et 25 % « très important mais autant que d’autres choses ». Le fait d’avoir des enfants, surtout pour les femmes, augmente la probabilité d’accorder moins d’importance relative à son travail qu’à d’autres domaines de la vie. L’existence d’une charge de famille ou d’une famille constituée comme pôle d’intérêt, d’investissement et de charge, apparaît bien comme un facteur explicatif majeur de la relativisation de la place accordée au travail par rapport à d’autres activités (Garner et al., 2005).
Si la famille constitue une sphère de vie dont les individus attendent autant de satisfaction que du travail et s’ils la considèrent, à l’instar de ce dernier, comme un lieu permettant la réalisation de soi et le développement de liens forts, il importe qu’ils puissent consacrer le temps nécessaire à chacune – un temps d’ailleurs d’autant plus lourd et « rigide » qu’il y a présence de jeunes enfants – et notamment que la sphère du travail n’empiète pas sur celle de la famille. La volonté de réduire la place occupée par le travail peut ainsi s’interpréter comme le signe que les individus considèrent que la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale fait aujourd’hui l’objet de dysfonctionnements.
En effet, dans la version de l’International Social Survey consacrée au travail (2005), on demande aux personnes si elles aimeraient consacrer plus, moins ou autant de temps à un certain nombre d’items (le travail, les loisirs, la famille…). Dans toute l’Europe, la famille est citée en premier : plus de 60 % des personnes voudraient y consacrer plus de temps (alors que 20 % seulement des personnes aimeraient consacrer plus de temps au travail). Ce désir est particulièrement vif en France, puisque 75 % des Français souhaiteraient accorder plus de temps à leur famille.
***
Dès lors, le désir de voir le travail prendre moins de place ne peut en aucun cas être interprété comme le signe d’une aspiration aux loisirs ou d’une inappétence pour celui-là. Il s’agit bien plutôt de l’expression d’un dysfonctionnement de la sphère du travail assez spécifique à la France (en raison de la dégradation des conditions de travail et du sentiment d’insécurité de l’emploi), ainsi que d’une intention positive de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Cette inclination s’inscrit dans un contexte de montée ininterrompue de l’activité des femmes et d’insuffisance des politiques publiques et d’entreprise permettant aux individus de s’engager également dans les différentes sphères de vie auxquelles ils attachent de l’importance et qui constituent pour eux autant de modalités diverses de leur réalisation (Méda, 2001 ; 2004).
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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·  Baudelot C. et Gollac M., 2003, Travailler pour être heureux ? Le bonheur et le travail en France, Paris, Fayard.
·  Commission européenne, 2007, « La réalité sociale européenne », Rapport sur l’Eurobaromètre spécial 273/Vague 66.3.
·  Davoine L. et Méda D., 2008, « Place et sens du travail : une singularité française ? », document de travail du Centre d’études pour l’emploi (CEE), n° 96.
·  Davoine L., 2007, « La qualité de l’emploi : une perspective européenne », thèse de doctorat, Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.
·  Delay B., 2008, « Les rapports entre jeunes et anciens dans les grandes entreprises. La responsabilité organisationnelle dans la construction de dynamiques intergénérationnelles coopératives », document de travail du CEE, n° 103 ; 2008, « Les jeunes : un rapport au travail singulier ? Une tentative pour déconstruire le mythe de l’opposition entre les âges », document de travail du CEE, n° 104.
·  Garner H., Méda D. et Senik C., 2005, « Conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, les leçons des enquêtes auprès des ménages », Travail et emploi, n° 102, avril-juin, p. 57-67 ; 2006, « La place du travail dans les identités », Économie et statistique, nos 393-394, p. 21-39.
·  Green F., 2006, Demanding Work. The Paradox of Job Quality in the Affluent Economy, Princeton et Oxford, Princeton University Press.
·  Inglehart R. et Baker W. E., 2000, « Modernization, Cultural Change, and the Persistence of Traditional Values », American Sociological Review, vol. 65, n° 1, p. 19-51.
·  Méda D., 2001, Le temps des femmes, pour un nouveau partage des rôles, Paris, Flammarion, rééd. Champs Flammarion, 2008 ; 2004, « La place du travail dans la vie des salariés », Tempos, n° 1, janvier ; 2004, Le travail, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? ».
·  Iribarne P. (d’), 1989, La logique de l’honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales, Paris, Le Seuil.
·  Méda D. et Périvier H., 2007, Le deuxième âge de l’émancipation, Paris, Le Seuil, coll. « La république des idées ».
·  Parent-Thirion A., Macías E. F., Hurley J. et Vermeylen G., 2007, Fourth European Working Conditions Survey, Dublin, European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions.
·  Paugam S., 2000, Le salarié de la précarité, Paris, Presses universitaires de France.
·  Philippon T., 2007, Le capitalisme d’héritiers. La crise française du travail, Paris, Le Seuil.
·  Riffault H. et Tchernia J.-F., 2002, « Les Européens et le travail : un rapport plus personnel », Futuribles, n° 277, juillet-août.
·  Solom A., 2006, « Salariés et entreprises : vers une relation “transactionnelle” ? », Ipsos Ideas, mars.
·  Les auteures remercient Patricia Vendramin, coordonnatrice de la recherche européenne Sprew (Social pattern of relation to work) dans le cadre de laquelle les travaux présentés ci-après ont été réalisés.
 
NOTES
 
[*]Il propose de distinguer trois grandes époques dans le sens accordé au travail : dans un premier temps, celui de la tradition, le travail renvoie à une « éthique du devoir », à une obligation vis-à-vis de la société. Au cours de la deuxième époque, correspondant au développement de valeurs individualistes et rationnelles, il acquiert une valeur instrumentale et est recherché pour la sécurité et pour le revenu qu’il peut apporter. Dans une troisième époque, caractérisée par la montée de valeurs « post-matérialistes », il devrait avant tout permettre aux individus de s’épanouir.
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