Informations sociales 2012/2
Informations sociales
2012/2 (n° 170)
144 pages
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Partie 2 - Les différents types de médiation

Vous consultezContrepoint. Assistantes sociales du travail : une place clé

AuteurCaroline Helfter du même auteur



« Que de préventions ne devaient-elles pas vaincre ? Les chefs de service craignaient leur intrusion dans le fonctionnement des ateliers ; les ouvrières redoutaient la sévérité de nouvelles surveillantes. Aucune de ces craintes ne se réalisa ». Ainsi est présentée, en novembre 1917, l’arrivée des surintendantes dans les usines en guerre[1][1] In Actualités sociales hebdomadaires, n° 2520 du 31 août...
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. Ces nouvelles recrues sont fraîchement émoulues de l’École des surintendantes d’usine, qui a ouvert ses portes le 1er mai précédent à l’initiative de cinq militantes engagées dans l’action sociale et le mouvement pour le vote des femmes : Cécile Brunschvicg, Henriette Viollet, Marie Routier, Renée de Montfort et Marie Diemer[2][2] L’école prendra en 1990 le nom d’École supérieure...
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. Décrites comme les « associées morales et sociales » des directeurs, les surintendantes ont pour fonction de décharger les intéressés du souci de suivre leur personnel féminin – soit aussi de les prémunir d’éventuels conflits sociaux. Leur rôle est également d’aider les « munitionnettes » à concilier leur double condition de mères et d’ouvrières. Ce positionnement préfigure celui des quelque 3 500 conseillères du travail – nouveau nom des surintendantes depuis 2004 – et assistantes sociales qui exercent aujourd’hui au sein d’administrations ou d’entreprises privées. Ces intervenantes, des femmes quasi exclusivement, sont chargées d’aider les salariés à résoudre les problèmes personnels ou professionnels qui se posent à eux, tout en apportant un appui technique aux employeurs sur la gestion des dossiers sociaux.

2 Peu ou mal connues, les assistantes sociales du travail occupent une place clé. De fait, la « compétence technique [de l’assistante sociale], sa capacité d’analyse des potentialités et des forces vives de l’entreprise, sa position “transversale” par rapport aux autres services, sa connaissance des législations sociales lui permettent de formuler des diagnostics socioprofessionnels et d’assumer un rôle d’étude, de conseil, de communication, d’animation et de médiation », soulignent les sociologues François Aballéa et Charlotte Simon[3][3] In Le service social du travail. Avatars d’une fonction,...
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.

3 À ce titre, le service social du travail constitue notamment une ressource de premier plan en matière de traitement de la souffrance au travail. Pourtant, les assistantes sociales sont souvent marginalisées sur le sujet sensible des risques psychosociaux, fait observer la journaliste Caroline Sédrati-Dinet[4][4] Voir « Sur le front des risques psychosociaux », Actualités...
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. Cette marginalisation serait notamment due à l’ombre que leur font de gros cabinets d’expertise ou de coaching et à leur propre discrétion : « Soumises au secret professionnel, comme leurs consœurs de la polyvalence de secteur, [les assistantes sociales du travail] peinent à rendre visible leur action », note Caroline Sédrati-Dinet.

 

Notes

[1] In Actualités sociales hebdomadaires, n° 2520 du 31 août 2007. Retour

[2] L’école prendra en 1990 le nom d’École supérieure de travail social (Etsup). Retour

[3] In Le service social du travail. Avatars d’une fonction, vicissitudes d’un métier, L’Harmattan, 2004. Retour

[4] Voir « Sur le front des risques psychosociaux », Actualités sociales hebdomadaires, n° 2694 du 25 janvier 2011.Retour


POUR CITER CET ARTICLE

Caroline Helfter « Contrepoint. Assistantes sociales du travail : une place clé », Informations sociales 2/2012 (n° 170), p. 61-61.
URL :
www.cairn.info/revue-informations-sociales-2012-2-page-61.htm.