Armement et dépenses publiques, quels enjeux pour l'analyse robinsonienne ?
Renaud Bellais
Les dépenses publiques tiennent une place cruciale dans la théorie
keynésienne. Comment ne pas questionner J. Robinson sur les conséquences de la course aux armements ? D'autant que l'économiste de Cambridge s'est farouchement opposée au "keynésianisme militaire". Il est
intéressant de replacer les dépenses militaires au cœur de son analyse,
pour en montrer l'intérêt et souligner ses limites. Politiquement dangereuses et économiquement peu efficaces, ces dépenses peuvent jouer un
rôle important pour pallier les carences du capitalisme en permettant des
investissements que les investisseurs privés refusent ou négligent en dépit
de leur rôle clé en longue période
Public expenditures have a crucial
place within the Keynesian theory. How then not questioning J. Robinson
about the consequences of arms race? Especially since the Cambridge
economist has been fiercely opposed to "military Keynesianism". It is
interesting to replace military expenditures in her analysis, to show its
interest as well as underline its limits. Politically dangerous and economically inefficient, these expenditures can play an great role to alleviate deficiencies of capitalism by allowing investments rejected or
neglected by private investors despite their key role in a long-term
perspective.
• ÉCONOMIE ET COURSE AUX ARMEMENTS
— Course aux armements et menace nucléaire
— Un pervertissement politique et économique
— Keynésianisme militaire et dépenses publiques
• PRODUCTION D'ARMES, CROISSANCE ET
ACCUMULATION
— Un médiocre instrument contracyclique
— Investissement privé et défense dans les hautes technologies
— La "pilule" et la "confiture"
• BIBLIOGRAPHIE