Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
226 pages

p. 205 à 207
doi: 10.3917/inno.014.0205

Veille sur la revue
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no 14 2001/2

 
…de la méthode en économie
 
 
Les méthodes de l'éthologie sont plus appropriées que les mathématiques à l'étude de l'activité économique et il est vrai que nous savons beaucoup de choses sur l'histoire naturelle de la vie des entreprises grâce à des études d'économie industrielle, de gestion financière et des conditions de travail. Mais ces connaissances ne peuvent être correctement exploitées s'il faut les compresser dans une formule qui gomme la distinction entre le futur et le passé. J. Robinson, 1977, Contributions à l'Économie Contemporaine, Economica, 1984, p.41.
 
…de Keynes
 
 
Keynes considérait le triomphe d'Adam Smith sur les
Mercantilistes et de Ricardo sur Malthus comme une victoire du dogmatisme sur le bon sens, et il ne comprit jamais rien à Marx ; les conceptions de la "Théorie Générale" ont cependant beaucoup plus en commun avec l'école classique de la première moitié du
XIXème siècle qu'avec les doctrines néoclassiques dont Keynes a été nourri. J. Robinson, 1974, Contributions à l'Économie Contemporaine, Economica, 1984, p.17.
 
…de Marx
 
 
Les économistes orthodoxes, dans leur ensemble, s'identifièrent avec le système et entreprirent d'en faire l'apologie, tandis que
Marx se fixa la tâche de comprendre le mécanisme du capitalisme pour hâter la chute de celui-ci. Marx avait conscience de son but.
Les économistes, en général, agissaient inconsciemment. J. Robinson, 1942, Essai sur l'économie de Marx, Dunod, 1971, p.1.
 
…de Schumpeter et de Galbraith
 
 
On peut construire une excellente défense du capitalisme, en tant que système économique, sur l'analyse de Marx. Schumpeter s'y livra, et plus près de nous, et de façon plus élaborée, son disciple le professeur Galbraith. Ils fournissent une défense rigoureuse, cynique et intelligente des règles du jeu capitaliste, qui est beaucoup plus efficace que la plaidoirie sophistiquée de l'école orthodoxe. J. Robinson, 1955, Contributions à l'Économie Contemporaine, Economica, 1984, p.137.
 
…de la firme
 
 
Dans une première étape, une firme peut être identifiée avec le capital qu'elle contrôle ; la taille et le nombre des firmes constituant l'ensemble de la structure industrielle ne sont pas importants en eux-mêmes. Toutefois l'interdépendance des firmes est déterminante dans la mesure où elle constitue une des causes de l'accumulation et du progrès technique dans l'industrie considérée comme un tout (...) Les anticipations de profit de la firme individuelle dépendent du comportement des autres firmes. J.
Robinson, 1971, Hérésies économiques, Calmann-Lévy, 1972, pp.178-79.
 
…de la concurrence imparfaite
 
 
Lorsqu'on expose les principes de l'analyse économique, il est d'usage de commencer l'analyse d'un monde de concurrence pure et parfaite et de traiter le monopole comme un cas particulier. (...)
Ce processus peut avantageusement être renversé, et (...) il est plus correct de commencer par l'analyse du monopole, en traitant de la concurrence pure et parfaite comme un cas particulier. J.
Robinson, 1933, L'économie de la concurrence imparfaite, Dunod, 1973, p.287.
 
…de la synthèse (les néoclassiques vers Keynes, modèle IS-LM)
 
 
La vieille orthodoxie, contre laquelle la révolution keynésienne s'est tournée, était fondée sur la loi de Say pour qui il ne peut avoir de demande insatisfaite. Les dépenses créent la demande pour les biens de consommation, tandis que l'épargne crée la demande pour les biens d'investissement, tels les équipements et les approvisionnements. Keynes a souligné l'évidence du fait que l'investissement est guidé par les décisions des firmes et des institutions publiques, non par le désir d'épargner de la communauté. Une hausse de l'épargne des ménages entraîne la diminution de la consommation ; ce qui n'accroîtra pas l'investissement mais réduira l'emploi. Selon la doctrine du keynésianisme bâtard, il est possible de calculer le taux d'épargne que les ménages, pris collectivement, désirent réaliser, et alors les gouvernements, par une politique fiscale et monétaire, pourront organiser l'investissement de ce montant d'épargne. La loi de Say est ainsi artificiellement restaurée et, à l'abri, toutes les vieilles doctrines réapparaissent lentement. J.
Robinson, Further Contributions to Economics, Oxford, 1980, p.34.
 
…de l'accumulation en longue période
 
 
Lorsque vous concevez la Théorie Générale en longue période, vous devez débuter avec le schéma de reproduction élargie de
Marx. Mais dans ce cas vous ne trouverez pas un modèle tout fait. (...) Les marxistes actuels, bien sûr, utilisent ce modèle, mais ils ne peuvent l'expliquer que dans le jargon, ce qui n'aide en rien un
Anglais monoglotte. Monsieur Harrod a découvert le truc et a créé le modèle lui donnant l'étrange et joli nom de "taux garanti de croissance du revenu national". J. Robinson, Collected Economic Papers, vol.4, Basic Blackwell, 1980, p.253.
 
…d'un ordre économique mondial nouveau
 
 
Si l'on pense aux immenses progrès techniques qui ont été réalisés et les immenses dépenses effectuées dans les armes dévastatrices, les vols supersoniques, la course à la lune, il est évident qu'avec un peu de bon sens et de bonne volonté il serait possible d'améliorer la condition de toutes les femmes. Mais il faudrait que ce soit un bon sens et une bonne volonté authentiques, et non des intérêts nationaux déguisés. J. Robinson, The New Mercantilism, Cambridge U.P., 1966.
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