Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
226 pages

p. 97 à 119
doi: 10.3917/inno.014.0097

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no 14 2001/2

2001 INNOVATIONS

Variations des rapports des produits et des prix à partir d'un changement technique. Étude inspirée d'un modèle d'accumulation de Robinson-Eatwell et de celui de Marx révisé par Rosa Luxembourg

Nicolas Zagouras Université de Patras
Un changement technique qui implique l'élévation du taux machines/ travail est à l'origine de deux phénomènes oscillatoires joints (du prix de la machine sur la ligne de la valeur et du taux de la production de machines sur la production de biens de consommation fluctuant sur la ligne de la "proportionnalité" – de la proportion nécessaire à la réalisation de l'échange en valeur). Cependant, la dynamique de l'accumulation amortit les oscillations ainsi produites et conduit les prix vers la valeur et les deux productions vers les justes proportions A technical change which implies a raising of the equipment/labour rate is at the origin of two joint oscillatory phenomena (of the equipment price on the value trend and of the equipment production rate on the production of consumer goods varying on the "proportionality" trend – from the necessary proportion to the realisation of the exchange in terms of value). Nevertheless, the dynamic of accumulation damp out the oscillations produced and leads prices to the value and the two productions to the real proportions
 
A PROPOS DE LA PRÉFACE "ROSA LUXEMBURG'S ACCUMULATION OF CAPITAL"
 
 
Dans sa préface à l'édition anglaise de l'Accumulation du capital de R. Luxembourg, Joan Robinson [(1951) pp. 16-17, 24-25 ou (1960) pp. 62-63,70] développe une critique très intéressante du modèle marxiste de la reproduction élargie du capital. Marx a fourni, dans le Capital (livre III, chap. XXI), deux exemples numériques sur la reproduction élargie du capital. L'un de ces exemples, qui est considéré comme le plus réussi, retient pour les deux secteurs la même composition organique de capital, le même taux de plus-value, le même taux de la consommation de la plus-value par les capitalistes, et de la consommation de la totalité de la valeur par les ouvriers. Marx considère que les produits des deux sections trouvent des débouchés à l'intérieur du système, à condition que les amortissements du capital des deux sections, plus la partie des plus-values de deux sections investie en moyens de production soit égale à la production de la section I (cf. Denis, 1988,5ème partie : chap. 6, paragr. 3. D).
Lorsque les taux initiaux sont retenus, la reproduction du capital est assurée durant toutes les périodes consécutives, selon les mêmes taux de croissance, par section et par période. Par contre, si la composition organique du capital et le taux de la plus-value sont augmentés, Rosa Luxembourg a montré, qu'il y aura "un déficit croissant de moyens de production et un excédent croissant de moyens de consommation" (1972,2e vol, pp. 12 et suivantes).
Interprétant, d'abord, le schéma de Marx de la reproduction élargie, Joan Robinson en déduit l'hypothèse implicite que "les plus-values épargnées et en croissance dans chaque secteur (de biens de production et de biens de consommation) sont toujours investies en capital dans le même secteur. Un capitaliste n'accorde jamais de prêts à un autre capitaliste et il ne déplace jamais sa sphère d'opération d'un département à l'autre" ; "la conception semble être que chaque capitaliste investit ses épargnes dans ses anciennes affaires". Cette interprétation du schéma de Marx de la reproduction élargie du capital ne nous paraît pas juste. Marx développe son schéma dans le dernier chapitre du deuxième livre selon l'hypothèse de la composition organique constante du capital et avec égalisation des taux de profit entre les deux sections ; dans ce contexte donc, les capitalistes n'ont aucune raison d'investir les plus-values épargnées ou de réinvestir les fonds d'amortissement en dehors du secteur de leurs affaires. L'hypothèse implicite accordée au modèle marxiste est d'ailleurs incompatible, comme le remarque à juste titre Joan Robinson, avec le postulat de Marx selon lequel le taux de profit sur les capitaux tend à s'égaliser à travers l'économie par les flux des nouveaux investissements et "le transfert de capital sous forme des fonds d'amortissements qui sont réinvestis dans les lignes de production les plus profitables et loin des lignes les moins profitables".
Critiquant le schéma de la reproduction élargie qui résulte de l'introduction d'un accroissement constant de la composition organique du capital, Joan Robinson observe un manque de rigueur dans la méthode d'argumentation utilisée : "Il ne découle rien du fait qu'un exemple numérique particulier n'arrive pas à donner une solution". Puis, Joan Robinson reprend son argumentation précédente : "Le modèle est super-déterminé‚ en raison de la règle que l'accroissement du capital dans chaque secteur doit égaliser en fin d'année l'épargne faite dans ce même secteur durant cette même année. S'il était permis à des capitalistes de fournir une partie de leurs épargnes du secteur II au secteur I afin qu'elles soient investies en son capital, un déclin (breakdown) ne serait pas inévitable". [1]
Cependant, il faut chercher la réponse également par la voie suivante : i) envisager les modifications des prix, dans le sens de la hausse des prix des produits en déficit et de la baisse des prix des produits en excédent, ii) établir les changements des taux de profits qui en découlent et iii) analyser les mouvements amorcés qui produisent les tendances à la péréquation des taux de profits par l'accumulation interne différenciée des secteurs. Un modèle simplifié d'accumulation de Joan Robinson-John Eatwell nous paraît commode à cette fin. Il s'agit d'un modèle à deux biens, un par section, dont l'un pourra servir de monnaie pour toutes les marchandises. Il faudrait lui apporter les adaptations qui le feraient se rapprocher au modèle marxiste de la reproduction du capital. [2]
 
LE MODÈLE SIMPLIFIÉ D'ACCUMULATION DE JOAN ROBINSON – JOHN EATWELL
 
 
Dans le livre Introduction to Modern Economics Joan Robinson et John Eatwell (1973) présentent le modèle d'une économie capitaliste à deux secteurs de production, ceux des biens de production et des biens de consommation, et à deux classes sociales, ceux des travailleurs et des entrepreneurs, inspiré de Michal Kalecki (1971).
Les traits caractéristiques
A partir des traits fondamentaux du modèle de Kalecki, le modèle de Joan Robinson-John Eatwell adopte ceux qui concernent : la proportionnalité entre les secteurs, la dépense des revenus des classes sociales et les conditions de la réalisation du profit. La proportion entre les deux secteurs obéit à la règle de la proportionalité R telle qui a été établie par Bhaduri (1985, p. 458) dans le cadre du modèle de Kalecki. Les deux classes sociales dépensent leurs revenus différemment : les travailleurs consacrent la totalité de leurs salaires à la subsistance de leurs familles, tandis que les entrepreneurs répartissent les profits entre la consommation de leurs ménages et l'épargne de leurs entreprises. Quant à la réalisation des profits ("de la plus-value en profit"), celle-ci dépend de l'égalité entre la part épargnée des profits et le produit du secteur des biens de production mais aussi de la dépense de la totalité des profits épargnés pour achats de biens de production.
Cependant, on peut distinguer le modèle de Joan Robinson-John Eatwell de celui de Kalecki en raison des traits particuliers suivants :
  • Le modèle de Joan Robinson-John Eatwell contient trois marchandises : i) un bien de consommation, ii) un bien de production (un type de machines), iii) le travail (un type de travail).
  • Le bien de consommation sert d'étalon de valeur pour toutes les marchandises. Pour unité de mesure on prend la quantité du bien de consommation nécessaire pour la subsistance d'un travailleur et de sa famille durant toute une période de production.
  • Une unité de travail s'échange contre une unité de bien de consommation.
  • Dans la production des biens de consommation et dans celle des machines, les facteurs de production par unité de produit sont utilisés dans les mêmes proportions (par exemple 1 machine et 0,75 unités de travail pour produire 1 machine de même que pour produire 1 unité de bien de consommation). De ce fait, une machine s'échange contre une unité de bien de consommation.
Or, du point de vue de la valeur d'échange, les trois marchandises sont équivalentes lorsque le système est en situation d'équilibre. [3]
Formulations
Le modèle contient quatre types de relations concernant : la constitution des capacités de production (parcs de machines et travailleurs), la production (des machines et des biens de consommation), la répartition du produit social (entre les deux classes sociales et entre la consommation et l'épargne), la circulation (offre et demande des machines et des biens de consommation).
Nous retenons les symboles utilisés lors de la présentation du modèle de Kalecki par Bhadouri (1985, p. 456-458) et on y ajoute l'indice t s'il y a lieu.
It et Ct : le produit en termes monétaires dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation pendant la période t.
LIt et Lct : "le nombre des travailleurs respectivement employés dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation".
PI et Pc : les prix respectifs des biens de production et des biens de consommation.
xI et xc : la productivité du travail en termes physiques dans les deux secteurs.
W : le taux de salaire, le même dans les deux secteurs.
Πit , Πct : les profits réalisés dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation respectivement en période t.
Π : la somme des profits dans les deux secteurs en période t. t Πc:t : la somme des profits dans les deux secteurs qui sont affectés à la consommation des ménages en période t.
ΠE:t : la somme des profits épargnés dans les deux secteurs en période t.
ΠIct et Πcct : les profits réalisés dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation qui sont affectés à la consommation des ménages en période t.
ΠE:t : la somme des profits épargnés dans les deux secteurs en période t.
ΠIEt et ΠcEt : les profits réalisés dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation qui sont affectés à l'épargne de leurs entreprises en période t.
Autres symboles :
MIt et Mct : le nombre des machines qui sont disponibles au début de la période de production t dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation.
YIt et YCt : le produit en termes physiques dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation pendant la période t.
σI et σc : l'efficacité des machines en termes physiques dans les deux secteurs.
i) Capacités de production en début de période
Le nombre des machines disponibles au début de la période de production t dans les secteurs I et II est exprimé par deux variables (MIt et Mct ) qui sont considérées comme variables endogènes pour t # to (pour toute période autre que la période initiale de production) et comme variables exogènes seulement pour t=to (pour la période initiale de production) ; en tant que variables endogènes en particulier, MIt et Mct sont déterminées par le biais des équations suivantes :
ΜIt = ΜIt-1 + ΠIEt-1 Μct = Μct-1 + ΠcEt-1 (t # to)
Le nombre des travailleurs employés dans les secteurs en période t est déterminé conjointement avec le nombre des machines, par le biais des équations suivantes :
LIt = (σI /xI ) ΜI t Lc t = (σc /xc ) Μct
ii) Production
Sect. I YI t = xI · LI t ou YI t = σI · ΜI t (unités de machines) Sect. II YC t = xc · Lc t ou YC t = σc · Μct (unités de biens de consommation)
iii) Répartition
Les relations exposées sous ce titre sont identiques à celles du modèle de Kalecki tel qu'il a été présenté par Bhadouri (1985, p. 456-458).
IMGIMGIMGIMF
iv) Circulation Offre Demande
Sect. I YIt machine = ΠE, l'investissement dans le Sect. I, It +ΠctE, l'investissement dans le Sect. II).
Sect. II YCt unités de biens de consommation = (w· L + w· L ), la consommation It ct de la classe ouvrière, + (ΠIct + Πcct ), la consommation de la classe capitaliste.
Cependant, pour qu'il y ait égalisation entre l'offre et la demande des biens de production, certaines proportions entre le secteur des biens de production et celui des biens de consommation sont nécessaires. Elles ont été déterminées par Bhaduri (1985).
La proportionalité entre les deux secteurs [4]
Bhaduri (1985, p. 458) a montré dans le cadre du modèle de Kalecki que la "proportion entre les deux secteurs, R, qui garantit la réalisation" ("des plus-values en profits") rélève de l'équation :
R = (Lc /LI ) = [(1-sp )·hI / sp ·hc ]· (PI ·xI /Pc ·xc ) ou
R = (Lc /LI ) = [(1-sp )·hI ) / sp ·hc ]· (1-hc )/ (1-hI ) où
hI : la part que représente le profit dans la valeur ajoutée du secteur I (hI = ΠI / I)
hc : la part que représente le profit dans la valeur ajoutée du secteur II (hc = Πc /C)
Li et Lc : "le nombre des travailleurs respectivement employés dans le secteur des biens de production et dans celui des biens de consommation"
sp : la fraction épargnée des profits (ΠE /Π) qui est la même dans les deux secteurs
La règle de la proportionnalité R régit le modèle de Robinson-Eatwell aussi.
 
LE MODÈLE MODIFIÉ
 
 
Les traits particuliers
Le modèle que nous avons adopté présente d'une part un souci d'amélioration par rapport à la simplification consciente de Joan Robinson et John Eatwell en ce qui concerne les amortissements et la technique de production ; et d'autre part un souci de rapprochement au modèle marxiste de la reproduction du capital au sujet des avances des salaires et de la distribution des profits non capitalisés.
- Les amortissements – remplacements des machines et l'insertion d'une nouvelle technique de production.
Dans le modèle de Joan Robinson-John Eatwell, il n'y a qu'une seule technique de production (un seul type de machine) ; en plus, les machines engagées dans le processus de production, y restent fixes. Or, il faut prendre en considération d'une part l'insertion d'une nouvelle technique de production (d'une nouvelle machine) ; et d'autre part la dépréciation du capital investi aux machines et de la récupération de sa forme monétaire au fur et à mesure de la dépréciation des machines. Dans ce contexte, les amortissements sont affectés principalement au remplacement des machines de la génération précédente qui sont graduellement retirées, les profits épargnés étant destinés au développement du parc des nouvelles machines.
En vue d'introduire le thème de "l'accroissement progressif de la composition organique du capital" (Rosa Luxemburg) nous avons considéré que la nouvelle machine implique un coefficient machine/travail supérieur à celui de la machine de la génération précédente. Or, le remplacement graduel des machines de la génération précédente par des machines de la dernière génération entraine une élévation progressive du coefficient machine/travail au niveau du secteur. Cet accroissement prend fin une période après le remplacement des dernières machines de la technique antérieure. Dans l'exemple numérique que nous avons développé (1994, p.226, tabl. 4.4. C) le rapport machines/travail augmente graduellement pendant seize périodes successives passant de 1,333 correspondant au niveau initial à 2 correspondant au niveau final dans les deux secteurs, les niveaux intermédiaires étant différents. Cette approche est bien compatible avec la conception de R-E pour le progrès technique.
- Les "avances des salaires" et la "distribution des profits non capitalisés en fin de période".
Dans le modèle de Robinson-Eatwell, la période est déterminée par la durée de la production des machines : celles produites au cours d'une certaine période sont utilisées dès la période suivante ; la production de biens de consommation a une durée négligeable ; c'est pourquoi le produit (du secteur II) est disponible à la consommation dans la même période, au cours de laquelle il a été réalisé. Donc, les entreprises n'ont pas besoin de disposer d'un fond de salaires. De même, les profits affectés à la consommation sont dépensés pendant la période où sont produits les biens à consommer.
Par contre, dans le modèle de la reproduction du capital de Marx, les biens de consommation produits au cours d'une certaine période ne sont disponibles à la consommation qu'à la période suivante. Les salariés engagés dans le processus de production consomment des biens de consommation produits à la période précédente. Donc, les entreprises doivent disposer d'un fond provenant d'une capitalisation antérieure en vue de financer les salaires. De même, chez Marx, la partie consommée de la plus-value porte sur des biens de consommation disponibles à une période postérieure à celle de la production et de la réalisation du sur-produit.
Nous avons adopté la même approche, celle des physiocrates et de Marx quant à la période de production des moyens de production et des biens de consommation. On admet : i) la même durée pour la production de biens de production que pour la production de biens de consommation, ii) que les machines et les biens de consommation produits au cours d'une certaine période sont utilisés dès ou pendant la période suivante (le modèle fonctionne en périodes successives), iii) que les profits capitalisés sont utilisés non seulement pour les achats de nouvelles machines mais aussi pour les avances des salaires de nouveaux travailleurs, iv) que les profits non capitalisés sont distribués à la fin de la période de production et utilisés pour la consommation de la classe capitaliste au cours de la période suivante.
Formulations
Notation :
AmJt : amortissements en sect. J en période t (J : I, II)
AaJt : amortissements en raison du retrait des machines de la technologie précédente en sect. J en période t (J : I, II)
AnJt : amortissements en raison du retrait des machines de la nouvelle technologie en sect. J en période t (J : I, II)
al/mi : nombre des travailleurs se servant d'une machine
al/ma : nombre des travailleurs se servant d'une ancienne machine
al/mn : nombre des travailleurs se servant d'une nouvelle machine
LJt : nombre des travailleurs employés au niveau de la section J en période t (J : I, II)
MnIt : machines anciennes installées en sect. J en période t (J : I, II)
MaIt : machines anciennes installées en sect. I en période t
MaIIt : machines anciennes installées en sect. II en période t
MnJt : machines nouvelles installées en sect. J en période t (J : I, II)
MnIt : machines nouvelles installées en sect. I en période t
MnIIt : machines nouvelles installées en sect. II en période t
mJt : nombre de nouvelles machines achetées par la section J en période t (J : I, II)
mJrt : nombre des nouvelles machines achetées par la section J en période t (J : I, II), le financement provenant des amortissements et de la récupération des fonds des salaires
mJat : nombre des nouvelles machines achetées par la section J en période t (J : I, II) le financement provenant des profits
pm : prix de la machine
pC : prix du "bien de consommation"
s : le rapport de l'epargne sur le revenu
Yjt : le output du secteur J en période t
YIt : le output du secteur I en période t
YIIt : le output du secteur II en période t
w : rémunération d'une unité de travail
Π : les profits du secteur J en période t
Jt ΠJCt : les profits du secteur J en période t destinés à la consommation
ΠJEt : les profits du secteur J en période t destinés à l'autofinancement
Π : les profits du secteur I en période t It ΠICt : les profits du secteur I en période t destinés à la consommation
ΠIEt : les profits du secteur I en période t destinés à l'autofinancement
Π : les profits du secteur II en période t IIt ΠIICt : les profits du secteur II en période t destinés à la consommation
ΠIIEt : les profits du secteur II en période t destinés à l'autofinancement
σaJ, σnJ : les coefficients d'efficacité de moyens de production installés en section J (J : I, II)
i) L'accumulation (période t pour t # t1 )
MaJt = MaJt-1 - AaIt-1 (Parc de machines anciennes de la section J en période t) = (Parc de machines anciennes de la section J en période t-1) - (Amortissements de machines anciennes de la section J en période t-1).
AaJt-1 = aaJt (MaJ t-1 + MnJ t-1 )
Amortissements - remplacements des anciennes machines dans le secteur J en période t-1 comptés sur le parc des machines possédées par le secteur J en période t-1 selon le taux d'amortissement aaJt MnJt = MnJt-1 - AnJt-1 + mJt-1 (Parc de machines nouvelles de la section J en période t) = (Parc de machines nouvelles de la section J en période t-1) - (Amortissements de machines nouvelles de la section J en période t-1) + (Commandes de machines par le secteur J en période t-1).
AnJt = mJat-15 (Amortissements de machines nouvelles de la section J en période t) = (retrait des machines investies dans le sect. J en période t-15).
Vt = Vt-1 - (Amjt-1 · al/mi ) + (mJrt-1 · al/mn ) + (mJat-1 · al/mn )
(Fonds de salaires dans le secteur J en période t) = (Fonds de salaires dans le secteur J en période t-1) - {Fonds des salaires récupérés à la fin de la période t-1 en raison de la mise hors service des vieilles machines du section J (Amj · al/mi )} + {Affectation aux nouveaux fonds de salaires d'une partie des amortissements et des fonds des salaires récupérés au sein du secteur J (selon la relation : Amj ·(1+al/mi ) = (mJr ·pm ) + (mJr ·al/mn )} + {Affectation aux nouveaux fonds de salaires d'une partie des profits capitalisés au sein du secteur J (selon la relation : ΠJS = mJa ·pm + mJa ·al/mn )}.
ii) La production (période t)
YJt = MaJt · σaJ + MnJt · σnJ (Produit du secteur J en période t) = (Machines anciennes installées en sect. J en période t multipliés par le coefficient d'efficacité de ce type des machines) + (Machines nouvelles installées en sect. J en période t multipliés par le coefficient d'efficacité de ce type des machines).
iii) La répartition YJt = AmJt + LJt ·w + ΠJt (Produit du secteur J en période t) = (Amortissements en sect. J en période t) + Salaires au sein du secteur J en période t + (Profits du secteur J en période t).
ΠJt = ΠJCt + ΠJSt (Profits du secteur J) = (Consommation des capitalistes du secteur J) + (Autofinancement des entreprises du secteur J). ΠJSt = mJat · pm + mJat · al/mn (Autofinancement des entreprises par les profits) = (achats de nouvelles machines) + (nouveaux fonds de salaires).
iv) L'absorption de la production (α) Offre et demande de machines, prix de la machine et proportionnalité entre les secteurs.
La relation la plus fondamentale dans ce modèle est celle qui exprime la demande et l'offre des machines et le travail pour leur fonctionnement.
[(AmI +AmII ) (1+al/mi )] + ΠIIS + [(YI · pm ) - AmI - (LI · w)·s = (mIa · pm ) + (mIa · al/mn )
[Amortissements dans les deux secteurs + fonds des salaires récupérés en raison de la mise hors service des machines anciennes ou des machines nouvelles] + Profits capitalisés dans le secteur II + [Profits capitalisés dans le secteur I] = (Achats de machines) + (avances de salaires aux travailleurs se servant de ces machines).
Sur la base de cette relation sont déterminés : d'une part, le prix courant de la machine auquel se réalise l'égalisation entre l'offre et la demande, et d'autre part, la proportion entre les deux secteurs qui pour prix de la machine égal au prix normal permet à la production de trouver des débouchés aux prix normaux.
- Si pm est considérée au niveau d'une seule période comme la variable dépendante alors que toutes les autres variables sont considérées indépendantes, la solution pm =pm' exprime le prix auquel se réalise l'égalisation non pas seulement entre l'offre et la demande des machines mais aussi entre l'offre et la demande des biens de consommation.
- Par contre, si pm est considérée comme une constante égale à pc =1 (pc est l'unité de mesure de la valeur), alors le couple pm =1 et pc =1 exprime un système de prix normaux (ceux auxquels se réalise l'égalité de l'échange entre les deux secteurs). Puisque les deux secteurs ont les mêmes coefficients techniques de production, dans l'échange d'une machine avec un bien de consommation, réalisé dans ce système des prix, tant les quantités de travail incorporées dans les biens échangés que les plus-values incorporées dans les mêmes marchandises sont égales entre elles.
Donc, si pour constantes pm =1 et pc =1, on considère d'une part YIt et mI comme variables dépendantes, avec mIt =YIt, et d'autre part YIIt comme une variable indépendante ayant la valeur donnée YIItII , la solution YItI fournit la valeur de YIt qui permet aux échanges entre les deux secteurs de se réaliser aux prix normaux. [5]
(β) Offre et demande de biens de consommation
YIIt = [VIt - (AmIt · al/mi ) + VIIt - (AmIIt ) · al/mi )] + [(mIrt · al/mn ) + (mIIrt · al/mn )] + [(mIat · al/mn ) + (mIIat · al/mn )] + [ΠIt (1-s) + ΠIIt (1-s)]
Offre de biens de consommation = Demande de biens de consommation
Demande de biens de consommation = Dépenses des fonds de salaires restant
Section I : VI t - (AmI t · al/mi ), Section II : VII t - (AmII t · al/mi + Dépenses des nouveaux fonds de salaires constitués par reaffectation des amortissements et des fonds de salaires conjoints Section I : (mIr t · al/mn ), Section II : (mIIr t · al/mn ) + Dépenses de nouveaux fonds de salaires provenant des profits Section I : (mIa t · al/mn ), Section II : (mIIa t · al/mn ) + Dépenses des profits distribués Section I : ΠI t (1-s), Section II : ΠII t (1-s).
Valeurs numériques utilisées
i) Constantes et valeurs paramétriques empruntées à l'exemple numérique de Joan Robinson-John Eatwell
  • Prix du "bien de consommation", pc = 1 (étalon de valeur)
  • Rémunération d'une unité de travail, w = 1 "bien de consommation"
  • Machines anciennes installées en sect. I en période to, MaIIt1 =3600
  • Coefficients d'efficacité des anciennes machines, σaI =1, σaII =1 (une machine installée en sect. I produit 1 machine ; installée en sect. II, elle produit 1 "bien de consommation")
  • Nombre de travailleurs se servant des anciennes machines : al/ma =3/4
ii) Valeurs des paramètres nouvellement incorporés au modèle
Premier groupe :
  • Taux des amortissements-remplacements des anciennes machines dans le secteur J en période t, amJt =0.05 (compté sur le parc de machines possédés par le secteur J en chaque période t). Ainsi :
  • Amortissements de machines anciennes de la section I en période t1 : AmIt1 = 15.35
  • Amortissements de machines anciennes de la section II en période t1 : AmIIt1 = 180 Second groupe :
  • Coefficients d'efficacité des nouvelles machines, σnI = 1, σnII = 1 (une machine installée en sect. I produit 1 machine ; de même, installée en sect. II, elle produit 1 "bien de consommation")
  • Nombre des travailleurs se servant des nouvelles machines, al/mn = 2/4
iii) Valeurs paramétriques différenciées par rapport au modèle d'origine
C'est en raison de la présence des paramètres nouveaux du premier groupe en particulier dans le présent modèle que nous avons dû retenir des valeurs paramétriques différentes de celles de l'exemple numérique de Joan Robinson - John Eatwell pour :
  • les parts des profits capitalisés et des profits distribués et
  • les proportions des deux secteurs.
L'introduction du paramètre "amortissements – remplacements d'anciennes machines" implique l'apparition d'une réduction de la part des profits dans le revenu par rapport au modèle d'origine ; elle impliquerait par conséquent l'apparition d'une réduction de la part de la consommation des capitalistes dans la consommation globale, si on retenait les mêmes coefficients de capitalisation et de distribution des profits. La consommation des capitalistes représente 15% de la dépense globale en biens de consommation dans le modèle d'origine. Pour qu'elle reste au même niveau dans la nouvelle version, il faut que les profits distribués s'élèvent à 75% des profits nets totaux.
En outre, les transformations précédentes du modèle impliquent une proportion entre les deux secteurs différente de celle du modèle d'origine. La juste proportion entre les deux secteurs rélève i) de la relation du paragr. 2. C pour le modèle originel, ii) de la relation du paragr. 3. B.iii.α pour le modèle modifié. Appliquant la dernière relation avec les valeurs numériques précédemment exposées (AmIt1 = 15.35, AmIIt1 = 180, pm =1, pc =1, w = 1, MaIIt1 =3600, σaI =1, σaII =1, al/ma =3/4, s = 0.75,1-s = 0.25), on tire la solution YIt1 = 307 (306,97674) pour YIIt2 =3600. Y1t1 = 307 (306,97674) représente le niveau de la production du secteur I qui permet aux échanges entre les deux secteurs de se réaliser aux prix normaux, lorsque le niveau de la production du secteur II est YII =3600 et bien avant l'irruption de la technique nouvelle. Donc, nous retenons les quantités suivantes :
  • Part des profits capitalisés en section J, s = 0.75
  • Part part des profits consommés en section J, 1-s = 0.25
  • Niveau de la production du secteur II en période initiale t1, YIIt1 =3600
  • Niveau de la production du secteur I en période initiale t1, YIt1 =307
  • Machines anciennes installées en sect. I en période initiale t1, MaIt1 = 307
 
RÉSULTATS
 
 
A partir d'un changement technique qui implique l'élévation du taux machines/travail, une procédure de détermination du nouveau rapport de la production des machines sur la production des biens de consommation (YIt /YIIt ) est engendrée. Elle fonctionne par le jeu des variations des termes de l'échange entre les deux secteurs. Au départ, les a-chats portant sur la nouvelle machine sont effectués au prix plafond (pm =1,33317). Puis, des "fluctuations cycliques" de ce même prix sont amorcés et amorties au cours d'une très longue période (le prix du bien de consommation est considéré constant par définition). Parallèlement, le rapport YIt /YIIt fluctue dans le temps. Au cours des périodes pendant lesquelles les termes de l'échange sont bénéfiques au secteur I le rapport YIt /YIIt augmente. Il diminue dans le cas inverse.
A travers leurs fluctuations cycliques progressivement amorties, le prix de la machine et le rapport YIt / YIIt tendent le premier vers le prix normal, le second vers la proportion qui assure la réalisation de l'échange en prix normaux dans les nouvelles conditions techniques. Dans l'exemple numérique que nous avons traité, nous avons déduit : quant aux variations des prix, 9 mouvements cycliques de durée égale à la durée de vie des équipements productifs (voir tableau 1 et diagramme 1) ; et quant aux variations de la proportion des deux secteurs, 9 mouvements cycliques de durée irrégulière (voir tableau 1 et diagramme 2). [6]
Quant aux cycles de prix
  • Le premier cycle est défini par les périodes de la récupération du capital investi en anciennes machines. Après avoir atteint le niveau plafond en période initiale et jusqu'aux rétraits des dernières machines de technologie ancienne, le prix du produit du secteur I est en diminution perpétuelle tout en restant au-dessus du prix normal. Pendant la dernière période de cette récupération (15ème période), on observe la baisse du prix de la machine à pm =1,03809. Pendant toutes ces périodes, les inégalités entre les deux secteurs concernant les taux de profits, d'accumulation et de croissance persisteront, bien entendu, en faveur du secteur I. [7]
  • Le deuxième cycle est amorcé dès que les premières machines de nouvelle technologie sont retirées (en 16ème période). Au départ, le prix se fixe à pm = 1,18352, puis il baisse, franchissant la ligne du prix normal (de la valeur) très rapidement (entre la 19ème et la 20ème période). Atteignant le niveau le plus bas lors de la 25ème période (pm = 0,960341), il remonte un peu tout au long des cinq périodes qui suivent.
  • Les cycles 3,4,5,6,7,8,9 sont caractérisés par un mouvement oscillatoire du prix de la machine (au départ vers la hausse, puis vers la baisse), qui s'amortit progressivement ; à long terme (au délà de la 140ème période) le prix courant rejoint le prix normal (la valeur).
Quant aux fluctuations concernant les poids relatifs des secteurs
Il y a une correspondance certaine entre l'évolution de la proportion des secteurs et les cycles de prix :
  • Le rapport de la production du secteur I sur celle du secteur II se met en mouvement ascendant une période après que le prix courant de la machine s'élève au-dessus du prix nor mal ; il s'accroît pendant toutes les périodes successives au long desquelles le prix de la machine se trouve au-dessus du prix normal et même pendant la période de la descente du prix courant au-dessous du prix normal.
  • Le rapport de la production du secteur I sur celle du secteur II commence à décroître une période après que le prix courant de la machine descend au-dessous du prix normal ; il décroît pendant toutes les périodes successives au long desquelles le prix de la machine se trouve au-dessous du prix normal et même pendant la période de la remontée du prix courant au-dessus du prix normal.
Ainsi, le rapport du produit I sur le produit II suit un mouvement en hausse depuis la 2ème jusqu'à la 20ème période, alors que le prix de la machine se trouve au-dessus du prix normal depuis la 1ère jusqu'à la 19ème période ; il suit un mouvement en baisse à partir de la 21ème jusqu'à la 31ème période, alors que le prix de la machine se trouve au-dessous du prix normal à partir du 20ème jusqu'à la 30ème période. Puis, un mouvement oscillatoire qui s'amortit dans le temps. A long terme, lorsque le prix de la machine rejoint la valeur, le rapport du produit I sur le produit II "se stabilise" à 12,96% ; c'est la proportion qui permet aux échanges entre les deux sections de s'effectuer aux prix-valeurs.
L'origine des deux phénomènes oscillatoires joints
Les deux phénomènes oscillatoires joints (du prix de la machine sur la ligne de la valeur et du taux de la production de machines sur la production de biens de consommation) fluctuant sur la ligne de la "proportionnalité" (de la proportion nécessaire à la réalisation de l'échange selon la valeur) proviennent donc des retraits des capitaux fixes. Les inégalités dans l'accumulation du capital (quant aux comparaisons entre les secteurs ainsi qu'entre les périodes pour un même secteur), qui avaient été déclenchées par l'irruption de la nouvelle technique, se répercutent actuellement sur la variation des poids relatifs des capitaux fixes retirés-réinvestis dans l'investissement total. Cependant, la dynamique de l'accumulation amortit les oscillations ainsi produites et conduit les prix vers la valeur et les deux productions vers les justes proportions. C'est bien dans l'hypothèse du non transfert des capitaux entre les deux secteurs que nous avons déduit les phénomènes oscillatoires et les tendances vers l'équilibre. Les transferts de capitaux auraient provoqué, bien entendu, l'accélération des tendances vers l'équilibre.
 
ANNEXES
 
 
Diagramme 1
Variations du prix de la machine pm suite au changement technique.
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chan...IMGIMF
Diagramme 2
Variations du rapport du produit I sur le produit II (nombre de machines sur le nombre de biens de consommation) suite au changement technique.
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Tableau 1
Variations du prix de la machine (pm), du rapport du produit I sur le produit II (YIt/YIIt) et des achats de machines par les secteurs I et II (mIt et mIIt)
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Tableau 1 : Variations du prix de la machine (pm), du rapport du produit I sur le produit II (YIt/YIIt) et des achats de machines par les secteurs I et II (mIt et mIIt) t pm YIt/YIIt mIt mIIt 1 1.33317 0.085273 36.976 270.02 2 1.32028 0.089058 40.025 288.60 3 1.30176 0.093018 43.216 309.64 4 1.2794 0.097079 46.572 333.25 5 1.2547 0.101163 50.111 359.56 6 1.22884 0.10519 53.851 388.72 7 1.20273 0.109086 57.812 420.90 8 1.17709 0.112782 62.014 456.28 9 1.15244 0.116218 66.479 495.08 10 1.12914 0.119343 71.233 537.51 11 1.10743 0.122121 76.303 583.82 12 1.08745 0.124527 81.720 634.27 13 1.06924 0.12655 87.516 689.17 14 1.05281 0.128188 93.727 748.84 15 1.03809 0.129454 100.394 813.64 16 1.18352 0.130365 138.992 852.53 17 1.07492 0.135237 139.588 930.38 18 1.0402 0.13673 148.205 1021.32 19 1.01373 0.137559 157.339 1117.18 20 0.994121 0.137851 167.133 1218.15 21 0.980121 0.137728 177.715 1324.59 22 0.970618 0.137303 189.2 1436.97 23 0.964664 0.136672 201.693 1555.87 24 0.961459 0.135912 215.292 1681.95 25 0.960341 0.135087 230.090 1815.96 26 0.960768 0.134244 246.181 1958.73 27 0.962305 0.133418 263.66 2111.13 28 0.964606 0.132635 282.627 2274.1 29 0.967398 0.131911 303.188 2448.65 30 0.970472 0.131257 325.456 2635.84 31 1.05587 0.130678 416.762 2769.6 32 0.985384 0.131714 409.266 3054.87 33 0.978503 0.131357 432.439 3301.37 34 0.976216 0.13086 459.105 3558.94 35 0.97686 0.130324 489.331 3830.48 36 0.979225 0.129814 523.159 4118.85 37 0.982464 0.129365 560.633 4426.82 38 0.986004 0.128996 601.827 4757.05 39 0.989475 0.128709 646.85 5112.17 40 0.992658 0.128503 695.849 5494.72



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41 0.995435 0.128369 749.012 5907.32 42 0.99776 0.128296 806.563 6352.6 43 0.999631 0.128275 868.765 6833.3 44 1.00108 0.128295 935.918 7352.29 45 1.00214 0.128347 1008.36 7912.58 46 1.04833 0.128423 1205.54 8398.3 47 1.00365 0.129243 1205.51 9187.1 48 1.00003 0.129285 1285.05 9903.8 49 0.998821 0.129275 1375.66 10665.8 50 0.998885 0.129253 1476.87 11481.2 51 0.999502 0.129241 1588.41 12357.2 52 1.00026 0.129245 1710.25 13300.6 53 1.00093 0.129267 1842.56 14317.9 54 1.00142 0.129303 1985.7 15415.5 55 1.0017 0.129349 2140.17 16599.9 56 1.00179 0.129399 2306.63 17877.7 57 1.00173 0.129451 2485.86 19256.1 58 1.00155 0.1295 2678.75 20742.5 59 1.00129 0.129545 2886.33 22344.9 60 1.001 0.129584 3109.69 24072. 61 1.02554 0.129616 3557.49 25725.5 62 0.997731 0.130052 3638.05 27996.9 63 0.99612 0.13 3897.91 30169.6 64 0.995967 0.129923 4188.33 32492. 65 0.996464 0.129847 4507.78 34985.2 66 0.997164 0.129783 4855.76 37668.2 67 0.997842 0.129733 5232.57 40558.7 68 0.998402 0.129697 5639.23 43674.3 69 0.998821 0.12967 6077.29 47033. 70 0.999111 0.129652 6548.73 50653.1 71 0.999297 0.129638 7055.92 54554.5 72 0.99941 0.129627 7601.56 58758.1 73 0.999474 0.129619 8188.64 63286.8 74 0.99951 0.129611 8820.42 68164.9 75 0.999533 0.129604 9500.45 73418.9 76 1.01313 0.129597 10585.6 78724.5 77 0.996626 0.129812 11023.6 85314.6 78 0.996541 0.129743 11846.8 91877. 79 0.997146 0.129677 12753.4 98919.3 80 0.997933 0.129624 13740.5 106497. 81 0.998662 0.129587 14808.5 114662. 82 0.999241 0.129564 15960.1 123463. 83 0.999656 0.129552 17199.8 132951. 84 0.999927 0.129548 18533.3 143178. 85 1.00009 0.129548 19967.7 154200. 86 1.00017 0.129551 21510.9 166076. 87 1.0002 0.129556 23171.3 178870. 88 1.0002 0.129561 24958.4 192653. 89 1.00018 0.129566 26882.3 207499. 90 1.00016 0.129571 28953.8 223489.



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91 1.00757 0.129575 31777.7 240118. 92 0.997684 0.129698 33518.259570. 93 0.998026 0.129655 36080.4 279502. 94 0.998631 0.129619 38873.5 300943. 95 0.999209 0.129596 41895.3 324041. 96 0.999655 0.129583 45152.6 348939. 97 0.999952 0.129579 48657.8 375777. 98 1.00012 0.12958 52427.6 404705. 99 1.0002 0.129584 56482.2 435879. 100 1.00021 0.129588 60843.9 469466. 101 1.00019 0.129593 65537.5 505648. 102 1.00016 0.129598 70589.6 544623. 103 1.00011 0.129601 76028.9 586602. 104 1.00007 0.129604 81885.9 631815. 105 1.00004 0.129605 88193.6 680511. 106 1.00408 0.129607 95979.4 731965. 107 0.99822 0.129673 102069.790077. 108 0.998685 0.12964 109952.850745. 109 0.999194 0.129617 118489.916079. 110 0.999599 0.129603 127694.986490. 111 0.999871 0.129597 137599.1.06238 10^6 112 1.00003 0.129596 148252.1.14418 10^6 113 1.0001 0.129597 159709.1.23231 10^6 114 1.00011 0.129599 172035.1.32727 10^6 115 1.0001 0.129602 185300.1.42956 10^6 116 1.00007 0.129604 199580.1.53973 10^6 117 1.00005 0.129605 214955.1.6584 10^6 118 1.00002 0.129606 231512.1.78621 10^6 119 1.0.129606 249344.1.92386 10^6 120 0.99999 0.129606 268551.2.07211 10^6 121 1.00221 0.129606 290894.2.23012 10^6 122 0.998763 0.129642 310930.2.405 10^6 123 0.999205 0.12962 335029.2.58977 10^6 124 0.999589 0.129606 361033.2.78884 10^6 125 0.999854 0.129599 389025.3.00339 10^6 126 1.00001 0.129597 419133.3.23461 10^6 127 1.00008 0.129598 451515.3.48377 10^6 128 1.0001 0.129599 486354.3.75219 10^6 129 1.00009 0.129601 523849.4.04134 10^6 130 1.00007 0.129603 564213.4.35279 10^6 131 1.00005 0.129604 607677.4.68824 10^6 132 1.00003 0.129605 654485.5.04953 10^6 133 1.00001 0.129606 704899.5.43865 10^6 134 1.0.129606 759199.5.85773 10^6 135 0.999995 0.129606 817686.6.3091 10^6 136 1.00121 0.129606 883444.6.79248 10^6 137 0.999193 0.129625 947225.7.32125 10^6 138 0.99955 0.129611 1.02067 10^6 7.8841 10^6 139 0.999813 0.129604 1.09978 10^6 8.49063 10^6 140 0.999973 0.129601 1.18488 10^6 9.14427 10^6



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141 1.00005 0.129601 1.27641 10^6 9.84859 10^6 142 1.00008 0.129602 1.3749 10^6 1.06074 10^7 143 1.00007 0.129603 1.48089 10^6 1.14248 10^7 144 1.00006 0.129605 1.595 10^6 1.23052 10^7 145 1.00004 0.129606 1.71787 10^6 1.32535 10^7 146 1.00002 0.129606 1.8502 10^6 1.42748 10^7 147 1.00001 0.129607 1.99272 10^6 1.53748 10^7 148 0.999999 0.129607 2.14624 10^6 1.65595 10^7 149 0.999994 0.129607 2.31158 10^6 1.78355 10^7 150 0.999993 0.129607 2.48968 10^6 1.92098 10^7

 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[1]Le dernier argument a été avancé aussi par certains auteurs marxistes comme Otto Bauer [voir R. Luxemburg "Critique des critiques" in L'accumulation du capital, 1972, vol. II, partie IV : chap. 2, pp. 172 et suivantes] et par E. Goldenberg [cité par L. Laurat, 1939, postface].
[2]Une première version du modèle tel qu'il a été modifié et les premiers résultats, portant sur 15 périodes, ont été publiés (in Économies et Sociétés, 6-7/1994, p. 199-226). La présente communication fournit l'ensemble des résultats de l'étude, portant sur 150 périodes, dont on déduit des phénomènes cycliques dans le processus de l'adaptation des prix aux valeurs et des dimensions de deux sections aux justes proportions.
[3]Le modèle simplifié d'accumulation de Joan Robinson-John Eatwell dont il est question dans ce paragraphe est bien différent de celui présenté par H. G. Johnson (1962), et commenté par G. C. Harcourt (1963), sous le titre : A Simple Joan Robinson Model of Accumulation with One Technique, dont les hypothèses fondamentales sont les suivantes : la machine est produite entièrement au moyen du travail, sa production ne nécessitant que les services d'un nombre fixe de travailleurs le long d'une période donnée (la période de gestation) ; les biens de consommation sont produits au moyen d'une machine d'un type fixe qui fonctionne avec un nombre fixe de travailleurs et rend son output à la fin de sa vie (la période de production) ; la période de gestation des machines est égale à la période de production des marchandises ; la rémunération du travail est faite à la fin de la période de production ; donc, dans la production des machines il n'y a aucune forme de capital ; des profits épargnés ne sont présents que dans le secteur des biens de consommation.
[4]Dans les modèles d'accumulation à deux secteurs, l'égalité de l'épargne et de l'investissement constitue une condition nécessaire mais non suffisante pour qu'il y ait égalisation entre l'offre et la demande des biens de production et entre l'offre et la demande des biens de consommation. Il faut qu'il y ait en plus égalisation entre l'épargne et la production des biens de production. Pour qu'il en soit ainsi, certaines proportions entre le secteur des biens de production et celui des biens de consommation sont nécessaires. La condition de la proportionalité dans le cadre du modèle de Marx de la reproduction élargie du capital a été donnée par Tugan-Baranowsky à base des exemples numériques. C'est Paul Sweezy qui a fourni son expression algébrique [Sweezy (1956), chap. X, paragr. 2, pp. 162-186].
[5]La condition de la proportionnalité énoncée pour le modèle de ce paragraphe est bien différente de celle énoncée par Tugan-Baranowsky pour le modèle de la reproduction élargie du capital de Marx, qui a été formulée par Sweezy [(1956), chap. X, paragr. 2, pp. 162-186]. Elle diffère aussi de la formulation du principe de la proportionalité fournie par Bhaduri pour le modèle de Kalecki (voir précédemment, paragr. 2. C).
[6]Les résultats de cette étude ont été établis à l'aide de l'ensemble des programmes de calcul Mathematica.
[7]Au cours de l'évolution du capitalisme, des inégalités concernant les taux de profit, d'accumulation et de croissance ont été produites en faveur du secteur des biens de production et au détriment du secteur des biens de consommation. Elles sont prouvées par l'histoire économique (Perroux, 1967, p. 116).
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Variations du prix de la machine pm suite au changement technique.
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