2002
INNOVATIONS
Rendement des facteurs et hétérogénéité régionale : quels sont les effets des échanges commerciaux et des marchés du travail sur le salaire moyen dans les diverses régions d'Europe ?
Don Webber
Policy Research Institute, Leeds Metropolitan University Royaume Uni
Le présent article explore les effets des variables des échanges commerciaux et des marchés du travail sur le salaire régional moyen relatif en
Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne, entre 1986 et 1994.
L'utilisation d'estimations croisées combinées permet d'identifier les variables du marché du travail représentées par les allocations de chômage
et les taux d'emploi comme étant statistiquement significatives alors que
des signes négatifs concernant l'évolution de l'offre de main-d'œuvre
viennent à l'appui du théorème de Rybczynski. Cependant, l'évolution du
salaire régional moyen relatif apparaît comme étant le résultat d'une hétérogénéité régionale non observée, ce qui suggère que ce sont essentiellement les caractéristiques régionales, et non les échanges commerciaux ou
les marchés du travail, qui déterminent le salaire régional moyen relatif
This paper explores the affects of trade and labour market variables on
the change in the relative average regional pay across Germany,
Holland, Italy and Spain between 1986-1994. Using pooled cross-section
estimations, labour market variables of unemployment benefits and
employment rates are identified as being statistically significant while
negative signs on the change in labour supply suggest support for the
Rybczynski theorem. However, the change in relative average regional
pay appears to be the result of unobserved regional heterogeneity, suggesting that regional characteristics
essentially determine relative average regional pay and not trade or labour markets.
Il existe deux lignes de pensée, souvent contradictoires,
concernant les déterminants spatiaux du salaire. Selon la
théorie traditionnelle du commerce, l'avantage comparatif
est déterminé par les différences de dotations en facteurs de
production. Toute modification de la demande de biens
affecte la demande dérivée de main-d'œuvre et, de là, sa
rémunération. A l'opposé, dans les ouvrages consacrés aux
marchés du travail, on peut lire que ce sont les variations de
l'offre et de la demande de main-d'œuvre qui influent
directement sur la rétribution du travail.
La relation entre activité commerciale, marchés du travail
et inégalité des salaires entre pays a récemment fait l'objet
d'une grande attention. Verspagen (1998, p. 16) reconnaît la
nécessité de "se concentrer sur les institutions régissant les
marchés du travail" pour essayer d'identifier les déterminants
de la tendance des salaires, alors que d'autres chercheurs
mettent l'accent sur les relations entre les différentiels de
salaires entre pays et les progrès techniques soit avec biais
factoriel soit avec biais sectoriel (voir Freeman, 1995 ;
Feenstra et Hanson, 1999 ; Haskel, 1999 ; Haskel et
Slaughter, 1999).
Les études empiriques présentent fréquemment des
recherches qui utilisent des données nationales pour essayer
d'identifier l'importance des marchés du travail et des échanges commerciaux par rapport aux salaires. Elles ignorent
généralement l'importance des régions, ce qui est surprenant,
étant donné que l'attention d'Ohlin s'était concentrée, à l'origine (1967), sur les échanges commerciaux internationaux et
interrégionaux.
L'objectif du présent article est de rechercher quelle
importance statistique ont les échanges commerciaux et les
marchés du travail sur l'évolution du salaire régional moyen
relatif dans l'Union Européenne (UE). L'analyse des données
porte sur trente deux régions en Allemagne, aux Pays-Bas,
en Italie et en Espagne, sur la période allant de 1986 à 1994,
données mesurées au niveau régional et au niveau national
afin d'incorporer les caractéristiques régionales et nationales
des marchés du travail. La section ci-après expose la théorie.
Les données et la méthode sont ensuite commentées. Puis les
résultats sont présentés, et, enfin, les conclusions sont tirées.
Un certain nombre d'études mettent en évidence l'interaction entre les facteurs des échanges commerciaux et/ou des
marchés du travail et les salaires au niveau national (Brecher, 1974 ; Murphy et Welch, 1991 ; Johnson et Stafford,
1993 ; Harrigan, 1998). Des développements récents ont
affiné les mécanismes théoriques par lesquels les échanges
commerciaux influent sur les salaires. Slaughter (1999) a
clarifié le lien entre échanges commerciaux et salaires d'une
part, et entre marchés du travail et salaires d'autre part, en
mettant en évidence que les deux perspectives sont distinctes
dans leur approche de la dérivation des courbes de l'offre et
de la demande de main-d'œuvre. La perspective des échanges commerciaux trouve son origine dans le théorème de
Stolper-Samuelson (1941) en vertu duquel le niveau de la
demande d'un produit détermine la quantité de travail nécessaire à sa production : une augmentation de la demande du
produit fait monter les salaires.
La théorie du commerce
Le modèle de Ricardo-Viner conserve toutes les hypothèses
du modèle standard de Heckcher-Ohlin-Samuelson, sauf
qu'un facteur, généralement le capital, est supposé être
spécifique au secteur et avoir une mobilité internationale,
alors que la main-d'œuvre est supposée avoir une parfaite
mobilité intersectorielle. Dans le présent article, la maind'œuvre est supposée être spécifique géographiquement et
mobile entre secteurs. La mobilité de la main-d'œuvre est
géographiquement limitée par les coûts psychiques associés
aux liens sociaux et familiaux, à l'inconvénient de devoir
déménager, à la peur de l'inconnu, etc. L'intégration économique toujours grandissante dans l'UE fait qu'il est vraisemblable que le capital soit plus mobile géographiquement
que la main-d'œuvre. Le capital est supposé être parfaitement mobile entre secteurs et géographiquement, et la
main-d'œuvre et le capital sont supposés ne pas être complémentaires au niveau de l'agrégation régionale.
Selon la théorie de Heckscher-Ohlin, les économies
exportent des produits qui, pour leur production, nécessitent
l'utilisation relativement intensive de facteurs de production
locaux relativement abondants. Pour cette raison, une grande
partie de la littérature sur le commerce traditionnel suggère
que la dotation en un facteur de production constitue un
déterminant important des décisions de production globale,
et est en faveur de la spécialisation et de l'avantage comparatif. La spécialisation est ensuite déterminée par les dotations relatives en main-d'œuvre des diverses économies.
L'avantage comparatif dépend de l'abondance de la maind'œuvre par rapport à celle des concurrents.
La version restrictive du théorème de Stolper-Samuelson
déclare que la progression vers le libre-échange diminue le
salaire réel du facteur peu abondant et augmente le salaire
réel du facteur abondant si on compare à l'autarcie (Deardorff et Stern, 1994, p. 12). Cependant, Chipman (1969, p.
399) déclare que : "en généralisant la théorie à plus de deux
produits et de deux facteurs, il n'est plus vrai que l'accroissement plus que proportionnel du prix d'un facteur entraîne
une baisse importante de tous les prix des facteurs restants.
Le cas dans lequel ceci se produit vraiment sera appelé la
forme forte du théorème de Stolper-Samuelson, alors que le
cas le plus général sera appelé sa forme faible".
Par conséquent, si l'avantage comparatif est basé sur
l'abondance relative de main-d'œuvre, nous ne devons pas
nécessairement nous attendre à ce que la rémunération du
capital soit affectée quelle que soit la direction vers laquelle
va la rémunération du travail. Dans l'UE, la réduction des
barrières commerciales a été accompagnée de la réduction
des barrières à la mobilité des facteurs de production. Les
propriétaires du capital peuvent investir pour obtenir une
rémunération plus importante que ce qu'elle aurait été dans
un autre lieu de production, et, à long terme, la rémunération
du capital est censée être égale dans toutes les régions de
l'UE.
Une augmentation de la demande d'un produit, amenée
par une augmentation de la demande de biens dans les
régions qui peuvent maintenant mieux tirer profit de l'avantage comparatif en raison d'une intégration économique plus
profonde, fait monter les salaires dans cette région. A
l'origine, une économie disposant d'un grand volume de
main-d'œuvre doit avoir un niveau de salaire régional moyen
inférieur à celui d'une économie comparable où la maind'œuvre est rare. L'effet de l'intégration économique sur les
salaires est vraisemblablement plus important dans les
régions qui produisent des marchandises avec beaucoup de
main-d'œuvre, étant donné que la demande dérivée en maind'œuvre va vraisemblablement augmenter dans une plus
forte proportion si on veut tirer profit de l'avantage comparatif. Cet effet doit s'intensifier dans le temps par le processus d'intégration économique, la dématérialisation de la
production et l'amélioration des infrastructures.
La théorie standard de Heckscher-Ohlin-Samuelson a été
développée afin d'inclure les variations des dotations en
facteurs de production. En hypothèses standard, le théorème
de Rybczyski (1955) suggère qu'une réduction du volume de
la main-d'œuvre est associée à une augmentation des salaires. On sait que la migration des personnes touche une faible
proportion de l'ensemble de la population. Cependant, les
variations du volume de la main-d'œuvre dans une quelconque région sont aussi vraisemblablement influencées par le
taux d'activité. Tout accroissement du volume de la maind'œuvre dans une région dû soit à l'immigration (interrégionale ou internationale) ou à un accroissement du taux
local d'activité doit provoquer une baisse du niveau des
salaires dans la région.
La théorie du marché du travail
La situation différente des marchés du travail entre régions et pays pourrait affecter le salaire régional moyen
parce que les rigidités différentes du marché du travail
influent, chez les entreprises mobiles, sur le choix de
l'emplacement des usines.
Un taux d'emploi inférieur implique qu'une plus grande
proportion de travailleurs sont disponibles pour occuper les
postes vacants. La nécessité de payer des salaires plus élevés
va dépendre de l'importance de la récession du marché du
travail ; plus le taux d'emploi est bas, plus il est facile pour
une entreprise d'attirer des travailleurs et moins elle sera
obligée d'augmenter ses salaires pour réussir à attirer ces
travailleurs, ceteris paribus. La disparité des taux d'emploi
entre régions illustre les contrastes en main-d'œuvre disponible. Du point de vue de l'entreprise mobile, ceci pourrait
affecter sa décision d'implantation dans une région, étant
donné que plus le taux d'emploi est élevé, moins il y a de
personnes à recruter. Cependant, ainsi que concluaient
Murphy et Welch (1992, p. 285), "l'emploi seul ne peut pas
expliquer les variations observées dans les salaires relatifs"
et, par conséquent, d'autres variables institutionnelles du
marché du travail doivent également être prises en compte
pour essayer d'identifier l'effet des marchés du travail sur les
salaires.
Les disparités de niveaux d'allocations de chômage entre
pays pourraient être associées aux différences de "désutilité"
du travail et aux attentes de la société vis-à-vis des chômeurs. Entre régions, il y a des différences culturelles et
comportementales par rapport au chômage qui peuvent
influer sur le taux de chômage. Si le coût d'une opportunité
de travail est élevé, le travailleur ne participera pas au
marché du travail.
On pourrait donner des allocations de chômage élevées
pour aider le travailleur à trouver un nouvel emploi, et, par
là, pour le dissuader de rester au chômage. Mais cela pourrait également accroître le chômage frictionnel. Des allocations de chômage plus élevées permettent aux travailleurs de
rechercher des postes qui correspondent mieux à leurs compétences et à leur expérience. On dispose alors d'une période
plus longue pour rechercher un nouvel emploi, et des allocations de chômage plus élevées pourraient permettre une
meilleure adéquation entre le poste et la personne, ce qui
créerait une meilleure productivité future et de meilleurs
salaires. Ce pourrait être le cas aux Pays-Bas où, en 1994,
les chômeurs recevaient près de 320 ECUs par semaine. A
l'opposé, les allocations de chômage en Espagne sont beaucoup plus basses (en 1994, elles s'élevaient à environ 100
ECUs par semaine), peut-être pour inciter davantage le chômeur, d'un point de vue financier, à retrouver du travail en
raison d'une différence importante entre salaire et allocations
de chômage. Plus la rémunération des allocations de chômage est élevée, moins le coût net d'un individu restant au
chômage est élevé, et plus cette personne est capable de a)
retarder le moment de son recrutement, et b) rechercher un
travail mieux rémunéré (ou un travail qui lui procure un
niveau supérieur d'utilité).
Les disparités de puissance et d'activité des organisations
syndicales entre pays influent sur les différences de souplesse des salaires entre pays. Les arrêts de production dus à des
grèves pourraient inciter les entreprises à ne pas s'installer
dans une région fréquemment affectée par les mouvements
syndicaux, même si le salaire moyen y est bien plus bas. Par
conséquent, on peut associer action syndicale forte et salaire
régional moyen bas. Cependant, cette relation n'est pas nécessairement vraie. Hungerford (1989) a étudié les effets des
échanges commerciaux sur les licenciements dans l'industrie
américaine et a découvert que les secteurs dans lesquels la
syndicalisation était forte tendaient à licencier en période
difficile. Ceci vient à l'appui des travaux de Medoff (1979)
qui suggérait que les entreprises où la syndicalisation est
effective font des ajustements au moyen de licenciements et
non en diminuant les salaires.
LA MÉTHODE ET LES DONNÉES
Etant donné que les facteurs qui régissent les mouvements du salaire régional moyen relatif dans l'UE sont au
centre du présent article, on a recours à l'analyse croisée
combinée de données provenant de l'observation annuelle
des variables des échanges commerciaux et des marchés du
travail. Cette méthode doit réduire la colinéarité possible
entre les variables explicatives, augmenter l'efficacité des
estimations économétriques et réduire l'amplitude du biais
attribuable à de mauvaises spécifications ou à l'omission de
variables.
Les facteurs hétérogènes spécifiques aux régions et les
variables communes à un groupe de régions peuvent contribuer à la détermination de la dynamique de l'avantage comparatif régional et doivent être incorporés à cette analyse.
Les régions possèdent également des caractéristiques communes entre régions de différents pays mais non communes
à plusieurs régions d'un même pays
[1]. Une méthode pour
incorporer l'hétérogénéité régionale à un modèle empirique
consiste à l'incorporer au terme d'intercept. Un intercept à un
point différent pour chaque région permet d'incorporer l'hétérogénéité régionale non variable dans le temps. L'intégration économique
per se peut influer sur l'évolution du salaire
régional moyen relatif de manière à ce qu'un intercept
variable en fonction de la période (invariable en fonction de
la région) soit incorporé pour capter ces effets de période.
L'idée derrière les modèles d'intercept variable est que les
effets de nombreuses variables omises, qui peuvent varier en
fonction de la période ou de la région, sont individuellement
sans importance mais collectivement significatifs. En utilisant des effets fixes, nous pouvons tester si les différences
entre régions constituent des facteurs qui contribuent de
manière importante à la détermination des variations du
salaire régional moyen relatif. Le modèle théorique ici
utilisé est le suivant :
ΔP r, t = Î¼ï€ r, t + Î±ï€ r + α t + Î²ï€ X r, t + u r, t
dans lequel ΔP r, t représente l'évolution du salaire régional moyen relatif, r et t représentent respectivement la région
r et la période t, X représente tous les régresseurs explicatifs,
β représente les coefficients des variables explicatives, α r et
Î±ï€ t les effets de la région et de la période, μ r, t est l'intercept
moyen et u r, t est le terme d'erreur qui est censé être sans
corrélation avec l'un quelconque des termes de l'intercept,
ainsi que régulier et normalement distribué.
ΔP r, t est identifié pour chaque région par un indice fixé
de telle façon que la moyenne de l'ensemble de l'échantillon
soit de 100. Si une région a une valeur P r, t de 150, cela
signifie que le niveau de salaire régional moyen pour la
région i au cours de la période t est supérieur de 50% à la
moyenne de l'échantillon. L'indice est remis à zéro pour chaque année afin d'éviter la possibilité de fausser les résultats.
Ce proxy est formé en divisant le total des salaires du
personnel par le nombre total de salariés pour chaque région
NUTS. Voir en annexe le détail de chaque proxy variable.
Plusieurs modèles logarithmiques linéaires partiels sont
estimés pour mesurer les effets des variables économiques
du commerce traditionnel et de la main-d'œuvre sur la dynamique du salaire régional moyen relatif. Les régressions
semblent expliquer dans quelle direction évolue le salaire
moyen relatif dans les régions de l'UE entre 1986 et 1994.
Le tableau 1 fournit la statistique descriptive de toutes les
variables utilisées dans l'estimation empirique. La variable
dépendante dans chaque régression est ΔPr, t et toutes les
régressions contiennent les variables fondamentales
suivantes :
-
Lr, t est l'offre relative de main-d'œuvre locale (résidentielle) économiquement active et mesure la dotation
en main-d'œuvre spécifique à la région par rapport aux
autres régions. C'est l'offre de main-d'œuvre du moment
mesurée en termes relatifs qui nous intéresse ici, parce
que la théorie du commerce traditionnel est essentiellement statique. Pour être clairs, ce n'est pas un indicateur
de l'intensité avec laquelle la main-d'œuvre est
employée, mais si une région veut profiter de l'exploitation de son avantage relatif, il faut que les entreprises
de la région puissent profiter de l'abondance de la maind'œuvre locale et produire des biens qui utilisent la
main-d'œuvre à son niveau d'intensité le plus approprié.
-
Lr, t peut ne pas nous fournir suffisamment d'informations
sur la dynamique de l'avantage comparatif. Le théorème
de Rybczynski énonce qu'une réduction de l'offre de
main-d'œuvre est associée à une augmentation de ses
revenus. En conséquence, les variations de la quantité
relative de l'offre de main-d'œuvre locale (ΔL r, t ) sont
incorporées. Ceci pourrait fluctuer si le taux d'activité
ou les migrations venaient à changer.
-
Benr, t est la mesure de la différence relative d'importance
des allocations de chômage. Bien que celle-ci soit initialement observée au niveau national, elle est pondérée
par le niveau de salaire régional moyen et constitue un
substitut de l'allocation régionale par rapport au salaire
moyen de la région, par rapport à la moyenne de
l'échantillon.
- Unionn, t-1 est la différence relative d'activité des syndicats entre pays. Elle est mesurée comme le nombre de
salariés impliqués dans des grèves exprimé sous forme
de pourcentage du nombre des salariés au niveau
national. La disponibilité irrégulière des données explique que cette variable soit mesurée au niveau national.
-
La variable du taux d'emploi régional relatif utilisée ici
a deux mesures possibles . Tout d'abord, Rr, t-1 est la
mesure du volume de l'emploi par rapport à la moyenne
de l'échantillon au cours de l'année précédente pour
incorporer la réaction tardive des salaires aux variations
du taux d'emploi. Le deuxième proxy est l'évolution du
taux d'emploi entre années consécutives, ΔE r, t .
- Le modèle complet pour l'estimation est donc le suivant :
ΔPr, t = Î¼ï€ r, t + Î±ï€ r + αt + Î²ï€ ï€± ï€ L r, t + β2 ï€ Ben r, t + β3 ï€ Union n, t-1 + β 4 E r, t-1 + u r, t
Les trente deux régions de l'échantillon proviennent de
quatre pays – l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne
– et le nombre de régions de l'échantillon est limité par la
disponibilité des données. Il existe des variations importantes de la taille de la main-d'œuvre entre régions, celle-ci
allant d'un peu plus d'1/4 de million de personnes (Brême) à
un peu moins de 8 millions de personnes (Rhénanie-West-phalie). Ceci indiquerait, selon les ouvrages consacrés à
l'avantage comparatif, qu'une large gamme de produits peuvent être fabriqués de manière concurrentielle. Si l'avantage
comparatif d'une région est basé sur la quantité de maind'œuvre dont elle est dotée, alors elle va se spécialiser dans
la production de marchandises qui nécessitent une maind'œuvre de la taille de celle dont elle dispose.
Benr, t varie de manière importante dans l'UE. Ceci correspond aux prévisions, étant donné le niveau relativement
élevé des allocations de chômage aux Pays-Bas par rapport à
l'Espagne. Les taux d'emploi varient également de manière
importante entre régions
[2]. Une autre caractéristique importante provient de l'observation que
ΔEr, t est négatif. Ceci
implique que la tendance du taux réel d'emploi soit à la
baisse, ce qui est logique par rapport à la présence de
l'hystérésis.
Le tableau 2 présente les résultats des estimations
croisées combinées des moindres carrés qui incorporent les
variables factices binaires et les effets de la période. Les
tableaux 3 et 4 présentent les estimations correspondantes
des variables factices binaires et des effets de la période
respectivement. Les statistiques F sont invariablement significatives au niveau de 5%, suggérant que l'hypothèse nulle
de la relation non causale entre le régressande et les
régresseurs (et les effets fixes) peut être rejetée. La régression (d) a le meilleur ajustement ; les 23,3% de la variation
interrégionale du niveau de salaire régional moyen sur la
période 1986-1994 peuvent s'expliquer par les régresseurs et
les effets fixes du groupe et de la période. Cette valeur est
stable sur toute la gamme des spécifications de l'équation.
Les variations étaient supposées similaires pour toutes les
régions. Cependant, la variation spécifique au groupe fut
estimée pour identifier le résidu carré moyen du groupe, ce
qui fut suivi de l'estimation de la matrice de covariance
asymptotique. Ces résultats furent comparés à l'ensemble des
résultats d'origine ; les différences dans les coefficients des
régresseurs et les t-ratios étaient faibles. Ceci amena à
conclure que les résultats n'étaient pas affectés de manière
significative par l'hétérogénéité.
La théorie du commerce veut que la réduction des barrières commerciales augmente la demande de biens et
exploite davantage l'avantage comparatif et la spécialisation.
La main-d'œuvre des régions plus riches en main-d'œuvre
doit avoir initialement un taux de rémunération inférieur,
mais, étant donné que le nombre des barrières diminue, il
devrait y avoir augmentation du niveau de salaire relatif au
fur et à mesure que les régions commencent à exploiter leur
capacité à produire des biens nécessitant une main-d'œuvre
abondante. Il doit donc y avoir un coefficient positif entre
l'offre relative de main-d'œuvre et l'évolution du niveau de
salaire régional moyen relatif. Cependant, le coefficient du
proxy pour la taille de la main-d'œuvre régionale, Lr, t , n'est
pas significativement différent de zéro. De plus, bien que
non significatif, le coefficient de la colonne (a) pour Lr, t est
négatif, suggérant que plus l'offre de main-d'œuvre est
importante par rapport aux autres régions de l'échantillon,
plus le salaire régional moyen relatif va être à la baisse. Ceci
pourrait indiquer l'une des deux choses suivantes. Premièrement, cela peut vouloir dire que l'accroissement du niveau
de concurrence a encore renforcé la tendance à la baisse des
salaires, particulièrement dans les régions qui se spécialisent
dans la production de biens nécessitant beaucoup de maind'œuvre. Deuxièmement, cela peut indiquer que la qualité de
la main-d'œuvre offerte est également ici un élément
nécessaire, ce qui serait dans la ligne d'une grande partie de
la littérature actuelle sur le progrès technique avec biais
factoriel (Haskell, 1999). Le progrès technique avec biais
factoriel peut faire monter le salaire régional moyen relatif
dans les régions qui se spécialisent dans la production de
certains biens exigeant des capitaux spécifiques.
L'autre proxy utilisé du point de vue théorique du
commerce traditionnel est l'évolution de l'offre de maind'œuvre régionale, ΔLr, t . Le théorème de Rybczynski suggère qu'une réduction de l'offre de main-d'œuvre est associée à
un accroissement de ses revenus. Cette variable a un
coefficient qui est négatif en permanence et statistiquement
significatif au niveau 5% (8%) en colonne d (a), ce qui vient
à l'appui du théorème de Rybczynski.
De l'analyse empirique ci-dessus, on peut déduire que la
théorie traditionnelle du commerce peut éclairer les raisons
qui expliquent comment le salaire moyen évolue au niveau
régional. Cependant, ceci ne permet pas de tirer des conclusions définitives, étant donné que les dotations apparaissent
comme étant sans importance alors que les effets de
Rybczynski sont présents.
Les allocations de chômage, la puissance des syndicats et
les taux d'emploi ont été introduits afin de capter les différences entre les structures institutionnelles des marchés du
travail et d'évaluer leurs effets statistiques sur l'évolution du
salaire régional moyen relatif entre les régions dans le
temps.
Les coefficients de la variable des allocations de chômage
étaient négatifs en permanence et statistiquement significatifs au niveau de 1%. Le coefficient négatif ne vient pas
soutenir la théorie selon laquelle des allocations de chômage
élevées par rapport au niveau des salaires poussent les
personnes à rechercher de meilleurs emplois et à éviter une
mauvaise adéquation entre leurs compétences et leur emploi
et, par là, à trouver du travail dans un emploi mieux adapté
leur permettant de gagner un salaire plus élevé. Cela
indique, au contraire, que des allocations de chômage élevées par rapport au niveau moyen des salaires de la région
abaissent en réalité le salaire régional moyen relatif. Ceci
pourrait résulter de la moins grande incitation à trouver un
travail approprié, et, on aurait donc une économie régionale
moins performante et moins de pressions pour pousser les
salaires vers le haut. Cela pourrait également être dû aux
pays de l'échantillon étudié (les Pays-Bas ont des allocations
de chômage très généreuses et des salaires élevés alors que
l'Espagne a des allocations de chômage relativement faibles
et des salaires relativement bas).
Le coefficient de la variable correspondant à la puissance
des syndicats n'est pas significativement différent de zéro. Il
apparaît qu'il y a une relation significative entre l'étendue de
l'activité syndicale relative et l'évolution du salaire régional
moyen relatif sur cette période. Il apparaît qu'on ne peut
dissuader les multinationales de s'établir dans une région où
les grèves sont relativement nombreuses ; des salaires plus
bas peuvent compenser cet effet. Comme cette variable est
mesurée au niveau national, il se peut qu'elle reflète une
hétérogénéité spécifique au pays qui n'aurait pas été
observée, comme par exemple, une diversité de langues, de
même que des forces institutionnelles du marché du travail
spécifiques au pays.
Les coefficients de l'effet des taux d'emploi relatif avec
retard par rapport au salaire régional moyen relatif ont les
signes attendus : plus le taux relatif d'emploi régional est
bas, plus le salaire régional moyen relatif est élevé. Cette
ligne de pensée est également soutenue par le coefficient sur
l'évolution du taux d'emploi. Une augmentation du taux
d'emploi pousse le salaire régional moyen relatif vers le
haut. Les coefficients sur les deux mesures des taux d'emploi
relatif sont significatifs en permanence au niveau de 1%. Les
résultats ici présentés suggèrent qu'au fur et à mesure que les
taux d'emploi régionaux augmentent, le salaire régional
moyen fait de même ; ce qui implique que, au fur et à mesure que les taux d'emploi augmentent, a) les salariés peuvent
reconnaître qu'il y a moins de salariés à recruter et demander
une rémunération plus élevée, et b) l'entreprise paie des salaires plus élevés pour attirer les salariés des autres secteurs
de production.
Il est également nécessaire d'identifier l'importance de
l'hétérogénéité régionale et si l'hétérogénéité régionale joue
un rôle dans la détermination de l'évolution du salaire régional moyen relatif. Les tableaux 3 et 4 montrent respectivement les effets fixes estimés du groupe et de la période qui
correspondent respectivement aux intercepts
α r et
α t . Il a
été opposé que l'hétérogénéité régionale, identifiée au
moyen des effets fixes du groupe, pouvait être un facteur
important contribuant à la détermination de l'évolution des
salaires
[3]. Les résultats présentés dans le tableau 3 mettent en
relief l'importance des caractéristiques régionales spécifiques.
Les coefficients négatifs sont surtout associés à toutes les
régions italiennes et à quelques régions d'Espagne. Les coefficients négatifs pour les effets fixes des régions allemandes
ne sont pas significatifs au niveau de 5% et s'appliquent à la
Sarre, à la Rhénanie-Westphalie, au Bade-Wurtemberg, à la
Bavière et à Berlin, qui sont des régions de déclin industriel.
Ces résultats sont assez stables dans les six différentes
spécifications du modèle. Les régions espagnoles comprises
sont le Nord-Ouest, le Nord-Est et le Centre. Ce sont des
régions qui sont soit à la périphérie du pays, soit englobent
la capitale et pourraient donc former une région de déplacements quotidiens ou une région trop éloignée du centre
industriel pour que les industries s'y établissent.
Les estimations des effets fixes de la période, présentées
dans le tableau 4, suggèrent une grande importance des dernières vagues de données, de 1991 à 1994. Les coefficients
sur les effets fixes de la période sont négatifs en permanence
(suggérant une convergence), sauf pour les années allant de
1990 à 1993 incluses. Ces effets fixes de la période pourraient indiquer la présence du cycle économique et soutenir
la proposition que le temps est un facteur important de
l'orientation du salaire régional moyen. Il peut également
être associé à l'intégration économique, aux nouvelles autoroutes, à une plus proche coopération des états membres ou
à la progression en direction d'une économie de plus en plus
dématérialisée.
Les variables auxiliaires du modèle classique ont également été évaluées pour essayer d'identifier si les régresseurs des modèles d'effets fixes à deux critères permettent
d'apporter une explication. Les résultats, présentés en bas du
tableau 2, suggèrent que la meilleure estimation est le modèle complet, qui contient l'intercept moyen, les régresseurs et
les effets du groupe et de la période étant en permanence
bien meilleurs au niveau de 95%. Cependant, le modèle
"complet" n'est pas statistiquement meilleur en permanence
que le même modèle sans les effets fixes de la période. Ceci
indique que l'incorporation des effets de la période n'améliorent pas le modèle de manière significative. Le tableau 5
présente les résultats des F tests pour le modèle classique. Ils
indiquent en permanence que le modèle qui incorpore tous
les régresseurs et les effets fixes du groupe est meilleur que
tout autre modèle. Cependant, le même modèle qui inclut les
effets de la période n'est pas une amélioration significative.
Ces constatations suggèrent que l'hétérogénéité régionale est
plus importante pour la détermination de l'évolution des
niveaux du salaire régional moyen relatif que toute autre
caractéristique du marché du travail ou que la variable du
commerce incluse dans cette estimation empirique.
L'intégration économique peut avoir pour effet de réduire
l'importance des dotations en facteurs de production, et la
principale force derrière la dynamique des salaires pourrait
maintenant être attribuable aux marchés du travail institutionnels. Ceci pourrait être l'une des raisons pour lesquelles les facteurs des marchés du travail incorporés comme des variables explicatives indépendantes sont plus
stables et statistiquement plus significatives en permanence
que l'effet du commerce.
Cet article a présenté les résultats d'une recherche empirique sur les effets statistiques des variables correspondant
aux échanges commerciaux et aux marchés du travail sur
l'évolution du salaire régional moyen relatif. Il s'inscrit dans
le débat sur le commerce et la main-d'œuvre dans lequel les
chercheurs essaient d'identifier les rôles respectifs du commerce et des marchés du travail sur l'inégalité des salaires.
Cependant, cet article a adopté une approche différente en
plaçant cette recherche dans la perspective de l'Europe des
régions. L'analyse se trouve donc placée à un niveau beaucoup plus désagrégé que la majorité des études similaires.
Une estimation croisée combinée des effets contrôlés, qui
impose des coefficients communs de pente mais permet des
intercepts variant avec le temps et les régions, a été utilisée
pour rechercher les effets possibles sur le salaire régional
moyen des variations des mesures relatives des différences
de dotation en main-d'œuvre, des allocations de chômage, de
la puissance syndicale et des taux d'emploi en Allemagne,
aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne.
Les résultats présentés indiquent que, dans la période
comprise entre 1986 et 1994, les allocations de chômage
relatives et les taux d'emploi relatifs étaient des déterminants
statistiquement significatifs de l'évolution du salaire régional
moyen relatif. Ceci vient à l'appui des propositions selon
lesquelles les facteurs institutionnels des marchés du travail
sont importants pour déterminer l'évolution du salaire
régional moyen relatif. Il y a ici un soutien empirique au
théorème de Rybczynski, étant donné que le changement
dans les dotations est associé négativement aux variations du
salaire moyen relatif au niveau régional. Cependant, la taille
de l'offre de main-d'œuvre n'était pas significative, ce qui
indique que la théorie traditionnelle des échanges commerciaux est un déterminant moins important des niveaux de
salaire moyen relatif dans les différentes régions que les
ouvrages sur la question ne le suggèrent entre pays.
Les résultats viennent appuyer la proposition que les
facteurs du marché du travail et les facteurs en rapport avec
le commerce traditionnel sont importants pour déterminer le
salaire régional moyen. Cependant, il a été démontré que
l'incorporation des hétérogénéités régionales dans le modèle
par l'intermédiaire des effets fixes du groupe constitue une
explication importante de l'évolution du salaire régional
moyen relatif dans cet échantillon de pays.
Deux axes de recherche sont recommandés pour une
étude plus approfondie. D'abord, une recherche des mécanismes qui entraînent des changements du salaire régional
moyen relatif dans le temps doit être effectuée en accordant
une grande attention aux déterminants de l'hétérogénéité
régionale. Les premiers essais pourraient d'abord se concentrer sur la distance qui sépare la région du cœur du
marché, sur les différentiels de compétences ou sur la gamme des industries régionales. Ensuite, il faudrait identifier si
ces résultats sont spécifiques du temps ou de l'échantillon.
Ceci pourra faire l'objet de recherches à mesure que l'on
disposera de plus en plus de données sur les régions.
ANNEXE : SOURCES DES DONNEES ET DEFINITIONS
Echantillon. Le jeu de données concerne les trente deux régions
NUTS et n'a été limité que par la disponibilité des données :
Allemagne (11 régions) : Bade-Wurtemberg, Bavière, Berlin, Brême,
Hambourg, Hessen, Niedersachsen, Rhénanie-Palatinat, Sarre,
Schleswig-Holstein. Espagne (6 régions) : Nord Ouest, Nord Est,
Communauté de Madrid, Centre, Est, Sud. Italie (11 régions) : Nord
Ouest, Lombardie, Nord Est, Emilie Romagne, Centre, Latium,
Abruzes-Molise, Campanie, Sud, Sicile, Sardaigne. Pays-Bas (4
régions) : Noord-Nederland, Oost-Nederland, West-Nederland, Zuid-Nederland.
Salaire. Cette variable régionale,
ΔP r, t , a été calculée en divisant le
montant global de la rémunération des salariés par le nombre total des
salariés ; ceci a été ensuite indexé en fonction de la moyenne annuelle
de l'échantillon ; puis on a introduit les modifications entre les années
consécutives. La variable "rémunération des salariés" est exprimée en
millions d'ECU, ce qui permet les comparaisons. Ces données ont été
fournies par la Eurostat NewCronos Regio Database/Base de Données
Régionales Eurostat NewCronos
[4].
Offre de travail. Elle est définie par le nombre de personnes économiquement actives résidant dans la région par rapport à la moyenne de
l'échantillon et est identifiée par Lr, t . Ces données ont été fournies par
la Eurostat NewCronos Regio Database/Base de Données Régionales
Eurostat NewCronos.
Evolution de l'offre de main-d'œuvre. C'est la différence de Lr, t entre
années consécutives.
Taux d'emploi. Les données représentant le taux d'emploi régional par
rapport à la moyenne de l'échantillon sont définies comme étant le
nombre de salariés dans chaque région exprimé sous forme de pourcentage de la population économiquement active résidant dans la
région. Deux mesures ont été utilisées : la première, les taux d'emploi
régionaux avec retard, Er, t-1, et la seconde, l'évolution des taux
d'emploi régionaux sur les années consécutives, ΔE r, t,. Ces données
ont été fournies par la Eurostat NewCronos Regio Database/Base de
Données Régionales Eurostat NewCronos.
Allocations de chômage. Benr, t est mesuré au niveau national et
pondéré en fonction du niveau de salaire régional moyen. Ces données
ont été fournies par la Eurostat NewCronos Regio Database/Base de
Données Régionales Eurostat NewCronos.
Puissance syndicale. Union n, t-1 est mesurée au niveau national et
provient du Bureau International du Travail (1988,1996). Elle est
définie comme le nombre de salariés impliqués dans des grèves divisé
par la taille de la population économiquement active résidant dans la
région.
Tableau 1.
Statistique descriptive
Tableau 1. Statistique descriptive
Variable Moyenne σ Coeffi- Coeffi- Minimum Maximum
cient cient
d'asy- d'aplamétrie tissement
ΔP r,t-0.105 6.3856 0.5 12.4-33.122 36.296
L r,t 100.000 67.810 1.4 5.3 12.798 336.190
ΔL r,t-1.778 22.848-4.9 55.2-238.959 107.860
Ben r,t 0.234 0.136 0.4 2.4 0.047 0.566
Union 100.000 101.806 0.7 2.4 0.612 364.413
n,t-1
E r,t-1 100.000 18.995 0.8 3.3 63.044 157.373
ΔE r,t-0.284 6.430 0.4 15.9-33.855 37.980
Tableau 2.
Moindres carrés avec variables factices binaires
du groupe et effets de période
Tableau 2. Moindres carrés avec variables factices binaires
du groupe et effets de période
(a) (b) (c) (d)
N 279 275 275 275
L r,t-0.163 0.639
(1.727) (0.673)
ΔL r,t-0.032-0.413*
(1.778) (2.302)
Ben r,t-90.393** -99.707** -99.529** -97.839**
(4.587) (5.195) (5.011) (5.170)
Union n,t-1 0.853 E-02 0.845 E-02 0.884 E-02 0.747 E-02
(1.283) (1.270) (1.331) (1.133)
E r,t-1-0.241** -2.226**
(4.087) (3.967)
ΔE r,t 0.265** 0.285**
(4.173) (4.628)
Moyenne- 59.860** 44.409** 15.447 21.454**
Intercept (4.799) (5.887) (1.674) (5.028)
Test F 1.45* 1.45* 1.47* 1.61*
Autocorrélation 0.052 0.081 0.041 0.039
estimée
Hausman 16.74 16.94 14.86 15.32
R² 0.214 0.215 0.216 0.232
Tests du logarithme du rapport de vraisemblance
(4) contre (3) 53.496** 54.400* 34.628 36.055
[31]
(5) contre (4) 11.868 13.480 12.879 13.029
[8]
(5) contre (3) 65.365** 64.880** 47.507 49.084
[40]
Tests F pour le modèle classique
(4) contre (3) 1.622* 1.541* 1.009 1.052
[31]
(5) contre (4) 1.277 1.454 1.388 1.404
[8]
(5) contre (3) 8.765** 4.582** 2.279** 2.407**
[40]
Notes : La variable dépendante dans chaque cas est ΔP r,t . t figure entre
parenthèses sous chaque coefficient de régression. Voir, en annexe, les définitions des variables. Les degrés de liberté pour le test F figurent entre crochets.
** indique significatif au niveau de confiance de 1%. * indique significatif au
niveau de 5%. Les modèles (3), (4) et (5) ont été comparés dans le test du
logarithme du rapport de vraisemblance et le test F pour le modèle classique,
comme suit : Le modèle (3) est seulement pour les régresseurs et la moyenneintercept (pas d'effets combinés de la période) [ΔP i t = α + X i t + ε i t ]. Le
modèle (4) contient tous les effets combinés et les variables (mais aucun effet
de temps) [ΔP i t = α i + X i t + ε i t ]. Le modèle (5) contient les résultats du
modèle complet qui a la moyenne-intercept, les régresseurs et les effets
combinés et de temps [ΔP i t = α + α i + α t + X i t + ε i t ].
Tableau 3.
Estimation des effets fixes de groupe
Tableau 3. Estimation des effets fixes de groupe
Région Pays Nbre (a) (b) (c) (d)
d'obs
Bade-Wur- Alle- 8 26.809** 10.098** -1.534 4.850*
temberg magne (2.579) (3.530) (0.153) (1.941)
Bavière Alle- 9 33.72** 10.258** -2.140 7.426**
magne (2.353) (3.690) (0.151) (2.858)
Berlin Alle- 9-0.692 5.780** 9.379* 5.696**
magne (0.142) (2.335) (1.936) (2.332)
Brême Alle- 9 2.835 16.602** 10.575 4.759*
magne (0.330) (4.392) (1.185) (1.943)
Hambourg Alle- 9 4.876 15.032** 9.189 5.084**
magne (0.750) (4.420) (1.364) (2.337)
Hesse Alle- 9 11.611** 9.141** 3.214 4.630*
magne (3.525) (3.288) (1.159) (1.946)
Nieder- Alle- 9 17.498** 10.669** 5.247 8.174**
sachsen magne (3.419) (3.661) (1.075) (2.952)
Rhénanie- Alle- 8 46.903** 10.041** -8.977 5.335
Westphalie magne (2.131) (3.549) (0.411) (1.021)
Rhénanie- Alle- 9 3.711 7.427** 8.766** 5.933
Palatinat magne (1.014) (2.824) (2.318) (2.311)
Sarre Alle- 9-1.237 11.816** 11.604 6.086**
magne (0.153) (4.183) (1.385) (2.470)
Schleswig- Alle- 9 1.554 9.816** 11.804* 8.911**
Holstein magne (0.283) (3.390) (2.074) (3.155)
Nord Es- 9-10.242** -5.979 2.207 0.688
Ouest pagne (2.738) (2.305) (0.651) (0.304)
Nord Est Espagne 9-6.190* -0.982 2.251 0.382
(1.634) (0.442) (0.621) (0.178)
Commun Espagne 9-2.121 1.171 0.697-0.366
de Madrid (0.753) (0.533) (0.243) (0.171)
Centre Espagne 9-6.383** -3.132 3.659 2.899
(1.969) (1.212) (1.277) (1.277)
Est Espagne 9 13.121* -0.579-3.073 2.682
(1.660) (0.252) (0.378) (1.216)
Sud Espagne 9 1.885-1.023 2.809 4.066
(0.619) (0.386) (0.933) (1.720)
Nord Ouest Italie 9-9.063** -12.430** -13.000** -11.791**
(2.133) (3.244) (2.981) (3.135)
Lombardie Italie 9-3.170-15.593** -20.990** -15.953**
(0.382) (4.044) (2.475) (4.188)
Nord Est Italie 9-12.157** -16.760** -18.406** -17.038**
(2.721) (4.535) (4.050) (4.667)
Emilie Italie 9-19.478** -17.207** -13.719** -14.882**
Romagne (4.715) (4.488) (3.427) (3.976)
Centre Italie 9-15.553** -17.709** -16.817** -15.870**
(3.941) (4.682) (4.211) (4.137)
Latium Italie 9-15.054** -15.019** -15.295** -15.593**
(3.894) (3.862) (3.942) (4.054)
Abruzes- Italie 9-30.842** -20.497** -11.963* -16.349**
Molise (4.165) (5.417) (1.678) (4.571)
Campanie Italie 9-19.500** -19.088** -14.729** -14.479**
(5.063) (4.942) (4.073) (4.043)
Sud Italie 9-16.510** -18.482** -15.867** -15.036**
(4.351) (5.017) (4.205) (4.332)
Sicile Italie 9-21.735** -19.071** -14.980** -15.919**
(5.454) (5.240) (3.946) (4.565)
Sardaigne Italie 9-28.800** -18.346** -9.764-14.161**
(3.834) (4.727) (1.368) (3.902)
Noord- Pays-Bas 8 13.824 27.638** 36.372** 31.044**
Nederland (1.387) (4.874) (3.643) (5.562)
Oost- Pays-Bas 7 16.473* 25.914** 31.435** 28.273**
Nederland (2.043) (4.326) (3.868) (4.777)
West- Pays-Bas 7 30.273** 26.002** 23.753** 25.851**
Nederland (4.921) (4.669) (3.893) (4.705)
Zuid- Pays-Bas 7 17.623** 25.943** 30.123** 27.357**
Nederland (2.356) (4.465) (3.978) (4.763)
Tableau 4.
Estimation des effets fixes de la période
Tableau 4. Estimation des effets fixes de la période
Nbre d'obs. (a) (b) (c) (d)
1986 28-3.402** -4.057** -4.010** -3.932**
(2.402) (2.920) (2.827) (2.866)
1987 32-1.364-1.646* -1.791* -1.624*
(1.228) (1.604) (1.602) (1.492)
1988 32-0.746-0.997-1.142-0.981
(0.684) (0.919) (1.041) (0.917)
1989 32-0.628-0.803-0.950-0.803
(0.595) (0.760) (0.894) (0.720)
1990 32 0.834 0.778 0.629 0.755
(0.791) (0.735) (0.594) (0.721)
1991 32 2.439** 2.548** 2.396** 2.491*
(2.120) (2.200) (2.077) (1.739)
1992 32 2.586** 2.711** 2.558** 2.651**
(2.222) (2.313) (2.192) (2.292)
1993 32 2.814** 2.962** 2.809** 2.898*
(2.371) (2.479) (2.360) (1.616)
1994 27-3.507** -2.376* -1.185-2.306*
(2.333) (1.931) (0.780) (1.899)
Tableau 5.
Tests d'hypothèse pour le "modèle classique"
Tableau 5. Tests d'hypothèse pour le "modèle classique"
pour (a)
Modèle n° Test F Numérateur Dénominateur Probabilité
(2) contre (1) 0.676 31 246 0.904
(3) contre (1) 0.467 4 274 0.760
(4) contre (1) 1.412 35 244 0.071
(4) contre (2) 9.862 4 244 0.000
(4) contre (3) 1.622 31 244 0.024
(5) contre (4) 1.277 8 235 0.256
(5) contre (3) 8.765 40 235 0.000
·
BRECHER, R.A., 1974, Minimum Wage Rates and the Pure Theory of
International Trade, Quarterly Journal of Economics 88,98-116.
·
BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL, 1988, Strikes and Lockouts by Industry
[fichier informatique], Genève : ILO (producteur, service en ligne R. Cade
(distributeur), Universités de Durham et d'Essex.
·
BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL, 1996, Strikes and Lockouts by Industry
[fichier informatique], Genève : ILO (producteur, service en ligne R. Cade
(distributeur), Universités de Durham et d'Essex.
·
CHIPMAN, J.S., 1969, Factor Price Equalisation and the Stolper-Samuelson
Theorem, International Economic Review 10,399-406.
·
DEARDORFF, A.V. et R.M. STERN, 1994, The Stolper-Samuelson
Theorem : A Golden Jubilee, University of Michigan Press, Ann Arbor.
EUROSTAT, 1998, New Cronos Regio Database, service en ligne R. Cade
(distributeur), Universités de Durham et d'Essex.
·
FEENSTRA, R.C. et G.H. HANSON, 1999, Productivity Measurement and
the Impact of Trade and Technology on Wages : Estimates for the US, 1972-1990, Quarterly Journal of Economics 114,907-40.
·
FREEMAN, R.B., 1995, Does Globalisation Threaten Low-Skilled Western
Workers ? in Philpott, J. (1997) Working for Full Employment, Routledge,
Londres, 132-50.
·
HASKEL, J.E., 1999, The Trade and Labour Approaches to Wage Inequality,
Queen Mary and Westfield University, Document de travail 405.
Haskel, J.E. et M.J. Slaughter, 1999, Trade, Technology and UK Wage
Inequality, NBER, Document de travail 6978.
·
HARRIGAN, J., 1998, International Trade and American Wages in General
Equilibrium, 1967-95, NBER, Document de travail 6609.
·
HUNGERFORD, T.L., 1989, Essays on International Trade and the Labour
Market, Thèse de Doctorat, University of Michigan.
·
JOHNSON, G. et F.P. STAFFORD, 1993, International Competition and
Real wages, American Economic Review 83,127-30.
·
MEDOFF, J.L., 1979, Layoffs and Alternatives under Trade Unions in US
Manufacturing, American Economic Review 69,380-95.
·
MURPHY, K.M. et F. WELCH, 1991, The Role of International Trade in
Wage Differentials, Ch. 2 in Kosters, M.H., 1991, Workers and their Wages,
AEI Press, Washington DC, 39-69.
·
MURPHY, K.M. et F. WELCH, 1992, The Structure of Wages, Quarterly
Journal of Economics 107,285-325.
·
OHLIN, B., 1967, Interregional and International Trade (Edition révisée),
Harvard University Press, Cambridge, Mass.
·
RYBCZYNSKI, T.M., 1955, Factor Endowments and Relative Commodity
Prices, Economica 22,336-41.
·
SLAUGHTER, M.J., 1999, Globalisation and Wages : A Tale of Two
Perspectives, World Economy 22,609-29.
·
STOLPER, W. et P.A. SAMUELSON, 1941, Protection and Real Pay,
Review of Economic Studies 9,59-73.
·
VERSPAGEN, B., 1998, Long Run Growth, Convergence and Factor Prices,
Maastricht Economic Research Institute on Innovation and Technology,
Document de travail 2/98-025.
[1]
Par exemple, Southampton et Rotterdam sont des ports importants. Ils ont
vraisemblablement davantage de choses en commun que la région espagnole
de l'Estremadure avec Madrid, qui ont des structures industrielles différentes.
[2]
Les régions espagnoles connaissent le taux d'emploi le plus bas avec
seulement 45,5% de la population au travail. Cependant, la valeur maximale
est supérieure à 1, avec 1,137. Ceci indique que 113,7% de la main-d'œuvre
de la région a un emploi. Ce chiffre est supérieur à 1 en raison de la manière
dont il est calculé : il comprend les migrations, c-à-d le cas où des personnes
habitent une région et travaillent dans une autre.
[3]
Ceci peut être inexact si l'importance de l'hétérogénéité régionale et de la
période fluctue dans le temps et n'est, donc, pas fixe. Pour tester cette
supposition, une spécification du modèle alternatif a été testée avec des
techniques d'effets aléatoires. Puis les résultats furent comparés. Les résultats
d'une statistique de test de Hausman étaient invariablement élevés, le plus
petit étant 14,86. Les valeurs élevées de la statistique de Hausman sont en
faveur du modèle des effets fixes plutôt que de celui des effets aléatoires.
[4]
Ceci est certainement le meilleur proxy disponible sur le rendement des
facteurs au niveau régional de désagrégation. Ce proxy contient les éléments
suivants : primes, heures supplémentaires, allocations de coût de la vie,
allocations locales, primes d'expatriation, primes basées sur la productivité et
les bénéfices, primes de Noël et de Nouvelle Année, 13
ème mois, primes de
transport pour aller au lieu travail et en revenir, congés payés, commissions,
pourboires, actions gratuites données en prime, participation aux plans
d'épargne, rémunérations en nature, indemnités de maladie et allocations de
logement payées par les employeurs à leur personnel. Cependant, il ne
contient pas des éléments tels que la fourniture et l'entretien d'installations
sportives ou récréatives, la fourniture des vêtements de travail ou d'outils
spécifiques dont le salarié a besoin pour effectuer son travail.