Outre la question de l'épuisement des ressources énergétiques, une autre préoccupation majeure des années 1970 était la
croissance démographique. Combien d'individus la Terre est-elle capable de nourrir ? La question était alors redondante tout
particulièrement à l'encontre des pays du Tiers-monde. L'ONU
se déclare aujourd'hui favorable à l'immigration non seulement
pour combler le déficit démographique des riches, mais aussi et
surtout pour accélérer la croissance économique grâce à la production de richesses additionnelles usant de l'énergie en plus.
La négociation des accords internationaux sur l'environnement
est l'objet de confrontation entre deux logiques économiques et
politiques : la logique américaine qui repose sur le marché
d'une part, la logique européenne qui repose sur l'Etat. Les
Etats-Unis s'en remettent au marché avec les "droits à polluer",
tandis que l'Europe cherche à limiter de façon autoritaire les
émissions de gaz polluants en sanctionnant les entreprises polluantes – principe du pollueur-payeur.
1972 : déclaration de la conférence des Nations Unies sur l'environnement de Stockholm qui prend plus largement en compte les atteintes à
l'environnement, à la biosphère, à la faune et à la flore, mais elle reste très
évasive sur les responsabilités des pays industrialisés.
1975 : publication du rapport Que faire ? préparée à l'initiative des Nations Unies qui met en cause les pays industriels sans aller au-delà.
1979 : publication par l'OCDE du rapport Face aux futurs qui pointe du
doigt la croissance démographique (au Sud). Mais, le rapport est rassurant : les problèmes de l'environnement seront faciles à gérer. Il n'existe
pas de limites naturelles insurmontables.
1980 : publication du rapport Nord-Sud : un programme de survie de la
commission indépendante présidée par W. Brandt. Ce rapport pose pour
la première fois le problème de l'épuisement des ressources et de la
dégradation de l'environnement dans leur dimension internationale.
1987 : publication du rapport Notre avenir à tous par les Nations Unies
qui souligne la gravité croissante des risques que le développement industriel provoque sur la nature et les êtres humains. Ce rapport a fait également date car il prône une idée qui depuis s'est popularisée, celle du développement soutenable ou durable.
1992 : conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement à Rio de Janeiro sur le changement climatique. La convention cadre
adoptée en 1992 comportait des engagements par les principaux pays
industriels de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre.
1995 : conférence sur l'effet de serre à Berlin.
1997 : conférence sur l'effet de serre à Kyoto et adoption d'un protocole
d'accord pour une réduction des émissions des gaz à effet de serre dans
les pays industrialisés, les décisions prises en 1992 n'ayant pas été respectées. Les Etats-Unis annoncent dès le début de la conférence qu'ils ne
prendraient aucun engagement significatif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre tant que les futurs grands émetteurs de ces
gaz que sont le Brésil, la Chine, l'Inde et quelques autres pays en développement, ne prennent pas la même décision. Dans la convention de 1992,
aucun engagement n'avait été demandé à ces pays en raison de leur faible
niveau industriel. Toutefois, sous la pression de l'Union européenne, les
Etats-Unis acceptent de prendre des engagements de réduction
contraignants.
1998 : conférence sur l'effet de serre à Buenos Aires.
1999 : conférence sur l'effet de serre à Bonn.
2000 : conférence sur l'effet de serre à la Haye
2001 : conférence de Marrakech sur l'effet de serre. Signature d'un accord
prévoyant pour les 30 pays les plus industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% d'ici à 2012 par rapport à leur niveau
de 1990. Les Etats-Unis ont rejeté le protocole en mars 2001. Les pays
signataires ont deux façons de procéder : prendre des mesures autoritaires
ou opter pour une solution plus flexible, celle des droits à polluer. Mais,
comment mettre en œuvre un tel dispositif ? Selon les experts du climat,
cet accord aura pour effet non de réduire les émissions de gaz de 5%
comme initialement prévu, mais de les stabiliser.
2002 : conférence de Johannesburg. Rien de nouveau. Les problèmes
soulevés depuis Kyoto n'ont toujours pas trouvé de solution.