Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
280 pages

p. 143 à 161
doi: 10.3917/inno.019.0143

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no 19 2004/1

Depuis quelques années on constate le renforcement des relations d’échange entre les régions situées au long de la frontière du Mexique avec les Etats-Unis. Les villes de cette frontière ont vécu historiquement des rapprochements par le commerce et par la migration (du sud vers le nord), mais c’est grâce au nouveau cadre institutionnel mis en place par la signature d’un accord de libre échange que des nouvelles dynamiques industrielles et économiques sont apparues récemment.
Caractérisées par l’absence d’industries, les villes du nord du Mexique ont grandi pendant les dernières trente années comme résultat de l’installation des entreprises nommées Maquiladoras, dédiées à l’origine à l’assemblage de composants simples et à faible valeur ajoutée. Les Maquiladoras sont principalement des filiales de firmes étrangères installées le long de la frontière nord du Mexique, bénéficiant d’exonérations fiscales à l’importation de pièces pour assembler et exporter des produits finaux.
L’établissement des Maquiladoras a été encouragé par les gouvernements locaux dans la mesure où elles ont constitué des sources de création et de rétention d’une main-d’œuvre migrante et peu qualifiée. Des analyses sur la précarité des emplois ou la faible productivité de ces firmes ont alimenté la réflexion en sociologie et en économie industrielle de l’époque. La question des moyens d’intégration des Maquiladoras à la dynamique industrielle du pays a été plutôt écartée, partant du constat selon lequel ces filiales de sous-traitance développaient des faibles liens avec l’environnement local.
Néanmoins, la présence actuelle de nombreuses entreprises fabriquant de produits high-tech pour les industries automobile et électronique (firmes américaines, japonaises, coréennes, européennes), tout en coopérant avec des laboratoires de R&D, des centres de formation d’ingénieurs et techniciens, ainsi qu’avec des agences publiques et privées favorisant le développement local, nous permet de remarquer qu’une évolution des Maquiladoras s’est opérée, et que l’on a peu soupçonné. Elles contribuent peut-être par là au développement d’un tissu industriel local participant à un processus que nous considérons nécessaire de discerner.
Les réflexions que nous présentons dans ce texte sont tirées d’une recherche en cours sur l’apprentissage technologique de Maquiladoras et le développement industriel des régions du nord du Mexique, dans le cadre d’un environnement économique et institutionnel en transition [1]. Le but de notre recherche est de rendre compte des dynamiques d’apprentissage (technologique et organisationnel) des firmes, ainsi que d’analyser les nouvelles formes de collaboration entre les différentes institutions et leur environnement.
Une des questions qui conduit notre recherche est de savoir à quel point les Maquiladoras sont-elles en train d’abandonner les relations classiques de sous-traitance au profit d’un autre type de partenariat caractérisé par l’apprentissage concerté de nouvelles formes production et de coopération entre firmes, entre firmes et diverses institutions publiques et privées des deux côtés de la frontière. Une autre question concerne le problème des transferts de technologie vers les entreprises locales (PME mexicaines) et le développement de nouvelles compétences technologiques et organisationnelles de ces entreprises. Ne pouvant pas répondre de manière définitive à ces questions, nous allons présenter des résultats partiels de notre recherche ainsi que nos réflexions tirées à partir de l’exemple de la ville de Tijuana. Ceci nous permettra d’amorcer les caractéristiques de l’évolution des Maquiladoras et de nous interroger sur les nouvelles configurations industrielles que les régions de la frontière sont en train de connaître.
Dans la première partie nous présenterons brièvement l’histoire de l’industrialisation de Tijuana, pour ensuite analyser l’évolution suivie par les Maquiladoras et leurs processus d’apprentissage. Nous verrons ultérieurement les dynamiques institutionnelles du milieu binational qui sont à l’œuvre et soulèverons enfin quelques pistes d’investigation sur la dynamique industrielle qui est en train de se construire.
 
L’INDUSTRIALISATION RECENTE DE LA FRONTIERE NORD DU MEXIQUE : LE CAS DE TIJUANA
 
 
Le nord du Mexique se caractérise par un développement urbain et industriel récent, datant des trente dernières années. [2] Les vagues de migrants venant du centre et du sud du pays et allant vers les Etats-Unis, ont provoqué une croissance des activités du commerce et des services dans les petites villes situées le long des 3000 km de frontière. La croissance rapide des villes de la frontière a attiré davantage de migrants en quête de nouvelles opportunités, suscitant des dynamiques urbaines, économiques et même politiques qui ont fait appel à la construction de modes de régulation jusqu’alors inédits. Tijuana est un cas intéressant puisqu’elle est passée dans la deuxième moitié du XXème siècle d’une ville-poste frontière à une des plus grandes villes industrielles du Mexique.
Jusqu’aux années 40, Tijuana dans l’Etat de Baja California n’était qu’une petite ville de transit vers la Californie aux Etats-Unis, avec quelques commerces et d’autres types de services pour les migrants mexicains [3]. La ville a développé graduellement ses activités de commerce transfrontalier, grâce au régime de zone franche qui lui fut accordé par l’Etat mexicain. La croissance démographique des années 30-50 a été fortement liée au commerce et aux flux migratoires temporaires associés au programme des « braceros » pour la récolte agricole de la Californie [4]. Phénomène vécu par ailleurs par les autres villes mexicaines de la frontière.
A partir des années 50, quelques secteurs industriels se sont développés dans la ville comme l’habillement, la mécanique, mais le commerce et les services sont restés les deux principales activités économiques (magasins d’alimentation, banques, ateliers de réparation automobile, etc.) [5] Puis au milieu des années 60, le programme des « Maquiladoras » est venu substituer celui des Braceros. Il s’agissait d’un régime d’exonération fiscale pour l’installation des usines d’assemblage principalement américaines pouvant importer la plupart des composants et exporter au moins 80% des produits finis. En même temps, ces usines bénéficiaient de très bas salaires, d’une maind’œuvre disponible, peu qualifiée, sans expérience industrielle et non syndicalisée.
Ce programme permettait par ailleurs la création d’emplois dans les villes du nord du Mexique, la restriction du flux migratoire vers les Etats-Unis, et à moyen terme la diversification de l’économie de ces régions. Ainsi, les premières firmes américaines et plus tard japonaises, coréennes, taiwanaises et européennes ont installé des Maquiladoras dans les parcs industriels de Tijuana, et dans les secteurs de l’habillement, produits électriques et électroniques (de consommation audio et vidéo, et composants pour autres industries), pièces automobiles et d’autres secteurs comme les produits en plastique et les emballages.
Le phénomène de localisation de Maquiladoras s’est répandu dans d’autres villes de la frontière, mais les secteurs d’activités étaient différents selon la base ou les compétences industrielles de ces villes. [6] La frontière nord du Mexique avec les Etats-Unis a progressivement connu la localisation de filiales des firmes multinationales, des fournisseurs et d’entreprises sous-traitantes correspondant en grande partie à un processus de restructuration industrielle de grandes firmes américaines, japonaises et européennes notamment pour les secteurs en crise comme l’automobile et l’électronique.
Entre les années 1960 et 2000, le taux de croissance annuel des maquiladoras a été de l’ordre de 25%. Durant les vingt dernières années les maquiladoras ont augmenté leurs investissements en équipement et leur taille (certains dépassent les 3000 employés). Les plus grandes firmes ont multiplié leur nombre d’établissements le long de la frontière. Tout ce processus de croissance des maquiladoras correspond en fait à un double phénomène mondial de délocalisation et d’autono-misation des unités productives des grandes firmes des indus-tries électronique et automobile (cf. infra).
Tijuana a grandi considérablement pendant les 15 dernières années et atteint actuellement un taux de croissance démographique des plus importants du pays [7]. Bien que les activités économiques soient plus diversifiées qu’il y a vingt ans, du point de vue industriel la ville est spécialisée dans la fabrication de pièces, composants et produits finaux du secteur électrique et électronique. Actuellement, l’électronique occupe 30% de l’emploi de Tijuana avec environ 450 000 employés dans 250 entreprises [8]. Parmi les plus grandes firmes du secteur électronique nous trouvons par exemple Pionner, Matsushita, Hitachi, Sony, Sanyo, Deltec, Panasonic, Samsumg, JVC, Cannon, Casio, Packard Hughes. Ces entreprises possèdent parfois plus de deux usines à Tijuana ou même dans d’autres zones du nord ou du centre du Mexique. Nous pouvons citer l’exemple de Samsumg qui possède 3 usines à Tijuana. Sony pour sa part détient 4 usines dans les différents parcs industriels de Tijuana, avec au total 6500 salariés. Du côté de Ciudad Juárez au Chihuahua, en face du Texas, Philips détient 14 usines.
Le développement industriel de la région a entraîné une diversification des types d’entreprises et des produits. Ainsi pendant les années 90, on a observé la co-existence de trois types de Maquiladoras à Tijuana Barajas (2000) : firmes spécialisées dans la production et assemblage de télévisions, magnétoscopes, les appareils de télécommunications, chaînes Hi-Fi, photocopieuses ; firmes fabriquant des ordinateurs et ses composants, et finalement firmes fabricant les composants électroniques, comme des senseurs, des chips, des transformateurs, connecteurs de fibre optique, plaquettes avec circuits, harnais, etc., pour d’autres secteurs industriels [9].
 
EVOLUTION TECHNOLOGIQUE DE L’INDUSTRIE ELECTRONIQUE ET DES MAQUILADORAS
 
 
La production de équipements électroniques (télévisions, ordinateurs, chaînes Hi-Fi, magnétoscopes, appareils de téléphone fixe ou mobile, etc.) a suivi une évolution technologique importante durant les presque 40 années de vie des Maquiladoras de la frontière, et notamment dans les années 90. Les produits fabriqués, les processus de production, et le contenu du travail sont devenus plus complexes. On est passé de l’assemblage manuel à l’assemblage automatique et puis à la fabrication complète de produits. Par ailleurs, beaucoup d’activités ont été informatisées donnant lieu à des transformations organisationnelles importantes au sein des entreprises.
De manière générale nous pouvons identifier trois grandes étapes de cette évolution touchant à la fois les caractéristiques des produits et celles des maquiladoras. Dans une première étape correspondant aux premières 20 années, les grandes firmes ont fondé leur localisation des maquiladoras à la frontière sur la base des faibles coûts des salaires, de la proximité géographique du marché des Etats-Unis, et du potentiel de croissance du marché mexicain. Il s’agissait des usines d’assemblage manuel de composants simples et à faible valeur ajoutée.
La deuxième étape (années 80), correspond à un processus de transformation de l’industrie électronique dans le monde. C’est l’époque où les grands groupes industriels américains, japonais, européens ré-organisent leur production en localisant des segments spécialisés dans des régions de récente industrialisation comme le nord du Mexique. Les produits des maquiladoras n’avaient plus comme destin uniquement la maison-mère mais plusieurs usines du groupe réparties dans le monde. Certaines maquiladoras sont passées à la fabrication complète des produits. Leur taille a augmenté, de même que leurs investissements en équipement et nouvelles techniques de production. Elles ont dû améliorer leurs compétences technologiques, embaucher une main-d’œuvre plus qualifiée, des techniciens et ingénieurs.
La troisième étape correspond au processus de mondialisation des marchés, à des changements technologiques et de nouveaux modes d’organisation industrielle de diverses industries comme l’électronique, l’automobile, les télécommunications, l’aérospatial, ou l’armement, fortement ancrés en Californie [10]. Des nouvelles maquiladoras sont arrivées, mais cette fois pour produire des biens high-tech.
La nouvelle génération de maquiladoras a incorporé l’usage des robots, du contrôle numérique, ainsi que des techniques d’organisation du travail comme les équipes autonomes de travail, le JT, zéro stock, etc. Les nouvelles technologies de fabrication ont été accompagnées par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication de sorte que les entreprises ont pu être en liaison directe avec leur maison-mère ou les autres filiales installées dans la région, soit au Mexique ou aux USA, voire en Asie, pour répondre aux cahiers de charges en temps réel [11]. En effet, une enquête effectuée auprès de 150 maquiladoras de la frontière, dont 50 appartenant au secteur électronique à Tijuana, montre que plus de 80% des entreprises ont incorporé toute une gamme de nouvelles technologies de production et d’organisation [12].
Du point de vue de la complexité technologique des produits, la miniaturisation des pièces et la production modulaire se sont consolidées à cette époque. La première a conduit à l’assemblage entièrement automatique et à la réalisation des épreuves par le personnel de fabrication. Quant à la production modulaire, elle se réfère au montage de sous-systèmes préassemblés de manière relativement autonome, pour ensuite les ajouter au produit final. La décomposition en sous-systèmes permet d’atténuer la complexité du produit final (une voiture, un ordinateur) car ils peuvent être adaptés ou modifiés séparément sans pour autant modifier l’architecture globale du produit.
La production modulaire permet par ailleurs d’accélérer les rythmes de changement technologique des composants et équipements, diversifier leur design, tout en réduisant les délais de conception de produits nouveaux (Langlois et Robertson, 1992).
Un autre aspect de l’évolution de l’industrie électronique, correspond à la diversification des produits, à une spécialisation des processus de fabrication et à une convergence technologique, ainsi qu’à la complémentarité des équipements, compétences et matériaux. En effet, une maquiladora d’équipement audio peut vendre son produit dans les grandes surfaces et une partie des composants à une autre maquiladora qui assemble le module audio d’une voiture. Comme résultat des complémentarités et convergences, une firme peut modifier ses produits finaux sans pour autant modifier ses compétences technologiques, modifier les composants principaux sans changer le produit final, ou encore modifier ses compétences pour fabriquer un produit nouveau, tout en utilisant les mêmes composants et les mêmes techniques de production (cf. Villavicencio et Lara, 2002).
Cette évolution technologique des produits et des processus de fabrication a favorisé le développement de nouvelles compétences techniques et organisationnelles des maquiladoras, comme la capacité de design et d’ingénierie. Ce faisant, certaines d’entre elles ont pu participer aux programmes d’innovation des groupes industriels selon la stratégie suivante.
La conception d’un nouveau produit est faite dans la maison-mère et c’est la Maquiladora au Mexique qui fabrique le prototype, le design des outils techniques nécessaires, les épreuves techniques et physiques. Puis la maquiladora fait « l’Engineering Production Run » ou la rectification du prototype et enfin la production finale. Dans ces différentes étapes réalisées par la Maquiladora, on peut encore modifier le produit en fonction des spécificités des divers marchés. [13]
La mise en place de ces nouvelles formes d’organisation de la production chez les maquiladoras coïncide avec la création des centres techniques ou de Recherche et Développement (R&D) proches des maquiladoras, et appartenant aux grands groupes industriels. Ainsi par exemple, Samsung vient de créer un centre de R&D pour le design de pièces et prototypes de fabrication des nouveaux modèles digitaux des TV que l’entreprise vendra sur le marché nord et sud américain prochainement [14].
Or du point de vue de l’organisation industrielle, la forte concurrence et la nécessité de répondre plus rapidement à la demande (caractéristiques des produits, prix, délais, etc.) a renforcé les tendances suivantes, initiées à la fin des années 80.
  1. La décentralisation des unités productives. Ceci veut dire que les usines se sont démultipliées en évitant de concentrer sur un même site tout un ensemble d’activités productives. De ce fait, les flux de pièces et composants, ainsi que de personnel entre filiales du même groupe situées le long de la frontière se sont accrus.
  2. La cession et la sous-traitance des fonctions coûteuses ou peu complexes (out sourcing), suscitant la création de réseaux de PME locales pour faire le bobinage, l’injection du plastique, la maintenance des équipements, l’emballage, etc.
  3. L’autonomie de décision des maquiladoras, leur donnant la possibilité de diversifier leurs fournisseurs (directs et indirects), et notamment leurs clients. Cet aspect est très important et a des portées sur le développement industriel de la région. En effet, les maquiladoras ont pu commencer la fabrication de certains produits commandés par d’autres maquiladoras établies à Tijuana ou dans d’autres sites des deux côtés de la frontière. En même temps, la fabrication de produits sur mesure ou leur adaptation selon les besoins des clients locaux, a suscité des changements au niveau de la structure sociale et organisationnelle des firmes.
On remarque de nos jours différentes figures d’entreprise comme la Maquiladora classique exportatrice, les PME sous-traitantes, les firmes de co-investisseurs ou joint-ventures entre étrangers et mexicains, d’autres entreprises qui fonctionnent sous le régime de Maquiladoras par saisons et encore sous-traitantes des autres Maquiladoras (cf. Tableau 1). En conséquence, les villes de la frontière mexicaine avec les Etats-Unis ont vu épaissir leur tissu industriel et intensifier les flux et les échanges entre maquiladora. Du nord vers Tijuana : flux de capitaux, d’équipements, de connaissances et techniques de production, du personnel d’encadrement ; et de Tijuana vers le nord de composants et de produits high-tehc. La diversité des acteurs et de leurs actions économiques a amené les pouvoirs locaux des régions de la frontière à chercher de nouvelles formes de régulation du territoire, comme nous le verrons plus loin. La signature de l’ALENA en 1994 [15], a offert un nouveau cadre institutionnel, juridique et commercial pour les rapports dans la frontière et a favorisé le développement des maquiladoras.
Tableau 1. Types d’Entreprises
  • Maquiladora, assembleur
  • Maquiladora, fournisseur
  • Maquiladora, fabriquant des biens high-tech
  • Sous-traitants directs
  • Fournisseurs indirects
  • PME locale
  • maintenance, bobinage, emballage, etc.)
  • Grandes entreprises mexicaines
  • PME, Maquiladora à temps partiel
  • seulement pour une partie de sa production)
  • PME, temporairement Maquiladora
  • en période de forte demande de sous-traitance)
 
LA CONSTRUCTION D’UN MILIEU LOCAL PORTEUR D’INNOVATION
 
 
Les entreprises peuvent agir entre deux extrêmes possibles : l’espace du marché qui symbolise la concurrence entre acteurs hétérogènes ou bien les formes plus coopératives que représentent les « clusters » ou les chaînes productives. Néanmoins, dans la vie réelle, les firmes opèrent dans divers milieux ou dans des espaces qui combinent les deux extrêmes évoqués. Ces combinaisons renvoient à des formes de coordination des actions commerciales, des contrats de coopération technique ou de sous-traitance et des alliances stratégiques. Elles traduisent les possibilités d’échange de ressources financières, matérielles, humaines et immatérielles entre firmes.
L’action des entreprises et d’autres acteurs institutionnels dans ces espaces que l’on appelle milieu (ou environnement) ont souvent une base territoriale cernée. Les acteurs y déploient des manœuvres et des arrangements qui renforcent une dynamique permettant à moyen et long terme d’améliorer les capacités d’apprentissage et d’innovation des entreprises (Bianchi, 1993 ; Casalet, 2000) et plus largement d’évoluer vers une compétitivité systémique du territoire.
Le processus de mondialisation accentue les incertitudes et les contraintes pour les entreprises, tout en les incitant à chercher des nouvelles sources de compétitivité et des nouvelles opportunités dans le territoire. Une des questions de l’évolution des Maquiladoras concerne non seulement leur croissance en termes d’emploi, mais également en termes de construction de compétences technologiques associées à l’évolution des industries automobile et électronique. De nombreux auteurs ont analysé les capacités d’apprentissage des firmes et ont montré qu’elles résultent de l’articulation des activités individuelles et collectives au sein de l’entreprise, de ses modes de régulation des rapports sociaux et des conflits, ainsi que des liens qu’elles établissent avec leur environnement [16].
Entre les années 60 et 80, les bas coûts des salaires et des infrastructures étaient la principale raison de l’installation des Maquiladoras d’assemblage le long de la frontière du Mexique. Nous venons d’analyser brièvement comment l’évolution récente de l’industrie électronique a suscité chez elles une métamorphose technologique et organisationnelle d’envergure, leur permettant de s’intégrer à des chaînes productives qui réclament des fonctions plus complexes. Un tel processus les a conduit à construire de relations et synergies avec les acteurs locaux, comme des fournisseurs, des centres de recherche et de formation, des agences de service pour le commerce, les formalités de douane, etc.
Contrairement au modèle traditionnel de relations de sous-traitance entretenues par les firmes appartenant à un même groupe industriel et qui a caractérisé les Maquiladoras pendant deux décennies, on constate de nos jours une autonomie de décision leur permettant de créer des nouveaux rapports avec l’environnement. On est passé d’un réseau international quasi-pyramidal de production où les Maquiladoras occupaient la place d’assembleur ou de fabriquant de composants simples, à la construction d’autres types de réseaux localisés dans la région. Désormais, les Maquiladoras peuvent choisir leurs fournisseurs ou leurs clients, ou bien passer des accords de coopération pour la fabrication d’une pièce ou même développer des programmes conjoints de R&D avec des firmes d’autres groupes industriels. Les échanges commerciaux et technologiques se sont ainsi multipliés, donnant lieu à une nouvelle dynamique industrielle dans la région.
Récemment, de nombreuses entreprises ont quitté les régions de la frontière en quête de coûts salariaux moins élevés (en Asie du Sud ou en Amérique Centrale par exemple). Néan-moins, d’autres se sont installées comme Toyota qui a monté une usine à Tijuana au début de 2002, suivie d’une vingtaine de ses fournisseurs habituels. Ainsi, peut-on suggérer l’hypothèse qu’à présent, les nouvelles compétences des firmes mais aussi des capacités du territoire dans son ensemble constituent l’attrait pour l’implantation d’autres Maquiladoras ? Les pre-miers résultats de notre recherche nous permettent de poser des jalons pour analyser la dynamique du milieu dans lequel agissent les Maquiladoras. Ce milieu a une dimension particu-lièrement intéressante, dans la mesure où elle est à la fois régionale et « binationale ».
Les réseaux binationaux et la valorisation du territoire
La signature de l’ALENA a affermi les échanges entretenus historiquement par les villes de la frontière. Le traité a déclenché la mise en place de mesures et dispositifs légaux pour le commerce et l’investissement ; mais il a permis surtout l’intensification d’une gamme plus large d’échanges transfrontaliers. D’emblée, on a observé la prolifération des usines appelées les « twin plants », des établissements situés du côté des Etats-Unis, qui peuvent être des dépôts, des bureaux, des centres de distribution ou des centres d’approvisionnement des pièces pour les filiales localisées au Mexique.
Les dix dernières années ont constitué une période de densification du tissu productif avec des Maquiladoras et leurs réseaux de fournisseurs [17], mais aussi avec des entreprises de service (nettoyage, transport, stockage, conditionnement, entretien, restauration, etc.), et encore des cabinets de comptabilité, d’embauche, d’assistance légale, douanière, de certification, export-import, agences de publicité et marketing, etc. En contrepartie, les gouvernements locaux ont été contraints de développer davantage les infrastructures urbaines et les parcs industriels, ainsi qu’à améliorer les réseaux routiers, de simplifier les formalités pour l’import-export, et pour les passages transfrontaliers.
Un effet de convergence s’est en quelque sorte produit entre des villes voisines, en dépit des traditions économiques historiquement différentes entre les unes et les autres. En effet, la base industrielle de San Diego et alentours a été liée en grande partie à la production d’armements jusqu’au début des années 90, mais la fin de la guerre froide a entraîné la disparition d’entreprises du sud de la Californie ou bien leur reconversion. Néanmoins, les entreprises du secteur des télécommunications implantées dans la région se sont davantage propagées en raison de la croissance du marché des télécommunications (biens et services).
Ces entreprises étaient associées bien sûr à l’industrie militaire mais également à l’industrie électronique localisée dans la Silicon Valley plus au nord. Or pour la fabrication de pièces et composants électroniques ou l’assemblage des équipements, beaucoup d’entreprises se sont tournées vers les Maquiladoras de Tijuana, du côté sud de la frontière (Barajas, 2001). Ce phénomène a intensifié les relations de partenariat entre les deux zones, car au-delà des contrats d’approvisionnement, des échanges commerciaux et du contrôle des flux migratoires, des mécanismes de concertation et de gouvernance locale à caractère binationale ont été instaurés.
Ainsi que nous l’avons constaté lors de nos interviews, des projets de développement, des dispositifs de régulation des ressources locales, des agendas de discussion économique, voire politique ont été mis en œuvre par des acteurs de San Diego et de Tijuana. Nous avons identifié des institutions et des organismes publics et privés, mexicains, américains ou encore binationaux (des comités de pilotage par exemple), qui développent des programmes d’aide aux Maquiladoras : formation professionnelle, accélération et simplification des transactions de douane, ou encore expositions industrielles pour valoriser les compétences et les produits des entreprises de la région, créer ou renforcer les réseaux de fournisseurs et promouvoir la coopération au niveau local. Dans les agences ou comités mixtes (publics/privés) de développement local, participent indistinctement des notables des villes : la maire, le président d’une chambre industrielle, le représentant d’une association civile, un PDG, un universitaire, etc. [18].
Le schéma suivant montre à titre indicatif la diversité des acteurs que l’on trouve dans la région que nous avons appelé binationale. Nous pouvons y voir les lignes divisant la frontière aussi bien que les secteurs publics et privés. Au centre se trouvent les entreprises, Maquiladoras et autres. Le deuxième cercle comprend les services à la production et aux échanges transfrontaliers et les entreprises qui les procurent. Que ce soit par des cabinets spécialisés ou par des cabinets multiservices, nombreux sont ceux possédant des bureaux des deux côtés de la frontière. Leur activité a explosé durant la deuxième moitié des années 90, d’une part par l’augmentation des échanges économiques transfrontaliers, et d’autre part par la complexité des démarches administratives que l’accord de libre échange a signifié. Le cercle extérieur symbolise l’ensemble des activités et des organismes soutenant le développement économique, social et politique de la région.
La formation professionnelle et continue à l’œuvre de l’évolution des Maquiladoras
Le passage aux fonctions productives plus complexes de la part des Maquiladoras a été possible grâce au déploiement d’initiatives conjointes avec les pouvoirs publics locaux pour la mise en place des centres de formation technique dès les années 80. Sur la base des accords de coopération, ces centres ont pu favoriser l’adéquation des programmes et des méthodes d’enseignement à l’évolution des postes de travail et des compétences techniques requises par les entreprises.
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Au fil du temps les plus grandes Maquiladoras ont augmenté leur collaboration avec les centres de formation professionnelle et continue et participent de nos jours à leur soutien financier par des bourses d’études et des stages, ou bien par l’équipement et la modernisation des installations techniques des centres. Des ingénieurs des Maquiladoras pour leur part, participent à l’enseignement et aux comités de suivi des programmes de formation (Hualde, 2001).
Un des principaux résultats des actions de formation a été le remplacement progressif des cadres étrangers par des techniciens et ingénieurs mexicains, de même que l’embauche d’une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée. Ces processus ont contribué à l’augmentation du salaire des employés et en contrepartie, les Maquiladoras ont pu améliorer leur productivité et leur performance.
Nous pouvons dire que l’évolution technologique et organisationnelle des Maquiladoras des années 90 évoquée précédemment, s’accompagne de l’évolution des compétences de la maind’œuvre et des employés mexicains. Ceci témoigne à notre avis d’un effet d’insertion des Maquiladoras dans l’en-vironnement local.
L’importance des réseaux informels
L’effet de proximité et de convergence n’a pas été uniquement provoqué par l’ALENA et la hausse des échanges commerciaux. Il y a bien d’autres aspects, moins perceptibles qui ont joué également un rôle important pour la cohésion et le développement du territoire. Nous faisons référence aux liens sociaux qui relèvent d’une histoire et d’une culture partagées encore il y a peu de temps.
En effet, nous avons constaté par exemple que beaucoup des fonctionnaires des agences publiques pour le développement local du côté de San Diego, de même que des cadres des Maquiladoras, ont des parents d’origine mexicaine ou de liens conjugaux avec des ressortissants mexicains. Ils font donc partie des groupes interculturels qui plaident pour les avantages de valoriser et d’exploiter les compétences d’une région binationale qui est actuellement menacée par l’émergence de nouveaux concurrents en Asie.
Les cadres des Maquiladoras sont un autre exemple. On peut dire que la deuxième génération d’ingénieurs, fils des premiers migrants établis au bord de la frontière possèdent une culture binationale. En effet, les jeunes ont suivi des formations dans des écoles de commerce du côté nord de la frontière ; ils sont bilingues, ils ont fait des stages dans plusieurs des filiales d’un même groupe industriel ou dans différents Maquiladoras. Certains de ces ingénieurs, du fait de leur niveau de salaire, préfèrent habiter du côté nord de la frontière pour bénéficier d’une meilleure qualité de vie urbaine.
Rappelons-nous par ailleurs que les Maquiladoras ont toujours connu un taux élevé de turn-over aussi bien des ouvriers que des techniciens et des ingénieurs. Ceci a contribué à la création de réseaux de professionnels et notamment à la diffusion des pratiques de travail et des savoirs tacites entre ces individus (Senker, 1995 ; Villavicencio, 2000). En effet, le passage d’un employé par différentes entreprises lui permet d’imiter les nouvelles pratiques et les règles de travail, et en même temps il peut reproduire celles qu’il a apprises dans les usines où il a travaillé précédemment.
En somme, un éventail de liens personnels dans ces régions se sont créés ou renforcés donnant lieu à des réseaux transfrontaliers. Ces réseaux s’expriment au sein de la vie sociale, politique et économique de la région. Dans l’univers d’action des Maquiladoras, ces réseaux diffusent des informations sur les embauches des cadres, sur les conflits dans une entreprise, sur l’installation d’une nouvelle usine, sur les secrets d’une autre, etc.
Les institutions binationales et les différentes formes de réseaux sociaux que nous avons répertorié, constituent des entités collectives de diffusion des informations, de concertation et décision sur les problèmes et le devenir de la région binationale. Elles poussent les collectivités locales et les acteurs économiques à la mise en place de dispositifs de régulation de l’espace local (économique, urbain) afin d’optimiser la gestion des ressources disponibles et de définir des stratégies conjointes de développement à moyen et long terme. Ainsi par exemple, le régime d’exonération fiscal a été aboli en janvier 2000, plaçant les Maquiladoras dans les mêmes conditions de concurrence que toutes les autres entreprises du Mexique et des Etats-Unis. Néanmoins, six mois plus tard, sous la pression du lobby composé par des PDG des Maquiladoras, des Présidents des chambres de commerce, des entreprises des services, etc., le régime a été remis en place pour encore 3 ans, témoignant ainsi de la cohésion des réseaux et de leur capacité d’action sur le territoire.
 
LES NOUVEAUX ATTRAITS DE LA RÉGION BINATIONALE
 
 
Le ralentissement récent de l’économie des pays formant l’ALENA et la contraction des marchés mondiaux ont provoqué la fermeture partielle ou définitive de quelques Maquiladoras à la fin de 2001, et pour la première fois le licenciement de milliers d’employés dans divers secteurs. De manière concomitante, les entreprises provenant des pays asiatiques et notamment de Chine représentent des nouveaux concurrents dans la mesure où le coût de leur main-d’œuvre est moins élevé que le Mexique. Ce contexte permet de soulever des questions sur l’avenir des Maquiladoras, sur la continuité du modèle d’industrialisation qu’elles représentent, et sur la dynamique économique des régions binationales que nous étudions.
Nous pouvons nous demander si les logiques de concertation et de synergie binationale du territoire que nous avons observé permettront de construire un milieu créatif (Cooke et Morgan, 1994) ou innovateur, capable de soutenir et de faire perdurer la dynamique économique et technologique actuelle des Maquiladoras, par-delà les événements conjoncturels et les tendances liées aux restructurations sectorielles qui se préfigurent.
En effet, l’industrie électronique se caractérise par une évolution rapide des technologies de fabrication, des modes d’organisation et de gestion du travail, ainsi que des formes de coordination entre firmes. Bien que ce ne soit pas la majorité des cas, nous avons constaté qu’un certain nombre de Maquiladoras a dépassé le stade de sous-traitantes classiques pouvant maintenant fabriquer des produits à haute valeur ajoutée et même les modifier (Villavicencio et Lara, 2002). La conformation du noyau de compétences permettant à ces Maquiladoras de s’intégrer à la chaîne globale de production a été un processus long qui a puisé ses bases dans le territoire, dans les synergies et les arrangements que les acteurs locaux ont su développer. Si pendant deux décennies l’industrialisation de la frontière s’est faite sur la base de l’assemblage simple de produits peu complexes, les activités manuelles ont laissé la place à l’assemblage semi-automatique et plus tard entièrement automatique [19]. Les sites industriels du nord du Mexique ont connu par conséquent une évolution technologique récente qui se traduit par la fabrication de biens plus complexes pour une partie des Maquiladoras.
En fait, si les entreprises ont réussi à développer des nouvelles compétences techniques pour suivre une telle évolution, c’est grâce à la disponibilité d’une main-d’œuvre plus qualifiée, et notamment d’un plus grand nombre d’ingénieurs. Ceci est le résultat de la présence d’institutions universitaires et de formation technique et continue qui ont établit des accords avec les Maquiladoras dès la fin des années 80 pour ajuster fréquemment leurs programmes d’enseignement ou pour organiser des stages pratiques.
La création de réseaux d’échange publique/privé facilitant la coopération, la négociation et notamment les projets pour le développement local, comme par exemple des programmes de modernisation de parcs industriels ou des consortiums de recherche associant les universités et les Maquiladoras, sont à présent une forme composite de régulation des acquis et de valorisation des capacités diverses du territoire. Ces réseaux ont une dimension à la fois formelle et informelle, ainsi qu’une configuration binationale qu’il nous paraît important de discerner.
En effet, les formes d’organisation et de gestion du territoire que nous avons identifiées ont donné lieu à une nouvelle approche sur les actions pour le développement des activités productives au niveau régional et plus précisément régional-binational. Cette approche est fondée sur la concertation entre acteurs (les entreprises, les pouvoirs locaux, les associations de professionnels, les centres de recherche et les universités, etc.) ayant plusieurs logiques d’action sur le territoire mais qui, cherchant des complémentarités, visent un projet commun : valoriser les atouts de la région.
Nous ne voulons pas par là énoncer l’idée qu’un processus de fusion entre les zones frontalières qui relèvent des systèmes politiques, économiques, sociaux et culturels distincts est en train de se produire. Nous voulons plutôt signaler que la dynamique binationale de régulation du territoire que nous pouvons constater est le résultat des complémentarités que les acteurs locaux ont appris à identifier et à articuler. Cette régulation représente à nos yeux une forme inédite de construction de rapports institutionnels qui soutient le développement des compétences des Maquiladoras, et qui contribue à la définition des projets d’innovation des acteurs de la région.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[1]La recherche essaie de comparer les dynamiques industrielles des secteurs automobile et électronique dans deux régions binationales de Tijuana et Ciudad Juárez. L’équipe de recherche est composée d’une douzaine de chercheurs de trois institutions : la Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales (FLACSO) El Colegio de la Frontera Norte-Tijuana (COLEF) et l’Universidad Autonoma Metropololitana-Xochimilco (UAMX), ainsi que par une dizaine d’étudiants de Mastère et Doctorat. Elle est financée par CONACYT (projet No. 36947-S). Les réflexions exposées ici ont bénéficié des discussions collectives au sein de l’équipe de recherche.
[2]La population a été dédiée aux activités agricoles et minières pendant les deux siècles précédents.
[3]Une partie des services comprenait des bars et des maisons closes dues aux restrictions de ces établissements par les lois de la Californie.
[4]Signifiant littéralement des bras, ce fut un programme établit en 1942 qui permettait la migration des Mexicains pour travailler dans les activités principalement agricoles dans divers Etats des Etats-Unis.
[5]Précisons que les flux du commerce dans la frontière Tijuana-San Diego a toujours été dans les deux sens. Ainsi, les Américains passent la frontière pour se fournir de boissons alcoolisées, faire réparer leurs voitures, acheter des produits pharmaceutiques, alors que les Mexicains vont de l’autre côté pour acheter des vêtements, des voitures d’occasion, ou certains produits alimentaires
[6]Notre recherche compare d’autres régions comme Ciudad Juárez-El Paso qui a également une forte présence de maquiladoras des industries électronique et automobile.
[7]Elle a un million et demi d’habitants et continue à accueillir de manière temporaire ou définitive des migrants des Etats du sud du Mexique.
[8]Il est difficile de préciser la quantité d’établissements et d’employés à cause du taux de mobilité du personnel et du taux de création et disparition des firmes sur une année. Ces chiffres correspondent au recensement que notre équipe de recherche a effectué en consultant différentes sources.
[9]L’harnais est un ensemble de câbles de connexion pour l’énergie électrique ou électronique du générateur ou la batterie vers les moteurs, le démarreur, les parties électriques (portières, vitres, système audio, illumination, etc.) et d’autres instruments d’une voiture, avion ou bateau.
[10]Cf. Scott et Bergman (1995) ; Kenny (2000).
[11]Cf. Villavicencio et al., (1996) ; Lara (1998).
[12]Enquête Aprendizaje tecnológico y escalamiento industrial en las plantas maquiladoras, COLEF, 2002 dans le cadre du projet CONACYT # 36947-S. L’enquête comprend des maquiladoras de Tijuana, Juárez et Mexicali des secteurs automobile et électronique (González, 2002).
[13]A l’opposé de cette stratégie, le chemin classique est le suivant : tout est conçu dans la maison-mère ou dans une autre filiale établie à l’étranger et l’entreprise de Tijuana se contente d’adapter l’organisation de la production aux caractéristiques du produit nouveau, pour ensuite le fabriquer à grande échelle (Vargas, 1999).
[14]Bien que ce ne soit pas la majorité des cas, les plus grands groupes ont créé des centres technologiques du côté mexicain pour faire localement le design de certains produits et la modification des équipements. Nous pouvons citer le cas de Delphi, Thomson, ou Valeo à Ciudad Juárez (cf. Carrillo et Hinojosa, 2001).
[15]Accord de Libre Echange Nord Américain.
[16]Cf. Alter, (1996) ; Edquist (1997) ; Tanguy et Villavicencio (2000).
[17]Une seule PME peut fournir les mêmes composants à différentes Maquiladoras souvent concurrentes.
[18]Il est possible d’inventorier les différentes actions mises en place en consultant les bulletins hebdomadaires et les pages du web publiées par les associations, les chambres et les organismes publics de Tijuana et de San Diego. Cf. par exemple la publication « Entorno Maquilador » de la Chambre nationale de Maquiladora.
[19]On les a appelé alors Maquiladoras de deuxième et de troisième génération respectivement. Cf. Carrillo et Hualde (1997).
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Cf. Scott et Bergman (1995) ; Kenny (2000). Suite de la note...
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Cf. Villavicencio et al., (1996) ; Lara (1998). Suite de la note...
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Enquête Aprendizaje tecnológico y escalamiento industrial e...
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A l’opposé de cette stratégie, le chemin classique est le s...
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Bien que ce ne soit pas la majorité des cas, les plus grand...
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Cf. Alter, (1996) ; Edquist (1997) ; Tanguy et Villavicenci...
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