Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
280 pages

p. 53 à 73
doi: 10.3917/inno.019.0053

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

no 19 2004/1

Cette contribution est consacrée à l’analyse des relations qu’entretiennent les services avec les technologies de l’information et l’espace. En effet, on constate aujourd’hui une introduction parfois massive des technologies de l’information et de télécommunication dans les services. Parmi ces derniers, certains sont intensifs en information et connaissance, on les qualifie de services informationnels. D’autres en revanche le sont très peu, il s’agit des services non informationnels (parfois qualifiés d’opérationnels). Ces derniers sont à l’origine initialement centrés sur des opérations de logistique et de transformation matérielle, qu’il s’agisse du nettoyage, du transport, de la location automobile, du gardiennage ou de l’hôtellerie, etc. Dans ces services opérationnels, l’information commence à jouer un rôle important.
Cette distinction « services informationnels – services non informationnels » est essentielle à prendre en compte pour appréhender la localisation et/ou la réorganisation de ces activités de services dès lors qu’ils introduisent au cœur de leur activité des technologies de traitement de l’information. En effet, selon le type de service, les technologies de l’information ont joué un rôle différent sur la nature du produit et sur les composantes de celui-ci. En effet, les technologies de l’information ont selon le type de service une fonction différente. Elles ont parfois conduit le produit à s’enrichir, à se complexifier, c’est principalement le cas des services opérationnels. Elles ont en revanche dans les services intensifs en connaissance une fonction de complémentarité voire de soutien. Ces fonctions ne sont pas sans conséquence sur les stratégies des acteurs en matière d’organisation spatiale.
Au total, cet article est organisé en trois sections. Dans la première section, nous tentons de proposer une définition des activités de services informationnels (SI) et non informationnels (SNI). Cette définition nous permet une analyse de l’évolution de la nature du « produit » et de sa montée en complexité au travers de l’adoption des technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans la deuxième section, nous analyserons l’introduction des TIC du point de vue des dynamiques spatiales et introduirons une typologie des logiques de circulation. Dans la troisième section, nous appliquerons cette analyse au cas des services en montrant le rôle de la proximité (géographique et/ou organisationnelle), en particulier dans les services intensifs en connaissance et le transport routier de marchandises.
 
TECHNOLOGIE DE L’INFORMATION ET SERVICES
 
 
Il s’agit dans cette section d’analyser les effets des TIC sur la nature du produit. Dans un premier temps, il est nécessaire de proposer une définition des services informationnels et non informationnels.
Une définition et une typologie des activités de services
A la suite de Hill (1977), Gadrey (1991) définit « une activité de service comme une opération visant une transformation d’état d’une réalité C, possédée ou utilisée par un consommateur (client ou usager) B, réalisée par un prestataire A à la demande de B et souvent en relation avec lui, mais n’aboutissant pas à la production d’un bien susceptible de circuler économiquement indépendamment du support C ».
En ce qui concerne notre réflexion, l’élément principal de cette définition de l’activité de service est la notion de support. En effet, le support du service peut prendre différentes formes, en particulier celles d’une information, d’un bien physique ou d’un individu. La définition de Gadrey permet de distinguer les activités de services selon qu’elles ont pour fonction essentielle de traiter (selon différentes modalités) de l’information, de traiter (entretenir, réparer) des biens ou des systèmes matériels ou encore de « traiter » des individus (il s’agit alors d’une relation directe entre le prestataire et le client ou bénéficiaire).
Nous proposons d’ajouter la connaissance elle-même comme autre support possible. Ce support nous semble en effet utile dans la recherche d’une définition des services informationnels et des services non informationnels. L’information sera ainsi appréhendée soit à partir de son contenu technique, soit à partir de son contenu cognitif. On est ainsi en mesure de construire une typologie des services selon la nature de leur support principal. Le tableau 1 décrit une telle typologie et en fournit quelques illustrations

Tableau 1
Une typologie des activités de services selon le support dominant
IMGIMGTableau 1 : Une typologie des activi...IMGIMF
Tableau 1 : Une typologie des activités de services selon le support dominant Support principal Activités de services Transport et entreposage, courrier Commerce de gros, de détail Objet ou système matériel Déménagement, Réparation, maintenance, gardiennage, Nettoyage Hôtellerie-restauration Services de maintenance Banques, assurances, finances Information codée Services administratifs Services postaux, Télécommunication, Services d’information électronique Conseil en management (y compris Information traitée = formation en entreprise) Connaissance Recherche-développement Enseignement, Services hospitaliers (médecine et santé) Individu Services aux particuliers (coiffure, esthétique, services de soins, d’aide à domicile, etc.)

On peut, sur la base de cette typologie, tenter de proposer une définition des services informationnels et des services non informationnels.
a) Une définition des services informationnels
Sur la base de la définition et de la typologie précédentes, les services informationnels peuvent être définis comme ceux qui portent à titre principal sur un support qui est l’information. Ces services réalisent principalement des fonctions de codification, de traitement et de transport de l’information. L’information codée est donc au centre de leur activité. Tel est le cas par exemple des banques, des assurances, des services d’information électronique ou des services administratifs traitant des dossiers.
Ce sont également des services fortement sensibles aux progrès des technologies de l’information et de la communication. Ils ont adopté et intégré ces technologies dès la phase de l’informatique lourde contrairement à d’autres services (commerce, transport routier de marchandise, etc.) qui n’ont connu que la phase de l’informatique décentralisée.
Deux caractéristiques principales définissent ainsi les services informationnels : l’information comme « matière à traiter » et l’utilisation intensive des technologies de l’information. Cette définition se retrouve implicitement chez Barras (1990) et chez Pavitt et al (1989). Barras montre que la dynamique d’innovation dans les services (notamment les services financiers, les services d’assurance, et les services administratifs) est principalement liée à l’utilisation intensive des technologies de l’information. Ces technologies seraient à l’origine d’un cycle inversé du produit.
b) Une définition des services non informationnels
Sur la base de la typologie précédente, on pourrait être tenté de donner une définition à la fois résiduelle et large des services non informationnels. Il s’agirait de tous les services dont le support principal ne serait pas l’information, mais selon les cas des connaissances, des individus ou des biens matériels.
Cette définition très large des services non informationnels n’est pas satisfaisante pour les raisons suivantes :
  • les activités de services dont la fonction principale consiste à traiter de la connaissance ne peuvent selon nous appartenir à la catégorie des services non informationnels. On peut considérer que même si les supports information et connaissance sont distincts, la connaissance est proche de l’information ;
  • pour les activités de services qui portent sur l’individu, on peut formuler la même remarque que précédemment. Bien que l’individu soit le critère dominant de l’activité de service, l’information sous ses différentes formes y est cependant mobilisée. On peut considérer que les savoirs transmis dans le cadre de l’activité de l’enseignement sont de l’information, que le médecin transmet également de l’information à son patient et réciproquement, et qu’il en va de même des soins corporels…
A la définition large et résiduelle précédente, on peut, compte tenu des critères précédents, préférer une définition restrictive des services non informationnels qui mettrait l’accent sur le support matériel. Les activités de services non informationnels consisteraient à transporter un bien matériel, à améliorer ou à transformer l’état d’un support donné, qui est un produit tangible (un bien, un système matériel, etc.). Il s’agit par exemple du transport de marchandises, du nettoyage des bureaux, de la réparation de voitures ou de la surveillance d’immeubles, etc.
Nous proposons [1] de définir les services non informationnels, comme l’ensemble des services pour lesquels la composante « informationnelle » au sens large du produit a été nulle ou négligeable jusqu’à une période récente. Autrement dit, c’est le rapport de la composante matérielle (ou élément physique dominant) et de la composante informationnelle ou relationnelle qui dominait jusqu’à présent tant en termes d’investissement dans la production de ces services que dans l’offre de ces services.
Quelles sont les raisons susceptibles d’expliquer la montée en puissance des technologies de l’information dans ces services initialement non informationnels. Il nous semble que l’une des raisons majeures réside dans la modification de la nature du produit.
 
TECHNOLOGIE DE L’INFORMATION ET NATURE DU PRODUIT
 
 
Il s’agit ici d’analyser l’évolution de la nature du produit des services et de rechercher les facteurs explicatifs de cette transformation. Nous nous appuyons sur la décomposition fonctionnelle de l’activité de service suggérée par Gadrey (1991).
L’apparition de composantes informationnelle et servicielle
Il est possible sur la base de la décomposition du produit de mettre en évidence un certain nombre de services où les composantes informationnelle et/ou servicielle (voire cognitive) qui n’existaient pas, il y a quelques années, occupent une place importante voire dominante aujourd’hui.
Selon Gadrey (1991), de nombreuses activités de service peuvent être décomposées en trois fonctions ou opérations selon le support de la prestation envisagée (cf. §1) :
  • les opérations de logistique et de transformation de la matière qui consistent à « traiter » des objets tangibles, c’est-à-dire à les transporter, transformer, entretenir, réparer... ;
  • les opérations de logistique et de traitement de l’information qui consistent à « traiter » de l’information « codifiée », c’est-à-dire à la produire, la saisir, la transporter, etc. ;
  • les opérations de service en contact ou relationnelles, celles dont le principal support est le client lui-même, et qui consistent en un service direct (en contact).
  • Initialement, les services opérationnels c’est-à-dire non informationnels pouvaient se définir de la manière suivante :
  • ce sont des activités fortement utilisatrices de technologies matérielles (de transport, de traitement de la matière, etc.) ;
  • leur dynamisme est fortement subordonné au développement de ces technologies matérielles ;
  • elles sont fortement intensives en main-d’œuvre peu qualifiée et peu utilisatrice de matière grise ;
  • elles sont caractérisées par un faible rôle de la relation de service voire par son absence.
Les différentes opérations réalisées par ces services portaient principalement sur un ou des bien(s) tangible(s). Pour le transport routier de marchandise (Djellal, 1998) ou le déménagement (Jougleux, 1999), par exemple, il s’agissait de transporter un bien d’un endroit à un autre sans opération de transformation et de traitement de l’information. Pour le nettoyage, le personnel, souvent sans qualification particulière, était affecté à différents chantiers et, sa fonction principale était la transformation (ou l’amélioration) d’un état (de propreté). Les opérations ne nécessitaient ni contact, ni traitement de l’information.
Dans ces activités de services opérationnels, la composante de logistique matérielle du produit a donc souvent été l’unique composante du produit et elle continue de l’être, dans une certaine mesure, dans certaines entreprises notamment familiales et artisanales. En revanche, si on s’intéresse aux entreprises de grande taille, leur produit ne peut plus être envisagé selon cette seule composante matérielle. On peut, ainsi, dans une perspective dynamique, rendre compte de l’évolution au cours du temps d’un processus de prestation par l’examen de la nature des opérations réalisées par ces entreprises de services. Initialement, l’activité de service se définit essentiellement par des opérations de logistique matérielle. Dans un second temps, on voit un enrichissement de la nature de l’activité par l’apparition de nouvelles opérations à savoir les opérations de logistiques informationnelles et, enfin des opérations de services en contact ou relationnels.
Ainsi, le produit de l’activité des services non informationnels se décomposerait aujourd’hui en trois voire quatre opérations.
  1. Des opérations de logistique matérielles dans la mesure où le support dominant continue d’être un bien tangible. Il est cependant important de souligner que les techniques mobilisées pour réaliser ces opérations sont différentes selon les entreprises. En effet, certaines d’entres-elles continuent d’utiliser des techniques manuelles tandis que d’autres sont à l’origine de ou s’appuient sur des innovations technologiques plus ou moins sophistiquées (notamment dans le domaine de la robotique et de l’automatisation). Dans le cas des premières entreprises, on dira qu’elles réalisent des opérations de logistiques matérielles simples tandis que les secondes effectuent des opérations de logistique matérielle complexes.
  2. Des opérations de logistique et de traitement de l’information. Il s’agira principalement des opérations de traitement, de codification de l’information, réalisées à l’aide des technologies de l’information pour des usages interne et externe avec des objectifs de gestion des temps de travail, de gestion de la qualité, d’évaluation de la performance, etc. Les principaux outils développés sont des bases de données, des outils de contrôle de qualité, etc.
  3. Des opérations de service en contact ou relationnelles. Le support dominant du service est ici le client.
Gallouj (1998) ajoute à la décomposition fonctionnelle de Gadrey, une quatrième opération qui est l’opération de traitement intellectuel des connaissances (encore appelée fonction méthodologique). Il montre que cette nouvelle opération est particulièrement importante pour rendre compte du dynamisme et de l’innovation dans les activités de conseil, c’est-à-dire celles qui sont intensives en connaissances. La définition de De Bandt abordée dans le premier paragraphe présente de fortes similitudes avec cette opération de traitement intellectuel des connaissances. Cependant, cette dernière opération ne définit pas à elle-seule la fonction de l’activité de service. Elle n’en représente qu’un seul « élément ». Cette opération peut bien entendu être prédominante : elle l’est, par exemple, dans les activités de conseil. Mais elle peut apparaître dans différents types de services, et notamment aujourd’hui dans les services non informationnels et jouer un rôle important.
On peut donner quelques exemples illustrant ces différentes opérations dans le cas d’un certain nombre de services comme le transport routier de marchandises (ou de courrier-express), le nettoyage, le gardiennage et la sécurité, la restauration ou encore le commerce (tableau 2). Cette dernière activité est dans l’ensemble des activités de services citées, à l’avant-garde dans l’utilisation des technologies l’information notamment dans les domaines de la gestion des stocks et de la rationalisation du travail.

Tableau 2
Une illustration de la coexistence de différentes opérations (matérielles, de traitement de l’information, relationnelle et méthodologique) dans différentes activités de services [2]
IMGIMGTableau 2 : Une illustration de la c...IMGIMF
Tableau 2 : Une illustration de la coexistence de différentes opérations (matérielles, de traitement de l’information, relationnelle et méthodologique) dans différentes activités de services Opérations … de traitement … de services en … de de logisti- de l’information contact ou rela- traitement que maté- (I) tionnelles (R) de la conrielles (M) naissance ou méthodologique (C ) Transport Déplace- Traitement des Engagement sur Coordonroutier de ment, trans- flux le suivi, la ner et or-marchan- port de d’information qualité au niveau ganiser les dises biens à inter et intra- du client différentes l’aide de entreprises opérations ; technologies Trouver les simples ou compécomplexes tences (chariots nécessaires, élévateurs etc. automatisés, véhicules téléguidés, automatisa- tion des palettes) Nettoyage Entretien, Traitement de L’assistance aux Apparition transforma- l’information personnes de sociétés tion d’un pour des usages blessées1 ; de conseil matériel, interne et externe Le en netd’un local à avec des développement toyage dont l’aide de objectifs de des services la fonction techniques gestion des d’accueil dans le est de manuelles temps de travail, secteur de réaliser le (balai) ou de gestion de la l’hôtellerie cahier des sophisti- qualité, charges ; quées d’évaluation de Création de (robots, la performance, méthodoautolaveuse, etc. Les prin- logie etc.) cipaux outils flexible développés sont des bases de données, des outils de contrôle de qualité, etc. Système de localisation des marchandises par ordinateur



IMGIMGSécurité- Surveillance Télé (et vidé...IMGIMF
Sécurité- Surveillance Télé (et vidéo) Qualité de gardien- à l’aide de surveillance, l’environnement nage techniques réglage de (présence (distinguer manuelles paramétres « permanente » services ou Code digital de surveillants aux complexes immeubles (automatisat et services ion) (ex : rendues interphone) aux personnes) Hôtellerie- Automatisa- Réservation, Services divers restaura- tion (et enregistrement, offerts aux tion standardisa- paiement clients tion) des Livraison à chambres domicile Commerce Introduction Caméra vidéo, Livraison 24h de systèmes Détecteurs, Carte de fidélité logistique compteurs Mise en place de fordiste ? infrarouge, l’ECR via les Tarification en codes barre, les fonction du kiosques client interactifs, Opérations de téléshopping suivi des stocks en vue de fixer les prix

Exemple détaillé : le cas du Transport Routier de Marchandises
Si nous appliquons la décomposition fonctionnelle du service aux activités de « TRM » en l’articulant à la nouvelle offre de service, nous constatons que l’entreprise de TRM ne se trouve pas enfermée dans une trajectoire donnée. Celle-ci, au contraire, varie en raison d’une part de l’évolution des besoins des clients et d’autre part des stratégies des offreurs.
Le Tableau ci-dessous illustre la diversité des opérations réalisées dans la fonction transport. Ce tableau rend compte de l’évolution au cours du temps de la nature des opérations réalisées par les entreprises de TRM. Cette évolution correspond à des trajectoires d’innovation différentes. Ainsi, initialement, le service de TRM se définit essentiellement par des opérations de logistique matérielle (M). L’étape 2 voit l’apparition de nouvelles opérations dans l’activité de TRM, à savoir les opérations de logistiques informationnelles (I). Les opérations (M) et (I), dans bon nombre de cas, sont réalisées simultanément par les firmes aujourd’hui. Il existe néanmoins encore de nombreuses petites entreprises qui continuent de travailler selon des modalités artisanales et, qui ne réalisent que l’opération (M) dans le cadre de relations de sous-traitance et/ou de partenariat avec des clients ou d’autres « transporteurs ».
Si certaines entreprises de TRM en sont restées à cette étape, d’autres ont innové et sont passées à l’étape 2, en l’occurrence la réalisation d’opérations de logistique informationnelle (I) puis à l’étape 3, c’est-à-dire à la réalisation d’opérations de service direct ou relationnelles (R). Soulignons que la réalisation de la seule opération (R) est limitée à quelques entreprises. En fait, beaucoup de ces entreprises combinent l’opération (R) et l’opération (I).

Tableau 3
Les étapes de l’enrichissement de la fonction transport et la diversité des trajectoires
IMGIMGTableau 3 : Les étapes de l’enrichis...IMGIMF
Tableau 3 : Les étapes de l’enrichissement de la fonction transport et la diversité des trajectoires Les étapes de l’enrichissement de Trajectoire d’innovation la fonction transport Etape 1 = (M) Trajectoire technologique de logistique matérielle seule Etape 2 = (M) + (I) Apparition d’une trajectoire « technologique » informationnelle et communicationnelle Etape 3 = (I) + (R) ou (R) Apparition d’une trajectoire de service direct ou relationnelle

Le terme de « transporteur » est peu approprié aux entreprises qui ne réalisent que les opérations (I) et (R) et a fortiori à celles qui n’effectuent que l’opération (R). Dans ce dernier cas, il s’agit de véritables offreurs de services professionnels dont la finalité n’est plus simplement de déplacer des marchandises d’un endroit à un autre, mais de trouver des prestataires adaptés aux besoins des clients et de coordonner et d’organiser les diverses opérations de logistique matérielle, informationnelles et de service direct ou relationnelle.
L’introduction des TIC dans les services n’est pas sans conséquence sur la nature du produit. Nous avons également vu que les technologies de l’information avaient davantage joué sur la nature du produit dans les SNI que dans les SI. Le produit de l’activité TRM, par exemple, s’est enrichi de nouvelles composantes. Ces dernières ont-elles conduit les entreprises de services à réorganiser d’un point de vue spatial leur activité. Pour y répondre, on se propose dans une seconde section d’étudier les relations technologies de l’informationespace en mettant en évidence différentes logiques de « circulation » de biens, de services, de savoirs et de connaissance. Pour y parvenir, on s’appuiera sur les mondes de production de Salais et Storper (2000).
 
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET ESPACE
 
 
Après avoir décrit les enjeux de l’introduction des TIC dans le domaine des services, nous abordons maintenant l’aspect spatial de cette question. Nous poserons, dans un premier temps, le débat de la complémentarité ou de la substituabilité des TIC pour introduire une typologie des logiques de production, dont nous développerons, dans un deuxième temps, les dimensions spatiales.
Complémentarité ou substitution des TIC
L’analyse et la prospective des effets du développement de l’utilisation des TIC sur l’espace repose souvent sur l’hypothèse (maintenant largement contestée) que celles-ci pourraient se substituer à la relation face à face, à la proximité géographique ou aux déplacements de personnes. Cependant, si l’on prend le point de vue de l’utilisation des TIC dans la coordination des firmes (inter- et intra-firme), cette hypothèse se conteste aisément : seuls certains types d’interaction peuvent être réalisés dans une coordination à distance, à l’aide de TIC – généralement des interactions routinières ou standardisées, portant sur l’échange d’informations codifiées. Au contraire, si la coordination porte sur des questions stratégiques et/ou des connaissances difficilement codifiables, l’interaction directe devient généralement indispensable.
Plus généralement, si l’on observe, dans certains cas, que des échanges utilisant les TIC se substituent aux interactions face à face, on observe surtout une croissance simultanée de l’utilisation des TIC et des déplacements de personnes. Cette concordance des tendances à la hausse soutient alors plutôt la thèse de la complémentarité des TIC et des déplacements, observée largement dans les études micro-économiques ou sociologiques : le téléphone est utilisé dans la préparation de rendez-vous, le téléphone portable est utilisé pendant le temps de déplacement etc. Par ailleurs, on observe des substitutions entre médias de communication à distance (le courrier électronique remplace le fax, etc.), mais peu de substitution finalement entre communication à distance et communication directe.
Pour analyser cette question au niveau sectoriel, nous avons développé une typologie des logiques de coordination spécifiant des logiques de circulation des informations, personnes et biens particulières (Burmeister, 2000a). Cette typologie est basée sur les « mondes de production » de Salais et Storper (1993) et sur une étude empirique approfondie (Burmeister, 2000b) et distingue quatre logiques de coordination : industrielle, flexible, professionnelle, immatérielle. Chacune des logiques peut être décrite sommairement comme suit…
La logique de coordination industrielle associe une demande et des ressources génériques et est fondée sur la recherche d’économies d’échelle. Elle se caractérise par des flux massifs de biens et des échanges d’informations standardisées (exemples : chimie, métallurgie).
La logique de coordination flexible se caractérise par une demande différenciée et une recherche de flexibilité dans la production. Les échanges d’informations standardisées accompagnant et soutenant les flux de biens sont cruciaux pour assurer la flexibilité du système (exemples : agro-alimentaire, automobile).
La logique professionnelle est fondée sur l’utilisation de ressources spécifiques (savoir-faire) et une interaction étroite entre producteur et utilisateur. La coordination se fonde sur des interactions fréquentes d’échange de connaissances et nécessite une proximité entre les acteurs (qu’elle soit spatiale ou organisationnelle/institutionnelle). L’utilisation des TIC n’a ici qu’un rôle subordonné, car l’essentiel de ce qui s’échange entre les acteurs n’est pas de l’information standardisée (exemple : mécanique)
La logique immatérielle associe des ressources spécialisées (connaissances) et une demande générique. La circulation des connaissances nécessite à la fois de fréquents contacts face à face et une utilisation intensive des TIC (exemple : biens de consommation de haute technologie).
On constate donc dans cette typologie des logiques d’utilisation des TIC dans la coordination bien spécifiques. De même, la substituabilité des TIC sera différente suivant les types de coordination, et donc les impacts spatiaux de l’utilisation des TIC. En effet, selon le type de coordination, on peut faire les hypothèses suivantes…
Le mode de coordination industriel n’a pas recours de manière substantielle aux interactions directes et au face à face et seulement de manière limitée aux flux d’informations standardisées. Il semble donc probable que l’amélioration et l’abaissement du coût des techniques de transmission d’informations standardisées entraînent éventuellement une augmentation de l’utilisation de celles-ci, mais que cela ne transforme pas fondamentalement les modes de coordination dans l’espace.
Le mode de coordination flexible, au contraire, repose largement sur la transmission d’informations standardisées à grande échelle telle que l’EDI, qui apparaît comme un outil important pour gérer la tension entre la production de masse et la demande incertaine et différenciée.
C’est dans le type professionnel que la coordination repose le plus largement sur l’interaction face à face, la proximité et les ajustements mutuels fréquents. Les TIC ne peuvent pas remplacer les interactions directes dans toutes les situations, mais elles fournissent des médias complémentaires dans les ajustements fréquents nécessaires.
La situation apparaît proche dans le mode de coordination immatériel : on conçoit mal un remplacement complet des interactions face à face ; en revanche, il est probable que l’utilisation des TIC de manière complémentaire aux interactions directes s’intensifie et joue un rôle important dans ce type de coordination qui repose fondamentalement sur une proximité (pas nécessairement spatiale) très grande entre les acteurs, entretenue par les interactions fréquentes.
Le potentiel de substitution des TIC aux interactions directes ne concerne, de toute façon, pas la phase initiale de coopération entre les acteurs, mais plutôt les phases ultérieures : à partir du moment où les acteurs ont construit une proximité organisationnelle suffisante et où des routines ont été élaborées, la coordination à distance devient envisageable.
Les dimensions spatiales de la typologie
Après avoir caractérisé les quatre logiques du point de vue de leurs modes de coordination et de circulation, nous pouvons maintenant analyser les logiques spatiales qui prédominent dans chaque cas.
Nous utiliserons pour cela le concept de « proximité ». Pour Rallet et Torre (2001), la proximité géographique existe « quand les agents économiques sont considérés comme géographiquement proches, quand ils peuvent entretenir des relations de face à face quotidiennes » [3]. Toujours selon ces auteurs, la proximité organisationnelle est définie « comme la capacité qu’ont les agents économiques à se coordonner en raison de règles de comportement formelles ou informelles, qu’ils acquièrent en raison de leur appartenance à une organisation ».
Dans le monde industriel, caractérisé principalement par des flux massifs de biens, mais par une relative absence d’interactions en termes de connaissances, l’espace représente surtout une friction : le coût de transport. Les différents lieux se caractérisent par des accessibilités au sens de l’économie des transports traditionnelle. L’espace n’intervient donc dans les stratégies de firmes que dans une logique de minimisation des coûts complets de production (i.e. coût de transport inclus). La proximité n’intervient donc ici qu’en tant que proximité géographique, à travers l’accessibilité des lieux.
Figure 1
Typologie des logiques de circulation et de leurs dimensions spatiales
IMGIMGTypologie des logiques de circulation et de leurs ...IMGIMF
L’accessibilité demeure le critère principal dans le monde flexible, mais elle s’élargit ici aux flux d’informations. En effet, le monde flexible se caractérise par une association étroite entre flux de biens et flux d’informations (EDI, ECR). C’est précisément cette coordination étroite entre flux de biens et flux d’informations qui assure la flexibilité de l’ensemble du système et la maîtrise de l’espace dans lequel opère la firme. Dans la figure 1, nous avons utilisé le terme de proximité « circulatoire » pour exprimer l’idée que l’accessibilité au sens strictement spatial (ou spatio-temporel) s’enrichit d’une dimension de maîtrise et de coordination des flux d’information.
Les deux quadrants supérieurs du schéma présentent des logiques spatiales très différentes. Si les logiques professionnelle et immatérielle diffèrent fortement dans leurs finalités, elles ont un point commun : la production se fait, dans les deux cas, à partir de ressources spécialisées, en particulier des connaissances spécifiques, des savoir-faire résultant d’apprentissages organisationnels. Or, on sait que la constitution et la circulation de connaissances se fait dans un contexte de proximité organisationnelle et institutionnelle, caractérisé par l’adhésion à des valeurs et des références communes, par le partage d’une culture et d’un langage communs, et par une certaine similitude entre les acteurs (Bellet, Kirat, 1998 ; Gilly, Torre, 2000).
Notre propos n’est pas ici de dire que ces deux mondes de production sont caractérisés par la proximité géographique entre les acteurs (au sens de la littérature sur les districts ou les milieux innovateurs) – au contraire, la contrainte de proximité spatiale dans les interactions portant sur la connaissance peut être contournée et desserrée par la construction d’une proximité organisationnelle et/ou institutionnelle. Différentes unités d’une firme multinationale, ou encore des réseaux de chercheurs, peuvent collaborer sans qu’il y ait proximité physique.
Cependant, il nous semble important de souligner que la proximité, qu’elle soit spatiale ou non, constitue la caractéristique fondamentale de ces deux mondes (immatériel et professionnel). Le rôle de l’espace est donc très différent par rapport aux deux autres mondes. Si l’espace apparaît seulement comme une contrainte ou comme un coût dans les mondes industriel et flexible, il est au cœur des logiques de production et de circulation dans les mondes immatériel et professionnel.
La différence entre le monde professionnel et le monde immatériel se situe au niveau de la relation avec la demande. Dans le cas du monde professionnel, l’interaction étroite avec les clients est cruciale, et la proximité organisationnelle et institutionnelle joue donc même sur le marché de la firme. En revanche, l’interaction avec la demande ne joue pas dans le monde immatériel ; le marché peut être mondial, ou, en tout cas, n’a pas de dimension spatiale définie. La proximité joue dans les interactions entre les acteurs de la production, dans les coopérations pour l’élaboration de produits nouveaux ou dans le cadre de la R&D.
On peut donc montrer sur la figure 1 ci-dessus qu’en partant du quadrant SE (le monde industriel) vers la gauche et vers le haut (cf. la flèche), la dimension spatiale se renforce et surtout se complexifie : on passe d’une dimension spatiale réduite au coût de transport ou à l’accessibilité à la construction d’une proximité organisationnelle et institutionnelle.
 
L’INFLUENCE DES TIC SUR L’ORGANISATION SPATIALE DES SIC ET DU TRM
 
 
Une typologie des logiques de circulation appliquée aux services
La typologie développée ci-dessus peut être étendue et appliquée à l’analyse des services. Dans la première partie, nous avons mis en évidence l’enrichissement et la complexité du produit à travers l’émergence de nouvelles opérations. Ces dernières se retrouvent dans les différentes logiques de circulation. On peut en effet dire que :
  • les opérations de logistique matérielle relèvent de la logique industrielle ;
  • les opérations de traitement de l’information relèvent de la logique flexible ;
  • les opérations de services en contact appartiennent à la logique professionnelle ;
  • les opérations de traitement de la connaissance relèvent de la logique immatérielle.
Dans le cas des deux activités de services qui nous intéressent, c’est-à-dire les services intensifs en connaissance [4], et le transport routier de marchandises [5], on peut affirmer que les technologies de l’information ont permis la multiplication et la combinaison de différentes logiques de circulation. Ces différentes logiques ont des degrés d’importance différents selon le type de service. On peut toutefois constater que le processus de logique de circulation est inversé dans le cas des services informationnels.
Pour le TRM, par exemple, on peut dire que la logique industrielle domine toujours, en particulier dans les petites et moyennes entreprises. En revanche, les TIC ont permis aux entreprises de TRM d’évoluer vers une logique flexible voire dans certains cas vers une logique professionnelle. Ce résultat est valable pour une majeure partie des services non informationnels (cf. tableau 2).
Pour les entreprises de services intensifs en connaissance, les logiques professionnelle et immatérielle sont au cœur de leur activité. Les TIC ont permis dans une certaine mesure l’apparition de la logique flexible voire de la logique industrielle à travers la standardisation du service [6].
Il s’agit à partir de ces nouvelles logiques de circulation d’analyser la proximité géographique et organisationnelle pour ces deux catégories de services.
Les définitions de Rallet et de Torre (2001) présentées plus haut peuvent être légèrement modifiées selon le type de service que l’on analyse.
Pour la proximité géographique, par exemple, le besoin de face à face quotidien dans le cas des services non informationnels ne s’exprime pas de manière aussi forte dans le transport routier de marchandise que dans certains services intensifs en connaissance. Le choix de la localisation d’un transporteur routier ou d’une entreprise de nettoyage ne nécessite pas dans la logique industrielle voire flexible de face à face quotidien. Le choix de la localisation est plutôt dicté par des éléments plus matériels tels que l’axe routier, la densité de bureaux, etc. Il s’agit ici d’une proximité physique beaucoup plus que d’une proximité géographique.
Pour la proximité organisationnelle, la définition pourrait également être enrichie notamment pour les services intensifs en connaissance en introduisant les notions de coopération et de coproduction. Soulignons que ces services ont toujours joué un rôle important dans le processus de diffusion de l’innovation au travers notamment du rôle du client dans le processus de production (cf. Djellal, 1995). Ce résultat nous conduit à affirmer que la proximité organisationnelle a toujours été nécessaire à la production du service. Cette proximité organisationnelle est, plus précisément, un élément constitutif à la réalisation de la prestation, indépendamment des technologies de l’information et de communication. Ce résultat est indéniable pour les opérations de services en contact ou relationnelles et pour les opérations de traitement de la connaissance ou méthodologique. En effet, la production des services intensifs en connaissance est caractérisée par des relations multilatérales et/ou transversales, interactives et durables.
Dans les services non informationnels comme le TRM, si la proximité physique a toujours dominé, on peut penser que l’adoption et la diffusion des TIC dans ce secteur ont conduit à deux nouveaux « besoins » de proximité : géographique et organisationnelle. Le besoin de proximité organisationnelle exprimé dans ce secteur est toutefois différent de celui rencontré dans les services informationnels.
Une typologie des services par type de proximité
Pour appréhender l’importance de la proximité, il nous semble utile de revenir sur les différentes opérations réalisées par les activités de services et analysées dans la première partie. Rappelons que nous avons mis en évidence quatre types d’opérations :
  • des opérations de logistique matérielles (M) ;
  • des opérations de logistique et de traitement de l’information (I) ;
  • des opérations de services en contact ou relationnelle (R) ;
  • des opérations de traitement de la connaissance ou méthodologique (C).
Nous avons défini dans la première partie les services informationnels et non informationnels. Nous avons plus particulièrement mis en évidence la montée en complexité de la deuxième catégorie de services à travers l’adoption des technologies de l’information. Cette montée en complexité s’est traduite par l’apparition de nouvelles opérations telles que (I), (R) et dans une moindre mesure (C). Ce qui nous conduit à dégager une typologie des services non informationnels et des proximités avant et après l’introduction des technologies de l’information.
Avant l’introduction des technologies de l’information et de la communication, la proximité physique dominait et dans une certaine mesure la proximité géographique pour les opérations de traitement de l’information dans les services non informationnels comme le nettoyage ou plus encore le transport routier de marchandises.


IMGIMG… de logistique et de 
logistique ma...IMGIMF
… de logistique et de logistique matérielles traitement de (M) l’information (I) Proximité physique Très importante - Proximité géographique Faible Proximité organisationnelle nulle nulle

Le produit des services non informationnels s’est enrichi de nouvelles composantes I et surtout (R) et (C). Nous avons vu dans la première partie, que pour le transport routier de marchandise [7], l’opération (I) était celle qui prenait une part importante dans le produit comme l’illustre le tableau 4.

Tableau 4
Degré d’importance des proximités en fonction des opérations réalisées par les services non informationnels
IMGIMGTableau 4 : Degré d’importance des p...IMGIMF
Tableau 4 : Degré d’importance des proximités en fonction des opérations réalisées par les services non informationnels aprés l’introduction des (M) (I) (R) (C) TIC Proximité physique Très - - importante Proximité géographique Faible Très importante - importante Proximité organisationnelle Nulle Peu importante - importante

Pour les services informationnels dont la fonction a été rappelée dans la première partie, on peut penser que les TIC ont favorisé le besoin de proximité géographique. Les TIC ont permis aux entreprises de services intensifs en connaissance de faire des choix ou de développer des stratégies de localisation. Les opérations de logistique matérielle, par exemple, se sont fortement développées avec l’aide des TIC et, peuvent être localisées à moindre coût sur tout le territoire. En revanche, les TIC n’ont joué aucun rôle dans le choix de la localisation des opérations (I) et surtout R et C par les entreprises de services. D’autres facteurs semblent jouer un rôle plus important dans le choix de l’organisation spatiale des différentes opérations comme l’environnement scientifique, la taille des entreprises clientes, la localisation des sièges sociaux, les actifs complémentaires, etc.
En conlusion, on peut dire que la mesure de l’impact des TIC sur l’organisation spatiale des activités de services n’est pas facile. En effet, bien que les TIC offrent de manière générale aux firmes, la possibilité de recomposer leur territoire (cf. Duval et Jacot, 2000), il semble que pour les entreprises de services, cette possibilité soit loin d’être suffisante. L’explication se situe en partie dans les spécificités des services (dimension immatérielle, co-production, co-participation, etc.). Par ailleurs, les effets des technologies de l’information peuvent être analysés à plusieurs niveaux : sur la nature du produit, sur la production du service, sur l’organisation et enfin sur la localisation. Les effets produits par les TIC sont sensiblement différents dans les services informationnels et dans les services non informationnels. Par ailleurs, il en est de même au niveau des rôles joués par les différentes proximités. On peut sur la base de notre analyse penser que plus il y a montée en complexité du produit, plus la proximité organisationnelle joue un rôle important dans la production du service.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BARRAS R. (1990), Interactive Innovation in Financial and Business Services. The Vanguard of the Service Revolution, Research Policy, 19, p.215-237.
·  BELLET M., KIRAT T. (1998), La proximité, entre espace et coordination, in Bellet, Kirat, Largeron, Approches multiformes de la proximité. Hermès, chapitre 1, p.23-40.
·  BIENCOURT O., FAVEREAU O., EYMARD-DUVERNAY F. (1990), Concurrence par la qualité et viabilité d’un marché. Le cas du transport routier de marchandises, FORUM Université Paris X, rapport pour le Commissariat Général au Plan, novembre, 39 p. + annexes.
·  BROUSSEAU E., RALLET A. (1997), Le rôle des technologies de l’information et de la communication dans les changements organisationnels, in GUILHON B., HUARD P., ORILLARD M., ZIMMERMANN J-B. (éd.), Economie de la connaissance et organisations. Paris, L’Harmattan, p. 286-309.
·  BURMEISTER A. (1999), Means of Interorganisational Co-ordination of Production : the Role of Transport and Telecommunication, Rivista Geografica Italiana 3-4.
·  BURMEISTER A. (2000), Juste-à-temps, stratégies logistiques et rôle du transport, Cahiers Scientifiques du Transport n°38, p.45-62.
·  CAPELLO R., NIJKAMP P. (1996), Telecommunications technologies and regional development : theoretical considerations and empirical evidence, Annals of Regional Science Vol. 30 no. 1, p.7-30.
·  CHOLEZ C. (2001), Une culture de la mobilité, Trajectoire et rôles professionnels des chauffeurs-livreurs de messagerie et fret-express. Tours, Thèse de sociologie, sous la direction de CAPRON J. et BOURDARIAS F., 702 p. Commissariat Général du Plan (1999), Technologies de l’information, organisation et performances économiques. Rapport du groupe de travail présidé par E. Brousseau et A. Rallet, 368 p.
·  DIBIAGGIO Ludovic (1999), Apprentissage, coordination et organisation de l’industrie. Une perspective cognitive, Revue d’Economie Industrielle n° 88, 2ième trimestre, p.111-136.
·  DJELLAL F (2000), La montée en puissance des technologies de l’information dans « les services non informationnels », Economie et Sociétés série EGS, juin.
·  DJELLAL F. (2001), La diversité des trajectoires d’innovation dans le transport routier de marchandises, Revue Française de Gestion, n° 30, avrilmaijuin.
·  DJELLAL F. (2002), Innovation trajectoires and employment in the clearing industry, New technology, Work, and Employment, Vol 17, n° 2, Juillet.
·  DJELLAL F. (1995), Changement Technique et conseil en technologie de l’information, L’Harmattan, collection Logiques Economiques.
·  DJELLAL F. (1998a), Innovation in the french contract cleaning industry, in Djellal F., Gallouj F et C.
·  DUVAL G, JACOT. H., (2000), Le travail dans la société de l’information, paradoxes et enjeux des nouvelles technologies d’information et de communication, Editions Liaisons.
·  GADREY J. (1991), Le service n’est pas un produit : quelques implications pour l’analyse économique et pour la gestion, Politiques et Management Public, vol. 9, n°1.
·  GALLOUJ C., GALLOUJ F. (1996), L’innovation dans les services, Economica.
·  GALLOUJ F. (1998), Les trajectoires de l’innovation dans les services : vers un enrichissement des taxonomies évolutionnistes, Colloque de l’IRIS, décembre, Paris.
·  GILLY J-P., TORRE A. (sous la dir. de) (2000), Dynamiques de proximité, L’Harmattan, 301 p.
·  GRABHER G. (1993), Rediscovering the social in the economics of interfirm relations, in GRABHER G. (ed.), The Embedded Firm. On the Socio-economics of Industrial Networks. London : Routledge, p.1-29.
·  GROSSETTI M., BES M-P. (2000), Organisations et individus en interaction : une étude de cas sur les coopérations entre entreprises et laboratoires de recherche. 5th Workshop on Economics with Heterogeneous Interacting Agents (WEHIA), 15-17 juin, Marseille, 18 p.
·  JAEGER C., ABECASSIS C., CABY L. (2000), Technologies d’information et modes de coordination : l’exemple de la filière habillement en France et aux U.S., Séminaire CNET “Internet et l’entreprise”, Issy-les-Moulineaux, May 12th, 2000.
·  LEFEBVRE L. (2002), Les déterminants de productivité dans le transport routier de marchandises. Thèse de sciences économiques, Université Lille I et INRETS-TRACES, à paraître, 345 p.
·  LUNG Y. (coord.) (1997), Organisation spatiale et coordination des activités d’innovation. Rapport de recherche pour le Commissariat Général au Plan, IERSO / Université Bordeaux IV.
·  MANGOLTE P.A. (1997), La dynamique des connaissances tacites et articulées : une approche socio-cognitive, Economie Appliquée tome L n°2, p.105-134.
·  MASSARD N. (2001), Externalités de connaissances et géographie de l’innovation : les enseignements des études empiriques, CREUSET, Université Jean Monnet, Saint-Etienne, 23 p.
·  MOATI P., MOUHOUD El M. (1992), Les transports et les télécommunications dans l’arbitrage entre modes d’organisation de la production, Rapport de recherche pour le PREDIT, CREDOC, décembre, 168 p.
·  RALLET A. (2001), L’économie de proximités, Cahiers d’Economie et de Sociologie Rurales.
·  RALLET A., TORRE A., (2001), Proximité géographique ou proximité organisationnelle ? Une analyse spatiale des coopérations technologiques dans les réseaux localisés d’innovation, Economie Appliquée, n°1, tome LIV.
·  SALAIS R., STORPER M. (1993), Les mondes de production. Enquête sur l’identité économique de la France, Editions de l’EHESS, Paris, 467 p.
·  STANK Theodore P., CRUM Michael R. (1997), Just-in-time management and transportation service performance in a cross-border setting, Transportation Journal vol. 36 n° 3, p. 31-42.
·  THEVENOT L., CONEIN B. (1998), Connaissances ou informations ? Débats et rapprochements entre sociologie et sciences cognitives, La Lettre du CEE n° 53, juin.
·  WILLIAMSON O.E. (2000), The New Institutional Economics : Taking Stock, Looking Ahead, Journal of Economic Literature vol. XXXVIII (september), p. 595-613.
·  ZUMKELLER D. (1997), Sind Telekommunikation und Verkehr voneinander abhängig ? Ein integrierter Raumüberwindungskontext, Internationales Verkehrswesen (Hamburg), vol. 49, n°1-2, p.16-21.
 
NOTES
 
[1]cf. Djellal (2000).
[2]Une entreprise de propreté a développé un nouveau service-d’assistance pour l’aéroport de Roissy où elle intervenait dans le cadre de prestations traditionnelles de nettoyage. Il s’agit d’un service d’assistance aux personnes blessées et rapatriées.
[3]L’italique est de notre fait.
[4]Qui appartiennent à la catégorie des services informationnels.
[5]Qui appartient à la catégorie des services non informationnels
[6]Voire d’industrialisation du service.
[7]Ces résultats sont essentiellement valables pour les entreprises de grande taille et peu applicables aux entreprises de transport de tradition familiale et artisanale, souvent de très petite taille.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
cf. Djellal (2000). Suite de la note...
[2]
Une entreprise de propreté a développé un nouveau service-d...
[suite] Suite de la note...
[3]
L’italique est de notre fait. Suite de la note...
[4]
Qui appartiennent à la catégorie des services informationne...
[suite] Suite de la note...
[5]
Qui appartient à la catégorie des services non informationn...
[suite] Suite de la note...
[6]
Voire d’industrialisation du service. Suite de la note...
[7]
Ces résultats sont essentiellement valables pour les entrep...
[suite] Suite de la note...
Typologie des logiques de circulation et de leurs dimensions spatiales