2004
INNOVATIONS
L’impact des technologies de l’information sur l’organisation spatiale des activités de services : le cas du transport routier de marchandises et des services intensifs en connaissance
Antje Burmeister
INRETS, Centre de Recherche en Socio-économie des Transports et de l’Aménagement
Faridah Djellal
CLERSE, Université de Lille I
Cette contribution est consacrée à l’analyse des relations
qu’entretiennent les services avec les technologies de
l’information et l’espace. En effet, on constate aujourd’hui une
introduction parfois massive des technologies de l’information
et de télécommunication dans les services. Parmi ces derniers,
certains sont intensifs en information et connaissance, on les
qualifie de services informationnels. D’autres en revanche le
sont très peu, il s’agit des services non informationnels (parfois
qualifiés d’opérationnels). Ces derniers sont à l’origine initialement centrés sur des opérations de logistique et de transformation matérielle, qu’il s’agisse du nettoyage, du transport, de
la location automobile, du gardiennage ou de l’hôtellerie, etc.
Dans ces services opérationnels, l’information commence à
jouer un rôle important.
Cette distinction « services informationnels – services non
informationnels » est essentielle à prendre en compte pour
appréhender la localisation et/ou la réorganisation de ces
activités de services dès lors qu’ils introduisent au cœur de leur
activité des technologies de traitement de l’information. En
effet, selon le type de service, les technologies de l’information
ont joué un rôle différent sur la nature du produit et sur les
composantes de celui-ci. En effet, les technologies de l’information ont selon le type de service une fonction différente.
Elles ont parfois conduit le produit à s’enrichir, à se complexifier, c’est principalement le cas des services opérationnels.
Elles ont en revanche dans les services intensifs en connaissance une fonction de complémentarité voire de soutien. Ces
fonctions ne sont pas sans conséquence sur les stratégies des
acteurs en matière d’organisation spatiale.
Au total, cet article est organisé en trois sections. Dans la
première section, nous tentons de proposer une définition des
activités de services informationnels (SI) et non informationnels (SNI). Cette définition nous permet une analyse de l’évolution de la nature du « produit » et de sa montée en complexité
au travers de l’adoption des technologies de l’information et de
la communication (TIC). Dans la deuxième section, nous analyserons l’introduction des TIC du point de vue des dynamiques spatiales et introduirons une typologie des logiques de
circulation. Dans la troisième section, nous appliquerons cette
analyse au cas des services en montrant le rôle de la proximité
(géographique et/ou organisationnelle), en particulier dans les
services intensifs en connaissance et le transport routier de
marchandises.
TECHNOLOGIE DE L’INFORMATION ET SERVICES
Il s’agit dans cette section d’analyser les effets des TIC sur
la nature du produit. Dans un premier temps, il est nécessaire
de proposer une définition des services informationnels et non
informationnels.
Une définition et une typologie des activités de services
A la suite de Hill (1977), Gadrey (1991) définit « une activité de service comme une opération visant une transformation
d’état d’une réalité C, possédée ou utilisée par un consommateur (client ou usager) B, réalisée par un prestataire A à la
demande de B et souvent en relation avec lui, mais n’aboutissant pas à la production d’un bien susceptible de circuler
économiquement indépendamment du support C ».
En ce qui concerne notre réflexion, l’élément principal de
cette définition de l’activité de service est la notion de support.
En effet, le support du service peut prendre différentes formes,
en particulier celles d’une information, d’un bien physique ou
d’un individu. La définition de Gadrey permet de distinguer les
activités de services selon qu’elles ont pour fonction essentielle
de traiter (selon différentes modalités) de l’information, de
traiter (entretenir, réparer) des biens ou des systèmes matériels
ou encore de « traiter » des individus (il s’agit alors d’une relation directe entre le prestataire et le client ou bénéficiaire).
Nous proposons d’ajouter la connaissance elle-même comme autre support possible. Ce support nous semble en effet
utile dans la recherche d’une définition des services informationnels et des services non informationnels. L’information
sera ainsi appréhendée soit à partir de son contenu technique,
soit à partir de son contenu cognitif. On est ainsi en mesure de
construire une typologie des services selon la nature de leur
support principal. Le tableau 1 décrit une telle typologie et en
fournit quelques illustrations
Tableau 1
Une typologie des activités de services selon le
support dominant
Tableau 1 : Une typologie des activités de services selon le
support dominant
Support principal Activités de services
Transport et entreposage, courrier
Commerce de gros, de détail
Objet ou système matériel Déménagement, Réparation,
maintenance, gardiennage, Nettoyage
Hôtellerie-restauration
Services de maintenance
Banques, assurances, finances
Information codée Services administratifs
Services postaux, Télécommunication,
Services d’information électronique
Conseil en management (y compris
Information traitée = formation en entreprise)
Connaissance Recherche-développement
Enseignement,
Services hospitaliers (médecine et santé)
Individu Services aux particuliers (coiffure,
esthétique, services de soins, d’aide à
domicile, etc.)
On peut, sur la base de cette typologie, tenter de proposer une définition des services informationnels et des services non
informationnels.
a) Une définition des services informationnels
Sur la base de la définition et de la typologie précédentes,
les services informationnels peuvent être définis comme ceux
qui portent à titre principal sur un support qui est l’information.
Ces services réalisent principalement des fonctions de codification, de traitement et de transport de l’information. L’information codée est donc au centre de leur activité. Tel est le
cas par exemple des banques, des assurances, des services
d’information électronique ou des services administratifs
traitant des dossiers.
Ce sont également des services fortement sensibles aux
progrès des technologies de l’information et de la communication. Ils ont adopté et intégré ces technologies dès la phase de
l’informatique lourde contrairement à d’autres services (commerce, transport routier de marchandise, etc.) qui n’ont connu
que la phase de l’informatique décentralisée.
Deux caractéristiques principales définissent ainsi les services informationnels : l’information comme « matière à traiter » et l’utilisation intensive des technologies de l’information.
Cette définition se retrouve implicitement chez Barras (1990)
et chez Pavitt et al (1989). Barras montre que la dynamique
d’innovation dans les services (notamment les services financiers, les services d’assurance, et les services administratifs) est
principalement liée à l’utilisation intensive des technologies de
l’information. Ces technologies seraient à l’origine d’un cycle
inversé du produit.
b) Une définition des services non informationnels
Sur la base de la typologie précédente, on pourrait être tenté
de donner une définition à la fois résiduelle et large des
services non informationnels. Il s’agirait de tous les services
dont le support principal ne serait pas l’information, mais selon
les cas des connaissances, des individus ou des biens matériels.
Cette définition très large des services non informationnels
n’est pas satisfaisante pour les raisons suivantes :
- les activités de services dont la fonction principale consiste à
traiter de la connaissance ne peuvent selon nous appartenir à la
catégorie des services non informationnels. On peut considérer
que même si les supports information et connaissance sont
distincts, la connaissance est proche de l’information ;
- pour les activités de services qui portent sur l’individu, on
peut formuler la même remarque que précédemment. Bien que
l’individu soit le critère dominant de l’activité de service,
l’information sous ses différentes formes y est cependant
mobilisée. On peut considérer que les savoirs transmis dans le
cadre de l’activité de l’enseignement sont de l’information, que
le médecin transmet également de l’information à son patient et
réciproquement, et qu’il en va de même des soins corporels…
A la définition large et résiduelle précédente, on peut,
compte tenu des critères précédents, préférer une définition
restrictive des services non informationnels qui mettrait
l’accent sur le support matériel. Les activités de services non
informationnels consisteraient à transporter un bien matériel, à
améliorer ou à transformer l’état d’un support donné, qui est un
produit tangible (un bien, un système matériel, etc.). Il s’agit
par exemple du transport de marchandises, du nettoyage des
bureaux, de la réparation de voitures ou de la surveillance
d’immeubles, etc.
Nous proposons
[1] de définir les services non informationnels, comme l’ensemble des services pour lesquels la composante « informationnelle » au sens large du produit a été
nulle ou négligeable jusqu’à une période récente. Autrement
dit, c’est le rapport de la composante matérielle (ou élément
physique dominant) et de la composante informationnelle ou
relationnelle qui dominait jusqu’à présent tant en termes
d’investissement dans la production de ces services que dans
l’offre de ces services.
Quelles sont les raisons susceptibles d’expliquer la montée
en puissance des technologies de l’information dans ces
services initialement non informationnels. Il nous semble que
l’une des raisons majeures réside dans la modification de la
nature du produit.
TECHNOLOGIE DE L’INFORMATION ET NATURE DU
PRODUIT
Il s’agit ici d’analyser l’évolution de la nature du produit
des services et de rechercher les facteurs explicatifs de cette
transformation. Nous nous appuyons sur la décomposition
fonctionnelle de l’activité de service suggérée par Gadrey
(1991).
L’apparition de composantes informationnelle et servicielle
Il est possible sur la base de la décomposition du produit de
mettre en évidence un certain nombre de services où les
composantes informationnelle et/ou servicielle (voire cognitive) qui n’existaient pas, il y a quelques années, occupent une
place importante voire dominante aujourd’hui.
Selon Gadrey (1991), de nombreuses activités de service
peuvent être décomposées en trois fonctions ou opérations
selon le support de la prestation envisagée (cf. §1) :
- les opérations de logistique et de transformation de la matière
qui consistent à « traiter » des objets tangibles, c’est-à-dire à
les transporter, transformer, entretenir, réparer... ;
- les opérations de logistique et de traitement de l’information
qui consistent à « traiter » de l’information « codifiée », c’est-à-dire à la produire, la saisir, la transporter, etc. ;
- les opérations de service en contact ou relationnelles, celles
dont le principal support est le client lui-même, et qui
consistent en un service direct (en contact).
- Initialement, les services opérationnels c’est-à-dire non
informationnels pouvaient se définir de la manière suivante :
- ce sont des activités fortement utilisatrices de technologies
matérielles (de transport, de traitement de la matière, etc.) ;
- leur dynamisme est fortement subordonné au développement
de ces technologies matérielles ;
- elles sont fortement intensives en main-d’œuvre peu qualifiée
et peu utilisatrice de matière grise ;
- elles sont caractérisées par un faible rôle de la relation de
service voire par son absence.
Les différentes opérations réalisées par ces services portaient principalement sur un ou des bien(s) tangible(s). Pour le
transport routier de marchandise (Djellal, 1998) ou le déménagement (Jougleux, 1999), par exemple, il s’agissait de
transporter un bien d’un endroit à un autre sans opération de
transformation et de traitement de l’information. Pour le nettoyage, le personnel, souvent sans qualification particulière,
était affecté à différents chantiers et, sa fonction principale
était la transformation (ou l’amélioration) d’un état (de propreté). Les opérations ne nécessitaient ni contact, ni traitement de
l’information.
Dans ces activités de services opérationnels, la composante
de logistique matérielle du produit a donc souvent été l’unique
composante du produit et elle continue de l’être, dans une certaine mesure, dans certaines entreprises notamment familiales
et artisanales. En revanche, si on s’intéresse aux entreprises de
grande taille, leur produit ne peut plus être envisagé selon cette
seule composante matérielle. On peut, ainsi, dans une
perspective dynamique, rendre compte de l’évolution au cours
du temps d’un processus de prestation par l’examen de la
nature des opérations réalisées par ces entreprises de services.
Initialement, l’activité de service se définit essentiellement par
des opérations de logistique matérielle. Dans un second temps,
on voit un enrichissement de la nature de l’activité par l’apparition de nouvelles opérations à savoir les opérations de
logistiques informationnelles et, enfin des opérations de services en contact ou relationnels.
Ainsi, le produit de l’activité des services non informationnels se décomposerait aujourd’hui en trois voire quatre
opérations.
-
Des opérations de logistique matérielles dans la mesure
où le support dominant continue d’être un bien tangible. Il est
cependant important de souligner que les techniques mobilisées
pour réaliser ces opérations sont différentes selon les entreprises. En effet, certaines d’entres-elles continuent d’utiliser
des techniques manuelles tandis que d’autres sont à l’origine de
ou s’appuient sur des innovations technologiques plus ou
moins sophistiquées (notamment dans le domaine de la
robotique et de l’automatisation). Dans le cas des premières
entreprises, on dira qu’elles réalisent des opérations de logistiques matérielles simples tandis que les secondes effectuent des
opérations de logistique matérielle complexes.
-
Des opérations de logistique et de traitement de l’information. Il s’agira principalement des opérations de traitement,
de codification de l’information, réalisées à l’aide des technologies de l’information pour des usages interne et externe avec
des objectifs de gestion des temps de travail, de gestion de la
qualité, d’évaluation de la performance, etc. Les principaux
outils développés sont des bases de données, des outils de
contrôle de qualité, etc.
-
Des opérations de service en contact ou relationnelles.
Le support dominant du service est ici le client.
Gallouj (1998) ajoute à la décomposition fonctionnelle de
Gadrey, une quatrième opération qui est l’opération de traitement intellectuel des connaissances (encore appelée fonction
méthodologique). Il montre que cette nouvelle opération est
particulièrement importante pour rendre compte du dynamisme
et de l’innovation dans les activités de conseil, c’est-à-dire
celles qui sont intensives en connaissances. La définition de De
Bandt abordée dans le premier paragraphe présente de fortes
similitudes avec cette opération de traitement intellectuel des
connaissances. Cependant, cette dernière opération ne définit
pas à elle-seule la fonction de l’activité de service. Elle n’en
représente qu’un seul « élément ». Cette opération peut bien
entendu être prédominante : elle l’est, par exemple, dans les
activités de conseil. Mais elle peut apparaître dans différents
types de services, et notamment aujourd’hui dans les services
non informationnels et jouer un rôle important.
On peut donner quelques exemples illustrant ces différentes
opérations dans le cas d’un certain nombre de services comme
le transport routier de marchandises (ou de courrier-express), le
nettoyage, le gardiennage et la sécurité, la restauration ou
encore le commerce (tableau 2). Cette dernière activité est dans
l’ensemble des activités de services citées, à l’avant-garde dans
l’utilisation des technologies l’information notamment dans les
domaines de la gestion des stocks et de la rationalisation du
travail.
Tableau 2
Une illustration de la coexistence de différentes
opérations (matérielles, de traitement de l’information,
relationnelle et méthodologique) dans différentes activités de
services
[2]
Tableau 2 : Une illustration de la coexistence de différentes
opérations (matérielles, de traitement de l’information,
relationnelle et méthodologique) dans différentes activités de
services
Opérations … de traitement … de services en … de
de logisti- de l’information contact ou rela- traitement
que maté- (I) tionnelles (R) de la conrielles (M) naissance
ou méthodologique
(C )
Transport Déplace- Traitement des Engagement sur Coordonroutier de ment, trans- flux le suivi, la ner et or-marchan- port de d’information qualité au niveau ganiser les
dises biens à inter et intra- du client différentes
l’aide de entreprises opérations ;
technologies Trouver les
simples ou compécomplexes tences
(chariots nécessaires,
élévateurs etc.
automatisés,
véhicules
téléguidés,
automatisa-
tion des
palettes)
Nettoyage Entretien, Traitement de L’assistance aux Apparition
transforma- l’information personnes de sociétés
tion d’un pour des usages blessées1 ; de conseil
matériel, interne et externe Le en netd’un local à avec des développement toyage dont
l’aide de objectifs de des services la fonction
techniques gestion des d’accueil dans le est de
manuelles temps de travail, secteur de réaliser le
(balai) ou de gestion de la l’hôtellerie cahier des
sophisti- qualité, charges ;
quées d’évaluation de Création de
(robots, la performance, méthodoautolaveuse, etc. Les prin- logie
etc.) cipaux outils flexible
développés sont
des bases de
données, des
outils de contrôle
de qualité, etc.
Système de
localisation des
marchandises par
ordinateur
Sécurité- Surveillance Télé (et vidéo) Qualité de
gardien- à l’aide de surveillance, l’environnement
nage techniques réglage de (présence
(distinguer manuelles paramétres « permanente »
services ou Code digital de surveillants
aux complexes
immeubles (automatisat
et services ion) (ex :
rendues interphone)
aux
personnes)
Hôtellerie- Automatisa- Réservation, Services divers
restaura- tion (et enregistrement, offerts aux
tion standardisa- paiement clients
tion) des Livraison à
chambres domicile
Commerce Introduction Caméra vidéo, Livraison 24h
de systèmes Détecteurs, Carte de fidélité
logistique compteurs Mise en place de
fordiste ? infrarouge, l’ECR via les
Tarification en codes barre, les
fonction du kiosques
client interactifs,
Opérations de téléshopping
suivi des stocks
en vue de fixer
les prix
Exemple détaillé : le cas du Transport Routier de
Marchandises
Si nous appliquons la décomposition fonctionnelle du
service aux activités de « TRM » en l’articulant à la nouvelle
offre de service, nous constatons que l’entreprise de TRM ne se
trouve pas enfermée dans une trajectoire donnée. Celle-ci, au
contraire, varie en raison d’une part de l’évolution des besoins
des clients et d’autre part des stratégies des offreurs.
Le Tableau ci-dessous illustre la diversité des opérations
réalisées dans la fonction transport. Ce tableau rend compte de
l’évolution au cours du temps de la nature des opérations
réalisées par les entreprises de TRM. Cette évolution correspond à des trajectoires d’innovation différentes. Ainsi,
initialement, le service de TRM se définit essentiellement par
des opérations de logistique matérielle (M). L’étape 2 voit
l’apparition de nouvelles opérations dans l’activité de TRM, à
savoir les opérations de logistiques informationnelles (I). Les
opérations (M) et (I), dans bon nombre de cas, sont réalisées
simultanément par les firmes aujourd’hui. Il existe néanmoins
encore de nombreuses petites entreprises qui continuent de
travailler selon des modalités artisanales et, qui ne réalisent que
l’opération (M) dans le cadre de relations de sous-traitance
et/ou de partenariat avec des clients ou d’autres « transporteurs ».
Si certaines entreprises de TRM en sont restées à cette
étape, d’autres ont innové et sont passées à l’étape 2, en l’occurrence la réalisation d’opérations de logistique informationnelle (I) puis à l’étape 3, c’est-à-dire à la réalisation d’opérations de service direct ou relationnelles (R). Soulignons que la
réalisation de la seule opération (R) est limitée à quelques
entreprises. En fait, beaucoup de ces entreprises combinent
l’opération (R) et l’opération (I).
Tableau 3
Les étapes de l’enrichissement de la fonction
transport et la diversité des trajectoires
Tableau 3 : Les étapes de l’enrichissement de la fonction
transport et la diversité des trajectoires
Les étapes de l’enrichissement de Trajectoire d’innovation
la fonction transport
Etape 1 = (M) Trajectoire technologique de logistique
matérielle seule
Etape 2 = (M) + (I) Apparition d’une trajectoire
« technologique » informationnelle et
communicationnelle
Etape 3 = (I) + (R) ou (R) Apparition d’une trajectoire de service
direct ou relationnelle
Le terme de « transporteur » est peu approprié aux
entreprises qui ne réalisent que les opérations (I) et (R) et a
fortiori à celles qui n’effectuent que l’opération (R). Dans ce
dernier cas, il s’agit de véritables offreurs de services professionnels dont la finalité n’est plus simplement de déplacer
des marchandises d’un endroit à un autre, mais de trouver des
prestataires adaptés aux besoins des clients et de coordonner et
d’organiser les diverses opérations de logistique matérielle,
informationnelles et de service direct ou relationnelle.
L’introduction des TIC dans les services n’est pas sans
conséquence sur la nature du produit. Nous avons également vu
que les technologies de l’information avaient davantage joué
sur la nature du produit dans les SNI que dans les SI. Le
produit de l’activité TRM, par exemple, s’est enrichi de
nouvelles composantes. Ces dernières ont-elles conduit les
entreprises de services à réorganiser d’un point de vue spatial
leur activité. Pour y répondre, on se propose dans une seconde
section d’étudier les relations technologies de l’informationespace en mettant en évidence différentes logiques de
« circulation » de biens, de services, de savoirs et de connaissance. Pour y parvenir, on s’appuiera sur les mondes de
production de Salais et Storper (2000).
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET ESPACE
Après avoir décrit les enjeux de l’introduction des TIC dans
le domaine des services, nous abordons maintenant l’aspect
spatial de cette question. Nous poserons, dans un premier
temps, le débat de la complémentarité ou de la substituabilité
des TIC pour introduire une typologie des logiques de
production, dont nous développerons, dans un deuxième temps,
les dimensions spatiales.
Complémentarité ou substitution des TIC
L’analyse et la prospective des effets du développement de
l’utilisation des TIC sur l’espace repose souvent sur l’hypothèse (maintenant largement contestée) que celles-ci pourraient
se substituer à la relation face à face, à la proximité géographique ou aux déplacements de personnes. Cependant, si l’on
prend le point de vue de l’utilisation des TIC dans la coordination des firmes (inter- et intra-firme), cette hypothèse se
conteste aisément : seuls certains types d’interaction peuvent
être réalisés dans une coordination à distance, à l’aide de TIC –
généralement des interactions routinières ou standardisées,
portant sur l’échange d’informations codifiées. Au contraire, si
la coordination porte sur des questions stratégiques et/ou des
connaissances difficilement codifiables, l’interaction directe
devient généralement indispensable.
Plus généralement, si l’on observe, dans certains cas, que
des échanges utilisant les TIC se substituent aux interactions
face à face, on observe surtout une croissance simultanée de
l’utilisation des TIC et des déplacements de personnes. Cette
concordance des tendances à la hausse soutient alors plutôt la
thèse de la complémentarité des TIC et des déplacements,
observée largement dans les études micro-économiques ou
sociologiques : le téléphone est utilisé dans la préparation de
rendez-vous, le téléphone portable est utilisé pendant le temps
de déplacement etc. Par ailleurs, on observe des substitutions
entre médias de communication à distance (le courrier électronique remplace le fax, etc.), mais peu de substitution finalement entre communication à distance et communication
directe.
Pour analyser cette question au niveau sectoriel, nous avons
développé une typologie des logiques de coordination spécifiant des logiques de circulation des informations, personnes et
biens particulières (Burmeister, 2000a). Cette typologie est
basée sur les « mondes de production » de Salais et Storper
(1993) et sur une étude empirique approfondie (Burmeister,
2000b) et distingue quatre logiques de coordination : industrielle, flexible, professionnelle, immatérielle. Chacune des
logiques peut être décrite sommairement comme suit…
La logique de coordination industrielle associe une demande et des ressources génériques et est fondée sur la recherche
d’économies d’échelle. Elle se caractérise par des flux massifs
de biens et des échanges d’informations standardisées
(exemples : chimie, métallurgie).
La logique de coordination flexible se caractérise par une
demande différenciée et une recherche de flexibilité dans la
production. Les échanges d’informations standardisées accompagnant et soutenant les flux de biens sont cruciaux pour
assurer la flexibilité du système (exemples : agro-alimentaire,
automobile).
La logique professionnelle est fondée sur l’utilisation de
ressources spécifiques (savoir-faire) et une interaction étroite
entre producteur et utilisateur. La coordination se fonde sur des
interactions fréquentes d’échange de connaissances et nécessite
une proximité entre les acteurs (qu’elle soit spatiale ou organisationnelle/institutionnelle). L’utilisation des TIC n’a ici
qu’un rôle subordonné, car l’essentiel de ce qui s’échange entre
les acteurs n’est pas de l’information standardisée (exemple :
mécanique)
La logique immatérielle associe des ressources spécialisées
(connaissances) et une demande générique. La circulation des
connaissances nécessite à la fois de fréquents contacts face à
face et une utilisation intensive des TIC (exemple : biens de
consommation de haute technologie).
On constate donc dans cette typologie des logiques d’utilisation des TIC dans la coordination bien spécifiques. De même,
la substituabilité des TIC sera différente suivant les types de
coordination, et donc les impacts spatiaux de l’utilisation des
TIC. En effet, selon le type de coordination, on peut faire les
hypothèses suivantes…
Le mode de coordination industriel n’a pas recours de
manière substantielle aux interactions directes et au face à face
et seulement de manière limitée aux flux d’informations
standardisées. Il semble donc probable que l’amélioration et
l’abaissement du coût des techniques de transmission d’informations standardisées entraînent éventuellement une augmentation de l’utilisation de celles-ci, mais que cela ne transforme
pas fondamentalement les modes de coordination dans
l’espace.
Le mode de coordination flexible, au contraire, repose
largement sur la transmission d’informations standardisées à
grande échelle telle que l’EDI, qui apparaît comme un outil
important pour gérer la tension entre la production de masse et
la demande incertaine et différenciée.
C’est dans le type professionnel que la coordination repose
le plus largement sur l’interaction face à face, la proximité et
les ajustements mutuels fréquents. Les TIC ne peuvent pas
remplacer les interactions directes dans toutes les situations,
mais elles fournissent des médias complémentaires dans les
ajustements fréquents nécessaires.
La situation apparaît proche dans le mode de coordination
immatériel : on conçoit mal un remplacement complet des
interactions face à face ; en revanche, il est probable que l’utilisation des TIC de manière complémentaire aux interactions
directes s’intensifie et joue un rôle important dans ce type de
coordination qui repose fondamentalement sur une proximité
(pas nécessairement spatiale) très grande entre les acteurs,
entretenue par les interactions fréquentes.
Le potentiel de substitution des TIC aux interactions directes ne concerne, de toute façon, pas la phase initiale de
coopération entre les acteurs, mais plutôt les phases ultérieures : à partir du moment où les acteurs ont construit une
proximité organisationnelle suffisante et où des routines ont été
élaborées, la coordination à distance devient envisageable.
Les dimensions spatiales de la typologie
Après avoir caractérisé les quatre logiques du point de vue
de leurs modes de coordination et de circulation, nous pouvons
maintenant analyser les logiques spatiales qui prédominent
dans chaque cas.
Nous utiliserons pour cela le concept de « proximité ». Pour
Rallet et Torre (2001), la proximité géographique existe
« quand les agents économiques sont
considérés comme
géographiquement proches, quand ils
peuvent entretenir des
relations de face à face quotidiennes »
[3]. Toujours selon ces
auteurs, la proximité organisationnelle est définie « comme la
capacité qu’ont les agents économiques à se coordonner en
raison de règles de comportement formelles ou informelles,
qu’ils acquièrent en raison de leur appartenance à une organisation ».
Dans le monde industriel, caractérisé principalement par des
flux massifs de biens, mais par une relative absence d’interactions en termes de connaissances, l’espace représente
surtout une friction : le coût de transport. Les différents lieux
se caractérisent par des accessibilités au sens de l’économie
des transports traditionnelle. L’espace n’intervient donc dans
les stratégies de firmes que dans une logique de minimisation
des coûts complets de production (i.e. coût de transport inclus).
La proximité n’intervient donc ici qu’en tant que proximité
géographique, à travers l’accessibilité des lieux.
Figure 1
Typologie des logiques de circulation et de leurs
dimensions spatiales
L’accessibilité demeure le critère principal dans le monde
flexible, mais elle s’élargit ici aux flux d’informations. En
effet, le monde flexible se caractérise par une association
étroite entre flux de biens et flux d’informations (EDI, ECR).
C’est précisément cette coordination étroite entre flux de biens
et flux d’informations qui assure la flexibilité de l’ensemble du
système et la maîtrise de l’espace dans lequel opère la firme.
Dans la figure 1, nous avons utilisé le terme de proximité « circulatoire » pour exprimer l’idée que l’accessibilité au sens
strictement spatial (ou spatio-temporel) s’enrichit d’une
dimension de maîtrise et de coordination des flux
d’information.
Les deux quadrants supérieurs du schéma présentent des
logiques spatiales très différentes. Si les logiques professionnelle et immatérielle diffèrent fortement dans leurs finalités,
elles ont un point commun : la production se fait, dans les deux
cas, à partir de ressources spécialisées, en particulier des connaissances spécifiques, des savoir-faire résultant d’apprentissages organisationnels. Or, on sait que la constitution et la
circulation de connaissances se fait dans un contexte de
proximité organisationnelle et institutionnelle, caractérisé par
l’adhésion à des valeurs et des références communes, par le
partage d’une culture et d’un langage communs, et par une
certaine similitude entre les acteurs (Bellet, Kirat, 1998 ; Gilly,
Torre, 2000).
Notre propos n’est pas ici de dire que ces deux mondes de
production sont caractérisés par la proximité géographique
entre les acteurs (au sens de la littérature sur les districts ou les
milieux innovateurs) – au contraire, la contrainte de proximité
spatiale dans les interactions portant sur la connaissance peut
être contournée et desserrée par la construction d’une proximité organisationnelle et/ou institutionnelle. Différentes unités d’une firme multinationale, ou encore des réseaux de chercheurs, peuvent collaborer sans qu’il y ait proximité physique.
Cependant, il nous semble important de souligner que la
proximité, qu’elle soit spatiale ou non, constitue la caractéristique fondamentale de ces deux mondes (immatériel et professionnel). Le rôle de l’espace est donc très différent par
rapport aux deux autres mondes. Si l’espace apparaît seulement
comme une contrainte ou comme un coût dans les mondes
industriel et flexible, il est au cœur des logiques de production
et de circulation dans les mondes immatériel et professionnel.
La différence entre le monde professionnel et le monde
immatériel se situe au niveau de la relation avec la demande.
Dans le cas du monde professionnel, l’interaction étroite avec
les clients est cruciale, et la proximité organisationnelle et
institutionnelle joue donc même sur le marché de la firme. En
revanche, l’interaction avec la demande ne joue pas dans le
monde immatériel ; le marché peut être mondial, ou, en tout
cas, n’a pas de dimension spatiale définie. La proximité joue
dans les interactions entre les acteurs de la production, dans les
coopérations pour l’élaboration de produits nouveaux ou dans
le cadre de la R&D.
On peut donc montrer sur la figure 1 ci-dessus qu’en partant
du quadrant SE (le monde industriel) vers la gauche et vers le
haut (cf. la flèche), la dimension spatiale se renforce et surtout
se complexifie : on passe d’une dimension spatiale réduite au
coût de transport ou à l’accessibilité à la construction d’une
proximité organisationnelle et institutionnelle.
L’INFLUENCE DES TIC SUR L’ORGANISATION
SPATIALE DES SIC ET DU TRM
Une typologie des logiques de circulation appliquée aux services
La typologie développée ci-dessus peut être étendue et
appliquée à l’analyse des services. Dans la première partie,
nous avons mis en évidence l’enrichissement et la complexité
du produit à travers l’émergence de nouvelles opérations. Ces
dernières se retrouvent dans les différentes logiques de
circulation. On peut en effet dire que :
- les opérations de logistique matérielle relèvent de la logique
industrielle ;
- les opérations de traitement de l’information relèvent de la
logique flexible ;
- les opérations de services en contact appartiennent à la
logique professionnelle ;
- les opérations de traitement de la connaissance relèvent de
la logique immatérielle.
Dans le cas des deux activités de services qui nous intéressent, c’est-à-dire les services intensifs en connaissance
[4], et
le transport routier de marchandises
[5], on peut affirmer que les
technologies de l’information ont permis la multiplication et la
combinaison de différentes logiques de circulation. Ces différentes logiques ont des degrés d’importance différents selon le
type de service. On peut toutefois constater que le processus de
logique de circulation est inversé dans le cas des services
informationnels.
Pour le TRM, par exemple, on peut dire que la logique
industrielle domine toujours, en particulier dans les petites et
moyennes entreprises. En revanche, les TIC ont permis aux
entreprises de TRM d’évoluer vers une logique flexible voire
dans certains cas vers une logique professionnelle. Ce résultat
est valable pour une majeure partie des services non informationnels (cf. tableau 2).
Pour les entreprises de services intensifs en connaissance,
les logiques professionnelle et immatérielle sont au cœur de
leur activité. Les TIC ont permis dans une certaine mesure
l’apparition de la logique flexible voire de la logique industrielle à travers la standardisation du service
[6].
Il s’agit à partir de ces nouvelles logiques de circulation
d’analyser la proximité géographique et organisationnelle pour
ces deux catégories de services.
Les définitions de Rallet et de Torre (2001) présentées plus
haut peuvent être légèrement modifiées selon le type de service
que l’on analyse.
Pour la proximité géographique, par exemple, le besoin de
face à face quotidien dans le cas des services non informationnels ne s’exprime pas de manière aussi forte dans le transport
routier de marchandise que dans certains services intensifs en
connaissance. Le choix de la localisation d’un transporteur routier ou d’une entreprise de nettoyage ne nécessite pas dans la
logique industrielle voire flexible de face à face quotidien. Le
choix de la localisation est plutôt dicté par des éléments plus
matériels tels que l’axe routier, la densité de bureaux, etc. Il
s’agit ici d’une proximité physique beaucoup plus que d’une
proximité géographique.
Pour la proximité organisationnelle, la définition pourrait
également être enrichie notamment pour les services intensifs
en connaissance en introduisant les notions de coopération et
de coproduction. Soulignons que ces services ont toujours joué
un rôle important dans le processus de diffusion de l’innovation au travers notamment du rôle du client dans le processus
de production (cf. Djellal, 1995). Ce résultat nous conduit à
affirmer que la proximité organisationnelle a toujours été
nécessaire à la production du service. Cette proximité organisationnelle est, plus précisément, un élément constitutif à la
réalisation de la prestation, indépendamment des technologies
de l’information et de communication. Ce résultat est indéniable pour les opérations de services en contact ou relationnelles et pour les opérations de traitement de la connaissance
ou méthodologique. En effet, la production des services intensifs en connaissance est caractérisée par des relations multilatérales et/ou transversales, interactives et durables.
Dans les services non informationnels comme le TRM, si la
proximité physique a toujours dominé, on peut penser que l’adoption et la diffusion des TIC dans ce secteur ont conduit à
deux nouveaux « besoins » de proximité : géographique et
organisationnelle. Le besoin de proximité organisationnelle
exprimé dans ce secteur est toutefois différent de celui rencontré dans les services informationnels.
Une typologie des services par type de proximité
Pour appréhender l’importance de la proximité, il nous
semble utile de revenir sur les différentes opérations réalisées
par les activités de services et analysées dans la première
partie. Rappelons que nous avons mis en évidence quatre types
d’opérations :
- des opérations de logistique matérielles (M) ;
- des opérations de logistique et de traitement de l’information (I) ;
- des opérations de services en contact ou relationnelle (R) ;
- des opérations de traitement de la connaissance ou méthodologique (C).
Nous avons défini dans la première partie les services
informationnels et non informationnels. Nous avons plus particulièrement mis en évidence la montée en complexité de la
deuxième catégorie de services à travers l’adoption des technologies de l’information. Cette montée en complexité s’est traduite par l’apparition de nouvelles opérations telles que (I), (R)
et dans une moindre mesure (C). Ce qui nous conduit à dégager
une typologie des services non informationnels et des proximités avant et après l’introduction des technologies de l’information.
Avant l’introduction des technologies de l’information et de
la communication, la proximité physique dominait et dans une
certaine mesure la proximité géographique pour les opérations
de traitement de l’information dans les services non informationnels comme le nettoyage ou plus encore le transport routier
de marchandises.
… de logistique et de
logistique matérielles traitement de
(M) l’information (I)
Proximité physique Très importante -
Proximité géographique Faible
Proximité organisationnelle nulle nulle
Le produit des services non informationnels s’est enrichi de nouvelles composantes I et surtout (R) et (C). Nous avons vu
dans la première partie, que pour le transport routier de
marchandise
[7], l’opération (I) était celle qui prenait une part
importante dans le produit comme l’illustre le tableau 4.
Tableau 4
Degré d’importance des proximités en fonction des
opérations réalisées par les services non informationnels
Tableau 4 : Degré d’importance des proximités en fonction des
opérations réalisées par les services non informationnels
aprés l’introduction des (M) (I) (R) (C)
TIC
Proximité physique Très - -
importante
Proximité géographique Faible Très importante -
importante
Proximité organisationnelle Nulle Peu importante -
importante
Pour les services informationnels dont la fonction a été
rappelée dans la première partie, on peut penser que les TIC
ont favorisé le besoin de proximité géographique. Les TIC ont
permis aux entreprises de services intensifs en connaissance de
faire des choix ou de développer des stratégies de localisation.
Les opérations de logistique matérielle, par exemple, se sont
fortement développées avec l’aide des TIC et, peuvent être
localisées à moindre coût sur tout le territoire. En revanche, les
TIC n’ont joué aucun rôle dans le choix de la localisation des
opérations (I) et surtout R et C par les entreprises de services.
D’autres facteurs semblent jouer un rôle plus important dans le
choix de l’organisation spatiale des différentes opérations
comme l’environnement scientifique, la taille des entreprises
clientes, la localisation des sièges sociaux, les actifs complémentaires, etc.
En conlusion, on peut dire que la mesure de l’impact des
TIC sur l’organisation spatiale des activités de services n’est
pas facile. En effet, bien que les TIC offrent de manière
générale aux firmes, la possibilité de recomposer leur territoire
(cf. Duval et Jacot, 2000), il semble que pour les entreprises de
services, cette possibilité soit loin d’être suffisante. L’explication se situe en partie dans les spécificités des services
(dimension immatérielle, co-production, co-participation, etc.).
Par ailleurs, les effets des technologies de l’information peuvent être analysés à plusieurs niveaux : sur la nature du produit,
sur la production du service, sur l’organisation et enfin sur la
localisation. Les effets produits par les TIC sont sensiblement
différents dans les services informationnels et dans les services
non informationnels. Par ailleurs, il en est de même au niveau
des rôles joués par les différentes proximités. On peut sur la
base de notre analyse penser que plus il y a montée en
complexité du produit, plus la proximité organisationnelle joue
un rôle important dans la production du service.
·
BARRAS R. (1990), Interactive Innovation in Financial and Business
Services. The Vanguard of the Service Revolution, Research Policy, 19,
p.215-237.
·
BELLET M., KIRAT T. (1998), La proximité, entre espace et coordination,
in Bellet, Kirat, Largeron, Approches multiformes de la proximité. Hermès,
chapitre 1, p.23-40.
·
BIENCOURT O., FAVEREAU O., EYMARD-DUVERNAY F. (1990),
Concurrence par la qualité et viabilité d’un marché. Le cas du transport
routier de marchandises, FORUM Université Paris X, rapport pour le
Commissariat Général au Plan, novembre, 39 p. + annexes.
·
BROUSSEAU E., RALLET A. (1997), Le rôle des technologies de l’information et de la communication dans les changements organisationnels, in
GUILHON B., HUARD P., ORILLARD M., ZIMMERMANN J-B. (éd.),
Economie de la connaissance et organisations. Paris, L’Harmattan, p. 286-309.
·
BURMEISTER A. (1999), Means of Interorganisational Co-ordination of
Production : the Role of Transport and Telecommunication, Rivista
Geografica Italiana 3-4.
·
BURMEISTER A. (2000), Juste-à-temps, stratégies logistiques et rôle du
transport, Cahiers Scientifiques du Transport n°38, p.45-62.
·
CAPELLO R., NIJKAMP P. (1996), Telecommunications technologies and
regional development : theoretical considerations and empirical evidence,
Annals of Regional Science Vol. 30 no. 1, p.7-30.
·
CHOLEZ C. (2001), Une culture de la mobilité, Trajectoire et rôles
professionnels des chauffeurs-livreurs de messagerie et fret-express. Tours,
Thèse de sociologie, sous la direction de CAPRON J. et BOURDARIAS F.,
702 p.
Commissariat Général du Plan (1999), Technologies de l’information,
organisation et performances économiques. Rapport du groupe de travail
présidé par E. Brousseau et A. Rallet, 368 p.
·
DIBIAGGIO Ludovic (1999), Apprentissage, coordination et organisation de
l’industrie. Une perspective cognitive, Revue d’Economie Industrielle n° 88,
2ième trimestre, p.111-136.
·
DJELLAL F (2000), La montée en puissance des technologies de l’information dans « les services non informationnels », Economie et Sociétés série
EGS, juin.
·
DJELLAL F. (2001), La diversité des trajectoires d’innovation dans le
transport routier de marchandises, Revue Française de Gestion, n° 30, avrilmaijuin.
·
DJELLAL F. (2002), Innovation trajectoires and employment in the clearing
industry, New technology, Work, and Employment, Vol 17, n° 2, Juillet.
·
DJELLAL F. (1995), Changement Technique et conseil en technologie de
l’information, L’Harmattan, collection Logiques Economiques.
·
DJELLAL F. (1998a), Innovation in the french contract cleaning industry, in
Djellal F., Gallouj F et C.
·
DUVAL G, JACOT. H., (2000), Le travail dans la société de l’information,
paradoxes et enjeux des nouvelles technologies d’information et de
communication, Editions Liaisons.
·
GADREY J. (1991), Le service n’est pas un produit : quelques implications
pour l’analyse économique et pour la gestion, Politiques et Management
Public, vol. 9, n°1.
·
GALLOUJ C., GALLOUJ F. (1996), L’innovation dans les services,
Economica.
·
GALLOUJ F. (1998), Les trajectoires de l’innovation dans les services : vers
un enrichissement des taxonomies évolutionnistes, Colloque de l’IRIS,
décembre, Paris.
·
GILLY J-P., TORRE A. (sous la dir. de) (2000), Dynamiques de proximité,
L’Harmattan, 301 p.
·
GRABHER G. (1993), Rediscovering the social in the economics of interfirm relations, in GRABHER G. (ed.), The Embedded Firm. On the Socio-economics of Industrial Networks. London : Routledge, p.1-29.
·
GROSSETTI M., BES M-P. (2000), Organisations et individus en
interaction : une étude de cas sur les coopérations entre entreprises et
laboratoires de recherche. 5th Workshop on Economics with Heterogeneous
Interacting Agents (WEHIA), 15-17 juin, Marseille, 18 p.
·
JAEGER C., ABECASSIS C., CABY L. (2000), Technologies d’information
et modes de coordination : l’exemple de la filière habillement en France et
aux U.S., Séminaire CNET “Internet et l’entreprise”, Issy-les-Moulineaux,
May 12th, 2000.
·
LEFEBVRE L. (2002), Les déterminants de productivité dans le transport
routier de marchandises. Thèse de sciences économiques, Université Lille I
et INRETS-TRACES, à paraître, 345 p.
·
LUNG Y. (coord.) (1997), Organisation spatiale et coordination des activités
d’innovation. Rapport de recherche pour le Commissariat Général au Plan,
IERSO / Université Bordeaux IV.
·
MANGOLTE P.A. (1997), La dynamique des connaissances tacites et
articulées : une approche socio-cognitive, Economie Appliquée tome L n°2,
p.105-134.
·
MASSARD N. (2001), Externalités de connaissances et géographie de
l’innovation : les enseignements des études empiriques, CREUSET, Université Jean Monnet, Saint-Etienne, 23 p.
·
MOATI P., MOUHOUD El M. (1992), Les transports et les télécommunications dans l’arbitrage entre modes d’organisation de la production,
Rapport de recherche pour le PREDIT, CREDOC, décembre, 168 p.
·
RALLET A. (2001), L’économie de proximités, Cahiers d’Economie et de
Sociologie Rurales.
·
RALLET A., TORRE A., (2001), Proximité géographique ou proximité
organisationnelle ? Une analyse spatiale des coopérations technologiques
dans les réseaux localisés d’innovation, Economie Appliquée, n°1, tome LIV.
·
SALAIS R., STORPER M. (1993), Les mondes de production. Enquête sur
l’identité économique de la France, Editions de l’EHESS, Paris, 467 p.
·
STANK Theodore P., CRUM Michael R. (1997), Just-in-time management
and transportation service performance in a cross-border setting, Transportation Journal vol. 36 n° 3, p. 31-42.
·
THEVENOT L., CONEIN B. (1998), Connaissances ou informations ? Débats et rapprochements entre sociologie et sciences cognitives, La Lettre du
CEE n° 53, juin.
·
WILLIAMSON O.E. (2000), The New Institutional Economics : Taking
Stock, Looking Ahead, Journal of Economic Literature vol. XXXVIII
(september), p. 595-613.
·
ZUMKELLER D. (1997), Sind Telekommunikation und Verkehr voneinander abhängig ? Ein integrierter Raumüberwindungskontext, Internationales Verkehrswesen (Hamburg), vol. 49, n°1-2, p.16-21.
[1]
cf. Djellal (2000).
[2]
Une entreprise de propreté a développé un nouveau service-d’assistance
pour l’aéroport de Roissy où elle intervenait dans le cadre de prestations
traditionnelles de nettoyage. Il s’agit d’un service d’assistance aux personnes
blessées et rapatriées.
[3]
L’italique est de notre fait.
[4]
Qui appartiennent à la catégorie des services informationnels.
[5]
Qui appartient à la catégorie des services non informationnels
[6]
Voire d’industrialisation du service.
[7]
Ces résultats sont essentiellement valables pour les entreprises de grande
taille et peu applicables aux entreprises de transport de tradition familiale et
artisanale, souvent de très petite taille.