Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
270 pages

p. 9 à 30
doi: 10.3917/inno.023.0009

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no 23 2006/1

La pensée de l’économie chez Galbraith

Marlyse Pouchol
Galbraith décrit une sorte de processus d’excroissance de l’économie se réalisant par l’intermédiaire des grandes entreprises qui réussissent de plus en plus à imposer leurs valeurs à l’ensemble de la société, aux individus comme à l’État. Il dénonce une « science économique officielle » qui ne prend pas la mesure du changement introduit par ces « organisations » en persistant à croire qu’elles sont soumises au règne du consommateur de la même manière que les petites entreprises patronales d’hier et d’aujourd’hui. Pour autant, la source et la nature du pouvoir exercé par les grandes entreprises ne correspondent pas à celles qui peuvent être envisagées dans le cadre d’une analyse marxiste. La résistance à l’emprise des firmes suppose de prendre conscience que leur pouvoir est fondé sur le conditionnement des individus et que celui-ci est d’autant plus effectif qu’il y a, par ailleurs, disparition d’une réflexion authentique. L’excroissance de l’économie concomitante d’une dépréciation de l’activité de penser qui caractérisent la nouveauté décrite par Galbraith est à rapprocher de la « Condition de l’homme moderne » analysée par Hannah Arendt. Galbraith describes a kind of outgrowth of the economy taking place through the large corporations, which managed to impose their values on the whole society and on both individuals and the State. He denounces an “official economic science” which does not appreciate the real change introduced by these “organisations” while it continues to believe that they are subordinated to the sovereign consumer, as used to be – and still is – the case with the small owner-managed companies. However, the source and the nature of the power wielded by large companies do not correspond to those envisaged in the Marxist approach. To resist to the grip of large companies one needs to acknowledge that their power is based on the conditioning of individuals, which is more effective when authentic thinking is dead. The outgrowth of the economy together with the depreciation of the thinking activity, which characterise the novelty described by Galbraith can be compared to “The Human Condition” in the modern world as analysed by Hannah Arendt.
• L’ÉCONOMIE ENVAHISSANTE
• LA MISE EN CAUSE DE « L’ÉCONOMIE OFFICIELLE »
• RÉSISTER À LA CULTURE DE L’ORGANISATION


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