Innovations
De Boeck Université

I.S.B.N.sans
290 pages

p. 7 à 8
doi: 10.3917/inno.024.0007

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no 24 2006/2

2006 INNOVATIONS

Éditorial

Marché, entreprises, institutions... innover pour lancer ou entretenir la croissance. Croissance de la capacité à produire, croissance de la production, croissance des richesses monétaires (ou non)... L’activité économique est, pourtant, remise en question et renouvelée régulièrement par l’innovation technologique, économique et sociale : nouvelles marchandises, nouvelles activités, mais aussi nouvelles entreprises et nouveaux modes d’organisation. Dans les économies contemporaines, la concurrence, devenue mondiale, explique la priorité donnée par les entreprises et par les gouvernements à la connaissance, à la science et à la technologie. Les grandes entreprises deviennent des pôles de déploiement de réseaux technologiques, financiers et commerciaux et imposent leurs productions au monde entier. Elles mettent en œuvre des stratégies d’innovation permanente pour consolider leur place sur les marchés internationaux et, en même temps, pour assurer leur pérennité. La puissance innovatrice d’une entreprise dépend, de son coté, de l’acquisition constante d’une large gamme de compétences et de connaissances. Les entreprises investissent, donc, dans les pays ou les régions riches en capital humain et en ressources scientifiques et techniques.
A l’autre bout de la chaîne des valeurs, la mondialité des normes d’accumulation est contrebalancée par la réinvention du « local », du particulier, du marginal... Dans les pays en développement, le Développement est capté par des sociétés auto-organisées lesquelles, produisant des innovations vitales pour leur reproduction, sont potentiellement des boîtes à idées (des sortes de boîtes de Pandore). Au moment venu, des idées, des schémas ou des figures qui sortent de ces boîtes ouvertes sont appropriées par l’économie officielle pour se transformer en actes d’innovation et en normes de mondialisation. D’autres idées, schémas ou figures alimenteront les risques, les dangers pour le « global business ».
L’objet de ce numéro de la revue Innovations, Cahiers d’économie de l’innovation est de présenter au lecteur quelques-unes parmi les principales interrogations actuelles des universitaires dans le large domaine de l’économie de la croissance et du développement dans un contexte ouvert à la concurrence et aux flux de marchandises et de capitaux. Les auteurs soulignent, d’une part, l’importance de l’action publique dans l’organisation des processus d’innovation et des marchés pour aider les entreprises à innover ou pour attirer celles qui innovent. Mais, d’un autre côté, la dynamique sociale d’innovation est tributaire d’un ensemble de pratiques inédites aux yeux de la science académique. Au Nord comme au Sud la croissance et le développement obéissent à une même logique : création de normes d’accumulation / création de marges d’appropriation…
Ce numéro contient aussi une recherche originale qui révolutionne le débat – très ancien – sur le passage des valeurs aux prix dans la théorie de Marx.
En outre, dans la seconde partie de ce numéro et sur le plan méthodologique, la modélisation systémique est présentée comme un outil d’analyse économique. Une approche innovante qui prolonge la refléxion sur la contribution des modèles mathématiques au développement de la science économique.
Enfin, l’entrepreneur étant une catégorie économique qui a depuis longtemps suscité la curiosité des chercheurs, la recherche à ce sujet a pris d’importantes dimensions, même dans les pays francophones. L’étude bibliométrique presentée dans ce numéro montre les apports et les limites de la recherche sur l’économie de l’entrepreneur.
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