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2017/1 (n° 52)


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Flora Bellone, Raphaël Chiappini, 2016, La compétitivité des pays, Repères, Paris, La Découverte, 128 p.

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Alors que la compétitivité s’impose comme un objectif prioritaire de politique économique, il n’existe toujours pas, dans la sphère économique, de consensus établi quant à sa définition. Cet ouvrage présente les grands débats autour de la notion de compétitivité nationale et en propose une définition précise, fondée sur l’évaluation des gains à l’ouverture internationale pour un pays. À partir d’un cadrage théorique, riche et actuel, des effets de l’ouverture internationale sur la richesse des pays et d’une revue de différents indicateurs dits de compétitivité, l’ouvrage répond à plusieurs questions incontournables : pourquoi la compétitivité d’un pays doit-elle être différenciée de celle de ses entreprises et de celle de ses régions ? Pour quelles raisons un pays peut-il être à la fois plus productif et moins compétitif qu’un autre ? Pourquoi la mesure de la compétitivité nationale doit-elle aller au-delà du seul critère des performances à l’exportation ? Dans le contexte actuel de mondialisation, comment le gouvernement d’un pays doit-il penser sa politique de compétitivité ? Livre intéressant pour étudiants de licence en économie et management. Mais, la question des fondements théoriques et factuels de la « compétitivité structurelle » n’y sont pas vraiment présentés, ni discutés.

Laurent Chapelon (dir.), 2016, Transports et intermodalité, Sciences, société et nouvelles technologies, Londres, ISTE Ed., Paris, Éditions Humaines, 326 p.

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L’intermodalité est aujourd’hui au centre d’une nouvelle géographie des transports, non plus sectorielle mais globale, associant l’ensemble des modes et des échelles spatiales et temporelles dans un système unique intégré. Vecteur de nombreuses innovations, elle constitue une clé de compréhension incontournable du système de transport actuel et du fonctionnement des territoires qu’il dessert. Cet ouvrage présente les politiques innovantes en matière de transport et étudie leurs influences sur les déplacements de voyageurs et de marchandises, mais aussi sur les consommations d’énergies non renouvelables. Il aborde les conséquences de la mise en place de ces nouvelles modalités de circulation selon trois axes thématiques : la durabilité du système de transport, l’accessibilité des territoires et les échanges de personnes ou de biens. L’offre intermodale doit s’adapter aux nouvelles pratiques de transport nées de l’évolution conjointe des contextes économique, écologique et politique. L’analyse de la mécanique de cette interaction permet de s’interroger sur les rôles respectifs des acteurs institutionnels et financiers dans sa valorisation.

Vincent Boly, Mauricio Camargo, Laure Morel, 2016, Ingénierie de l’innovation (3e éd.), Paris, Lavoisier, 288 p.

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Le challenge que représente l’innovation est en perpétuelle évolution. Les entreprises mettent en place de nouvelles pratiques, les chercheurs proposent des théories originales et des méthodologies de management plus performantes, tandis que, de leur côté, les institutions restructurent leur dispositif d’accompagnement du développement économique. Cette nouvelle édition du livre Ingénierie de l’innovation est donc très largement remaniée et enrichie. L’ouvrage expose tout d’abord comment organiser une entreprise pour accroître sa capacité à innover en se fondant sur des techniques d’audit et d’évaluation très récentes. Il détaille l’open innovation et toutes les formes de partenariats possibles. Enfin, il aborde tout ce que doit savoir un chef de projet pour préparer, piloter et mener à bien ces projets si particuliers que sont les projets innovants. Adapté à l’innovation de produit, de procédé, de service et d’organisation, ce livre permet également de mieux maîtriser les nouvelles normes européennes ISO et les guides de recommandations nationaux en matière de management de l’innovation.

François Meyssonnier, Frantz Rowe (dir.), 2016, Organisation, information et performance. Les processus opérationnels au cœur de la gestion des entreprises, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 266 p.

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Comment comprendre les évolutions actuelles des entreprises et les modifications en cours qui les accompagnent en matière de logistique, de systèmes d’information et de pilotage de la performance ? Cet ouvrage aborde cette question en étudiant les métamorphoses de la chaîne de valeur, les outils et les méthodes d’évaluation de la performance, les impacts des normes et des nouvelles technologies, une analyse des opérations, des relations et des situations de gestion dans plusieurs secteurs ainsi que la finalisation financière et sociétale de la gestion des entreprises au regard des enjeux contemporains de gouvernance et de durabilité des entreprises. La première partie traite les changements organisationnels qui paraissent majeurs et offrent un caractère transversal. Les auteurs posent la question de la nature ou du degré de changement lorsque le contexte devient inter-organisationnel. Dans une deuxième partie, « les évolutions de la modélisation de la gestion de l’entreprise » sont abordées. Les auteurs étudient ces évolutions dans le temps long de l’histoire en nous centrant d’abord sur les calculs de coûts. Ainsi les évolutions apparaissent à la fois fortes, susceptibles d’adaptation aux besoins des utilisateurs, mais aussi encore limitées face à la nécessité d’intégrer des mesures de performance touchant les aspects humains et sociétaux comme le respect de l’environnement ou la santé au travail.

Émilie Bourdu, Marie-Madeleine Pérétié, Martin Richer, 2016, La qualité de vie au travail : un levier de compétitivité, Paris, Presses des Mines, 192 p.

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La rapidité des changements en cours : robotisation, numérique, innovations technologiques… et la nécessité de monter en gamme conduisent les entreprises à faire évoluer leur organisation du travail. Dans ce contexte, la qualité de vie au travail (QVT) détermine plus que jamais leur capacité à créer de la valeur. Un aspect essentiel de la QVT est la possibilité donnée à chacun de s’exprimer et d’agir sur son travail. C’est ce qui ressort des nombreux travaux scientifiques et d’une dizaine de témoignages d’entreprises industrielles et du numérique analysés dans cette étude. L’autonomie est également centrale dans les formes d’organisation du travail « émergentes » qui y sont décrites – lean management, entreprise libérée, entreprise responsable et organisation responsabilisante. Les entreprises françaises ont besoin de progresser pour parvenir au niveau de leurs meilleures homologues européennes en matière d’autonomie et de responsabilisation des salariés. L’engagement et la motivation de ces derniers en dépendent. Cette étude encourage ainsi les dirigeants d’entreprises et de structures publiques à s’engager dans ces domaines et leur donne des pistes pour l’action.

Doris Bonnet, Véronique Duchesne (dir.), 2016, Procréation médicale et mondialisation. Expériences africaines, Anthropologies & Médecines, Paris, L’Harmattan, 250 p.

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Cet ouvrage analyse la portée de l’émergence de la procréation médicale en Afrique subsaharienne. Le contexte dans lequel elle a émergé, les populations et les conditions d’accès. La stigmatisation sociale liée à l’infertilité a poussé des couples à recourir à la fécondation assistée mais les inégalités sociales ont réduit cet accès aux classes moyennes. La procréation médicale est une nouvelle façon de faire des enfants et donc de faire des parents. Elle révèle l’émergence de l’idée d’un enfant du couple et non plus seulement d’un enfant du lignage. Elle répond à des objectifs thérapeutiques, mais elle est aussi emblématique d’un contexte africain urbain contemporain en forte évolution. Introduites en Afrique subsaharienne à partir des années 1980-1990, les technologies de la reproduction y sont encore largement méconnues. Leur émergence est intervenue dans un contexte sanitaire où l’offre de soins en santé de la reproduction est largement insuffisante. Face à la stigmatisation sociale et aux pressions familiales (risques de répudiation, divorce, polygamie), des couples inféconds se tournent, souvent à l’insu de la famille et de l’entourage, vers la fécondation in vitro au sein de cliniques privées de métropoles africaines. D’autres décident de partir à l’étranger, vers un pays voisin ou sur un autre continent, sur recommandation médicale ou par souci de confidentialité. Dans ce contexte, l’assistance médicale à la procréation reste porteuse de profondes inégalités, puisque uniquement accessible aux classes moyennes. Mais il n’est pas rare que des couples peu fortunés en viennent à vendre des biens et à recourir à des prêts pour le paiement d’une fécondation in vitro. Certes, cette dernière répond à des objectifs thérapeutiques, mais elle est aussi emblématique d’un contexte africain urbain contemporain où mariage, sexualité, engendrement et parentalité peuvent être dissociés.

René Longet, 2016, Planète, sauvetage en cours. Une responsabilité collective, Le savoir suisse, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 144 p.

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L’auteur pense que le terme « développement durable » est utilisé parfois sans véritable sens et, dirait-on, par souci de… spéculation intellectuelle. Il regrette que, parfois sans aller au fond des choses, le « développement durable » se réduit alors à une vague conciliation entre écologie, économie et social. L’ouvrage, très bien documenté et bien écrit, conceptualise le « développement durable » en recourant à une approche pluridisciplinaire. Pour l’auteur, en réalité, ce concept validé au plan international s’appuie sur des engagements précis. Dès les années 1970 est apparue l’exigence environnementale, nous rappelant les limites des capacités de production et d’absorption des systèmes naturels. Dès lors, la notion de développement durable exprime la nécessité d’une réorientation. Il s’agit d’une gestion prudente et équitable des ressources du monde, remettant au centre du débat notre capacité à maîtriser nos propres créations : technique, économie, processus décisionnaires… et à réinventer l’idée de progrès, à redonner sens aux choses. Ce livre aborde, à l’aide de sources philosophiques et politiques, tant gouvernementales qu’associatives, les pratiques du développement durable, et en éclaire les acquis ainsi que les difficultés de sa mise en œuvre individuelle et collective.

Pietro Verri, 2015, Méditations sur l’économie politique, édition d’André Tiran, Ecrits sur l’économie, Paris, Classiques Garnier [première édition en italien 1771, en français en 1773], 441 p.

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La réédition en 2015 de l’une des œuvres les plus importantes des économistes du siècle des Lumières (avec celles de François Quesnay, Adam Smith et James Steuart) doit être saluée pendant une période, ce début de 21e siècle, qui au contraire semble très obscure pour de multiples raisons. Mais, notre objectif n’est pas de faire une comparaison entre les deux périodes, tant l’entreprise nous semble à la fois risquée et sans grand intérêt. Soulignons cependant que ce travail de réédition a nécessité la mobilisation d’une équipe de spécialistes de la civilisation italienne et de l’économie : outre André Tiran déjà cité, Pier Luigi Porta, Anne Machet, Frédéric Manche et Maria Vitali-Volant. Cette édition contient le texte en italien et en français, il est aussi précédé par une longue introduction qui permet de placer l’œuvre dans son contexte historique et intellectuel. Si le 18e siècle est marqué par l’éclosion d’idées nouvelles, d’un autre côté, les forces de résistance sont très fortes, et elles n’impliquent pas seulement l’auteur d’un ouvrage qui risque la prison (et parfois bien davantage), mais également toute la filière de l’édition, de l’éditeur, à l’imprimeur en passant par le libraire. Si l’ouvrage est en effet censuré (venant tant du pouvoir royal, que de l’Église) des pertes financières (outre la perte de liberté) sont inévitables. Méditations sur l’économie politique a été écrit par l’économiste, philosophe et haut fonctionnaire italien, Pietro Verri (1728-1797). L’ouvrage a été publié en 1771 et a très rapidement traduit en français. Verri y expose une analyse libérale de l’économie à un moment où la société (en Italie comme en France) était dominée par une classe de propriétaires terriens qui contrôlaient l’activité économique. L’ouvrage est ainsi, comme le souligne A. Tiran, à la fois un ouvrage de théorie économique et un outil de combat politique. De nombreux sujets y sont abordés : le rôle de l’agriculture dans le développement économique, la liberté du commerce, la politique fiscale et le rôle de l’État. La plume de Verri est virulente et prompte à condamner les privilèges de toutes natures. Face aux manufactures qui contrôlent de grandes parts de marchés, il défend l’État, dépossédé de moyens d’intervention en termes de politique économique. Il défend ainsi la concurrence contre les monopoles, mais aussi les consommateurs : « chaque opération qui tend directement à diminuer le nombre des acheteurs produit une diminution du prix éphémère, dont les effets sont le plus souvent dommageables pour la société, parce que la diminution des acheteurs amène bien vite avec elle la diminution des vendeurs et ainsi, au lieu d’augmenter le mouvement interne de la société, une partie reste à l’écart et inerte et la reproduction annuelle diminue d’autant » (pp. 235-237). Verri souligne également les conséquences de la distribution inégale des richesses : « nous voyons en effet que dans les pays où la disproportion des richesses nous montre le pitoyable contraste d’une plèbe nue et affamée qui depuis la rue admire et envie le faste orgueilleux d’un petit nombre de gens très riches qui regorgent d’aisance et de richesses, dans ces pays les vendeurs de toute espèce de marchandises, soit du pays, soit étrangère, sont en tout petit nombre » (p. 203). En d’autres termes, l’activité économique régresse, si les disparités de richesses sont très importantes. Quelles conclusions peut-on en tirer à l’heure où 1 % de la population mondiale possède plus que les 99 % restants. Mais, nous avions écrit plus haut que notre objet n’était pas de nous lancer dans une comparaison entre le 18e et le 21e siècle…

Titres recensés

  1. Flora Bellone, Raphaël Chiappini, 2016, La compétitivité des pays, Repères, Paris, La Découverte, 128 p.
  2. Laurent Chapelon (dir.), 2016, Transports et intermodalité, Sciences, société et nouvelles technologies, Londres, ISTE Ed., Paris, Éditions Humaines, 326 p.
  3. Vincent Boly, Mauricio Camargo, Laure Morel, 2016, Ingénierie de l’innovation (3e éd.), Paris, Lavoisier, 288 p.
  4. François Meyssonnier, Frantz Rowe (dir.), 2016, Organisation, information et performance. Les processus opérationnels au cœur de la gestion des entreprises, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 266 p.
  5. Émilie Bourdu, Marie-Madeleine Pérétié, Martin Richer, 2016, La qualité de vie au travail : un levier de compétitivité, Paris, Presses des Mines, 192 p.
  6. Doris Bonnet, Véronique Duchesne (dir.), 2016, Procréation médicale et mondialisation. Expériences africaines, Anthropologies & Médecines, Paris, L’Harmattan, 250 p.
  7. René Longet, 2016, Planète, sauvetage en cours. Une responsabilité collective, Le savoir suisse, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 144 p.
  8. Pietro Verri, 2015, Méditations sur l’économie politique, édition d’André Tiran, Ecrits sur l’économie, Paris, Classiques Garnier [première édition en italien 1771, en français en 1773], 441 p.

Pour citer cet article

« Sélection », Innovations, 1/2017 (n° 52), p. 241-245.

URL : http://www.cairn.info/revue-innovations-2017-1-page-241.htm
DOI : 10.3917/inno.052.0241


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