2002
Revue Internationale de Droit Economique
Commentaire
Des échanges internationaux à la globalisation de la production et la concurrence des systèmes
Hanns Ullrich
[*]
Puisque Laurence Idot nous a présenté un rapport complet sur les problèmes du
contrôle des concentrations d’entreprises à l’ère de la globalisation, et puisque nous
sommes encore tout au début de nos débats, je me permettrai d’abuser de ma position
de discutant privilégié suppléant pour donner quelques indications, d’ailleurs tout à
fait rudimentaires, sur la réalité de ce que nous appelons « la mondialisation ». Étant
juriste, je le fais avec beaucoup d’hésitations et dans le seul but de mieux situer nos
discussions dans leur contexte factuel.
2 La mondialisation économique
« La mondialisation du droit économique » ne peut être appréciée sans préciser
l’idée, ne fût-ce qu’en termes simples, que l’on se fait du phénomène de la
globalisation de l’économie. Cependant, même en sciences économiques, le phénomène semble être controversé quant à sa nature et son étendue car il en existe des
conceptions maximalistes et des conceptions minimalistes
[1]. Il faut donc s’en approcher dans un esprit de différenciation.
Cette prudence d’approche est d’autant plus justifiée que la globalisation
économique n’est pas simplement un phénomène d’extension géographique des
activités économiques, mais également de changement de qualité des activités
économiques – la rapidité révolutionnaire du progrès technique, l’importance
croissante du secteur des prestations de services immatériels, etc. – ou de changement
de leur environnement matériel – les télécommunications modernes, les moyens de
transport accéléré, etc. Ces changements, surtout l’avènement de la société dite
d’information, constituent à la fois des causes et des caractéristiques de la
globalisation économique. Ils mériteraient tous d’être analysés en tant que tels, mais
ils n’ont d’intérêt ici que dans la mesure où ils ont contribué à la transition d’une
économie internationale classique fondée sur l’échange de produits et services entre
marchés territorialement séparés, vers une économie proprement mondialiste, à
savoir une économie internationale fondée non seulement sur une division internationale du travail qui s’exprime par les échanges de produits, mais également sur
« l’internationalisation » des facteurs mêmes de la production de biens et de la
prestation de services
[2].
2.1 Aspects quantitatifs de la mondialisation économique
En fait, mesurée en termes d’échanges internationaux, la globalisation semble être un
phénomène quantitativement limité. C’est ainsi que, en ce qui concerne les pays
impliqués, presque 80 % des échanges internationaux de l’Allemagne se font avec les
États membres de l’UE, les États-Unis et le Japon. De même, les investissements
internationaux allemands se concentrent à plus de 60 % sur sept pays industrialisés,
notamment les États-Unis (24 %, et seulement 3,6 % pour l’Espagne)
[3]. Pour le reste,
les pays de l’Asie du Sud-Ouest et la Chine sont principalement concernés, plus
quelques pays de l’Europe de l’Est, mais peu de pays en voie de développement. Ceci
est un phénomène général : bien qu’il y ait des conjonctures variables en matière
d’investissements directs à l’étranger et bien que le nombre des pays d’origine et des
pays destinataires ait augmenté, en règle générale ce sont les pays de la Triade et de
l’Asie du Sud-Est qui sont à la fois les plus grands investisseurs et les plus grands
destinataires des investissements, les pays en voie de développement ne réalisant pas
plus que de 10 % à 15 % et ne recevant pas plus de 25 % à 35 % suivant la conjoncture
(la Chine étant le plus grand destinataire)
[4].
En outre, bien que l’Allemagne soit un grand pays d’exportation et d’importation, ces échanges ne contribuent au PIB (3449,5 Mrd. DM) que pour 2,8 %. Le
marché national interne reste donc largement prédominant
[5]. Il n’en reste pas moins
vrai que les échanges commerciaux internationaux et les investissements directs à
l’étranger ont augmenté d’une façon considérable pendant les deux dernières
décennies, voire depuis les années soixante, et ils ont augmenté plus vite que le
produit intérieur brut mondial
[6].
2.2 Aspects qualitatifs de la mondialisation économique
Quant à la nature économique de la globalisation, il est également nécessaire de faire
des distinctions. On dit généralement que la globalisation se traduit par une extension
des marchés résultant en des rapports concurrentiels directs entre entreprises qui,
autrefois, étaient séparées et protégées à la fois par une distance géographique et par
les limites territoriales des marchés. Cette extension est une réalité dans la mesure où
les moyens modernes de transport et de télécommunication facilitent les activités
internationales, notamment leur coordination, et permettent d’atteindre des marchés
étrangers à des coûts logistiques concurrentiels. Il est également vrai que, en ce qui
concerne non seulement les échanges, mais aussi les conditions d’accès aux marchés
nationaux relatives à l’investissement direct, à l’établissement d’entreprises et de
filiales, à la mobilité des personnes, etc., la libéralisation du commerce international
a considérablement ouvert ces marchés à la concurrence internationale. Mais ceci ne
veut pas nécessairement dire que tous les marchés se sont étendus géographiquement
ou qu’ils se sont étendus pour tous les acteurs, ni qu’il y ait eu une soi-disant
« déterritorialisation » des activités économiques.
Bien sûr, il y a des marchés qui, par leur nature, ont une dimension internationale
ou même globale – l’aéronautique, les satellites, les transports transocéans, etc. Mais
une véritable déterritorialisation des activités économiques entraînant une
« globalisation » géographique des marchés me semble plutôt être limitée à ce
secteur économique de la société d’information qui est le commerce électronique,
c’est-à-dire les prestations de services immatériels via l’Internet. La plupart des
autres activités économiques (hors le secteur financier), y compris les services
immatériels, tels la production de logiciel, me semblent être caractérisées par les deux
autres phénomènes suivants.
2.2.1 La fragmentation internationale de la production
La première caractéristique est assez nette : entre 30 % et 40 % des échanges
internationaux ne se font pas entre entreprises économiquement indépendantes, mais
entre les membres d’un même groupe (intra-firm rather than interfirm trade)
[7]. Ceci
correspond, d’un côté, au taux élevé des investissements directs à l’étranger, et, de
l’autre côté, au fait qu’environ 50 % des échanges internationaux concernent des
produits non finis
[8], ce taux si élevé étant dû aux échanges faits non seulement « intrafirms », mais encore entre entreprises liées par des rapports de coopération (qui, eux,
sont une autre caractéristique de la globalisation
[9]). Les économistes parlent d’un
phénomène de fragmentation et de spécialisation verticale du commerce international, en ce sens que la chaîne de valeur ajoutée n’est plus nouée à l’intérieur d’un
marché, mais s’étend à travers plusieurs marchés nationaux. Tout cela signifie, en
effet, que d’un côté, les échanges en question se font pour ainsi dire « hors marché »
et plus ou moins « hors concurrence », et que de l’autre, les marchés nationaux restent
très importants non seulement en tant que tels, mais aussi dans leur diversité. En effet,
c’est uniquement à cause des différences existant sur les marchés nationaux ou
régionaux, notamment les différences de coût (coût du travail, du financement, de
l’infrastructure, du niveau d’éducation, etc.) que les entreprises ont intérêt à « aller
international » et à établir cette fragmentation.
En plus, cette spécialisation verticale explique le rôle prépondérant que jouent
les entreprises multinationales dans la globalisation à la fois en tant que moteurs et
en tant que bénéficiaires de la globalisation. En fait, pour les grands pays industrialisés, principaux intéressés par la globalisation, les 25 plus grands investisseurs
couvrent, en moyenne, la moitié de tous les investissements à l’étranger de chacun
de ces pays
[10]. On les nomme toujours multinationales, mais c’est une caractérisation
juridique. Économiquement, ce sont plutôt des entreprises supra-territoriales, car
elles cherchent à exploiter les disparités existant entre plusieurs marchés territoriaux
pour offrir sur un plan global des produits finis qui, quant à eux, sont également
souvent différenciés suivant les marchés.
2.2.2 L’impact de la mondialisation sur les marchés nationaux intérieurs
Les investissements directs à l’étranger reflètent une autre caractéristique de la
globalisation économique qui est de nature plus générale. À la différence de l’internationalisation des marchés par les échanges commerciaux, la globalisation est
caractérisée non seulement par l’ouverture des marchés nationaux aux produits
étrangers, mais aussi par leur ouverture aux producteurs étrangers. En fait, le montant
des ventes des filiales internationales sur les marchés nationaux et internationaux
était de l’ordre de 11 trillions $ en 1998 alors que le montant des exportations globales
atteignait à peine 7 trillions $
[11]. Cette ouverture des marchés nationaux est le fait
d’une libéralisation des conditions d’accès qui ne concerne pas seulement la
production globale fragmentée, mais également l’approvisionnement direct des
marchés nationaux par la production sur place et la prestation sur place de services,
y compris dans les secteurs libéralisés (télécommunications, énergie, transports,
etc.).
Ce passage de l’internationalisation du commerce à la globalisation de la
production, de l’accord GATT aux accords TRIMS et GATS, paraît être plus
prononcé pour le facteur capital que pour le facteur travail. Mais cette globalisation
des facteurs de production ne signifie pas nécessairement une transformation des
marchés nationaux en marchés globalisés, c’est-à-dire en une extension géographique des marchés. Elle peut tout aussi bien être limitée à la simple ouverture de
marchés nationaux distincts. En effet, tout comme l’internationalisation du commerce, la globalisation dépend de l’existence de marchés nationaux séparés et divers.
C’est le point de départ de toute la théorie du commerce extérieur, et c’est une réalité
évidente. À l’instar des échanges commerciaux internationaux, la globalisation
économique tend à tirer parti des niveaux de profitabilité différents des marchés
nationaux – c’est la raison d’être de la discrimination par les prix. En plus, la
globalisation cherche à profiter directement des différences de niveau de coût de
production existant sur les différents marchés nationaux (différences de coût des
facteurs – capital et travail –, différences de l’infrastructure, de l’environnement, des
systèmes d’éducation, de la mobilité des personnes, etc.), et également, le cas
échéant, des conditions locales spécifiques caractérisant la nature d’un produit ou
d’un service (produits alimentaires, services touristiques, etc.).
3. La mondialisation du droit économique
3.1 La concurrence des systèmes de régulation
Une caractéristique principale de la globalisation est donc l’exposition des marchés
nationaux ou régionaux dans leur diversité à une concurrence externe qui joue sur
tous les plans de l’économie. Bien sûr, cette diversité n’est pas une constante ; elle
évolue dans la mesure où les marchés nationaux changent du fait de leur dynamisme
propre, du fait du progrès technique, et surtout du fait de la globalisation des facteurs
de production. L’effet combiné de ces pressions sur les marchés nationaux et
régionaux oblige les États à réagir eux-mêmes par une modification correspondante
des conditions régulatrices de la concurrence. C’est là le fondement de la concurrence
dite d’implantation géographique (Standortwettbewerb) et de la concurrence de
régulation ou de systèmes.
Cette concurrence géographique et de régulation produit à son tour un impact sur
les relations concurrentielles entre les acteurs économiques – entreprises et notamment travailleurs – lequel explique peut-être pour une bonne partie la résistance –
quelque fois protectionniste – à la globalisation. En effet, alors qu’autrefois la
concurrence, même celle faite par les produits ou services étrangers importés, se
jouait pour ainsi dire à l’intérieur d’un cadre régulateur relativement stable, établi
pour des marchés territorialement délimités, c’est maintenant ce cadre même de la
concurrence qui devient un facteur décisif de la concurrence. L’entreprise, les
travailleurs doivent réagir à des changements de conditions du marché qui sont hors
de leur influence et portée, et ils doivent agir sur la base de tels changements non
contrôlables. Le cadre de référence pour la concurrence et pour la définition du mérite
dans la concurrence paraît ainsi être bâti sur du sable mouvant. La fragmentation
internationale de la production, qui est due à des conditions de production plus
favorables à l’étranger, signifie que même l’entreprise la plus « efficiente » sur le
marché national peut perdre ses clients (et est obligée de les suivre à l’étranger) ; la
main-d’œuvre interne peut être victime des conditions de travail différentes existant
à l’étranger, et elle ne peut réagir ni à court terme ni simplement en suivant
l’employeur – qui peut-être n’existe même plus – à l’étranger. Bref, la globalisation
aboutit à ce qu’une concurrence systémique et collective est superposée à la
concurrence individuelle.
3.2 Une approche sélective face à un catalogue de problèmes
Bien sûr, la globalisation économique est un problème beaucoup plus complexe que
je ne l’ai décrit. Il faut y ajouter ses dimensions sociopolitiques, son impact sur et sa
dépendance envers le développement économique, les particularités de l’intégration
économique régionale et, surtout, tous les facteurs limitant la globalisation, c’est-à-dire ses coûts d’organisation (ou de transaction de toute sorte) et ses coûts sociaux.
Il m’aurait été impossible de traiter de tous ces problèmes.
Mon propos était simplement de relever quelques caractéristiques qui permettent
d’éviter une approche générale de la globalisation et de définir un peu mieux le
contexte des mots clefs juridiques souvent employés pour caractériser la mondialisation du droit économique, à savoir : l’harmonisation et l’uniformisation des règles
de droit ; les effets extraterritoriaux de l’application du droit national, la
déterritorialisation et l’internationalisation des règles de droit ; l’autorégulation, la
lex mercatoria et le pouvoir économique privé ; la « constitutionnalisation » d’un
ordre économique international, la régulation à niveaux multiples (multilevel
governance) ; la libéralisation de l’ordre économique et l’économisation de la pensée
juridique, etc. Toutes ces notions sont valables, mais elles doivent être liées à
l’analyse de phénomènes spécifiques de la globalisation économique pour prendre
un sens concret, distinct et opérationnel.
C’est dans la perspective d’une telle précision des problèmes que nous avons
choisi une approche sélective et sectorielle de l’examen de la mondialisation du droit.
Nous aimerions établir un état des lieux avant de discuter de l’importance, du
caractère et des effets de la mondialisation. Il sera peut-être utile pour l’analyse de
faire des distinctions tout à fait classiques entre, d’une part, le plan individuel de
l’organisation des acteurs privés de la globalisation, leurs transactions et leurs modes
et instruments d’action, et d’autre part, le plan institutionnel du cadre réglementaire
des marchés et des principes gouvernant l’ordre du marché.
Sur le plan individuel, on pourrait essayer de mieux apprécier les différences
entre l’internationalisation du commerce et la globalisation de la production, de
mieux voir la façon dont les entreprises s’organisent et, en fait, internalisent une
production internationalement fragmentée par la création de filiales nationales et par
des arrangements contractuels de coopération et de l’outsourcing ; on pourrait
chercher à mieux évaluer les raisons d’être d’une lex mercatoria non seulement pour
les échanges commerciaux, mais aussi pour la coordination de la production ; on
comprendrait peut-être mieux la tendance vers une protection de la propriété
intellectuelle à la fois uniforme et territorialement divisée, ou le désir d’un contrôle
centralisé des concentrations d’entreprises qui négligerait les effets territoriaux de
l’opération ; et on expliquerait peut-être l’américanisation du droit économique
moins par une supériorité régulatrice que par la dominance des acteurs américains (et
du marché américain), etc.
Sur le plan institutionnel on comprendra mieux à la fois en quoi la globalisation
de la production et l’ouverture des marchés nationaux aux producteurs et prestataires
étrangers dépasse le potentiel réglementaire des simples accords de commerce
international, et en quoi les nouveaux accords OMC sont encore déficitaires. On
appréciera mieux à la fois le rôle et l’importance persistants des États nationaux et
de l’intégration régionale non seulement comme moteur de la globalisation, mais
encore comme instrument de contrôle et de protection, voire de pouvoir politique et
économique. Finalement, on pourrait peut-être mieux vérifier si la gouvernance à
niveaux multiples constitue une approche légitime d’organisation verticale et d’équilibrage des pouvoirs politiques territoriaux ou si elle est plutôt un instrument de
politique d’intégration régionale et globale, ou encore simplement la caractérisation
d’une transition, à tâtons mais inéluctable, du pouvoir politique régulateur de l’État
vers des institutions superposées.
[*]
Dr. iur., M.C.J. (N.Y. Univ.), Professeur, Universität der Bundeswehr München (Neubiberg).
[1]
Voir Perraton, Goldblatt, Held, Mc Grew, Global Flows, Global Transformations : Concepts,
Evidence and Arguments, Cambridge 1998 (extrait publié dans U. Beck (éd.), Politik der
Globalisierung, Francfort 1998, 134 et suiv.) ; Hirst, Thompson, Globalisierung ?
Nationalökonomien und die Formierung von Handelsblöcken, dans U. Beck (éd.), loc. cit., 85 et
suiv. ; Bernholz, Globalisierung : ein neues Phänomen ?, dans Theurl, Smekal (éd.), Globalisierung,
Tübingen 2001, 3 et suiv.
[2]
Klodt, Globalisierung : Phänomen und empirische Relevanz, Jahrbuch für Neue Politische
Ökonomie 17 (1998) 7 et suiv.
[3]
Knorr, Globalisierung, Wirtschaftswissenschaftliches Studium 1998, 238 et suiv. ; Enquête-Kommission Globalisierung der Weltwirtschaft – Herausforderungen und Antworten,
Zwischenbericht, Deutscher Bundestag, Drucksache 14/6910 (13 septembre 2001) 44.
[4]
UNCTAD, World Investment Report 2001 – Promoting Linkages, Genève 2001, 9 et suiv., 47 et suiv.
[5]
Knorr, loc. cit., Wirtschaftswissenschaftliches Studium 1998, 239.
[6]
Perraton et al., loc. cit., p.140 ; Enquête-Kommission, loc. cit., 46 et suiv.
[7]
OECD, Globalisation of Industry, Paris 1996, 29 et suiv. Le pourcentage varie considérablement par
pays (33 % pour les États-Unis en général, mais 43 % pour le commerce États-Unis – UE et 71 %
pour le commerce États-Unis – Japon) ; voir également UNCTAD, World Investment Report 2001,
loc. cit., p.56.
[8]
Kleinert, Growing Trade in Intermediate Goods : Outsourcing, Global Sourcing or Increasing
Importance of MNE Networks ?, Kiel Working Paper N°1006 (Kiel Institute of World Economics)
Kiel 2000, passim ; Sell, Fragmentierung – Außenhandel unter den Bedingungen vertikaler
Globalisierung. Ein Überblick, Außenwirtschaft 56 (2001) 517 et suiv. ; UNCTAD, World
Investment Report 2001, loc. cit., pp. 72 et suiv. 82 et suiv.
[9]
OECD, New Patterns of Industrial Globalisation – Cross-Border Mergers and Acquisitions and
Strategic Alliances, Paris 2001, 25 et suiv.
[10]
UNCTAD, World Investment Report 1997 – Transnational Corporations, Market Structure, and
Competition Policy, Genève 1997, 28 ; voir également UNCTAD, World Investment Report 2001,
loc. cit., pp.93 et suiv.
[11]
UNCTAD, World Investment Report 1999 : Foreign Direct Investment and the Challenge of
Development – Overview, Genève 1999, 9 et suiv.