2003
Revue Internationale de Droit Economique
Avant-propos
Ce premier numéro de l’année 2003
mérite de retenir l’attention à plus d’un titre. Tout d’abord, notre revue a un
nouveau rédacteur en chef. Le changement dans la
continuité.
Gérard Farjat a assumé, avec un
réel succès, la direction de notre revue. Il a prolongé et amplifié l’œuvre
entamée en 1986 par feu le Président Mertens de Wilmars et continuée par
Aurelio Pappalardo de 1990 à 1993.
Il a, par sa persévérance et son
autorité intellectuelle doublée de son amitié chaleureuse, réussi la gageure
d’inscrire la RIDE dans la durée. Certes, il fallait oser démarrer, comme l’a
remarquablement fait notre premier rédacteur en chef, il fallait aussi oser lui
succéder, ce qu’assuma avec le brio qu’on lui connaît Aurelio Pappalardo, mais
il fallait aussi – oserais-je dire surtout ? – poursuivre, numéro après numéro,
année par année, la réalisation de cette revue internationale et francophone,
dont la croissance se poursuit sans relâche depuis sa création. Et pendant dix
ans, Gérard lui a donné sans compter le meilleur de
lui-même.
Le droit économique français
devait déjà beaucoup au Professeur Farjat.
L’A.I.D.E. lui doit sa naissance,
il y a vingt ans, à Tunis après la « rencontre » de Nice, en
1981.
Et la RIDE lui est redevable
largement de sa réussite. Parce qu’il s’agit bien d’une réussite : lancer en
1986 une revue internationale en langue française de droit économique était un
projet « un peu fou ». Mais il fallait lui assurer un vrai rayonnement
international, ce que Gérard Farjat a réalisé : plus de 400 abonnés, dans une
cinquantaine de pays, dont plus d’une centaine de bibliothèques universitaires
(hors de France) parmi lesquelles une vingtaine aux États-Unis
!
Et ce rayonnement qui va
croissant (plus de 5 % d’augmentation des abonnements en 2002 par rapport à
2001) est dû à la qualité et à la diversité des contributions publiées. À cet
égard, on se réjouira de ce que la RIDE a pu passer de trois à quatre numéros
en 2001. En outre, en 2002, nous avons pu publier plus de 680 pages (alors que
quatre numéros représentent 480 pages) grâce à une intervention exceptionnelle
de l’A.I.D.E.
La grande curiosité
intellectuelle du rédacteur en chef a certainement joué un rôle majeur dans la
bonne tenue de la RIDE.
Gérard Farjat a souhaité passer
le flambeau pour se consacrer davantage à l’écriture. On attend dès lors, avec
impatience, ses prochains écrits… notamment ceux qu’il ne manquera pas de
confier à notre revue !
Au nom de l’A.I.D.E., de toute
l’équipe de la RIDE et de tous nos lecteurs, je tiens simplement à dire merci à
Gérard Farjat pour tout ce qu’il a fait pour le développement et le rayonnement
de cette revue.
Mais il n’abandonne pas le
navire, il transmet simplement le flambeau à un nouveau rédacteur en chef,
Hanns Ullrich, membre actif et bien connu du conseil d’administration de
l’A.I.D.E.
L’arrivée de Hanns Ullrich à la
tête de notre revue confirme, si besoin en est, son côté vraiment international
et cela à plusieurs titres.
Tout d’abord, après un premier
rédacteur en chef belge, notre revue a vu se succéder un italien, un français
et maintenant un allemand !
Ensuite parce que Hanns Ullrich
est un juriste de premier plan, au profil vraiment international : études
universitaires à Berlin, Munich et Tübingen, Paris et New York, professeur à
Munich, au Collège de Bruges et visiteur à Cambridge et à l’Institut européen
de Florence.
Hanns Ullrich, spécialiste du
droit économique européen et international, notamment du droit de la
concurrence et du droit de la propriété intellectuelle, a une très vaste
culture juridique nourrie des traditions germanique, anglo-saxonne et
française. Notre nouveau rédacteur en chef sera donc le moteur d’un
développement encore plus international de la RIDE tant au niveau des auteurs
qu’il sollicitera que des nouveaux lecteurs que sa politique éditoriale ne
manquera pas d’amener.
C’est avec un réel plaisir qu’au
nom de nous tous, j’accueille notre ami Hanns Ullrich à la tête de notre chère
revue.
À côté de cette succession
importante pour la RIDE et donc pour l’A.I.D.E., cette année 2003 verra se
réaliser un grand colloque conçu pour fêter, à Tunis, le
20e anniversaire de la création de notre association dans
cette ville en… 1982.
Certes, nous fêterons cet
anniversaire avec un certain retard académique, mais ce sera l’achèvement de
nos travaux sur la mondialisation du droit économique que nous avons entrepris
dès 1999 et qui nous ont déjà conduits à un colloque à Rennes, dont des
résultats sont publiés au numéro 2-3/2002 de cette revue.
À Tunis, les 2 et 3 mai 2003*,
nous conclurons donc par un grand débat sur les problèmes transversaux de « La
mondialisation du droit économique : vers un nouvel ordre public économique
».
Les remarquables études
sectorielles réalisées sous la coordination de Hanns Ullrich et présentées à
Rennes en septembre 2001 laissent espérer deux journées de rapports et débats
passionnants à Tunis… ou plus exactement à Gammarth, dans un site exceptionnel
où l’intérêt des travaux n’aura rien à envier à l’accueil toujours si
chaleureux, fait de charme, de simplicité et d’amitié, que nous réservent
toujours nos amis tunisiens.
J’espère donc rencontrer beaucoup
de lecteurs de la RIDE à Tunis, en ce début du mois de mai
2003.
Bernard
Remiche
Président de
l’A.I.D.E.
* * *
Prendre le relais de Gérard
Farjat dans la direction de la Revue Internationale de Droit Économique est un
honneur qui oblige à la modestie. La revue est son œuvre, il me l’a confiée, je
garderai donc son caractère.
Les changements se feront
doucement. Quelques-uns sont de forme et ont été introduits avec ce numéro
même. D’autres, de substance, résulteront des apports que feront les
auteurs.
Je serais très fier et très
heureux si les auteurs francophones continuaient à faire confiance à la revue
et publiaient encore davantage. L’objectif, celui de l’A.I.D.E., en tant
qu’éditeur, et celui du comité de rédaction et du rédacteur en chef, en tant
qu’équipe, est d’élargir le rayonnement international de la revue par
l’expression de la pensée juridique française et étrangère, européenne et
internationale en une langue commune, qui est le français.
En effet, le droit économique
évolue à trois niveaux interdépendants : le national, le régional et le
mondial. L’interdépendance résulte à la fois de ce que le droit national ne
peut plus se développer isolément, mais seulement par rapport à la
mondialisation économique inéluctable et par rapport à une intégration
régionale souhaitable, et de ce que le droit supranational ou mondial doit en
même temps puiser ses sources dans le droit national et l’orienter. Rendre
compte de tous ces dévelop-pements et y contribuer en même temps semblent un
travail qu’une revue, à elle seule, ne peut accomplir. Et pourtant, c’est notre
défi.
Comme toute revue, la RIDE vit du
soutien et du nombre grandissant de ses lecteurs. Leurs réactions actives
feront la richesse de la revue. J’espère sincèrement pouvoir en bénéficier – et
j’en serais très reconnaissant – afin de pouvoir notamment assurer aux lecteurs
de la RIDE cet apport supplémentaire.
Hanns Ullrich
[*]
Pour plus de renseignements concernant ce colloque, voir pages
9 et 10.