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Revue internationale de philosophie

2002/1 (n° 219)


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Dans la seconde partie des Recherches Philosophiques (PU), Wittgenstein consacre une partie importante de son enquête (§ 11) à la notion du voir comme, et de manière plus générale, à la théorie des aspects. La discussion de cette notion, par définition attractive et piégeuse, a suscité nombre d'appréciations critiques. Il est vrai que les fragments du Nachlass édités beaucoup plus tard sous le titre Remarques sur la philosophie de la psychologie (BùPP) et Derniers écrits (LS) comportent un ensemble impressionnant de gloses sur le sujet qui nous obligent à examiner l'entrée du voir comme avec une attention plutôt circonspecte, pour ne pas dire avec méfiance. La démultiplication des exemples ne laisse apparemment aucun moyen de s'y retrouver. On ne peut semble-t-il que les reprendre et s'arrêter sur les variantes. Malcolm Budd (1989,81-82) a dressé un premier classement des types d'aspects qui reste aujourd'hui encore utilisable et pertinent, quoique le second et dernier volume Letzte Schriften ne soit pas envisagé dans la recension de Budd.

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Pourquoi cette méfiance ? Peter Hacker a rappelé (1996,142) que la parution de ces volumes (1980,1982,1984,1992) était intervenue alors même que la scène philosophique succombait aux assauts du fonctionnalisme : ce qui devait conduire, selon lui, à juger ces pans entiers du Nachlass — au plus mauvais moment possible — comme des matériaux « pré-scientifiques », fruit d'une certaine divagation sans fin du behaviorisme et de l'analyse du langage ordinaire. Le départ à la retraite de Miss Anscombe (en 1986), ayant mis un terme symbolique à la postérité institutionnelle de Wittgenstein à Cambridge, les premiers travaux de Christopher Peacocke sur la spécification du contenu, puis l'éclosion presque simultanée du débat sur l'imagerie mentale, ont accompagné une incompréhension qui demeure largement répandue. Wittgenstein n'aurait rien dit de réellement nouveau sur le sujet : ses observations sont des platitudes dérivées du problème de ce que serait Inexpérience de la signification », platitudes qu'il aurait extrapolées au comportement du voir. Pour les principales théories de la perception aujourd'hui en concurrence (théorie causale, computationnelle, disjonctive et écologique), sa philosophie a fixé un moment exemplaire, installant durablement l'équivocité conceptuelle qui continue de peser sur la notion d'aspect.

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Je me contenterai ci-dessous, à ce sujet, d'observations presque soustractives, pour ne pas exagérer non plus l'importance de la question. Selon nous, Wittgenstein n'a pas livré de pronostics désespérants pour les épistémologues de la perception. On retrouve dans des travaux plus récents, des préoccupations identiques, rigoureusement modélisées ( [1][1] Cf, Harold Pashler (1995), "Attention and Visual Perception :...). Il ne peut être traduit sous la figure d'un adversaire rétrograde, que si l'on se contente de leçons quelquefois sommaires. Afin d'essayer de remettre cette question seule à sa juste place, j'y ajouterai néanmoins quelques références inhabituelles et « littéraires », qui vont à l'encontre d'une analyse trop rapide. Nous ne cherchons pas à ajouter de nouvelles subtilités aux subtilités de Wittgenstein, ni à nous complaire dans un jargon citationnel. Il ne s'agit pas non plus de se placer d'un « autre » point de vue (lequel ?) pour étudier la différence entre voir et interpréter. On voudrait uniquement se servir des remarques sur le « voir comme » afin de tenter d'esquisser, à gros traits, le rapport possible qui devrait s'établir entre esthétique et philosophie de la psychologie. Nous savons bien que dans ses Leçons sur l'esthétique Wittgenstein a jeté un verdict sans complaisance sur les automatismes de la réponse. En termes contemporains, il n'aurait certainement pas vu l'image cérébrale comme un analogon de l'image mentale, ni même admis que la seconde jouisse d'un privilège technique particulier quand il s'agit du style de vie que nous décrivons, dès lors que nous réagissons en face des œuvres d'art, avec tel ou tel comportement d'adhésion, d'émotion ou de répulsion.

1. DEUX DISCONTINUITÉS

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L'hypothèse retenue ici est formulable de la façon suivante. S'il y a discontinuité dans la perception ou dans l'identification des aspects qui appartiennent à l'environnement commun (tout signe non-pictural pouvant être vu comme une image, toute image pouvant devenir l'image d'autre chose), rien ne devrait interdire, en principe, que cette discontinuité soit élargie à d'autres champs d'observation (la mode, la morale, la photographie). J'essaierai de préciser plus loin quel genre à"entité est l'aspect. Notre hypothèse est qu'il est assimilable formellement à tout aspect différent d'un même objet — y compris lorsqu'il est devenu méconnaissable —, en raison du rôle qu'on lui fait jouer qui est d'être le substitut d'une image (Bild). Il est impossible de penser notamment que notre relation aux objets d'art soit moins sujette aux changements d'aspects par son dynamisme même. On est en droit d'estimer qu'une forme de discontinuité (dans l'approche, l'appréhension, l'évaluation) est attachée au comportement de qui voit ou entend quelque chose qui appartient aux phénomènes esthétiques.

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En second lieu, on peut croire que cette même altération de l'aspect est sensible pour le comportement spontané de quiconque « relate » le contenu de ces mêmes phénomènes quand ceux-ci apparaissent au sein de notre environnement commun. Il n'est donc pas nécessaire qu'il éprouve pour cela une expérience esthétique, ni qu'il connaisse le processus qui l'a produite. On admettra, enfin, que celle-ci n'est pas exactement du même genre que l'expérience de la signification, encore qu'elle puisse y ressembler, ou mieux parce qu'elle tend à lui ressembler. Le fait d'avoir une mauvaise expérience esthétique (de sentir que quelque chose ne va pas, que ce phrasé ne sonne pas juste, sans savoir exactement pourquoi) implique évidemment la première posture : c'est-à-dire la capacité que nous avons à discriminer entre eux des aspects esthétiquement qualifiés. Pourtant, la disposition à distinguer entre tel ou tel aspect demande un corrélat objectif : nous ignorons si ce corrélat est quant à lui esthétique ou intracommunautaire. La discrétisation psychologique du « voir comme » suivant son usage générique — tel le fait de s'attendre à la mutation de l'aspect d'un thème musical, de passer d'un groupement à un autre dans la configuration des traits signifiants, d'éprouver un effet de surprise —, servirait, si notre hypothèse est juste, à justifier que nous transposions les fonctions de reconnaissance les plus simples (la récognition d'une partie comme un tout, d'un tout au détriment des parties) dans le domaine de l'art. Ce point n'a rien de fort original; il n'explique pas pourquoi la discontinuité attentionnelle pourrait revendiquer un autre statut que celui de l'ancrage subjectif. Le problème ontologique de la distinction entre ce qui relève de l'art et ce qui n'en relève pas, reste entier à ce stade.

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Mais ce point n'est pas aujourd'hui le plus contesté. Ceux qui reprochent à Wittgenstein une influence néfaste — et dans certains cas légitimement — se situent en marge de l'esthétique philosophique. Selon eux, notre expérience visuelle (auditive) est intégralement tissée par l'aspectualité (Searle, 1992): il n'y aurait pas de plan de configuration sur lequel les aspects se détachent, s'évanouissent, s'éclipsent (etc.). En supposant qu'ils aient raison, et qu'il n'y ait pas de perception naturelle qui vaille d'être considérée à ce simple titre, nous ne disposerions plus du moyen de savoir s'il y a une perception esthétique, ni même s'il y a des « aspects » esthétiquement remarquables. Dans cette éventualité, nous devons poser que nous sont fournis avec l'information perceptive, des indices d'adaptation canonique similaires à ceux qui appartiennent à la perception commune. Plus encore, nous devrions stipuler que des objets mutants, vus et entendus, sont reconnus dans leur statut d'être porteurs de propriétés « esthétiques », mais en vertu d'une opération spéciale qui les distingue des autres. Or c'est bien là ce qu'il faut démontrer. Une fois banalisée l'extraction d'un aspect quelconque, si l'on ne sait rien de pareille opération, le principe d'une continuité intégrale lié à la pénétration cognitive de ces mêmes aspects, est tenu en échec. A l'inverse, si nous supposons que les aspects proprement esthétiques ont une dimension cognitive, en raison de leur éclairage ou de leur mise ne relief, il est possible de penser qu'une discontinuité existe aussi dans la mise en évidence d'aspects qui ne le sont pas. C'est par exemple ce qu'a admis Richard Wollheim (1987). L'aveuglement, la surdité volontaires, sont des éléments de la perception esthétique, parce qu'elle opère une ségrégation concertée, parfois une surimpression d'aspects entre eux hostiles ou discordants.

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Bien que ce rapport dont nous parlions en introduction soit à peine esquissé par Wittgenstein et mis « entre parenthèses » à deux ou trois endroits (BùPP, §1; Z, § 208), il n'est pas extérieur à la discussion, dont l'enjeu réel est celui de la banalisation des aspects. Certes, on peut considérer que, dans toute la durée de son existence, Wittgenstein a entretenu sur ce thème une sorte de soupçon créatif, et laissé en suspens la possibilité que la philosophie ait quelque chose à dire qui soit digne d'intérêt sur la psychologie de l'esthétique. Déjà, l'une des premières lettres conservées, adressées à Hermine depuis Berlin, et datée de 1908, donne pourtant des indications sur la façon de se servir des changements d'aspect afin de peindre convenablement.

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Traite un tronc d'arbre comme un cylindre, avec des branches cylindriques qui en sortent, avant de t'occuper des ombres, recommande-t-il à sa sœur.

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Dans un premier temps, tu ne dois pas dessiner les ombres, telles que l'arbre les projette réellement, mais plutôt telles qu'il les projetterait si le soleil l'éclairait d'un certain côté et s'il ne recevait pas d'ombres d'autres arbres. Tu verras, d'après cela, ce qui dans l'ombre est essentiel, etc. Ou bien, si tu vois que la forme de la cime d'un arbre ressemble à celle d'une sphère, tu la dessines comme si c'était une sphère bien lisse, et tu répartis les ombres sur ton dessin à l'avenant, et ce n'est que dans un autre croquis que tu introduis les ombres que reçoit le corps (...)( [2][2] WITTGENSTEIN, Familienbnefe, Hrsg. B. McGiiinncss,...).

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L'étudiant-philosophe se réclame déjà d'une autorité, qui chez lui frise la manie, pour l'illustration frustrante de ce qu'il entend dire. Dans le cadre de notre discussion, il est clair néanmoins que c'est autour du prétexte épistémologique de l'ombre que l'aspect « apparaît », et qu'il reçoit une fonction picturale. Nous pourrions en faire un motif indépendant, et avancer l'idée que l'aspect est semblable à une ombre, ou qu'il partage avec elle le même type d'entité qu'a étudiée Roberto Casati. La différence est que Wittgenstein s'occupe d'abord des façons de « visualiser », avant de voir ce qui est simplement vu, et pas encore à cet endroit des modalités paradoxales (visualiser se rangerait sous le sehen als, et voir sous le so sehen, que j'examine au § suivant). Dans la même lettre, la conception transparente du cube prismatique est elle aussi présente, bien avant le Tractatus. Il insiste dès cet instant sur le processus de simplification de l'objet, puis sur l'« articulation interne » du corps à représenter, tel qu'il faut le rendre prioritairement en peinture. D'autres exemples pourraient être donnés. Ils n'ajouteraient pas grand chose à l'idée gouvernante de Vinsight wittgensteinien. Les aspects sont des truchements, ils servent à dissiper l'illusion que l'esthétique voudrait des occasions particulières pour se manifester. La chambre à coucher de la maison qu'il fit construire bien après est une pièce d'apparat, au rez-de-chaussée de la Kundmanngasse. Rien, pourrait-on dire, dans cette architecture en podium d'une pièce de réception, ne demande à être vu comme une chambre à coucher. A l'époque de Berlin, il est encore — tel Henri le Vert de Gottfried Keller —, devant l'arbre impossible à représenter directement. La problématique n'est pas la même, mais les fonctions de l'aspect sont déjà assignées : passage à la tridimensionnalité, architecture « visionnée », incorporation de Vinsight. Préalablement à toute exégèse, nous devons bien garder en mémoire que les méditations sur le « voir comme » ont au moins des conséquences calculables. L'ambiguïté (au sens perceptuel) est chez Wittgenstein l'expression linguistique d'un soupçon créatif. On croit que quelque chose doit être vu ainsi, qu'il doit être joué de cette façon, puis on se rend compte qu'il faut le voir tout autrement, le jouer de façon différente, et après cela, on ne peut plus le voir ou l'entendre comme on l'avait précédemment vu et entendu.

2. VOIR AINSI ET VOIR COMME

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L'intérêt que nous portons à revenir clairement sur les données du texte où cette question est débattue, n'est pas le seul qui aide à éviter le malentendu. La cause en débat est plus profonde pour tous ceux qui s'intéressent à l'existence d'une logique de la perception. Dès qu'il commence à discuter de l'identité faciale du F, au § 1 des Remarques sur la philosophie de la psychologie, Wittgenstein introduit ses outils terminologiques favoris. Le choix d'une lettre dans sa graphie, une lettre « a-signifiante » plutôt qu'un mot (même s'il le fait aussi en de très nombreux endroits) est d'ailleurs révélateur d'une manière de tactique qui nous place entre la vision « assimilative » et la vision habituée. Voir la lettre F comme réfléchie par te miroir — l'image du F cette fois — demande quand même un effort minime, ne serait-ce que par l'effet des qualia directionnels imprimés aux traits de l'écrit. Il s'y marque la pression de la main. En mettant la graphie sous observation (en l'agrandissant pleine page, sur la suggestion de Paolo Bozzi), je vois que les traits horizontaux sont plus ou moins étirés. Je comprends seulement alors ce qui est interprété. Le sketch fait toujours partie du symbole, en sorte que souvent Wittgenstein adopte le schéma du fléchage ou du renvoi, en interrompant le manuscrit.

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Nous lisons, et consécutivement nous voyons, selon le code de l'abécédaire : so —> sketch ou dessin; « et non pas » so —» sketch ou dessin.

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C'est au fond l'une des critiques mineures qu'on pourrait lui faire : avoir assujetti l'illustration conceptuelle à l'image graphique (Der Text deutet jedesmal die Illustration, dit-il en passant). La flèche que nous avons ajoutée explique réellement l'emploi du verbe deutet, sauf qu'elle n'est pas visible. L'évanouissement de l'aspect ne laisse pas autre chose qu'une marque à'index imprimée sur la page.

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Ces outils que j'évoque sont du reste très peu spéciaux dans leur ingénierie verbale, et il y a de l'agacement pour le lecteur à lire des mots fort simples détournés de cette façon. Les traducteurs ont cherché à homogénéiser : c'est une règle rationnelle pour faire le pont, mais pas toujours un moyen de bien comprendre. En anglais, une unique conversion et proposée : seeing as (if). Fidèle assurément, elle peut prêter à confusion, dans la mesure où le « voir indirect » est mélangé avec le voir simple au nom d'une inférence implicite que Fred Dretske a signalée dans son premier ouvrage, Seeing and Knowing : si je vois simplement, je vois que je vois quelque chose « qui se détache de l'environnement », or je vois quelque chose, donc je vois quelque chose comme cette même chose, isolément et distinctement. Je vois x comme F, je vois qu'il a cette propriété, et dans le puzzle de Wittgenstein, comme si F (la lettre) avait la propriété « F »: celle d'être la sixième lettre de l'alphabet. Notons que cette chose-là, prise dans le schéma de prédication, n'a justement plus de contenu chosal — un Dingcharakter, ainsi que le voulait E. Rubin — mais un contenu phénoménal qu'on dit proto-conceptuel afin de se libérer de l'entité gênante, évanouissante, psychologiquement encombrante en effet, qui revient à l'aspect. Sous-entendu, je la croirais la même (la même sorte de chose) si je l'imaginais les yeux fermés, ou si je disposais d'un œil prothésique pour la transférer sur un autre support, tel celui de la représentation. Mais nous sommes entrés-là dans le cadre d'une interprétation mentalisée que le philosophe cherche à bannir de son vocabulaire.

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Il y a principalement trois instruments grammaticaux qui servent le propos de Wittgenstein (je ne dis pas encore qu'il y a là un jeu de langage). 1) « Voir ainsi ... et/ou autrement » (so sehen ... sehen anders); 2) « voir comme », dans son usage intransitif {sehen als); 3) « voir en tant que » (sehen insoferri). Cet emploi présente un cas intermédiaire, et d'après Budd, une solution à l'ambiguïté d'usage des deux premiers emplois dans leur visée propre : la visée conceptuelle d'un objet. Si l'on se décide à oublier que Wittgenstein pense en allemand, on peut aisément se satisfaire d'une lecture qui soutient que le voir indirect est pris pour un voir simple dans de très nombreuses occurrences, et déplorer que l'auteur n'ait pas cherché à isoler clairement quelle sorte de pensée ou de croyance est nécessairement présente dans l'« état » résultant du voir. Ces nuances ne sont valables que pour quelques cas absolument décisifs. Le pas est vite franchi, lorsqu'on voit comme « au lieu de » voir ainsi, mettant l'action à la place du Zustand : c'est-à-dire quand on lit le second emploi à la place du premier, en adoptant l'usage intransitif à la place de l'usage direct. Il est sans aucun doute plus reposant de montrer que Wittgenstein atténue lui-même cette différence que de se demander de quelle façon la résonance interprétative du sehen als l'emporte indéniablement sur la première expression. S'agissant du voir en tant que (le 3ime emploi), il paraît assez évident qu'il s'agit d'appréhender un objet, et non pas une entité mutante, — d'un objet qui par ailleurs appelle rigidement son désignation. Les commentateurs les plus charitables persistent cependant à entendre que l'on voit que, de manière quasiment nécessaire, « dans » voir. Ils oublient que ce terme descriptif, loin de résulter d'un processus, est aussi essentiel sous un certain rapport, que marcher ou siffloter, et se réfère à un état de choses. Il nous paraît donc que Wittgenstein ne s'exprime pas à la légère en modifiant l'usage des mots sehen et deuten. Les mêmes réserves s'appliquent pour le second des deux items. Suspecter qu'il ait opéré un décalque sémantique du verbe interpréter contraint à inventer une herméneutique qui n'est pas de circonstance (K. Buchholz, 1998). On veut bien concéder que nous avons dans ses fragments une sorte de figure grammaticale bi-stable, mais ce n'est une Figur au sens géométral. Le plus caractéristique (dans cette façon de s'exprimer) est que le transfert propositionnel des expressions en so sehen vers les expressions en sehen als, est proposé, par Wittgenstein, à la façon d'une tentation presque irrésistible, psychologiquement irrésistible. Nous tenons le prototype d'une méprise naturelle. C'est un procès d'intention de lui reprocher d'avoir instillé le voir comme interprétatif dans le voir simple, d'avoir usé et abusé du déguisement de l'aspect, quand l'objectif déclaré de ses remarques est de sauvegarder la transparence du voir simple à travers le voir comme, et pour le dire autrement sous la condition du voir comme.

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Ces perplexités sont réelles : elles ne limitent pas au changement de vocabulaire, et font partie d'un exercice déterminé. En règle générale, Wittgenstein conteste toute sémantique du voir propositionnel qui outrepasserait les usages du verbe voir en situation. On ne peut, selon lui, rendre compatibles — ou mutuellement adéquates — les deux expressions qui nous brûlent les lèvres. L'une est négative; elle constate un déficit de la description. Je ne peux montrer ce que je vois (l'aspect), ni que je vois ce que je vois. A coup sûr, cela demanderait — à moins de faire un geste muet —, que je me montre celui-ci en moi-même, et à moi-même comme observateur de quelque chose.

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Cette perspective inversée est aussi fourvoyante que celle du langage privé. L'autre expression est prescriptive : Je suis contraint de donner une description indirecte de ce que je vois. Dans cette situation, Wittgenstein modifie l'interprétation, l'apport cognitif qui permet de contrôler le contexte d'application. Il choisit une optique réaliste, au point de faire en sorte que l'interprétation se fonde (temporairement) au sein de la configuration décrite. Sa position n'est pas délicate ou intenable : elle est tranchée — comme celle de Kôhler, même s'il s'en défend — puisqu'il n'assimile pas lui non plus l'expérience directe de l'aspect, avec la perception directe de ses composants. Dans l'exemple de la lettre F, Wittgenstein prend pour cible une interprétation physicaliste du voir. Il conteste l'idée que les parties recognitionnelles de la figure soient assemblées par l'effet d'un traitement séparé : le F bouge ou se déforme. Mais ce n'est pas pour tomber dans la version chatoyante des Abschattungen : celle des esquisses phénoménologiques de la signification, qui semblerait découler de ce refus. Nous ne faisons, dit-il, en voyant, aucune vérification de l'expérience de la signification : il se trouve que nous « avons » cette expérience indépendamment de l'extraction de la signification sur une base empirique.

3. DÉCENCE ET SOPHISTICATION

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L'expression du dilemme exprime l'amphibologie de l'aspect. Le concept — isolé et figé dans son application — est, nous dit-il, comme s'il s'agirait d'un terme technique en abrégé : celui d'un das als das sehen. La formulation (voir cela en tant que tel) entraîne un processus de nominalisation. Mais ce processus ruine l'inspection du regard en tant qu'activité intéressante et créative. Il reste bien qu'il faut malgré tout voir, avant employer des phrases contenant le verbe « voir » dans sa dimension épistémique normale : « voir que x a la propriété P, Q, etc » suppose une aptitude. Notre disponibilité à voir autrement est bornée, exactement comme le fait qu'une phrase qui a un sens doit pouvoir être vraie ou fausse, selon que l'état de choses est obtenu ou ne l'est pas. S'il ne peut en aucune façon l'être, dans une situation virtuelle ou invraisemblable — mais aussi lorsque la hauteur d'une porte nous semble aberrante —, nous ne sommes pas dans le cas d'une cécité à l'aspect, mais dans celui d'un marasme psychologique. Nous voudrions voir et entendre ce qui maintenant excède notre capacité à juger de la « correction » de deux aspects relativement stabilisés dans l'expérience. Il est frappant de noter à ce sujet une obsession maladive, chez Wittgenstein, non pour le balancement (comme le répètent ses détracteurs), mais pour la décence. L'illusion d'instabilité n'a pas lieu entre deux atomes psychologiques indiscernables, ainsi que nous l'évoquions plus avant, ou entre deux états projectifs d'une pensée alternative, mais entre deux normes concurrentes de discrimination. Je prendrai là un exemple anecdotique extrait d'une autre lettre de famille où Wittgenstein dessine l'aspect que doit avoir une nappe sur l'autel. A l'évidence pour lui (et pour nous), les pans du tissu ne doivent pas pendre de part et d'autre de l'autel, comme on le verrait sur une table normale, et la précision de l'aspect qui convient requiert chez lui une exigence de métrage (longueur et largeur du tissu). L'instituteur un peu schizophrénique tel que le prétend David Pears ajoute à sa lettre un dessin ( [3][3] Ibid, 1922, p. 92 (écrite vraisemblablement de Trattenbach)...). Dans un pareil cas, la croyance de ce qui est adapté au champ de l'observateur est dépendante de la croyance opposée, celle de l'adaptation d'une nappe sur une table normale. On parlera pour l'occasion d'une perception minimalement esthétique, aussi pauvre qu'elle soit symboliquement. Ailleurs, il signale que les planches du parquet, sous la table de l'écolier, doivent se trouver dans le sens même de la page lignée où l'on écrit.

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On peut se donner encore un autre exemple. Il est patent que celui qui a vu (de ses yeux vus) le lit en métal que Wittgenstein s'est fait construire peu après à Cambridge, comprend le sens de cette anecdote évoquée à l'instant. On devrait voir — c'est une conjecture de ma part — le lit « philosophique » de Trinity Collège, comme une sorte de double critique du lit de campagne — austère et inconfortable — de François-Joseph, que tout le monde admire à Vienne dans les appartements privés de la suite impériale : en un coup d'œil, on perçoit de quoi il est question. La dualité de l'aspect du lit de Wittgenstein est réalisée dans l'articulation d'un objet unique, strictement soudé et proportionné, dénudé de toute boiserie, où l'« autre » lit se trouve stigmatisé dans sa fonction militaire d'un canapé démontable. La disconvenance et la coquetterie de François-Joseph n'ont d'égal que le lieu où le meuble est positionné. Dormir dans un tel lit (le lit métallique de Cambridge), c'est adopter une forme de vie plus décente et moins ostentatoire, je dirais presque sans idée du lit, lequel a néanmoins un aspect ergonomique irréprochable. Certains aspects ne sont donc pas psychologiquement « évasifs », ni strictement verbalisés. Ils peuvent imposer une règle et une grammaire constructives pour que leur détection soit efficace.

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Si l'on retient la liste des aspects dressée par Malcolm Budd qui n'est pas exhaustive, les prétextes choisis en matière d'exemples ont pratiquement bloqué l'interprétation de l'interprétation : il y a des résidus gestaltiques, des réminiscences, des trouvailles — la reconnaissance d'un ami, et bien sûr, les airs de famille — qui font penser à un bricolage du voir comme. L'optique recognitionnelle (fond/figure) se partage le lot, avec d'autres situations fort communes, où il est seulement affaire d'optique géométrique. La double croix de Rubin, et le trop fameux canard-lapin — depuis longtemps cuisiné par les marmitons de la signification-stimulus — ont un peu mal vieilli. Wittgenstein, qui ne juge pas nécessaire de transformer deuten en deuteln (sophistiquer), préfère s'en tenir à quelques schémas rudimentaires. Il n'est guère surprenant, en ce sens-là, que Richard Gregory, excédé par l'accumulation des exemples substantifs, leur ait substitué son classement entre des hypothèses. Gregory rejette les entités suspectes. Les aspects ne sont pour lui que les « espèces » pseudo-illusoires, vaguement hallucinatoires, elles s'accordent d'elles-mêmes — sans notre intervention —, avec les inputs sensoriels qui leur correspondent. Parmi les hypothèses : celles des objets insensés, des formes controuvées dans l'expérience antérieure, des équivoques qui se règlent sur le patron physique, du découpage sélectif d'un objet familier, des paradoxes qui se réduisent à l'orientation de la figure, etc. Autant d'explications savantes qui expliquent physiologiquement les processus de descente ou alternativement les mécanismes inférentiels. Mais qui conduisent aussi à perdre le contact, à oublier Y évidence qui « teste » ces hypothèses. On sait les objections de Jerry Fodor, défendant à la fois Vinsight, et la non-pénétrabilité de l'entrée sensorielle. Mieux vaudrait au fond accepter paresseusement, si Gregory et Fodor avaient raison tous les deux, la vieille idée d'Egon Brunswik soulignant l'irréductible « stupidité » de la perception, statistiquement séparatrice et conceptuelle. Paolo Bozzi affirme, lui aussi, que personne ne voit autrement le F, ou comme une autre chose (chacun le déchiffre instantanément et ne l'observe pas à part pour s'interroger sur sa nature orthoscopique). L'astuce géniale de Wittgenstein est qu'il enlève au F son rôle de stimulus, pour en faire une image par provision. Mais l'originalité de son investigation est probablement ailleurs : elle repose, comme l'a montré Jacques Bouveresse (1995,349), dans le parti d'utiliser l'interprétation comme une description. L'expression vaut ce qu'elle vaut, mais elle est de Wittgenstein : si elle contient le terme du definiendum (comme), elle bannit la compréhension symétrique, et elle permet de conserver l'idée que l'aspect qu'on ne voyait pas et qui se découvre subitement « est vu dans le dessin lui-même, et l'est aussi directement que tout le reste » (350). C'est à cette réserve près, rappelle Bouveresse, et elle est de taille, que nous n'avons pas de langage pour décrire cette localisation.

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L'irritation que peuvent soulever les jeux de physionomisation est bien compréhensible, et il faut de nouveau y revenir un instant. La difficulté est attachée à ce que la confrontation du voir et de son objet est double : l'objet nous apparaît immédiatement « tel » (schaut). Il a « l'air de »; et en effet nous le percevons indirectement, dans le compte-rendu, avec la même facilité que si nous le provoquions à apparaître directement, en lui prêtant cet air-là, mais avant même que pour nous il « ait » cet air-là. Sommes-nous une nouvelle fois victimes d'un tour de passe-passe sémantique ? L'interprétation fournirait une physionomie confondante de ressemblance, qui s'approprie deux fois l'objet en une seule expérience. Or l'information phénoménale (pour reprendre une notion de David Lewis) est redondante. De fait, le lien entre psychologie de la perception esthétique et perception standardisée se trouve inscrit dans la lettre des précisions qui nous sont données. J'en voudrais pour preuve le dernier des exemples que j'emprunte aux Familienbriefe : un exemple (qu'on m'en excuse) apparemment anodin, même s'il me paraît contenir quelque vérité piquante. En avril 1936, Ludwig remercie Hélène pour le gâteau qu'elle lui a envoyé, un Gugelhupf. En même temps qu'il le trouve délicieux et magnifique, il lui répond aussitôt en apposant deux dessins :

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Je dois dire que la forme n'est pas celle qu'a d'ordinaire cette sorte de biscuit. Le Gugelhupf que tu m'as envoyé a (ou plutôt avait) la forme d'un Germgugelhupf et ma thèse est que le Gugelhupf en génoise a une autre forme que le Germkugelhiipf. ( [4][4] lbid, 1936, p. 151.)

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Cette seconde espèce de viennoiserie est en effet une sorte de flan endurci de farine qui, renversé, n'a évidemment plus du tout l'aspect rebondi d'un gâteau en génoise, il ressemble plutôt à ces chapeaux de femme en toque qui faisaient alors fureur. L'expérience de la signification du mot intervient sur la physionomie de la chose, comme une ombre portée qui (dans sa forme) n'est pas nécessairement fidèle au corps illuminé, mais dont la physionomie, si on renverse le processus causal, est adhérente à un état donné de l'illumination par lequel l'objet est pressenti. L'entité de l'aspect ne pénètre pas dans la composition de l'objet : c'est en cela que l'objet peut être « sortal » ou conceptuel. Il projette l'ombre de sa ressemblance sur l'objet physique de la stimulation optique.

4. L'INADÉQUATION REPRÉSENTATIVE

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La principale objection qu'il faudrait faire aux remarques de Wittgenstein repose sur le socle gestaltiste de la description des aspects. Soulignons que nous ne pourrions pas halluciner de pareils aspects. Ils sont évidemment présents, et selon toute vraisemblance, dans certaines phases primitives du traitement du signal. La théorie disjonctiviste des aspects, finement étudiée par Michael Hinton (1973), est encore propositionnelle : elle entretient l'idée que nous avons des hallucinations aussi régulièrement admissibles dans une théorie holophrastique du vrai que des hallucinations dirigées ou subies au sens psychophysiologique. Ce n'est pas du tout en ce sens que l'entend Wittgenstein. Il est plutôt question — si on me permet cette façon d'écrire — de voir comme « autrement » qu'autrement comme. François Clementz (2000) souligne incidemment ce point pour en regretter l'impertinence : « Le problème du voir comme est tout entier inscrit dans sa formulation : voir comme, c'est à la fois voir comme et voir comme, voir et interpréter ». Il n'a pas tort, toutefois c'est en sens opposé que l'entendaient les tenants de la Gestalt auxquels répond Wittgenstein. Pour eux, les mots ne sont pas « comme » des images, et les images ne sont pas vues « comme » des équivalents verbalisés. Kôhler pensait à une manière de supplémentation de la perception par la signification. Vittorio Benussi (1906) qui le premier, sans doute — avec Witasek —, a réfléchi sur les conséquences esthétiques des processus de groupement s'est posé d'abord la question de ce qu'il appelle l'inadéquation représentative. Elle est d'après lui à la source des phénomènes qui ont la propriété d'être mehrdeutig. Deux contenus représentatifs peuvent s'entrelacer, mais les figures bi-stables ou tri-stables ne peuvent être traduites en mots. Ces derniers ne sont à ses yeux que des succédanés : nous subissons la fascination représentationnelle de l'image. Parce qu'elle serait descriptible, celle-ci entraîne l'illusion du jugement qui prend l'image pour un support naturel du compte-rendu. Benussi s'est donc plutôt consacré à l'étude des formes de l'art décoratif, où la physionomie n'est plus identifiable, alors que selon Kevin Mulligan (1988), Wittgenstein a choisi de retenir qu'entre le F et les versions adultérées du F, existe une relation interne, qui ne peut jamais être décrite à l'aide des propriétés spatiales, extrinsèques du dessin. Si cette relation est psychologique sous un certain rapport, elle rétablit une corrélation entre les états de choses, et c'est la perception interne qui commande à la perception externe. Ce qui ne veut pas dire non plus qu'ait disparu comme par enchantement la discrépance des aspects esthétiquement qualifiés. Il demeure bien une discontinuité de genre 2 entre les relations internes et les relations externes.

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En bref, dans l'esthétique primaire de la Gestalt (celle de la forme sans image), il y a toujours une psychologie de l'extraction d'une qualité : elle se fait par l'abstraction d'une qualité. Mais ce type de pensée, qui appartient en propre à l'école de Graz, est directement opposé à la notion wittgensteinienne des activités pratiques (Handlungen) qui dérivent de l'interprétation. Pour reconnaître que la perception esthétique est l'une de ces activités, il faut alors renoncer à voir dans une œuvre d'art, comme si, en elle — et à nos yeux —, étaient « mêlées » la ressemblance extérieure et la ressemblance interne (LS, I, 156), les aspects que nous voyons et ceux que nous interprétons. Les premiers peuvent s'assimiler aux seconds, pourvu qu'une condition de décence objective règle leur apparition. Mais ils ne sont pas d'abord mimétisés pour devenir ensuite des images à éclipse, plus ou moins observables, des pièces de musique qu'on écoute décorativement. « La gêne esthétique » (le sentiment que quelque chose ne va pas dans un tableau ou dans une performance orchestrale) suggère un pourquoi, et non pas une cause : ce leitmotiv des Leçons sur l'esthétique marque tout l'écart qu'il y a entre la psychologie expérimentale et celle de Wittgenstein. Le voir comme pourrait donc être considéré autrement : et par exemple, au titre d'une activité susceptible de rendre compatibles les suggestions que comportent les œuvres et les réactions que nous avons à leur endroit. Si cette sorte d'accord visuel ou musical, une fois reconnu, s'appuie sur une approbation, il peut engendrer une désapprobation aussi intense. Aucune des caractéristiques de la réponse esthétique n'est contrariée par l'admission et la reconnaissance des aspects.


BIBLIOGRAPHIE

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  • WITTGENSTEIN, Ludwig, Familienbriefe, Verlag Hôlder-Pichler-Tempsky, 1996.
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Notes

[(1)]

Cf, Harold Pashler (1995), "Attention and Visual Perception : Analysing Divided Attention", Donald Hoffmann and Whitman Richards (1988), "Parts of récognition".

[(2)]

WITTGENSTEIN, Familienbnefe, Hrsg. B. McGiiinncss, M.-C. Ascher, O. Pfersmann, Verlag Hôldcr-Pichler-Tempsky, Wien, 1996, p. 20-21.

[(3)]

Ibid, 1922, p. 92 (écrite vraisemblablement de Trattenbach)

[(4)]

lbid, 1936, p. 151.

Plan de l'article

  1. 1. DEUX DISCONTINUITÉS
  2. 2. VOIR AINSI ET VOIR COMME
  3. 3. DÉCENCE ET SOPHISTICATION
  4. 4. L'INADÉQUATION REPRÉSENTATIVE

Pour citer cet article

Monnoyer Jean-Maurice, « Voir comme autrement », Revue internationale de philosophie, 1/2002 (n° 219), p. 109-124.

URL : http://www.cairn.info/revue-internationale-de-philosophie-2002-1-page-109.htm


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