2003
Revue internationale de politique comparée
Les principales tendances du fédéralisme au XXe siècle
Ronald L. watts
Au cours du XXe siècle, 24 pays se sont organisés en systèmes politiques fédéraux,
soit qu’ils se sont dénommés eux-mêmes de la sorte, soit qu’ils ont rempli les critères habituellement utilisés pour caractériser de tels systèmes. Le succès de la solution fédérale a été particulièrement important entre 1945 et 1960 ainsi que lors la
dernière décade. L’analyse des expériences fédérales pendant ce siècle permettent
de dégager quatre critères nécessaires au développement effectif du fédéralisme. Il
faut souligner les nombreuses variations et – même les innovations – rencontrées
dans l’application de l’idée fédérale.
During the Twentieth Century, federal political systems proliferated until by the end
of the century, some 24 countries called themselves federations or met the criteria
usually accepted for a federation. But during the century, the popularity of the federal
solution varied between periods of scepticism and extensive development. The 1945
to 1960 period and again during the last decade were particularly marked by extensive federal developments. Assessment of the experience during the century has
pointed to some positive aspects in the effectiveness of federal systems. This
experience has also taught us four major cautionary lessons about the foundations
required for effective federalism. A notable feature was the great number of variations and even innovations in the application of the federal idea.
En el curso del siglo XX, se organizaron en sistemas políticos federales veinticuatro
países. Unos lo adoptaron como denominación y otros cumplieron los criterios que
suelen utilizarse para caracterizar tales sistemas. El éxito de la solución federal fue
particularmente importante entre 1945 y 1960 así como durante la última década.
El análisis de las experiencias federales durante este siglo permite observar cuatro
criterios necesarios al desarrollo efectivo del federalismo. Es preciso poner de relieve
las numerosas variaciones, e incluso las innovaciones, que se han encontrado a la
hora de aplicar la idea federal.
La première fédération moderne, les États-Unis, fondée en 1789, dont la
longévité de fonctionnement est aujourd’hui la plus grande, a été créée au
18e siècle. La Suisse, en 1848, et le Canada, en 1867, lui ont emboîté le pas
au 19e siècle. Ces trois fédérations continuent de fonctionner et figurent actuellement parmi les régimes constitutionnels les plus stables dans le monde.
Au 19e siècle, un certain nombre d’initiatives fédérales ont été entreprises
en Allemagne et en Amérique latine, mais leur évolution a été perturbée à
plusieurs occasions.
C’est au cours du 20e siècle, notamment dans sa seconde moitié, que les
régimes politiques fédéraux se sont véritablement multipliés. La fédération
australienne fut la première à se mettre en place au début du siècle. À la fin
de ce siècle, le succès de ce régime étaient tel que 24 pays se qualifiaient de
fédérations ou remplissaient les critères habituellement acceptés pour qualifier une fédération. Aujourd’hui, ces fédérations représentent ensemble quelque deux milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale et
quelque 480 unités constitutives ou États de fédérations. En outre, de nouvelles variantes de l’application de l’idée fédérale ont émergé, dont la
conjugaison d’éléments fédéraux et confédéraux, comme dans le cas de
l’Union européenne.
Le (plus ou moins grand) succès de la solution fédérale
au fil du 20e siècle
Avant 1945
Le succès de la solution fédérale a varié au cours des différentes périodes du
20e siècle. Avant 1949, l’attitude générale dénote un certain mépris pour une
forme fédérale de gouvernement. Nombre de personnes, notamment en Europe, considéraient la fédération comme une forme de gouvernement national incomplète, comme un mode d’organisation politique transitoire, comme
une concession – pas vraiment souhaitable mais nécessaire dans des cas
exceptionnels – pour concilier les discordances politiques.
En effet, en 1939, Harold Laski
[1] écrivait : “Je conclus en un mot que
l’ère du fédéralisme est révolue”. Le fédéralisme, sous sa forme traditionnelle, avec son cloisonnement des fonctions, son légalisme, sa rigidité et
son conservatisme, est – estime-t-il – incapable de soutenir le rythme de la
vie économique et politique moderne qu’impose le gigantisme du capitalisme. Le fédéralisme se fonde, selon sa réflexion, sur une philosophie économique désuète et constitue un handicap à une époque qui demande une
action gouvernementale active. Il conclut qu’un gouvernement unitaire décentralisé répond beaucoup mieux aux conditions du 20
e siècle. Sir Ivor
Jennings, un constitutionnaliste britannique de renom (qui a été conseillé
dans les années 40 et 50, lors de la création de plusieurs nouvelles fédérations au sein du Commonwealth britannique) a écrit que “personne n’aurait
de constitution fédérale s’il pouvait l’éviter
[2]”.
La période entre 1945 et 1960
Mais comme ils se trompaient ! Alors qu’en 1945, l’idée fédérale semblait
être clairement sur la défensive, la décennie et demie suivante a vu se créer,
ou s’engager sur cette voie, un nombre important de gouvernements qui
revendiquaient la qualification de “fédéraux”. Ce n’est cependant que huit
ans plus tard, en 1953, que Max Beloff pouvait affirmer que l’idée fédérale
jouissait d’“une popularité telle qu’elle était sans précédent
[3]”.
Une raison de ce succès a été la grande prospérité qu’ont connu dans
l’après-guerre les fédérations les plus anciennes telles que les États-Unis, la
Suisse, le Canada et l’Australie. Le succès de l’idée fédérale après 1945
s’est aussi nourri des conditions qui ont accompagné le démembrement des
empires coloniaux à cette époque. L’unité du gouvernement colonial était
souvent le simple produit d’un accident historique, de la lutte pour l’empire
ou de convenances administratives. Les frontières politiques coloniales coïncidaient rarement avec la répartition des communautés raciales, linguistiques, ethniques ou religieuses, ou avec le lieu de rencontre d’intérêts
économiques, géographiques et historiques.
Dans ces circonstances, les créateurs des nouveaux états en route vers
l’indépendance se sont trouvés confrontés à des exigences simultanées et
contradictoires d’intégration territoriale et de balkanisation. Il leur a fallu
réconcilier le besoin, d’une part, d’unités économiques et politiques relativement grandes afin de faciliter un développement économique rapide et de
soutenir une véritable indépendance politique, avec le souhait, d’autre part,
de maintenir l’autorité d’unités politiques plus petites associées à des allégeances traditionnelles comme la représentation des différentes communautés raciales, linguistiques, ethniques et religieuses.
Dans ces situations, où les forces d’intégration et de séparation sont en
opposition, tant les dirigeants politiques que les mouvements nationalistes
d’indépendance et les administrateurs coloniaux trouvent dans la “solution
fédérale” une formule populaire, qui offre un terrain commun aux tenants de
la centralisation et de la décentralisation. Il en résulte une prolifération d’expériences fédérales entre 1945 et 1960 dans les régions coloniales ou anciennement coloniales d’Asie, d’Afrique et des Caraïbes
[4]. Ces expériences
fédérales concernent en particulier en Asie : l’Inde ( 1950), le Pakistan ( 1956),
la Malaisie – Malaya ( 1948) et Malaysia ( 1963) –, l’Indochine française
( 1945-7) et l’Indonésie ( 1945-9) ; en Afrique : le Nigeria ( 1954), la Rhodésie et Nyasaland ( 1953), l’Afrique Occidentale française (A.O.F.) et son
successeur, la Fédération du Mali ( 1959) et l’Afrique Équatoriale française
(A.E.F.) ; et dans les Caraïbes : la Fédération des Antilles ( 1958). En outre,
une confédération fonctionnelle, la Haute Commission d’Afrique Orientale
( 1947) est conçue pour administrer des services en commun dans cette région. Au cours de la même période, en Amérique du Sud, où la structure
fédérale des États-Unis avait souvent été imitée – du moins formellement –
de nouvelles constitutions ostensiblement fédérales sont adoptées au Brésil
( 1946), au Venezuela ( 1947) et en Argentine ( 1949).
Entre-temps, en Europe, où la Seconde Guerre mondiale avait révélé les
désastres engendrés par l’ultra-nationalisme, l’idée fédérale avait le vent en
poupe avec la création des Communautés européennes, et l’adoption par
l’Allemagne de l’Ouest d’une constitution fédérale en 1949.
Les quinze années qui ont suivi 1945 se sont donc avérées être les années
de l’apogée de l’idée fédérale. Tant dans les pays développés qu’en développement, la “solution fédérale” était perçue comme une manière de réconcilier deux motifs puissants et souvent antagoniques : le désir, d’une part,
d’unités politiques plus grandes indispensables pour reconstruire un état
moderne dynamique et efficace, et d’autre part, la quête de l’identité par des
unités politiques autonomes plus réduites.
La période entre 1960 et la fin des années 1980
Cependant, à partir de 1960, il est apparu de plus en plus clairement que les
régimes fédéraux n’étaient pas la panacée espérée, et qu’ils avaient été souvent mis en œuvre dans des conditions inappropriées. C’est ainsi que la
plupart des expériences fédérales de l’après guerre ont connu des difficultés, et qu’un nombre important d’entre elles ont dû être abandonnées ou
temporairement suspendues. Cette situation est clairement illustrée par les
tensions internes permanentes et la fréquence du recours à l’état d’urgence
en Inde, la sécession du Bangladesh avant partie intégrante du Pakistan, la
séparation entre Singapour et la Malaisie, la guerre civile au Nigeria et la
prévalence de régimes militaires dans sa foulée, les dissolutions précoces de
la Fédération des Antilles et de la Fédération de la Rhodésie et de Nyasaland,
la désintégration des efforts fédéraux dans les anciennes régions coloniales
françaises d’Indochine, d’Afrique occidentale et équatoriale, et enfin, le déclin
et la disparition même de l’Organisation commune des services d’Afrique
orientale
[5].
Ces expériences soulignent que, même animées des meilleures intentions, il y a des limites à l’opportunité de solutions fédérales. En outre, l’expérience latino-américaine, où de nombreuses constitutions étaient fédérales
dans leur forme tout en fonctionnant concrètement de manière essentiellement unitaire, a alimenté le scepticisme qui prévalait sur l’utilité du modèle
fédéral dans des pays où la culture politique fédérale faisait défaut. En Europe, la lenteur des progrès vers l’intégration, tout au moins jusqu’au milieu
des années 1980, voyait également s’éloigner l’idée d’une Europe fédérale.
En outre, à la fin de cette période, la désintégration des anciennes fédérations autoritaires centralisées, de l’Union des républiques socialistes soviétiques, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie, révèle les limites de telles
façades fédérales. L’identification de l’histoire passée des structures fédérales avec la centralisation et l’autoritarisme a suscité dans certaines de ces régions une évidente réticence à adopter de nouveaux aménagements fédéraux.
Les années 1990
Malgré ces évolutions, la dernière décennie du 20
e siècle a été le témoin
d’un regain d’intérêt remarquable de l’idée fédérale, mais cette fois accompagnée d’une appréciation plus réaliste de ses possibilités et de ses limites
[6].
Des dirigeants politiques, des intellectuels de renom et même certains journalistes ont de plus en plus souvent évoqué le fédéralisme comme une forme
libératrice et positive d’organisation politique. La Belgique, l’Espagne, l’Afrique du Sud et un certain nombre de pays latino-américains ont évolué vers
des formes fédérales innovatrices, et un certain nombre d’autres pays, tels
que le Royaume-Uni et l’Italie, ont intégré certains traits fédéraux sans pour
autant adopter tous les éléments du modèle fédéral. Par ailleurs, la Communauté européenne a connu un nouvel essor en ce sens lors de son passage à
l’Union européenne.
À quoi peut être attribué ce regain d’intérêt pour le fédéralisme ? Un
facteur important a été la reconnaissance qu’une économie de plus en plus
mondiale avait libéré des forces économiques et politiques qui ont affaibli
l’État-Nation traditionnel et renforcé tant les pressions
internationales que
locales
[7]. En conséquence, les gouvernements nationaux ont été de plus en
plus confrontés, à la fin de ce siècle, aux désirs de leurs populations d’être à
la fois et simultanément des consommateurs
mondiaux et des citoyens
locaux.
Mais l’État-Nation s’avérait à la fois trop petit et trop grand pour exaucer
les souhaits des citoyens. Par ailleurs, l’expansion des économies de marché
engendrait des conditions socio-économiques propices à l’idée fédérale :
l’importance accrue des relations contractuelles; la reconnaissance du caractère non centralisé de l’économie de marché ; l’auto-gouvernance
entrepreneuriale et la prise de conscience des droits des consommateurs;
une tendance plus marquée des marchés à la diversité qu’à l’homogénéité;
la mobilité et la concurrence, mais aussi la coopération interjuridictionnelle ; et la reconnaissance que les personnes ne doivent nécessairement
s’aimer pour profiter des avantages d’un travail en commun.
Tous ces facteurs ont contribué à raviver l’intérêt pour le fédéralisme à la
fin du 20e siècle, non pas idéologiquement mais pragmatiquement, en fonction de questions concrètes sur les modalités d’organisation et de répartition
des pouvoirs politiques en vue d’assurer la satisfaction des besoins communs des personnes tout en s’adaptant à la diversité de leurs circonstances
et préférences.
Cependant, ce regain d’intérêt pour des régimes politiques fédéraux est
différent de la prolifération enthousiaste des fédérations qui avait prévalu
pendant les quinze ans qui suivirent 1945. L’expérience a conduit les promoteurs des fédérations a faire montre d’une prudence beaucoup plus grande
et d’une approche beaucoup plus réaliste.
L’efficacité des régimes fédéraux
L’expérience du 20e siècle révèle certains aspects positifs de l’efficacité des
régimes politiques fédéraux qui méritent d’être mentionnés. Les États-Unis,
la Suisse, le Canada et l’Australie, qui figurent parmi les régimes constitutionnels les plus anciens dans le monde, connaissent un fonctionnement ininterrompu de leur système politique.
Par ailleurs, dans leur indice annuel publié à la mi-2001
[8] – évaluant plus
de 160 pays – les Nations Unies font figurer quatre fédérations (Australie,
Canada, Belgique et États-Unis) parmi les six premiers en matière de qualité de vie, mesurée à l’aune d’une moyenne pondérée de l’espérance de vie,
de l’alphabétisme adulte, de la scolarisation et du produit intérieur brut par
tête d’habitant. Ces fédérations sont suivies de très près par la Suisse et
l’Allemagne.
Un certain nombre d’études comparatives empiriques récentes
[9] soulignent que les régimes fédéraux se démarquent des états unitaires par la qualité de leur gouvernance et les résultats obtenus. Il semblerait que les
fédérations, compte tenu de leurs contraintes et possibilités spécifiques d’action politique, se caractérisent généralement par de meilleurs résultats macroéconomiques tels que des taux de croissance plus élevés et des pressions
inflationnistes plus faibles, et par une gouvernance plus authentiquement
démocratique ainsi que par la stabilité politique. En effet, la concurrence
entre les gouvernements au sein des fédérations semble avoir conduit à des
innovations dont ont bénéficiées leurs citoyens.
Les enseignements de l’expérience :
les fondements d’un fédéralisme efficace
Parallèlement, l’expérience internationale des fédérations au fil des 60 dernières années nous a enseigné quatre grandes leçons
de prudence
[10]. Premièrement, les régimes politiques fédéraux offre une voie de concrétisation des
avantages de l’unité et de la diversité,
mais ils ne sont
en aucun cas une
panacée pour tous les maux politiques de l’humanité, ni une voie efficace
dans les pays où les conditions préalables nécessaires ne sont pas réunies.
Deuxièmement, compte tenu de l’inévitable interdépendance des différents
gouvernements qui tissent un partenariat fédéral, la promotion d’une coopération intergouvernementale qui n’étouffe pas l’autonomie et l’initiative des
gouvernements à tous les niveaux est indispensable. Troisièmement, le degré d’efficacité d’un régime politique fédéral ne dépend pas seulement de sa
structure constitutionnelle mais bien d’avantage de l’acceptation par le public de la culture politique du fédéralisme, de la nécessité d’apprécier la
diversité et de promouvoir le respect mutuel, d’un sens d’appartenance à la
communauté avec ses règles, du respect des normes constitutionnelles et
d’un esprit de tolérance et de compromis. En leur absence, les constitutions
fédérales ont tendance à devenir de simples façades qui peuvent occulter
l’autoritarisme et la centralisation. Quatrièmement, la capacité pour un régime fédéral de concilier différentes réalités politiques ne dépend pas seulement de l’adoption d’aménagements fédéraux, mais de l’expression suffisante
ou non des besoins de
sa société par l’adoption d’une forme précise d’institutions fédérales ou d’une variante de celles-ci.
La diversité d’application de l’idée fédérale
Il n’y a pas de forme idéale universelle d’un modèle fédéral applicable partout. L’application de l’idée fédérale a connu de nombreuses variations. Pour
illustrer ce propos, nous pouvons évoquer les grandes différences du nombre d’unités constitutives et de leur poids, les différences dans la forme et la
portée de la répartition des compétences législatives et exécutives, des ressources financières, les différences de degré de centralisation ou de décentralisation, d’intégration économique, les différences dans la nature et la
composition des institutions centrales, les différences entre les processus
qui facilitent la coopération intergouvernementale, les différences dans la
structure et le rôle des tribunaux, et dans l’importance accordée aux droits
individuels et collectifs. Par ailleurs, si l’interdépendance gouvernementale
est le propre de tout régime politique fédéral, le degré de resserrement de
ces relations intergouvernementales, plus étroit en Allemagne et plus relâché au Canada, varie énormément.
Enfin, le fédéralisme est une technique pragmatique dont l’applicabilité
peut dépendre de la forme précise de son adoption ou du développement
d’innovations dans son application. En effet, ces dernières années sont caractérisées par un grand nombre d’innovations dans l’application de l’idée
fédérale.
Quatre tendances récentes méritent d’être évoquées. Il s’agit tout d’abord
du développement de systèmes hybrides, qui conjuguent des éléments d’institutions fédérales et unitaires, comme c’est le cas de l’Afrique du Sud, ou
des éléments d’institutions confédérales et fédérales, comme c’est le cas de
l’Union européenne
[11]. Une autre tendance voit aussi des fédérations devenir
elles-mêmes membres constitutifs de systèmes fédéraux plus larges ou d’organisations supra-fédérales telles que l’Union européenne ou l’ALENA
[12].
On relève aussi un nombre croissant de cas de relations asymétriques entre
les unités constitutives et le système fédéral ou quasi-fédéral
[13]. Le Canada,
la Malaisie, l’Inde, l’Espagne, la Russie, le Royaume-Uni et l’Union européenne en sont des exemples remarquables. Enfin, on observe également
qu’un certain nombre de fédérations inscrit dans leur constitution un statut
et des compétences dévolues aux collectivités locales en tant que troisième
niveau de gouvernement
[14].
À l’aube de ce 21e siècle, l’application du principe fédéral gagne en fluidité
avec l’élargissement de l’éventail des institutions et pratiques fédérales dans
le monde. L’expérience révèle que les fédérations ne sont jamais statiques
mais doivent évoluer en permanence pour répondre aux besoins et aux environnements en mutation. À l’instar de Milton qui prétend que la liberté ne
peut jamais être acquise une fois pour toutes, mais doit être redéfendue par
chaque génération, le fédéralisme dans ce 21e siècle qui commence nécessitera un engagement renouvelé de chaque génération pour réaliser à nouveau
l’équilibre fédéral adéquat entre unité et diversité dans des conditions en
mutation.
[1]
LASKI H., “The Obsolescence of Federalism”,
The New Republic, xcvii, 1939, p. 367.
[2]
JENNINGS I. (Sir),
Some Characteristics of the Indian Constitution, London – Oxford University
Press, 1953, p. 55
[3]
BELOFF M., “The Federal Solution in Its Application to Europe, Asia and Africa”,
Political Studies,
1,1953, p. 114.
[4]
Ibid. ; WATTS, R.L.,
New Federations : Experiments in the Commonwealth, Oxford, Clarendon
Press, 1966.
[5]
HICKS U. K.,
Federalism : Failure and Success : A Comparative Study, London and Basingstoke,
The MacMillan Press Ltd., 1978.
[6]
International Social Science Journal, Special Issue on Federalism, n° 167, March 2001.
[7]
COURCHENE T. J., “Glocalization : The Regional/International Interface,”
Canadian Journal of
Regional Science, 18 : 1,1995, pp. 1-20.
[8]
NATIONS UNIES,
Indice annuel des Nations Unies sur le développement humain, 2001.
[9]
Voir par exemple : WACHENDORFER-SCHMIDT U., (ed.),
Federalism and Political Performance,
New York, Routledge, 2000.
[10]
ELAZAR D.J., “International and Comparative Federalism”,
PS : Political Science and Politics,
26( 2), 1993, pp. 190-195 ; WATTS, R. L.,
Comparaison des Régimes Fédéraux, deuxième édition,
Montreal and Kingston, London-Ithaca, McGill-Queen’s University Press, 2002, pp. 113-127.
[12]
Ibid., pp. 70-71.
[13]
AGRANOFF R., (ed.),
Accommodating Diversity : Asymmetry in Federal States, Baden-Baden,
Nomos Verlagsgesellschaft, 1999.
[14]
WATTS R.L., op. cit., 2002, p. 72.