2003
Revue internationale de politique comparée
Les capitales fédérales, une comparaison
Caroline Van wynsberghe
Peu d’études sur le fédéralisme se sont intéressées aux capitales des États fédéraux. Cet article présente les différents critères servant de base à notre analyse. En
fonction de leur statut dans la fédération (district fédéral, ville-État ou capitale
dans un État fédéré), on peut étudier l’autonomie (financière ou, plus globalement,
dans l’exercice de leurs compétences) dont les capitales fédérales disposent. Il est
également possible de mettre en évidence l’existence d’une représentation (ou non)
au niveau fédéral. Enfin, nous nous intéressons au choix de leur localisation. Àpartir
de cette grille d’analyse, nous commenterons et comparerons la manière dont se
réalise, au sein de ces capitales, l’équilibre entre les intérêts fédéraux et les intérêts
locaux.
Few studies of federalism have given any significant consideration to the capital
cities of the federal states. This article presents the various criteria which provide
the basis for our analysis. Depending on their status within the federation (federal
district, city-state or capital in a federated state), we can study the autonomy (financial
or more generally, in terms of exercising their powers) available to the federal capitals.
It is also possible to make a distinction with regard to the existence of a representation
(or otherwise) at the federal level. Finally, we consider the choice of their location.
Using this analytical structure, we discuss and compare how within these capitals,
balance is achieved between federal and local interests.
Pocos estudios sobre el federalismo se han interesado en las capitales de los Estados
federales. Este artículo presenta los diferentes criterios que sirven de base a nuestro
análisis. En función de su estatuto en la federación (distrito federal, ciudad-Estado
o capital en un Estado federado), puede estudiarse la autonomía (financiera o, de
manera más global, en el ejercicio de sus competencias) de la que disponen las
capitales federales. Asimismo, es posible poner de manifiesto la existencia de una
representación (o no) a nivel federal. Por último, nos interesamos en la elección del
lugar donde se sitúa. A partir de este cuadro de análisis, comentaremos y
compararemos la manera en que se realiza, en el seno de estas capitales, el equilibrio
entre los intereses federales y los intereses locales.
Les études sur le fédéralisme s’intéressent, en règle générale, aux institutions des fédérations et aux rapports entre les niveaux de pouvoir. Dans cet
article
[1], notre approche sera plus spécifique puisque nous nous focaliserons
sur une entité particulière dans les États fédéraux : la capitale, tout en prenant également en compte ces deux dimensions. C’est un sujet relativement
neuf. Seuls deux auteurs, Donald Rowat et Charles Harris, ont ouvert la
voie, publiant chacun un ouvrage de référence
[2] en matière d’analyse comparée des capitales fédérales.
Nous avons décidé d’analyser les capitales de dix-sept pays fédéraux
[3].
Les Constitutions de ces pays indiquent toutes qu’il s’agit d’États fédéraux.
Malgré les statuts historiques différents de ces États, il a paru pertinent de
rassembler des informations concernant leur capitale
[4] puisque ce qui nous
intéresse est la manière dont il a été décidé de gérer cette ville. La comparaison se fera à partir de critères bien définis qui sont autant de pistes de recherche.
Nous commencerons par nous intéresser à la position de la capitale dans
la structure fédérale. Il s’agira de voir à quel type d’entité correspond la
capitale fédérale. Nous effectuerons, comme Harris l’a fait, un classement
en trois catégories : les districts fédéraux, les villes-États et les capitales
dans des entités fédérées.
En fonction de sa position dans la structure institutionnelle du pays, la
capitale jouit d’une autonomie plus ou moins large. À ce titre, elle pourra
exercer un certain nombre de compétences. Nous examinerons alors le degré d’autonomie (self-government) des capitales en dégageant les grandes
tendances et en isolant les cas particuliers.
Nous traiterons de manière spécifique ce qui relève du contrôle du budget et du financement. Nous vérifierons l’effectivité de l’autonomie de la
capitale en nous interrogeant sur son indépendance financière (c’est-à-dire
les sources de financement et le droit de décider ou non de son budget).
Nous aborderons ensuite la représentation au fédéral des villes-États et
des districts fédéraux. En effet, ceux-ci sont des entités fédérées et devraient
bénéficier, comme les autres, de représentants au Parlement fédéral. Cette
présence au sein de l’assemblée législative permet de prendre en compte,
dans la gestion du pays, les intérêts de la capitale et de ses habitants comme
ceux de leurs concitoyens d’autres parties de la fédération.
Le dernier critère renvoie à la question du choix de la localisation de la
capitale fédérale. Nous distinguerons les capitales planifiées des capitales
historiques et nous exposerons les raisons de cette implantation.
Étudier chacun de ces points revient à explorer différentes dimensions
des capitales fédérales, ce qui facilite ainsi l’analyse comparée.
Les critères de classification des capitales fédérales
La position dans la structure fédérale
Cette question est liée à la manière dont on veut équilibrer les intérêts locaux et les intérêts fédéraux. Elle est à la source de la rédaction des ouvrages
de Rowat et Harris. Cette question, si elle se pose dans tous les pays, est sans
doute plus pertinente encore dans les États fédéraux. En effet, ceux-ci sont
contraints, plus encore que d’autres pays, à trouver un terrain d’entente, à
concilier les intérêts de toute une population, de différentes cultures, de différents groupes linguistiques,… Il est donc important, dans ces contextes,
de préserver un lieu commun, neutre, ne favorisant aucune composante de
ces États à facettes multiples. Des susceptibilités linguistiques, culturelles,
religieuses ou ethniques sont, le plus souvent, à ménager.
Comme Harris, nous distinguons, dans cet article, trois types de capitales fédérales. Le premier est le district fédéral dont l’appellation ne désigne
qu’un objet assez flou, une sorte d’entité pas tout à fait État et pas tout à fait
municipalité. Les deux autres sortes de capitales ont un statut bien précis
commun à d’autres entités du pays. Ainsi, le cas le plus simple est sans
doute celui de la capitale dans un État fédéré mais il existe également des
capitales qui sont des entités fédérées à part entière.
Le district fédéral [5]
Nous pouvons considérer le district fédéral comme étant une entité fédérée
sui generis avec priorité du pouvoir fédéral et une autonomie variable. En
effet, ce titre met en évidence une spécificité et indique une certaine tutelle
de l’État fédéral. Le district fédéral est donc une composante de l’État fédéral mais une composante pas tout à fait comme les autres puisqu’elle dispose de pouvoirs ou de compétences plus ou moins limités en tant que
capitale.
La priorité est donc délibérément accordée au fédéral. Ainsi, l’exemple
le plus frappant est sans doute le précurseur, Washington. Dans cette capitale, la logique fédérale supplante tellement les intérêts des habitants de la
ville que ceux-ci sont privés d’une représentation réellement démocratique
au Congrès national. Cependant, le degré de mainmise du fédéral varie selon les pays et les époques. Alors qu’au Nigeria, Abuja n’a toujours aucune
autonomie, nous assistons à une augmentation progressive du
self-government de certains districts comme Brasília et Canberra, par exemple, qui ont récemment gagné certains droits acquis depuis toujours par
d’autres villes ou États du pays.
La capitale dans un État fédéré [6]
Une capitale dans un État fédéré est avant tout une ville mais elle a la particularité d’accueillir les instances de direction et de gouvernement du pays.
Ce genre de capitale est donc quasiment gérée comme toute autre municipalité de l’État fédéré dans lequel elle se situe.
Certaines de ces capitales le sont doublement car elles sont aussi capitales de l’entité fédérée à laquelle elles appartiennent. Les cas actuels sont
Berne et Belgrade. Ce sont les seuls qui subsistent encore, si l’on excepte
Abu Dhabi (Émirats arabes Unis) que nous n’étudierons pas ici. En effet, le
Pakistan, par exemple, a renoncé au double statut de Karachi qui était capitale de la province et du pays. Ce cumul n’est pas sans difficulté puisqu’il
introduit des responsabilités supplémentaires pour la ville et des charges en
plus à assumer.
La ville-État [7]
Ce troisième type est un peu particulier. Il s’agit d’une ville (une agglomération de communes) qui constitue en elle-même une entité fédérée, c’est-à-dire à qui l’État fédéral reconnaît des compétences et des pouvoirs au même
titre qu’aux autres entités fédérées du pays (pour autant qu’elles aient le
même statut) et qui est, en plus, la capitale de la fédération.
Bruxelles est bien une ville-État qui est, en outre, capitale d’entités fédérées belges puisque qu’elle est le siège des institutions de la Communauté/
Région flamande et de la Communauté française. De plus, elle a une dimension internationale non négligeable car elle accueille les principaux organes
de l’Union européenne, sans oublier d’autres organismes internationaux
comme l’OTAN. La capitale belge, comme Berne ou Belgrade, cumule donc
les niveaux de représentation. Le prix à payer pour cette fonction est souvent financier : de nombreux frais sont induits par cette accumulation de
responsabilités, sans oublier le maintien de l’ordre public.
L’autonomie et les compétences
Ce critère est intrinsèquement lié au premier puisque c’est la position dans
la structure fédérale qui détermine l’autonomie institutionnelle plus ou moins
large de la capitale fédérale. Il n’est dès lors pas étonnant que ce soient les
districts fédéraux qui jouissent du moins d’autonomie. La tutelle de l’État
prend différentes formes selon les pays. On notera tout d’abord le cas extrême d’Abuja qui est entièrement sous la coupe du Président fédéral et de
l’assemblée nationale. Brasília jouit des pouvoirs exécutif et législatif, mais
contrairement aux autres entités fédérées du pays, elle ne dispose pas du
judiciaire qui est conservé par le fédéral. À Canberra, la National Capital
Authority joue un rôle de planification de la ville tandis qu’à Buenos Aires,
la seule interférence du fédéral concerne la police et la justice; pour le reste,
il s’agit d’une entité fédérée comme les autres dans le pays. Washington n’a
gagné son “Home Rule” qu’en 1973, ce qui n’a pas pour autant signifié une
indépendance totale puisque, entre 1995 et 2001, la gestion de la ville a été
soumise au contrôle d’un comité de surveillance financière désigné par le
Président américain.
Les statuts sont donc fort hybrides, combinant l’exercice des pouvoirs
dans différents domaines. Deux illustrations américaines : Washington est
présentée comme jouant le rôle, à la fois, d’une ville, d’un comté et d’un
État
[8] tandis que Brasília serait plutôt une entité d’un troisième genre, ni
ville, ni État
[9].
Les villes capitales dans un État fédéré sont plus autonomes. Belgrade,
Berne et Ottawa disposent toutes les trois des organes municipaux “classiques” (conseils municipaux et collèges exécutifs). Ce sont donc des capitales, mais avant tout des villes. À Ottawa, cependant, le fédéral a voulu
s’assurer du respect des intérêts de tous les Canadiens. Après avoir développé différents organes de planification depuis le XIX
e siècle, le Parlement
canadien s’est définitivement fixé en 1958 en votant la Loi sur la capitale
nationale et en créant, l’année suivante, la
Commission de la Capitale Nationale (CCN). Cette agence fédérale dispose d’un mandat d’aménagement
et de promotion de la région de la capitale
[10].
Les villes-États, quant à elles, sont, au point de vue institutionnel, similaires aux autres entités fédérées nationales de même niveau, à quelques
détails près pour Bruxelles dont le plus important sans doute est qu’elle ne
dispose pas de l’autonomie constitutive comme la Wallonie ou la Flandre.
Notons que cela pourrait changer dans les années à venir. Berlin, Bruxelles,
Moscou et Vienne disposent d’organes législatifs et exécutifs propres régissant les matières fédérées.
Le contrôle du budget et le financement de la capitale
Une capitale, qu’elle soit fédérale ou non, doit faire face à de nombreuses
responsabilités et dépenses inhérentes à son statut particulier. Une compétence particulièrement importante pour lui garantir un certain degré d’autonomie est le contrôle du budget. De plus, l’existence de transferts fédéraux
est à prendre en compte également. Ces transferts se justifient par les frais
de représentation ou d’accueil des institutions nationales et internationales.
La manière dont la capitale doit organiser et assumer financièrement les
responsabilités liées à son statut nous indique la mesure de son indépendance par rapport au fédéral. En effet, si certaines capitales ne reçoivent
aucun financement fédéral, celui-ci ne pourra intervenir que difficilement
dans la gestion de la ville, tandis que si le fédéral finance largement le budget de la capitale, il disposera d’un plus grand droit de regard sur l’utilisation de ces fonds. Il en va de même si le budget doit lui être soumis pour
approbation.
Les districts fédéraux sont financés avec des doses variables de tutelle.
C’est ainsi que Brasília reçoit des transferts compensatoires fédéraux, mais
comme elle ne dispose d’aucune compétence judiciaire, c’est le fédéral qui
prend totalement en charge la justice dans la capitale. En Argentine, il existe
un accord entre le fédéral et les entités fédérées sur la répartition des taxes
fédérales tandis que la “Commonwealth Grants Commission” est l’organe
australien qui distribue les fonds fédéraux aux États et Territoires (et donc à
Canberra, l’Australian Capital Territory). Au Mexique, c’est le Président
qui propose au Congrès de l’Union le montant du transfert vers Mexico
City, sur base d’une proposition du chef du gouvernement du district. Le cas
de l’organe fédéral de contrôle des dépenses de Washington est un autre
exemple de tutelle de la fédération.
En ce qui concerne les villes-États et les capitales dans un État fédéré,
nous pouvons relever une tendance plus “solidaire” dans les modes de financement. En témoigne le système typiquement germanique de la péré-quation financière. À part quelques indemnités d’installation dont Berlin a
pu bénéficier lors du transfert depuis Bonn, la capitale allemande ne reçoit
pas de subventions fédérales mais, par contre, elle participe, au même titre
que les autres Länder, à un mécanisme de solidarité financière. Le principe
est similaire à Vienne et de la même inspiration à Berne qui ne reçoit du
fédéral qu’une aide limitée aux domaines culturels et de sécurité.
À Moscou, un système d’échanges financiers – concernant la capitale
uniquement – a été mis sur pied. Celui-ci est inspiré de la péréquation puisqu’il s’agit également d’un mécanisme de solidarité. En Russie, la capitale
contribue au budget fédéral par le payement de taxes et reçoit des fonds
fédéraux en échange de l’accueil des institutions (sorte de loyer des bâtiments attribués aux autorités fédérales). En Belgique, le financement direct
des entités fédérées – et donc de Bruxelles – est basé sur un principe du
“juste retour territorial”
[11], c’est-à-dire de la “localisation régionale des ressources”
[12]. En outre, suite à l’émigration de Bruxellois vers d’autres parties
du pays, la capitale a perdu une part de sa source de financement (essentiellement un transfert partiel des recettes de l’impôt sur les personnes physiques). C’est ainsi que, depuis 1997, la Région bruxelloise bénéficie, ainsi
que le prévoit la Loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des
Communautés et des Régions et comme c’était déjà le cas de la Région
wallonne, d’un revenu complémentaire de solidarité (“
Intervention de solidarité nationale”)
[13]. Par ailleurs, il existe aussi en Belgique des “
accords de
coopération”. Ceux-ci concernent les entités fédérées entre elles ou impliquent l’État fédéral et une entité fédérée et entraînent une collaboration (financière) des parties dans un domaine particulier.
La représentation au fédéral
Ce critère se rapporte aux droits citoyens attribués aux habitants des entités
fédérées, en fait seulement aux villes-États et districts fédéraux. Les capitales dans des États fédérés ne sont pas relevantes ici puisqu’il s’agit de municipalités au même titre que les autres du pays.
À l’exception du Venezuela, tous les États fédéraux sont caractérisés par
un Parlement bicaméral. Tout d’abord, il est bien évident que les citoyens de
ces capitales jouissent d’une représentation dans les Chambres dites en général “Chambres des représentants”. Comme on le sait, la logique fédérale
attribue à l’une des deux Chambres le rôle de représenter les entités fédérées. De fait, dans presque tous les États fédéraux, la seconde chambre représente les entités fédérées en tant que telles. Ce n’est pas le cas en Belgique
où le Sénat ne présente pas les Régions comme telles, mais les Communautés, ce qui exclut Bruxelles d’une représentation spécifique à ce niveau.
En ce qui concerne les districts fédéraux, leur représentation au sein d’organes fédéraux nous permettra d’évaluer la mesure selon laquelle les droits
de leurs citoyens sont pris en compte par rapport à ceux des autres citoyens
de leur pays. Avec le temps, les districts fédéraux sont de plus en plus assimilés aux autres entités fédérées. On constate ainsi que tous les districts
fédéraux, à l’exception de Washington, ont des représentants au fédéral via
la Chambre des États. Le “District of Columbia” n’a qu’une déléguée à la
Chambre basse ( House of Representatives) et, encore, elle ne dispose que
d’une voix consultative, ce qui entraîne le mécontentement des habitants du
district, qui se considèrent souvent comme des citoyens de seconde zone ne
disposant pas des mêmes droits que les autres Américains.
La localisation
Les chercheurs, qu’ils soient politologues ou autres (sociologues, économistes ou même architectes, par exemple), s’accordent à reconnaître l’importance symbolique de la capitale dans un pays. Elle est toujours vue comme
représentant l’unité nationale. Les citoyens de tout le pays doivent pouvoir
s’identifier à leur capitale, et pas seulement les habitants de celle-ci. La capitale est aussi une des premières images du pays véhiculées à l’étranger.
C’est pour ces raisons que le choix de la localisation de la capitale est un
point crucial dans l’établissement de cette première ville du pays
[14].
Les capitales planifiées
On peut qualifier de planifiées les capitales qui ont été créées de toutes pièces dans le but de servir de siège aux institutions nationales. Les raisons
motivant cette nouvelle implantation sont diverses mais la principale est
certainement d’établir la capitale dans un lieu neutre, éloigné de toute tension entre composantes de la fédération. C’est ainsi qu’a été justifiée l’existence des districts fédéraux. Voilà sans doute pourquoi, à l’exception de
Buenos Aires, Mexico City et Kuala Lumpur, tous les districts fédéraux sont
des capitales planifiées.
Le premier cas a été Washington car les pères fondateurs américains souhaitaient assurer l’indépendance du gouvernement fédéral. La capitale
américaine a alors servi de modèle, notamment pour Brasilía, Islamabad,
Abuja ou Canberra. Les gouvernements brésilien, pakistanais, nigérian et
australien avaient, d’ailleurs, chacun chargé une commission de trouver la
meilleure localisation possible pour accueillir le siège des institutions fédérales.
Brasília a été sélectionnée car elle était synonyme d’ouverture sur l’intérieur du pays tout en garantissant une meilleure sécurité, ce que Rio, ville
côtière, ne permettait pas. Islamabad a remplacé Karachi qui était déjà le
siège des institutions provinciales afin de permettre la création d’une plus
grande capitale dans laquelle tous les Pakistanais se reconnaîtraient. Lagos,
quant à elle, a été supplantée par Abuja pour les mêmes raisons que dans ces
deux pays. Lors de l’indépendance de l’Australie, il était prévu que la capitale disposerait de son territoire propre dans les Nouvelles Galles du Sud et
c’est ainsi que Canberra a été créée. Cela a permis d’éviter que Melbourne
et Sydney ne se disputent le siège des institutions du pays. New Delhi, par
contre, n’est qu’une extension de Delhi et la métropole capitale ( National
Capital Territory) englobe ces deux villes.
Les capitales historiques [15]
Par opposition aux capitales planifiées, on peut parler de capitales historiques. Dans les cas les plus simples (Bruxelles, Buenos Aires ou Vienne,
pour ne citer qu’eux), ce qualificatif viendrait de la tradition, du fait que ces
villes ont toujours hébergé les principaux organes de direction du pays. Berlin peut également être considérée comme une capitale historique tandis que
Bonn n’a été qu’une capitale provisoire, le temps que des élections démocratiques puissent être tenues dans un Berlin unifié. Bonn était loin de faire
l’unanimité en 1949. Hambourg, Munich, Francfort ou Cologne étaient pressenties mais, d’après Konrad Adenauer, Bonn avait l’avantage d’être située
sur le Rhin
[16]. Au Canada également, de nombreuses discussions ont eu lieu
(Québec, Montréal, Toronto et Kingston étaient en lice) et Ottawa ne doit
son statut de capitale qu’à la Reine Victoria, finalement appelée à trancher
en 1857. Cette ville a l’avantage d’être au confluent géographique des deux
principales cultures canadiennes : anglophone et francophone.
Le cas bernois est plus particulier puisque nulle part dans les textes officiels suisses on n’en parle comme étant la capitale mais bien comme une
“ville fédérale”. À l’origine, le siège des institutions helvétiques était tournant. Au moment où il a été décidé que ce système n’était plus viable, il a
fallu départager les principales villes du pays dont Berne et Zurich. Bien
que Berne ne puisse être considérée comme une capitale historique au même
titre que les autres, c’est l’appellation qui convient finalement le mieux, la
ville n’ayant pas été créée pour l’occasion.
L’équilibre fédéral/local
L’axe des intérêts
La question qui anime toute réflexion sur les capitales fédérales est celle de
l’équilibre entre intérêt fédéral et intérêt local. Nous allons illustrer notre
démarche en construisant un axe
[17] dont l’extrême gauche correspond à une
priorité exclusivement portée sur les intérêts fédéraux et dont l’opposée serait un intérêt entièrement tourné vers le local. Nous obtenons ainsi un outil
pratique pour représenter la situation de chaque pays et permettant la comparaison des différents cas afin de dégager des tendances ou, encore, de
mettre en évidence les cas particuliers.
Cette question d’équilibre a été à la base des ouvrages de Rowat et Harris. Pour se rendre compte de la formule spécifique de chaque cas et les
comparer, nous essayerons d’abord de représenter les cas concrets sur l’axe
des intérêts.
Les localisations sur l’axe ont été effectuées en fonction des différents
critères de départ mais sans pouvoir établir d’écarts précis. Cet outil n’est,
en effet, pas issu de calculs mais bien d’une mise à plat de tendances et d’un
regroupement de situations similaires.
Cette représentation permet de se faire une idée des regroupements géographiques des types de capitales. Les districts fédéraux se retrouvent dans
la partie gauche de l’axe, c’est-à-dire celui des intérêts de la fédération. Au
contraire, les capitales jouissant d’un autre statut se situent du côté droit, ce
qui revient à dire que la priorité va aux intérêts locaux.
Les constantes de l’analyse comparée des capitales fédérales
Il apparaît que les groupes que nous avons pu établir correspondent chacun
à une aire continentale. Il y aurait donc également une influence culturelle
sur le statut et l’autonomie des capitales fédérales. La culture a peut-être
autant d’impact que le facteur géographique puisqu’on pourrait regrouper
Canberra et Ottawa également. Ces deux capitales ont des statuts différents
mais un point commun : la proximité culturelle avec l’Angleterre.
Tableau 1
axe intérêts fédéraux/intérêts locaux –
Les districts fédéraux
Les districts fédéraux ont des statuts variables. Si les législateurs des pays
concernés ont été inspirés, à l’origine, par l’exemple de Washington, ce
modèle a vite été dépassé. Les cas de Canberra et de Brasília sont les plus
flagrants puisqu’une autonomie de plus en plus large a été attribuée au gouvernement de la ville et aux citoyens. Alors que ceux de Washington se
battent encore et toujours pour le respect des droits à l’élection d’un véritable représentant au Congrès et pour celui du self-government, l’Australie et
le Brésil n’ont pas attendu les mouvements de protestation pour faire un pas
vers la prise en compte des intérêts locaux.
Abuja est l’extrémité opposée à celle que nous venons d’évoquer puisque, suivant une définition stricte de ce que pourrait être un district fédéral –
une entité du pays dont l’autorité est exercée, pour l’essentiel, par le gouvernement fédéral afin de garantir la pérennité de l’intérêt général – le fédéral
dispose de tous les pouvoirs. Les organes locaux de direction et de gestion,
comme ils peuvent exister dans les autres États du pays, sont remplacés par
le fédéral, tant pour l’exécutif, le législatif que le judiciaire. Il faut cependant souligner que, alors qu’Abuja n’a aucune autonomie locale, les habitants de la capitale nigériane peuvent tout de même élire des représentants
au Parlement fédéral. Cela paraît paradoxal si l’on compare avec Washington qui attribue une certaine marge de manœuvre locale sans donner de réelle
représentation fédérale.
Les cas latino-américains sont révélateurs d’une tendance vers plus d’autonomie. Nous avons déjà évoqué Brasília mais il en va de même pour les
fédérations hispanophones. Mexico City, Buenos Aires et Caracas sont en
train de gagner en indépendance et en autogestion. Mexico a vécu un long
processus d’autonomisation qui semble lancé maintenanttandis que Buenos Aires a acquis récemment de nouveaux organes de direction municipale
et Caracas tente de définir son gouvernement local avec une loi spéciale,
comme le prévoit la récente Constitution vénézuélienne.
Les capitales orientales disposent désormais d’institutions locales mais
elles sont autonomes à des degrés divers et, surtout, elles n’exercent pas
toujours un pouvoir effectif (il y a longtemps eu des conseils consultatifs).
Bien qu’en de nombreux points de vue (géographique, culturel, économique, … ) éloignées de Washington, Kuala Lumpur, New Delhi et Islamabad
sont donc finalement assez proches de la situation américaine en matière
d’indépendance de la capitale puisque, dans tous les cas, le fédéral garde un
droit de regard assez important sur la gestion de la ville.
Les villes-États et les capitales dans des États fédérés
Comme nous l’avions suggéré au départ, ce sont les cas des villes-États et
des capitales dans un État fédéré qui sont les plus évidents. Les raisons en
sont nombreuses. Tout d’abord, ces capitales sont assez anciennes et, à l’exception de Bruxelles, elles ont subi peu de réformes récentes (Berlin était
déjà la capitale allemande avant de devoir céder le témoin à Bonn).
En outre, nous devons noter que sur sept pays ayant choisi d’attribuer un
de ces statuts au siège de leurs institutions, trois sont de tradition germanique (Allemagne, Autriche et Suisse) et trois autres sont également européens puisqu’il s’agit de la Belgique, de la Russie et de la Yougoslavie.
Dans ces pays, la capitale est plutôt autonome du fédéral. C’est ainsi que les
habitants de ces villes ont strictement les mêmes droits que leurs concitoyens de cet État (pour les capitales dans un État) ou que ceux des autres
entités fédérées de même statut (pour les villes-États).
On retrouve la caractéristique germanique dans le mode de financement
des différentes entités (tant fédérées que locales). Tout passe par un mécanisme de solidarité financière. Il s’agit d’ailleurs de la seule source de revenus fédéraux de ces capitales. Aucune ne reçoit de transferts de compensation
(si ce n’est le “loyer” des bâtiments fédéraux). Les cas de Belgrade, Moscou
et Bruxelles sont assez similaires. On peut donc voir une dimension européenne dans ce genre de capitales. C’est d’autant plus vrai qu’il n’existe pas
de districts fédéraux sur le “vieux” continent.
Ottawa est un cas un peu plus particulier. Son statut de capitale dans un
État fédéré, est tempéré par l’existence de la Commission de la Capitale
Nationale qui représente l’intérêt fédéral. La CCN est dirigée par des Canadiens de toutes les Provinces et elle brasse des financements fédéraux. Cette
capitale se veut clairement le symbole de l’unité nationale. Il faut aussi noter sa spécificité : elle est à cheval sur deux provinces canadiennes (la Région de la Capitale Nationale s’étend sur les villes d’Ottawa en Ontario et de
Gatineau au Québec). C’est une première en matière de capitales fédérales.
Cependant, il n’existe pas (encore) de réelle coordination des politiques entre les deux municipalités de la Région de la Capitale Nationale, si ce n’est
celle exercée par la CCN. Les responsables politiques de la capitale canadienne s’étant rendu compte de cette lacune, un Comité tripartite réunit ponctuellement depuis 2002 le président de la CCN et les maires d’Ottawa et de
Gatineau.
Nous pouvons observer que les capitales fédérales se répartissent le long de
cet axe sans qu’il soit possible d’y déterminer un point d’équilibre absolu.
En réalité, on doit considérer que l’équilibre est une notion relative à chaque
pays ou, plus particulièrement, à chaque culture si l’on prend en compte les
groupes mis en évidence dans le schéma.
Nous devons prendre en considération un dernier élément : l’existence
ou non de mouvements d’aspiration au changement au sein des capitales
fédérales. Nous pouvons, dans certains cas, mettre en évidence des tensions,
parfois liées au conflit d’intérêt classique fédéral/local ou encore à certains
sentiments de frustration.
Enfin, ce que l’axe ne montre pas, c’est le caractère pluraliste ou non de
l’État fédéral. La question de l’équilibre entre fédéral et local, dans les fédérations pluralistes, est avant tout une question politique, ce qui n’est pas le
cas dans les États fédéraux homogènes. Un État pluraliste comme la Belgique est traversé par des tensions entre majorité et minorité. Le statut de
Bruxelles est fragile, c’est pourquoi le statu quo est souvent préféré. Donner
la priorité au fédéral reviendrait à donner plus de pouvoir à la majorité flamande du pays alors que Bruxelles est peuplée majoritairement de francophones, minoritaires en Belgique. Le cas bruxellois illustre l’enjeu du
problème de la balance des intérêts dans les fédérations pluralistes. Les États
homogènes comme les États-Unis, pour ne citer qu’eux, ne sont pas confrontés à ce genre de situation.
Washington est certainement la capitale fédérale où les revendications
pour plus d’autonomie se font le plus sentir. C’est un véritable “Home Rule”
que les résidents de la capitale souhaitent. En effet, il leur paraît injuste de
payer des impôts comme tous les citoyens américains mais de ne pas jouir
des même droits qu’eux. Une véritable mobilisation a lieu autour de ces
exigences.
Bruxelles fait l’objet de réflexions quant à son avenir et de nombreux
scénarios, de nature variée, ont déjà vu le jour. Depuis peu, la Cobru (Conférence bruxelloise) réunit des mandataires politiques bruxellois afin de discuter d’éventuelles réformes institutionnelles. Ponctuellement, d’ailleurs,
les hommes politiques font l’une ou l’autre proposition. Celle qui a eu le
plus d’écho médiatique est sans doute celle qui visait à en faire un district
européen, une sorte de Washington de l’Union européenne
[18].
Au Venezuela, la situation actuelle est confuse. La Constitution de 1999
prévoyait qu’une loi spéciale fixe le statut de Caracas. Cette loi a été votée
mais est contestée car son objet n’est pas clair. Il y a en effet des contestations quant à la zone considérée comme étant la capitale; visiblement, la
Constitution et la loi spéciale ne s’entendent pas sur les termes. Des changements sont probables mais ne doivent sans doute pas être une priorité vu le
contexte politique actuel.
Le Canada s’interroge sur le développement de sa capitale et cela se
traduit dans les travaux de la Commission de la Capitale Nationale. De même,
l’équivalent de la CCN en Australie, la National Capital Authority de Canberra effectue la même démarche visant à garantir les intérêts de tous les
citoyens du pays.
Nous constatons donc que, pour ce qui est des districts fédéraux, beaucoup de revendications pour plus d’autonomie subsistent en règle générale.
C’est compréhensible au vu de leur localisation sur l’axe. Par contre, les
capitales des pays germaniques et d’Europe centrale et orientale semblent
se regrouper à l’extrême-droite de notre graphique. Les habitants de ces
villes n’ont donc a priori aucune raison de se plaindre du statut et de l’autonomie de leur capitale. Cependant, les intérêts fédéraux sont moins pris en
compte qu’ailleurs mais l’État fédéral semble se contenter de la situation
actuelle.
Sur le plan de l’opinion publique et dans les pays démocratiques, un
point d’équilibre pour un pays serait sa situation sur l’axe où il n’existerait
plus de revendications locales ou fédérales. La combinaison idéale dans ce
cas serait donc un lieu remportant l’adhésion des parties en présence. L’absence de mouvement de contestation devrait donc suffire à indiquer ce point.
Il n’y aurait alors pas de raison de modifier une situation déjà existante si
elle contente tous les acteurs, tant locaux que fédéraux.
L’analyse menée dans cet article prend en compte l’élément temporel car
les capitales fédérales ne sont pas des objets figés ; leurs statuts évoluent.
Souvent donc, des revendications quant à la gouvernance de la capitale existent et remettent en question le fonctionnement des capitales fédérales. Il est
possible que ces mouvements débouchent sur certaines réformes, réclamées
parfois de longue date. C’est d’ailleurs ce que semble indiquer le mouvement initié par Brasília et Canberra à la fin des années 80. Nous pouvons
donc supposer que, dans un futur plus ou moins proche, nous assisterons à
un élargissement du pouvoir local de la capitale et à une assimilation des
districts fédéraux avec les autres entités fédérées du pays.
Les points d’équilibre recensés actuellement pourraient ainsi évoluer. Il
est fort probable, au vu des revendications actuelles, que ces points bougent
vers la droite, c’est-à-dire vers une meilleure prise en compte du local aux
dépends du fédéral. Cependant, le mouvement inverse est imaginable et
pourrait se produire le jour où la fédération considérera qu’elle ne dispose
plus d’un pouvoir suffisant sur sa capitale.
[1]
Ce texte se base sur les résultats d’une recherche subsidiée par la Région de Bruxelles-Capitale, “La
Région de Bruxelles-Capitale : scénarios d’avenir et tendances de la population”, menée par Caroline
Van Wynsberghe sous la direction d’André-Paul Frognier et Christian Franck. Je tiens à remercier AndréPaul Frognier de sa confiance et de ses précieux conseils.
[2]
ROWAT D. C., (ed.),
The Government of Federal Capitals, Toronto, University of Toronto Press, 1973
et HARRIS Ch. W.,
Congress and the Governance of the Nation’s Capital, The Conflict of Federal and
Local Interests, Washington, Georgetown University Press, 1995.
[3]
Il s’agit de l’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, le Canada, les
États-Unis d’Amérique, l’Inde, la Malaisie, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, la Russie, la Suisse, le
Venezuela et la Yougoslavie (Serbie et Monténégro).
[4]
Le meilleur moyen d’obtenir les renseignements que nous cherchions était d’interroger à distance
tant les institutions fédérales et fédérées (voire locales) que des établissements d’enseignement et de
recherche dans les États concernés. Internet offre cette possibilité-là et c’est également un outil de recherche précieux en tant que tel. Cependant, il est évident que les sources d’informations et leur fiabilité
varie fortement selon le degré de développement économique et technologique du pays. Les dix-sept
capitales traitées sont donc celles pour lesquelles nous sommes parvenus à réunir suffisamment de documentation.
[5]
Portent le nom de district fédéral ou sont assimilés : Abuja (Nigeria), Brasília (Brésil), Buenos Aires
(Argentine), Canberra (Australie), Caracas (Venezuela), Islamabad (Pakistan), Kuala Lumpur (Malaisie), Mexico City (Mexique), New Delhi (Inde) et Washington, DC (USA).
[6]
Les capitales dans un État fédéré sont au nombre de trois actuellement : Belgrade (Yougoslavie),
Berne (Suisse) et Ottawa (Canada). Bonn était, du temps de la RFA, également une capitale dans un État
fédéré.
[7]
Ce dernier type de capitales en regroupe quatre : Berlin (Allemagne), Bruxelles (Belgique), Moscou
(Russie) et Vienne (Autriche).
[8]
District of Columbia : City Government,
Overview, http ://dc.gov/gov/index.htm, consulté le 15
février 2002.
[9]
AFONSO DA SILVA J.,
Curso de direito constitucional positivo, São Paulo, Malheiros Editores,
1992, p. 553. L’auteur développe cette affirmation en expliquant que Brasília est, à la fois, plus qu’un
État car elle dispose de compétences des États et des municipalités mais aussi moins qu’un État puisque
certaines compétences des États (notamment, en ce qui concerne la justice) sont exercées, dans la capitale, par le fédéral.
[10]
Commission de la Capitale Nationale,
À propos de la CCN, h
http :// www. capitaleducanada. gc. ca/
corporate/aboutthencc/index_f.asp, consulté le 15 septembre 2001.
[11]
COLLA E., “Les finances du fédéralisme : partage des ressources et autonomie dans le système
fédéral belge”, in
La Wallonie, une région en Europe, CIFE-IJD, 1997, h
http :// www. wallonie-en-ligne. net/
wallonie-politique/1995-cife_wallonie-region_europe/CIFE 13.htm, consulté le 15 juillet 2002..
[12]
LAMBERT J.-P., TULKENS H., CATTOIR Ph., TAYMANS M., VAN DER STICHELE G.,
VERDONCK M.
, Les modes alternatifs de financement de Bruxelles, Rapport final de la recherche
réalisée à la demande de Monsieur Rufin Grijp, Ministre de la Recherche scientifique de la Région de
Bruxelles-Capitale, Centre d’Études Régionales bruxelloises, Facultés Universitaires Saint-Louis, avril
1999, p. 6.
[14]
“Premièreville du pays” au sens institutionnel bien sûr.
[15]
On retrouve dans cette catégorie toutes les capitales-entités fédérées et les capitales dans des États
fédérés ainsi que les trois districts fédéraux faisant figure d’exception.
[16]
Explication fournies par DIE BUNDESSTADT BONN
, Bonn for Beginners, A Guide for Newcomers
to the Federal City, février 1999, p. 7.
[17]
Voir tableau 1.
[18]
Voir sur ce sujet : FRANCK Ch., FROGNIER A.-P., REMICHE B., VAGMAN V.
, Choisir l’avenir,
La Belgique en 1999, Bruxelles, Luc Pire, Coll. Politique, 1997, pp. 24-25.