L’éducation scolaire au prisme de la science politique : vers une sociologie politique comparée de l’action publique éducative ?
Hélène Buisson-Fenet
La science politique française a jusqu’ici négligé l’objet « enseignement », dont elle abandonne l’analyse aux sociologues et historiens de l’éducation. Cependant l’articulation avec la sociologie des organisations, la réflexion sur l’administration, la tradition comparatiste questionnent à nouveaux frais le politiste sur ce “continent noir” de l’éducation et de la formation. Nous examinons ici les apports et les limites de deux grands types de démarches comparatives que l’éducation comparée comme la politique comparée ont expérimentées. Nous évaluons ensuite les conditions dans lesquelles des thématiques largement balisées en science politique (rapports centre/périphérie, modes de gouvernement, instruments de la gouvernementalité…) trouvent à s’inscrire dans une comparaison renouvelée de l’enseignement comme action publique.
Up until now, French political scientists have ignored the subject of “teaching”, leaving its analysis to sociologists and historians of education. However, its link with organisational sociology, reflections on administration and the comparatist tradition are once posing questions to political scientists regarding this “dark continent” of education and training. We examine here the contributions and limitations of two major types of comparative approaches which both comparative education and comparative politics have experienced. We then assess the conditions in which issues outlined broadly in political science (centre/periphery relationships, modes of government, instruments of governmentality, etc.) become established in a further comparison of teaching as public action.
Hasta la fecha, la ciencia política francesa ha descuidado el tema de la “enseñanza”, dejando el cuidado de su análisis a sociólogos e historiadores de la educación. Sin embargo, la articulación con la sociología de las organizaciones, la reflexión sobre la administración y la tradición comparatista de nuevo cuestionan a los politistas respecto a este “continente negro” de la educación y la formación. Examinamos aquí las aportaciones y los límites de dos grandes tipos de procesos comparativos que han experimentado tanto la educación comparada como la política comparada. Evaluamos a continuación las condiciones en las cuales temas ampliamente abordados en la ciencia política (relaciones centro/periferia, formas de gobierno, instrumentos de gobernabilidad, etc.) pueden incluirse en una comparación renovada de la enseñanza como actuación pública.
• L’éducation comme action publique. De l’ignorance des objets à l’articulation des postures de recherche
• Du déclin de l’éducation comparée au développement de la comparaison internationale des politiques scolaires
— Un comparatisme inductif mis en défaut par l’évolution de l’action publique ? Crise et renouvellement du « cross-cultural »
— Un comparatisme déductif mis au service des théories de la convergence ? Le dynamisme controversé du « cross-national »
— Enchevêtrement des niveaux d’action publique et sophistication des postures comparatives. Vers de nouveaux développements des études en termes « d’effet sociétal » ?
• Conclusion