La place de la science universitaire en Inde : réflexions sur une évolution
V.V. Krishna
En Inde, l’histoire de la science moderne, issue du contexte colonial du xviiie siècle, se confond avec le processus de professionnalisation, marqué par un long combat pour l’affranchir de l’emprise tentaculaire de la « science coloniale », qui devait aboutir à la formation de ce que l’on appelle la communauté scientifique indienne et à l’essor de la science universitaire. L’auteur se livre ici à une analyse des différentes formes que cette lutte a revêtues de la fin du xixe siècle à nos jours. Il en ressort, comme divers écrits le confirment, que la science universitaire était tenue en plus haute estime, plus respectée et plus résolument attachée au progrès de la connaissance avant qu’après l’indépendance. À notre époque, dans ses diverses ramifications, elle ne bénéficie plus que d’un financement, d’une infrastructure, d’un prestige et d’un soutien très médiocres et se trouve ainsi reléguée en position d’infériorité par rapport à l’activité des organismes scientifiques chargés de missions précises sous l’égide de l’appareil scientifique étatique.
• La science coloniale et la lutte pour la création d’une « culture de la science » : de 1875 aux années vingt
• Sociétés, établissements d’enseignement supérieur et revues scientifiques : les premiers efforts
• De la « culture » au « progrès » de la science
• L’avènement en Inde d’une communauté scientifique et d’une culture de la science universitaire
• L’essor de la « science étatique » et le déclin de la science universitaire après 1947
• Le visage actuel du déclin de la science universitaire
• Conclusions
• Références