Drogues en Afrique australe : les affaires continuent
Laurent Laniel
Les années quatre-vingt-dix ont vu une Afrique australe plus pacifique s’ouvrir au monde et devenir une plaque tournante et un marché pour les flux internationaux de drogues illicites. Une situation paradoxale, semble-t-il, étant donné que le phénomène de la drogue, surtout dans les régions en développement, est habituellement attribué à des circonstances exceptionnelles – guerre, absence d’État de droit ou, au contraire, règne d’une dictature ou d’un autre régime d’oppression. Comment expliquer que cette explosion des activités liées à la drogue survienne après la période de « normalisation » qui a permis à l’Afrique australe de rallier le mouvement de « mondialisation » et non lorsqu’elle était la proie d’un racisme institutionnalisé et d’une guerre ? Le présent article tente de fournir des éléments de réponse en suggérant qu’à l’heure actuelle ces activités sont l’un des modes d’expression et de reproduction de mécanismes historiques, politiques, sociaux et économiques majeurs qui interviennent au sein de l’Afrique australe et entre cette région et le reste du monde.
• Introduction
• Le contexte planétaire
• Clivages « ethniques »
• Le troc : les drogues en tant que monnaie
• Conclusions
• Références