Introduction : trafic de drogues et État
Christian Geffray
Cet article attire l’attention sur deux figures génériques de la délinquance étatique liées au trafic de drogue : la corruption par neutralisation du pouvoir d’État, lorsque l’initiative appartient aux trafiquants, et par abus de pouvoir, lorsque l’initiative revient aux fonctionnaires. Les études présentées dans ce chapitre suggèrent, en effet, que la prédominance de l’une ou l’autre forme de corruption dépend étroitement de l’histoire de l’État et du rapport de force prévalant entre les institutions publiques et les réseaux trafiquants. La situation mexicaine par exemple, où les administrations sont demeurées longtemps sous la tutelle de facto d’un parti unique, peut s’avérer plus proche à cet égard de la situation chinoise que de celles du Brésil, de l’Inde ou de la Colombie… Au-delà de ces différences et quel que soit le degré d’autonomie des trafiquants relativement au pouvoir d’État, la question politique du clientélisme se trouve posée.
• Les trafiquants autonomes
• Les trafiquants sous tutelle
• Deux procédures de corruption et de criminalisation
• Conclusion : la question clientéliste