État, corruption et criminalisation en Chine
Guilhem Fabre
Avec la décentralisation et l’ouverture que connaît la Chine depuis 1979, la montée de la corruption et de l’économie criminelle s’explique par la multiplication des opportunités, démontrée au niveau macro-économique, dans un contexte de relative impunité pour les délits les plus graves. Les interprétations fonctionnalistes et culturalistes de la corruption ne rendent pas compte de sa dimension politique, qui n’est pas réductible à son instrumentalisation dans la lutte entre factions dirigeantes. Contrairement à la situation qui prévaut dans certains pays démocratiques en développement, les criminels, en Chine, n’ont pas la possibilité de devenir représentants de l’État, mais certains représentants de l’État, notamment à l’échelon local, sont en situation d’effectuer des arbitrages en faveur de milieux criminels, comme au Mexique, et de toucher ainsi une part des profits illicites.
• L’interprétation fonctionnaliste de la corruption
• L’interprétation culturaliste de la corruption
• État, dynamique économique et régulation des activités illicites
• Conclusion