Des savoirs « traditionnels » pour évaluer les impacts environnementaux du développement moderne et occidental
Marie Roué
Douglas Nakashima
La prise en compte sur la scène internationale des savoirs autochtones dans la gestion des ressources est récente. Cet article est basé sur des entretiens collectés par les auteurs en 1994 chez les Indiens Cris de Whapmagoostui (baie James, Canada), dans le contexte de l’évaluation d’impact social et environnemental du projet hydroélectrique Grande Baleine. Un chasseur cri, pour pallier les nombreuses lacunes qu’il avait identifiées dans le document d’évaluation d’impact du développeur, nous a communiqué ses connaissances et sa vision du monde. Son analyse systémique, dont nous ne donnons ici que ce qui concerne le castor, met en valeur les relations écologiques qui lient humains, mammifères, poissons et oiseaux, sans oublier les besoins qu’ont les êtres, humains et non humains, d’un habitat, d’une alimentation et d’un abri spécifiques à chaque espèce. Sa vision conjugue les points de vue matériel, esthétique et éthique et considère les résultats des actions humaines tant sur le monde naturel que spirituel. Elle transcende la compartimentation des sciences occidentales. Elle démontre enfin la capacité prédictive du savoir et de la pensée cris, leur pertinence et leur légitimité en tant qu’instruments d’évaluation.
• Savoir écologique des Indiens cris et évaluation des impacts
• Nourriture, habitat, abris : des besoins élémentaires pour des êtres non humains
• Comment les animaux pourront-ils survivre après le déluge ?
• Concepts cris des impacts écologiques
• Au-delà des animaux ordinaires : créatures de l’eau et mythologie
• Une vision autochtone des impacts
• Références