Revue internationale des sciences sociales
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I.S.B.N.9782749200453
192 pages

p. 505 à 513
doi: en cours

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n° 174 2002/4

La « juste distance » face à la violence

Sandrine Lefranc
La question du rapport du chercheur à l’objet « violence extrême » est abordée ici, non du point de vue de ses motivations subjectives, mais de la règle scientifique de la distanciation qui, faute de préconisations épistémologiques spécifiques, semble s’imposer à cet objet comme aux autres. Dans le contexte des « sorties » de la violence, lorsqu’un gouvernement démocratique succède à un régime autoritaire répressif, la « juste distance » du chercheur a des conséquences particulières : elle peut coïncider avec les présupposés des politiques gouvernementales de « réconciliation », et notamment avec l’injonction faite aux victimes de pondérer leurs exigences à l’aune d’un intérêt général de pacification. Cette convergence – qui n’implique pas nécessairement une collusion – montre la difficulté propre au rapport à l’objet « violence » : les règles épistémologiques ne sont pas dissociables d’un contexte politique particulier et d’un rapport social à la violence, et peuvent par conséquent avoir une portée normative.
• Violence « absente » et « réconciliation »
• Le chercheur et la victime : distanciation avec l’objet, réconciliation avec les vivants
• Distanciation sociale et distanciation scientifique : la « juste distance »
• Références


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