Travailler sur des objets détestables : quelques enjeux épistémologiques et moraux
Paul Zawadzki
Quel est le sens et l’intérêt de produire des connaissances sur des objets que l’on déteste ? Nous sommes partis de l’idée que travailler sur des objets qui, non seulement n’ont aucune valeur aux yeux du chercheur, mais qui sont constitués par l’indignation morale face à l’horreur, pose des problèmes spécifiques qui viennent s’ajouter aux problèmes habituels de la recherche de l’objectivité dans les sciences de l’esprit. L’article se propose par conséquent d’expliciter quelques-uns des enjeux cognitifs et moraux qui se dessinent à travers des choix méthodologiques et épistémologiques. Notamment, comment travailler sur des objets détestables sans que les conditions de possibilité du jugement moral ne soient abolies ? L’article fait apparaître certains dilemmes et apories que comportent chacun des trois niveaux de réflexion dégagés, celui de la singularité historique, celui de l’explication historique enfin celui de la compréhension.
• L’impératif du singulier
• L’explication historique
• Comprendre ?
• Références