Les mégaprojets, sources de déplacements
Paul K. Gellert
Barbara D. Lynch
Les barrages, les routes, les ports, les mines et autres « mégaprojets » reflètent et illustrent à la fois les grands projets sociaux du colonialisme, du développement et de la mondialisation. Dans le présent article, nous définissons les mégaprojets comme ceux qui transforment le paysage de façon rapide, intentionnelle et profonde sous des formes très visibles. Notre exposé s’articule autour de trois thèses : 1) le déplacement est inhérent au mégaprojet et tous deux sont des phénomènes socionaturels ; 2) la définition du déplacement doit être élargie afin d’englober ses dimensions primaires et secondaires ; 3) le choix persistant pour la formule des mégaprojets est favorisé par l’effort conjugué des capitaux privés et des États, par certains aspects de l’idéologie de la modernisation, par le processus même de mise en œuvre des mégaprojets et par les partis pris culturels des « communautés épistémiques » à l’égard de certains types particuliers de mégaprojets. La connaissance et la compréhension de l’histoire et de la logique épistémique des mégaprojets devraient permettre aux spécialistes des sciences sociales et, il faut l’espérer, à d’autres aussi, de mieux percevoir la multiplicité des déplacements induits par les mégaprojets.
• Introduction
• Définition des mégaprojets et redéfinition des déplacements
• Le déplacement en tant que processus socionaturel
• Déplacement primaire et secondaire
— Déplacement secondaire
• Pourquoi se produisent les déplacements : idéologie et pratique
— Idéologies de la modernisation et déplacement
— Les « communautés épistémiques » et la mise en œuvre des projets
— Risque, incertitude et ignorance des obstacles
— Big is beautiful
• Conclusion : répartition des déplacements
• Références