Pauvreté et droits humains : la question de la discrimination économique systémique avec quelques propositions pratiques de réforme
Christian Arnsperger
Cet article analyse les conditions dans lesquelles la pauvreté pourrait être un jour considérée comme une violation des droits humains. Le cadre existant des droits humains, comme le montre la Déclaration universelle des droits de l’homme, renferme une contradiction entre des principes « progressistes » et « conservateurs », parmi lesquels, principalement, le droit à la propriété. La pseudo-démocratie quasi capitaliste n’est pas, formellement parlant, incompatible avec le cadre des droits humains, mais elle peut l’être en pratique, du fait de sa genèse historique et de ses fondements existentiels. En réalité, c’est peut-être nécessairement le cas. Cet article propose différentes approches de la pauvreté en termes de droits humains compatibles avec les deux arguments génériques suivants : d’une part, il existe une nécessaire incompatibilité entre les droits humains d’une pseudo-démocratie quasi capitaliste et, d’autre part, une telle compatibilité est au moins possible. Pour chacune de ces options, sont examinées des propositions concrètes pour une réforme institutionnelle au niveau mondial.
• La « simplicité volontaire » ou la pauvreté en tant que caractéristique systémique de notre logique économique
• Limiter la question de la violation des droits humains
• L’ambiguïté constitutive de la Déclaration des droits de l’homme
• La centralité économique de la discrimination systémique
• Créer les bonnes incitations pour ceux qui peuvent agir davantage contre la misère
— Dans l’hypothèse où la logique du capitalisme a un « besoin structurel » de misère
— Dans l’hypothèse où la logique du capitalisme est compatible avec une éradication de la misère
• Remarques en conclusion
• Références