Revue internationale des sciences sociales
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I.S.B.N.9782749202921 978274
192 pages

p. 361 à 371
doi: en cours

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Repenser la pauvreté

n° 180 2004/2

La pauvreté, comme violation des droits humains

Geneviève Koubi
Aussi difficile que ce soit à admettre, la pauvreté n’est pas définissable en droit. Dans la tension entre traitement de la pauvreté et attention portée à l’extrême pauvreté se glisse une indétermination qui rend les démocraties inattentives aux dynamiques économiques et sociales de la pauvreté comme inégalité. Dès lors, les réponses à l’extrême pauvreté violent, surtout quand elles sont explicitement ciblées ou préférentielles, l’égalité fondamentale de droits et de dignité dont, formellement, elles résultent. Les mesures prises en faveur des défavorisés ne proposent ainsi pas aux personnes concernées une porte de sortie du statut de défavorisé mais, paradoxalement, elles les amènent à relativiser leurs souffrances, à trouver en ces faveurs la force de se penser pauvre sans avoir à subir les affres de l’extrême pauvreté. En quelque sorte, dépendantes d’un bien être minimal qui leur est offert, ces personnes n’ont pas de « droits ». Faudrait-il donc apprendre à penser la pauvreté comme un phénomène inéluctable et imparable dans un monde qui prétend œuvrer pour la garantie des droits de l’homme, des droits politiques et civils, des droits économiques, sociaux et culturels ?
• De la pauvreté à l’extrême pauvreté : approche de la catégorie des « plus démunis »
• Les dérives de la lutte contre la pauvreté : la catégorie des « personnes défavorisées »
• Références


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