Revue internationale des sciences sociales
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I.S.B.N.9782749202938
192 pages

p. 481 à 490
doi: en cours

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Tribune libre

n° 181 2004/3

Les deux cultures de la science, ou les limites du positivisme

Irving Louis Horowitz
Au xixe siècle, la science était associée au progrès. Cet optimisme a suscité en retour une méfiance durable à l’égard de la science de la part de toutes les élites. Pourtant, ces réserves n’ont rien à voir avec l’opposition traditionnelle entre les sciences dures et les sciences humaines. Au contraire, elles participent d’un conflit au sein de la culture scientifique elle-même. Au regard de l’approche positiviste, la connaissance va avec la certitude. Le pouvoir destructeur des sciences modernes a bouleversé, y compris dans les sociétés démocratiques, les fondements épistémiques de la pratique scientifique et favorisé l’émergence d’une conception différente (et précieuse) de la relation entre science et société. Cette conception est à la base d’un certain nombre de recommandations politiques et appelle de nouveaux champs d’investigation. Dans un contexte démocratique, il est à la fois philosophiquement fragile et pragmatiquement indispensable de considérer la connaissance scientifique comme indéterminée d’un point de vue éthique.


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