Mobiliser les pouvoirs de la statistique pour l’action antidiscriminatoire : le cas du Royaume-Uni
Joan Stavo-Debauge
L’article entreprend d’éclairer les liens entre le droit antidiscriminatoire, considéré sous l’angle de sa mise en œuvre et de son devenir en termes de politiques publiques, et la statistique en montrant comment, tant chez les chercheurs que chez les activists et « policy makers », la défiance initiale à fait place à une confiance mise dans l’équipement de catégories ethniques et/ou raciales. Une première partie est relative aux dispositions légales et à leurs contraintes d’opérationnalisation. Celle-ci s’efforce de rendre compte de la centralité du dispositif d’« ethnic monitoring » et du tournant « multiculturaliste » de la politique antidiscriminatoire anglaise. L’auteur se penche ensuite sur les justifications et critiques dont ont fait l’objet la confection puis le renouvellement des catégories ethniques inscrites dans le recensement en 1991 et 2001.
• Les vertus du référent britannique
• De la défiance à la confiance : accepter de s’en remettre à la statistique pour lutter contre les discriminations
• Dispositions légales et généralisation du « ethnic monitoring »
— Les implications du concept de « discrimination indirecte »…
— … et son ouverture au « fait » d’un pluralisme culturel et cultuel
— La cre et le « monitoring », entre la loi et les agents
• La « question ethnique » dans les recensements de 1991 et 2001
• Conclusion
• Références