Comportement économique et normes du capitalisme
Pierre Demeulenaere
L’idée de moralisation de l’économie capitaliste présuppose une idée de morale ou de justice. Si l’on s’en tient intuitivement au principe de liberté ou de non-domination, souvent associé à la défense des institutions du marché, mais aussi à des justifications morales plus larges, deux questions se posent : d’abord, est-ce qu’un comportement économique orienté vers le profit permet de garantir ces principes de non-domination ? La réponse est négative, car il y a un intérêt structurel à la tricherie dans une situation de type dilemme du prisonnier. Il faut introduire des considérations normatives supplémentaires pour garantir le respect des normes de marché. La seconde question est alors de savoir si le respect moral du principe de non-domination doit conduire à la justification exclusive des institutions de libre-échange. La aussi la réponse est négative, dans la mesure où plusieurs caractères typiques de la vie sociale interdisent de considérer qu’un respect de normes pures de libre-échange corresponde à une application directe de ce principe de non-domination. De fait, la vie sociale réelle introduit d’autres normes qui correspondent à la prise en compte d’autres objectifs sociaux qui peuvent également être dérivés d’un principe de non-domination.
• Les normes de la vie économique de marché
• Comportement économique, émergence et respect des normes de marché
• Les normes limitant le libre-échange concurrentiel et l’idée de non-domination
• Références