Guérir de l’école par le retour à la terre
Les aînés Cris au secours de la génération perdue
Marie Roué
Comment les peuples autochtones peuvent-ils réagir à une situation de changement qui affecte tout particulièrement les jeunes ? Cet article essaie de comprendre comment les jeunes autochtones, qui aujourd’hui se retrouvent trop souvent en situation de double exclusion, peuvent faire des apprentissages scolaires qui les qualifient dans la société dominante, tout en maîtrisant les savoirs et savoir-faire de leur société. Chez les Indiens cris de la Baie James certains aînés accueillent les jeunes en difficulté ou après une période de délinquance dans leur campement de chasse, et parviennent, en les initiant à la vie « sur la terre », à restaurer leur rapport au monde. Cette expérience exemplaire permet d’imaginer des solutions pour aider les jeunes autochtones à bénéficier pleinement des deux mondes dont ils sont partie prenante. Les anciens, en inventant une thérapie basée sur une initiation à l’environnement naturel et culturel, proposent un chamanisme des temps modernes.
• Les écoles résidentielles : une génération meurtrie
• La communauté des Indiens de Chisasibi face au changement social et environnemental
• La double exclusion des jeunes autochtones
• La thérapie sur la terre des aînés
• Camps de brousse et autonomie
• Références