Revue internationale et stratégique
Dalloz

I.S.B.N.2130518303
224 pages

p. 121 à 126
doi: en cours

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Nouveaux acteurs, nouvelles pratiques

n° 41 2001/1

2001 Revue internationale et stratégique Nouveaux acteurs, nouvelles pratiques

À l’heure de la mondialisation, les mutations de la relation État / entreprises de défense

Jean-Pierre Maulny Franck-Emmanuel Caillaud Directeurs adjoints de l’IRIS.
Depuis dix ans, l’industrie d’armement a foncièrement évolué. Certes, la guerre froide a eu d’indéniables répercussions sur ce secteur industriel, l’obligeant à se remettre en question. Cependant, elle n’explique pas, à elle seule, la vague de regroupement sur laquelle ont glissé les firmes de défense. En effet, la mondialisation, en homogénéisant les règles de fonctionnement des entreprises et en faisant voler en éclats les armatures nationales, ont grandement favorisé les « méga-restructurations ». De plus, l’internationalisation des entreprises, dans un contexte ambiant de privatisation, favorise la généralisation de l’actionnariat – plus ou moins dilué –, dont les objectifs sont parfois éloignés de ceux des gouvernements en place. Or, ce secteur industriel est, par essence, éminemment stratégique. Les États ne pouvaient pas ne pas réagir face à cette potentielle perte de contrôle. At a Time of Globalization, Changes in the Relationship between the State and Defence Industries
The armament industry has considerably changed over the last ten years. Most certainly, the cold war has had undeniable repercussions on the industrial sector and has led it to put itself back into question. However, it does not account on its own for the regrouping wave that has broken over the defence industries. Indeed, in homogenizing the rules by which companies function and by smashing to pieces the national frames, globalization has largely encouraged « mega-restructurings ». Moreover, in a surrounding context of privatization, the internationalization of companies encourages the generalization of a more or less diluted shareholding, which aims at achieving objectives that are sometimes distant from those of governments in place. Now, this industrial sector is by nature highly strategic. States could not fail to react to this potential loss of control.
Au cours de ces dix dernières années, l’industrie de défense a connu son lot de mutations. A priori, un tel sujet peut paraître restreint, voire anecdotique, eu égard aux bouleversements géopolitiques que la planète a connus durant cette période. Pourtant, les problématiques qui agitent aujourd’hui l’industrie d’armement rejoignent celles qui procèdent de l’évolution générale des relations internationales. Elles s’inscrivent, désormais, dans le contexte plus global de la vie économique mondiale.
Il est indéniable que, tout au long de la dernière décennie, les regroupements ont profondément transformé le secteur de l’industrie d’armement. Ils constituent, à cet égard, une mutation des plus prégnantes. Cependant, l’objet de cet article ne sera pas de faire le recensement de tous ces regroupements – l’annuaire de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) [1] ou celui du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) de Stockholm [2] s’en chargent, fort rigoureusement, année après année. En revanche, si l’on veut tirer un premier bilan de ces regroupements, il est nécessaire de s’interroger sur les causes de ceux-ci et sur les conséquences qui peuvent en découler.
 
LES RÉPERCUSSIONS DE LA FIN DE LA GUERRE FROIDE
 
 
Avant même de prendre toute son ampleur dans les années 90 aux États-Unis, le regroupement de l’industrie d’armement a commencé durant les années 80 au Royaume-Uni. Les Britanniques ont donné le la à la restructuration de leur industrie dès cette époque, conséquence, parmi tant d’autres, de la révolution libérale initiée par Margaret Thatcher. De même, en Allemagne, une large part du phénomène de concentration autour de DASA date de la fin des années 80.
Les regroupements se sont poursuivis, en prenant une nouvelle ampleur, durant les années 90. Mais cette simple constatation suffit pour faire comprendre que l’évolution du contexte stratégique, marquée par la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), n’est pas l’unique cause de cette restructuration.
Certes, pour des raisons économiques, la fin de la guerre froide a accéléré ce mouvement. En moyenne, les dépenses d’investissements militaires des pays développés ont diminué de 30 % depuis le début des années 90. Face à un marché se restreignant fortement, les entreprises ont été contraintes de se regrouper pour survivre. Aux États-Unis, cette concentration a été encouragée officiellement, voire même pilotée, par le gouvernement fédéral. Il faut, à ce propos, rappeler l’épisode du Last Supper, dîner ayant eu lieu en 1993 entre le secrétaire à la Défense, M. William Perry, et les industriels américains. Le ministre y aurait incité ses interlocuteurs, soit à se regrouper, soit à quitter le secteur de la défense. Une habile politique d’attribution des crédits budgétaires a, par la suite, fini par « convaincre », bon gré mal gré, les récalcitrants. En France, où la majeure partie des entreprises était publique au début des années 90, le gouvernement a également joué un rôle déterminant dans la restructuration, à partir de l’année 1997, des entreprises aéronautiques et électroniques.
 
L’INDUSTRIE D’ARMEMENT FACE À L’INTERNATIONALISATION ET À LA GLOBALISATION
 
 
Néanmoins, le facteur géostratégique n’explique pas, à lui seul, l’ensemble des regroupements. L’étude des entreprises concernées tend à révéler une évolution progressive, et ininterrompue, de leur mode de fonctionnement. Non seulement le modèle de l’entreprise privée s’est désormais imposé partout dans le monde, y compris en France – bien que cette évolution ait été tardive –, mais, de plus, ces sociétés se sont retrouvées progressivement soumises aux mêmes lois du marché boursier que les autres secteurs de la production industrielle et des services. La globalisation a fait, là comme ailleurs, son œuvre, marquée par le développement du « petit capitalisme » (i.e. petits porteurs en bourse) encadré par les fonds de pension. Cette évolution a deux conséquences majeures.
D’une part, les entreprises d’armement se sont retrouvées en compétition avec les autres secteurs de l’industrie et des services sur le marché boursier pour attirer les investisseurs potentiels. Elles ont alors été obligées d’adopter l’échelle de mesure des entreprises, cette dernière faisant la part belle à la marge bénéficiaire et la création de valeur. C’est sans doute, plus que tout autre phénomène, l’adoption de cette nouvelle attitude qui permet d’expliquer la vigueur de ces regroupements, notamment aux États-Unis. Avec les opérations de rationalisation de la structure de production qu’elles impliquent, ces concentrations industrielles sont toujours bien accueillies par les marchés boursiers qui y voient un effet bénéfique, presque mécanique, pour la création de valeur.
D’autre part, les restructurations américaines auront plutôt prouvé la difficulté de réaliser ces « méga-restructurations » dans de bonnes conditions. Ainsi, Boeing McDonnell Douglas a connu, ces dernières années, de graves difficultés à s’adapter à l’évolution du marché de l’aéronautique civile, que la compagnie n’a pas su anticiper. Sa politique de ressources humaines manque pour le moins de cohérence (les embauches massives succèdent aux plans sociaux !). Sa gestion de production s’est avérée calamiteuse dans la mesure où ses unités industrielles n’ont pas pu répondre rapidement à l’importante hausse du plan de charge. Ces dérapages sont-ils simplement conjoncturels ou reflètent-ils le manque de réactivité des trop grandes structures aux aléas du marché [3] ?
La perspective pour ces entreprises d’atteindre une situation de monopole ou de quasi-monopole sur un ou plusieurs marchés a, sans nul doute, été un facteur incitatif de restructuration bien plus important, dans la mesure où elle est synonyme de garantie de marge bénéficiaire. Le niveau important des investissements nécessaires dans ce secteur de haute technologie, ainsi que la réduction des budgets de défense ont d’ailleurs rendu ce pari plus aisé à réaliser. C’est ainsi que l’on a assisté à un double mouvement de restructuration : d’une part, certaines entreprises se sont désengagées du secteur de la défense – GEC au Royaume-Uni, Ford ou General Motors aux États-Unis ; d’autre part, certaines autres faisaient le choix inverse du « tout militaire » (comme BAE Systems au Royaume-Uni), ou, à tout le moins, d’un accroissement significatif de leur activité militaire. Ainsi, Boeing, aux États-Unis, n’avait plus conçu d’avions de combat depuis la Seconde Guerre mondiale avant d’être présélectionné pour le programme d’avion de combat futur JSF et de racheter McDonnell Douglas.
Aux États-Unis, ce phénomène de regroupement a pris une telle ampleur que les autorités, qui avaient lancé ce mouvement, ont été obligées de « siffler l’arrêt du match » lors de la tentative de fusion entre Lockheed-Martin et Northrop Grumman. Celle-ci, en effet, s’est heurtée au veto mis en place par le département de la Justice, en application des lois américaines antitrust.
La globalisation, dans le secteur de l’armement, se traduit donc par le phénomène d’uniformisation des règles régissant le fonctionnement de ce domaine industriel. La globalisation a pour corollaire un autre phénomène : celui de la mondialisation. Cette dernière, dans le cadre des industries d’armement, se caractérise par le fait que, désormais, les firmes se trouvent de moins en moins limitées dans un cadre juridique et économique national. Cette remise en cause du cadre national, qui s’attaque à la défense nationale, essence même des tâches régaliennes, s’effectue de deux manières.
De manière presque ordinaire, le marché des capitaux peut s’ouvrir, à tel point qu’il devient très difficile de connaître, avec précision à un instant donné, la nationalité des capitaux constituant le capital d’une entreprise privée d’armement – que l’actionnariat soit d’ailleurs groupé ou dilué [4]. Sait-on aujourd’hui qu’il y a des actionnaires américains dans la firme EADS (European Aeronautic Defence and Space Company) qui fabrique les missiles de la force de dissuasion française ?
De manière plus exceptionnelle, une entreprise transnationale peut se constituer à partir du mariage de deux ou plusieurs entreprises nationales. Ce fut le cas au niveau européen avec EADS, entreprise française, allemande et espagnole qui vit le jour en 1999 avec la bénédiction des pays dont dépendaient les entreprises participant à la fusion [5]. Dans ce cas, le phénomène de disparition des frontières est une conséquence de la construction européenne et de la volonté des pays européens de se doter d’une politique européenne de sécurité et de défense commune.
Les deux phénomènes peuvent également se cumuler quand, à l’occasion de l’ouverture du capital d’une société, l’effort d’investissement est réalisé par une société étrangère. Ainsi, dans le secteur de l’armement terrestre européen, plusieurs opérations ont été réalisées par des opérateurs américains (Santa Barbara en Espagne, Mowag en Suisse, certaines activités du groupe SAAB Celsius en Suède, etc.). Les Européens ne sont d’ailleurs pas en reste sur le continent (prise de participation de BAE Systems dans SAAB) ou dans le reste du monde (participation de EADS, Thales et Dassault à hauteur de 20 % du capital d’Embraer ; OPA – Offre publique d’achat – de Thales sur l’électronique de défense en Australie ou encore à Singapour, etc.).
Globalisation, mondialisation, ces deux phénomènes ne sont pas sans conséquence sur la philosophie générale des relations internationales. Considérée au jour le jour, cette évolution semble presque naturelle, résultant de décisions inspirées par le pragmatisme. Ainsi, l’industrie est privatisée car l’initiative privée a de meilleures capacités entrepreneuriales que l’État, ou parce que l’État est un actionnaire qui doit, par nature, gérer des conflits d’intérêts, comme, par exemple, la nécessité de mener une politique d’emploi active au risque de limiter la compétitivité économique de ses entreprises.
Mais d’un autre côté, la veuve écossaise savait-elle qu’une partie de ses revenus provenait de la vente d’avions de combat Tornado à l’Arabie Saoudite [6] ? Cet exemple, pour être caricatural, n’en est pas moins significatif de la problématique qui est aujourd’hui posée par l’industrie d’armement. Alors que la défense est une tâche qui s’inscrit essentiellement dans un cadre national, on constate, à la fois, la prééminence des intérêts privés dans le secteur de l’armement couplée avec une internationalisation croissante des capitaux des industries stratégiques.
 
LA RÉACTION DES ÉTATS DEVANT LES MUTATIONS DE L’INDUSTRIE D’ARMEMENT
 
 
Or, ces phénomènes d’internationalisation et de privatisation sont, sans doute, un des traits caractéristiques de l’évolution des relations internationales au tournant de ce millénaire. Aujourd’hui, l’État décide de moins en moins dans un cadre purement national, alors que les acteurs privés prennent, quant à eux, de plus en plus d’importance dans les relations internationales – les entreprises transnationales étant, d’ailleurs, un des acteurs non étatiques des plus importants.
Pour ce qui concerne l’industrie d’armement, les États n’ont pas véritablement ressenti, pour l’instant, les effets du changement de l’environnement général dans lequel évoluait ce secteur. Les entreprises continuent globalement à fournir leurs États clients dans de bonnes conditions, aucun État n’ayant vu sa sécurité d’approvisionnement affectée. Les Britanniques peuvent même considérer qu’ils ont vu leur position se renforcer dans ce secteur depuis vingt ans avec l’avènement de BAE Systems. Tous ont néanmoins tenté de se prémunir contre les effets potentiellement pervers de la globalisation et de la mondialisation dans le secteur de l’armement.
Le moyen d’action le plus efficace dont dispose les États réside dans la mise en place de mécanismes tendant à découpler la relation entre la nationalité des capitaux et le contrôle des industries stratégiques – notamment au niveau des organes de direction. En ce sens, les États-Unis en ont une grande expérience avec deux types d’outils particulièrement efficaces.
Le premier consiste à veiller à ce que, indépendamment de l’origine de l’actionnariat, la nationalité des organes dirigeants des entreprises fusionnant reste américaine. En cas de fusion avec une entreprise étrangère, l’administration fédérale veille aussi à préserver la nationalité de l’entreprise résultant de l’opération. C’est pour cela qu’en décembre 2000, lors de l’annonce de la création de la joint venture entre Thales et Raytheon, positionnée dans le domaine des radars, l’on a constaté la création de deux filiales, l’une à dominante américaine aux États-Unis, l’autre à dominante européenne en France.
La politique rigoureuse de contrôle, à l’exportation, des armes et des technologies mise en application par les Américains vise également à rendre inopérante les conséquences d’une internationalisation des capitaux de l’armement. Ainsi, les États-Unis peuvent parfaitement interdire le transfert, à l’extérieur de leur territoire, des technologies qu’ils financent. Toutefois, en agissant de la sorte, ils limitent nécessairement les effets économiques bénéfiques des fusions tant pour les États que pour les entreprises. Cette pratique tend aussi à limiter le rythme d’émergence des innovations technologiques. L’existence de ces différents outils permet, en tout cas, de considérer qu’il n’y aurait guère de conséquence négative pour la sécurité des États-Unis à voir passer une entreprise américaine sous contrôle d’une société étrangère.
De manière générale, ces pratiques sont parfaitement contradictoires avec les principes de corporate governance habituellement admis. La transparence doit être maximale dans l’entreprise afin que les actionnaires puissent exercer un véritable contrôle sur les dirigeants. En fait, par son action, l’État peut contribuer à limiter fortement l’exercice des principes démocratiques de contrôle au sein des entreprises en privant les actionnaires d’informations, de pouvoir de contrôle et donc de pouvoir de décision. Or, ces pratiques auront nécessairement pour effet de dissuader les investisseurs potentiels dans ces entreprises, s’ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas en contrôler la stratégie.
On en revient donc à l’antagonisme initial. Les mécanismes de la globalisation et de la mondialisation, à l’œuvre dans l’armement, portent en germe le risque de nuire à la sécurité des États. Mais tous les remèdes proposés tendent à affaiblir les entreprises, et donc la base industrielle et technologique des États, en décourageant les actionnaires potentiels d’investir dans l’armement. Quant à l’éventualité d’offrir de larges marges bénéficiaires afin de soutenir les entreprises, on comprend que les États clients, qui cherchent justement à réduire leurs dépenses de défense, rechignent à pratiquer une telle politique.
 
POUR UNE REDÉFINITION DES RAPPORTS ÉTAT / ENTREPRISES DE DÉFENSE
 
 
Tout le débat et toutes les réflexions d’économie politique qui vont s’ouvrir avec ce début de millénaire porteront donc sur la capacité des États à concilier leurs intérêts avec ceux des actionnaires. Plus ouverte, moins protectionniste et finalement plus libérale que les États-Unis, l’Europe est sans doute mieux placée car elle est, de plus, porteuse d’un véritable projet politique. Encore faut-il que les États qui la composent soient conscients de la problématique de l’armement et veuillent y apporter une réponse commune !
La France, plus que tout autre pays, est véritablement interpellée par ce sujet. La restructuration à l’œuvre dans le secteur de l’armement, entre 1997 et 1998, ne constitue pas la fin de l’histoire mais bien son début ou, tout au moins, son accélération. Aujourd’hui, nos deux principales entreprises de défense, EADS et Thales, ont des actionnaires de référence bien identifiés mais qu’en sera-t-il demain ? Les deux autres secteurs de l’armement, la construction navale et l’armement terrestre, verront inéluctablement l’actionnaire étatique se retirer sous l’impulsion de restructurations, à l’instar des évolutions propres au domaine de l’aéronautique et de l’électronique.
Chez EADS, la date d’évolution potentielle de l’actionnariat, fin 2003, a même été fixée par les accords fondateurs initiaux – ce qui dénote un manque de confiance certain des gouvernements, et notamment français, dans la pérennité de l’actionnariat de cette entreprise. Même si l’activité première de cette firme n’est pas principalement militaire (il n’est que de songer à Airbus), il appartiendra au gouvernement français de définir le cadre global des relations État / industrie qui permettra de donner une stabilité à l’actionnariat des entreprises stratégiques. En ce qui concerne plus particulièrement EADS, plutôt que de s’intéresser à la particularité de tel ou tel actionnaire, il s’agira de rechercher un objectif en soi, afin de maintenir l’équilibre entre les différentes cultures nationales qui composent le groupe. Le retrait d’un ou plusieurs actionnaires de référence pourrait affecter la confiance que l’on peut avoir en l’entreprise. On ne peut pas non plus exclure que disparaissent, à terme, les actionnaires de référence dans cette entreprise. L’actionnariat serait donc dilué, ce qui poserait la question du maintien d’un actionnaire public significatif, question qui n’est pas à l’ordre du jour.
Dans le domaine de l’armement, la conciliation des intérêts publics et privés demeure donc à réaliser et cela constituera, dans ce secteur d’activités stratégiques, l’enjeu primordial du début de ce IIIe millénaire.
 
NOTES
 
[1] Pascal Boniface (sous la direction), L’Année stratégique 2001, Paris, IRIS, Éditions Michalon, 2000.
[2] SIPRI Yearbook, Oxford University, 2000.
[3] Outre les probables erreurs humaines dans la définition des stratégies, le choix d’un système d’information basé sur un progiciel intégré, pour gérer l’ensemble de la production d’un groupe aussi complexe que Boeing, a sans doute démontré ses limites.
[4] De toute manière, la présence d’un actionnaire de référence dans une entreprise d’armement correspond toujours à l’existence d’un actionnariat dilué au deuxième ou au troisième degré. Cette remarque se vérifie, par exemple, aussi bien pour Daimler-Chrysler que pour le groupe Lagardère dans EADS.
[5] Les Britanniques et les Italiens sont également concernés par cette fusion car ils figurent dans l’actionnariat de certaines filiales par métiers de EADS.
[6] Le fonds de pension Scottish Breeders fut, un temps, l’actionnaire principal de BAE.
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