Des produits et des activités de plus en plus variés
Les ambiguïtés de la « guerre à la drogue »
Alain Labrousse
La fin de la guerre froide a favorisé, d’une part, l’apparition de pseudo-États au sein desquels s’est institutionnalisée la corruption du politique par l’argent des narcotrafics. Elle a permis, d’autre part, le déclenchement de nouveaux conflits locaux et la mutation d’anciennes luttes en des guérillas sans idéologies aux ressorts mafieux. Leurs protagonistes, ne recevant plus de subsides de l’un des deux blocs, ont dû chercher des sources de financement dans des activités illégales, au premier rang desquelles, le trafic de drogue. De la Colombie à l’Afghanistan en passant par l’Angola ou le Kosovo, la drogue est un des éléments de la prolongation des conflits. Enfin la lutte contre les drogues est brouillée par les intérêts géopolitiques des États, au premier rang desquels les États-Unis, qui y voient le moyen de conserver leur contrôle sur le pré carré latino-américain. Par ailleurs, l’argument de la lutte antidrogue est utilisé par beaucoup d’États pour discréditer leurs ennemis, tandis que la complaisance est de mise à l’égard de leurs alliés ou de leurs clients.
The ambiguities of the drug war
The end of the old war has worked in favour of the emergence of pseudo-states in which institutionalised corruption of the political sphere by drug trafficker money has developed. Moreover, it has allowed the starting up of new local conflicts and the transformation of former conflicts into no-ideology guerrillas resting on mafia. As their protagonists stopped receiving subsidies from either blocs, they had to look for funding in illegal activities, and more importantly in drug traffic. >From Colombia to Afghanistan, from Angola to Kosovo, drugs have contributed to the lasting of conflicts. Finally, struggle against blurred the geopolitical interest of states, first of which is the United States, which uses it as the means to preserve its control over Latin America. Moreover, the argument of the struggle against drug traffic is used by numerous states to discredit their opponents, whereas complacency rules when their allies or customers are concerned.
• LES LIMITES DE LA LUTTE CONTRE LES TRAFICS
• ACTIVITÉS MAFIEUSES ET CORRUPTION DU POLITIQUE
• LA DROGUE DANS UN CONFLIT LOCAL : L’EXEMPLE DU KOSOVO
• LA LUTTE CONTRE LA DROGUE,
ARME ECONOMIQUE ET POLITIQUE
• L’EUROPE FACE AU « PLAN COLOMBIE »... ET AUX ETATS-UNIS
• CONCLUSION