« L’heure de l’Europe » dans les Balkans ?
Le mirage des promesses d’européanisation
Nadège Ragaru
Longtemps paralysée par le souvenir des déboires diplomatiques de 1991-1993, lorsqu’elle avait cru, hâtivement, son heure venue dans les Balkans, l’Union européenne (UE) semble désormais résolue à voir son rôle de premier bailleur de fonds recevoir une traduction politique visible en Europe du Sud-Est. Plusieurs questions restent en suspens : Jusqu’à quel point peut-on agiter la « promesse européenne » pour contraindre les responsables balkaniques à la « modération » ou aux réformes ? Un élargissement de l’UE aux États des Balkans – y compris occidentaux – est-il sérieusement envisageable à terme ? Dans l’intermède, à quelle logique doit obéir la politique européenne d’aide à la région ? Enfin, comment penser une formule d’encouragement aux transformations démocratiques et économiques qui contribue à renforcer la légitimité interne des régimes émergents et qui prévienne la création d’un cercle vicieux de la dépendance ?
« Europe’s Moment » in the Balkans ? The Mirage of the « Europeanisation » Promises
Long haunted by the painful memories of its diplomatic misfortunes in 1991-1993, the European Union now seems eager to see its major financial contribution to the Balkans translate into political influence. Several questions, however, remain unanswered : To what extent can the « European promise » be used to influence Balkan leaders, to force compromise, and to further reforms ? Is the EU willing, even in the long run, to consider an enlargement of the Balkan States ? What kind of aid should be administered in the meantime ? More specifically, how can the EU conceive of a policy that might both strengthen domestic legitimacy for Balkan rulers and prevent their dependency on international assistance ?
• APPELS ET OFFRE D’EUROPE : LES FONDEMENTS D’UNE RELATION AMBIGUË
• REPENSER LES POLITIQUES D’AIDE POUR LES BALKANS : DE LA RECONSTRUCTION AU DÉVELOPPEMENT ?