Pièges et ressources de la mémoire dans les relations internationales
Valérie Rosoux
Comment gérer le passé et comment déterminer son impact sur la scène internationale ? La mémoire que nous avons des événements se situe dans un jeu perpétuel d’interactions avec le présent. À cet égard, le passé dispose de la capacité d’influer sur la politique étrangère, par une série de mécanismes et de représentations que les décideurs politiques s’en font. D’une logique d’accentuation du souvenir de l’affrontement, caractéristique de la survalorisation, à un travail de mémoire, les interprétations du passé sont multiples. La nécessité de décloisonner les mémoires évite alors le développement d’une mémoire agressive sans pour autant gommer les événements du passé. Or ce travail de mémoire, s’il n’est pas applicable à tous les conflits, reste toutefois l’une des seules possibilités de dégager des compromis et de créer des liens entre les hommes.
Traps and Resources of Memory in International Relations
How should the past be managed and how should its impact on international relations be measured ? Our memories of past events are constantly being manipulated by our experiences in the present. The past may therefore influence and constrain our foreign policy through a series of techniques and representations that our political leaders use in order to remember it. Whether a logic stressing the memory of the confrontation, typical of overvalorization, to one which works on memories, numerous interpretations of the past emerge. The need to decompartmentalize memories then spares the development of an aggressive memory without removing past events. This work on memory is not a panacea applicable to all conflicts, but it remains nevertheless one of the only existent methods that may derive compromises and create social links.
• LA MÉMOIRE : INSTRUMENT OU CONTRAINTE ?
— Poids du passé
• ESSAI DE CLASSIFICATION
— Survalorisation du passé
— Oblitération du passé
— Travail de mémoire
• DÉCLOISONNEMENT DES MÉMOIRES
• CONCLUSION