Revue internationale et stratégique
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Institut des relations internationales et stratégiques

I.S.B.N.2130536581
248 pages

p. 58 à 68
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Tendances

n° 49 2003/1

2003 Revue internationale et stratégique Tendances

Malaisie : vingt-deux ans de régime Mahathir.

Esquisse de bilan d’un dirigeant hors du commun

Nathalie Hoffmann Chargée de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et à l’Université du Havre.
L’annonce faite, en juin 2002, par le Premier ministre malaisien de sa décision de démissionner a eu l’effet d’une bombe. Nombre de commentateurs attendaient pourtant, parfois depuis fort longtemps, que Mohamad Mahathir, arrivé au poste de Premier ministre en 1981, ne cède la place. Cependant, la Fédération de Malaisie, qui avait connu d’importants mouvements de revendication en faveur de réformes politiques, a également expérimenté, à l’occasion de la crise financière de l’été 1997, les conséquences des nombreux soubresauts engendrés par une situation de crise intérieure profonde. La problématique d’une transition à la tête de la Malaisie survient donc à un moment crucial, où de nombreuses incertitudes pèsent sur le pays. Quels sont les grands problèmes auxquels la Malaisie est confrontée et comment ils sont gérés sont parmi les questions auxquelles l’article tente d’apporter une réponse. Malaysia : Mahathir’s Regime Twenty Years Later. The Balance Sheet of an Atypical Leader
In June 2002, the Malaysian Prime Minister’s announcement that he intended to step down came as a bomb, although a number of commentators had been expecting – some of them for a long time – that Mohamad Mahatir, who had been in office since 1981, would soon resign. The Federation of Malaysia had recently experienced large social protests in favour of political reforms. Since the Summer 1997 financial crisis, the Federation has been faced with the uneasy consequences of a situation of serious domestic crisis. The transition at the head of Malaysia occurs at a critical time, when many uncertainties bear heavily on the country. What are the major issues now confronting Malaysia and how will Malaysia deal with them are among the questions the present paper addresses.
L’annonce faite, en juin 2002, par le Premier ministre malaisien de sa décision de démissionner a eu l’effet d’une bombe. Nombre de commentateurs attendaient pourtant, parfois depuis fort longtemps, que Mohamad Mahathir, arrivé au poste de Premier ministre en 1981, cède la place. Cependant, la Fédération de Malaisie, qui avait connu d’importants mouvements de revendication en faveur de l’adoption de réformes politiques, a également expérimenté, à l’occasion du déclenchement de la crise financière à l’été 1997, les conséquences des nombreux soubresauts engendrés par une situation de crise intérieure profonde. Cette dernière a durablement affecté la classe politique et a, de manière paradoxale, laissé un avantage certain à celui contre lequel étaient dirigées les manifestations pro-Reformasi [1], puisque le Premier ministre a conservé le pouvoir à l’issue des élections générales de novembre 1999. La question d’une nouvelle candidature de sa part aux prochaines élections générales de la fin de l’année 2004 se posait donc encore lorsque celui-ci annonça, lors du Congrès annuel de son parti, la United Malay National Organization (UMNO), son souhait de quitter ses fonctions [2].
La problématique d’une transition à la tête de la Malaisie survient donc à un moment crucial, et nombreuses sont les incertitudes qui pèsent sur le pays, à moins d’un an de ce passage de témoin. Quels sont les grands problèmes auxquels reste confrontée la Malaisie à l’heure actuelle et comment seront-ils gérés ? Que pourrait changer le départ du Premier ministre, tant du point de vue particulier de l’UMNO et de la coalition au pouvoir, que de celui, plus global, des relations entre les différents groupes ethniques et sociaux en Malaisie ? Un homme d’une telle envergure peut-il réellement envisager de se mettre en marge de la vie politique ? Comment vont se positionner les communautés minoritaires indienne et chinoise face à la volonté de certains, notamment du Parti Islam Se-Malaysia (PAS), de « ré-islamiser » le pays ? Le départ de Mahathir va-t-il redonner au mouvement pro-Reformasi le souffle qu’il a perdu ? Telles sont quelques-unes des questions que pose cette transition et auxquelles un examen historique de l’exercice du pouvoir du Premier ministre malaisien peut apporter une ébauche de réponse.
 
LA MALAISIE DE 1981 À 1990 : L’APPLICATION D’UN PROGRAMME POLITIQUE, MOTEUR DU DÉVELOPPEMENT
 
 
La Malaisie et Mahathir en 1981 : les produits d’une évolution singulière
Lorsque Mahathir accède à la tête du pouvoir, la Fédération de Malaisie, indépendante depuis le 31 août 1957, a déjà connu d’importantes crises – dont une période d’insurrection communiste de 1948 à 1960 et, en mai 1969, les plus importantes émeutes ethniques. À cette époque, le pays est encore traversé par une profonde crise qui se traduit notamment par un questionnement sur le fondement de l’identité malaise, le « revivalisme » musulman [3] et le développement économique.
Le nouveau Premier ministre est lui-même une personnalité intéressante au regard de son itinéraire personnel, particulièrement riche, et de son implication dans l’évolution politique du pays [4]. Né en 1925, issu d’un milieu moins favorisé que ses prédécesseurs, il ne suit pas une formation occidentalisée et des études de droit comme eux, mais des études de médecine. Il rejoint l’UMNO à sa création, s’exprime régulièrement dans les colonnes du journal quotidien The Straits Times, entre au Parlement en 1964, et demeure très impliqué dans la vie politique, malgré son éviction du parti de 1964 à 1970. Il n’a donc qu’une trentaine d’années lorsque la Malaisie accède à l’indépendance. Il a, de ce fait, connu ses trois premiers dirigeants [5] et vécu les crises ethniques qui ont frappé le pays. Il n’a, enfin, qu’une cinquantaine d’années lorsqu’il devient à son tour Premier ministre.
Sa personnalité et son itinéraire concourent à donner à son parcours politique un sens très particulier. Il s’est ainsi fait le défenseur du nationalisme malais et il est lui-même entré en conflit avec les autorités qui, estimait-il, ne prenaient pas suffisamment en compte les besoins et les aspirations de la composante malaise. Cependant, lorsqu’il prend la succession de Tun Hussein Onn, Mahathir a le souci de préserver l’équilibre d’une fédération multiethnique qui reste confrontée à des problèmes économiques, sociaux et politiques ainsi qu’à un phénomène de résurgence islamique. Il est donc aussi bien le produit d’une certaine opposition au système politique que celui de ce même système, auquel il adhère jeune, avec lequel il entre en conflit un temps, mais qu’il rallie de nouveau dans les années 1970. Il va donc, sans conteste, donner au poste de Premier ministre de la Malaisie une nouvelle stature.
Le « système Mahathir » de 1981 à 1983
Dès son arrivée au pouvoir, Mahathir souhaite promouvoir une administration assainie de la corruption, « propre, efficace, dans laquelle les populations peuvent avoir confiance ». Il commence alors par appliquer ce principe au sein de l’UMNO, dont il démocratise le fonctionnement et change les règles de désignation du vice-président en faisant procéder notamment à son élection et non plus à sa désignation par le président. Il fait d’ailleurs de ce principe le thème central de sa campagne lors des élections générales de 1982 et met aussitôt ces mesures en application. Une vaste opération de lutte contre la corruption et contre le manque d’efficacité au sein de la fonction publique est alors déclenchée. Par ailleurs, il lève la censure qui touchait plusieurs publications, et élargit de nombreux prisonniers détenus au titre de l’Internal Security Act (ISA), texte adopté en 1960 à la fin de l’état d’urgence et autorisant la détention de tout individu soupçonné de menacer la sécurité.
Cette même année, peu avant les élections générales d’avril 1982, Mahathir intègre dans les rangs de l’UMNO Anwar Ibrahim, le charismatique membre de l’Angkatan Belia Islam Malaysia (ABIM), mouvement islamique des jeunes créé en 1971 sur le campus de l’Université de Malaya [6]. Il rallie ainsi au pouvoir l’un des piliers de la défense de l’islam et prive le PAS – dont l’ABIM était considéré comme une branche pour la jeunesse et le creuset de ses futures élites – et l’opposition musulmane radicale de l’un de ses plus fervents orateurs. Les succès que rencontre Anwar lui valent d’intégrer l’équipe Mahathir comme « junior minister » puis, dès septembre 1982, d’être élu vice-président de l’UMNO et dirigeant des jeunes du parti.
Cependant, à partir de l’année suivante, Mahathir est confronté à une série de nouveaux problèmes. Dès 1983, le Premier ministre entre en effet en conflit avec les souverains, à qui il conteste l’étendue de leurs pouvoirs et prérogatives [7]. Plus qu’une simple rivalité de pouvoir ou la volonté de s’imposer par rapport à un monde dont il n’est pas issu, cette opposition fait transparaître la question des rapports entre tradition et modernité ainsi que sa volonté de faire reconnaître la prééminence du système fédéral sur tout autre système de pouvoir local, fût-il l’émanation du pouvoir traditionnel des sultans.
1984-1987 : des années charnières
En 1984, Mahathir décide de purger l’UMNO des éléments qu’il estime ne pas lui être loyaux. Cette décision vise Ghazali Shafie, en charge des Affaires étrangères, mais surtout Tengku Razaleigh, responsable des Finances, qui tente de prendre la place du vice-président de l’UMNO, Musa Hitam. Cette période inaugure une ère de divisions à l’intérieur du parti, alors que le scandale de la Bank Bumiputra constitue un camouflet de taille pour la politique soutenue par le Premier ministre. Cette banque, symbole de la New Economic Policy (NEP) lancée en 1970, se trouve, en effet, impliquée dans des opérations douteuses.
Parallèlement, les changements introduits par Mahathir révolutionnent le fonctionnement de l’UMNO. On assiste en effet à une certaine démocratisation mais également à une factionnalisation, due à l’abandon du principe d’union absolue derrière le chef. Cela se traduit par la formulation de critiques et, chose inédite depuis la création du parti en 1946, par la remise en cause des décisions de son président. Il en résulte une opposition entre des personnalités historiques et le Premier ministre, ainsi qu’une campagne de critiques contre sa gestion des affaires qui aboutissent à une succession de crises dans le courant de l’année 1987. Cependant, les problèmes tiennent plus à des oppositions de personnes qu’à de profondes divergences sur le programme. Mahathir en vient donc de plus en plus naturellement à soutenir Anwar. En effet, ce dernier donne une image différente du nouveau dirigeant malais, plus proche du peuple à la fois par son extraction sociale, sa formation et les idéaux qu’il défend, notamment la volonté de promouvoir la résurgence de l’islam tout en luttant contre ceux qui tenteraient de favoriser l’extrémisme religieux et de l’instrumentaliser, comme cela a été le cas lors de la tragédie de Memali en novembre 1985 [8].
De l’Assemblée générale de l’UMNO d’avril 1987 aux élections générales d’octobre 1990
Surpris des nombreux retournements au sein de son propre camp – lors de l’Assemblée générale du parti en avril 1987 par exemple, Musa Hitam tente de ravir le poste de Mahathir –, le Premier ministre, moins enclin à la confiance, procède à une véritable purge et durcit ses positions. Néanmoins, le lancement d’une campagne visant à invalider les résultats du scrutin, qui s’est tenu au sein de l’UMNO et a donné un très large avantage au camp Mahathir, débouche, en février 1988, sur une décision de la Haute Cour de justice qui déclare le parti illégal pour défaut d’enregistrement d’une trentaine de ses branches locales. Le Premier ministre lui donne alors une nouvelle structure en le transformant en « UMNO Baru », une « nouvelle UMNO » dotée de nouveaux statuts. Quant à lui, Razaleigh tente de faire reconnaître la reconstitution de l’ancien parti avant de se résoudre à lui donner le nom de « UMNO’ 46 » puis de « Semangat’ 46 » – « Esprit de 1946 », par référence à l’année de création de l’UMNO. Différentes tentatives en vue de réconcilier les deux tendances se succèdent mais échouent jusqu’à la tenue, en décembre 1988, d’un forum à Johor. Laissant Razaleigh faire cavalier seul, Musa Hitam finit par rejoindre l’UMNO alors que Mahathir se retire trois mois, suite à une opération cardiaque.
Après deux années de tensions au sein du parti, Mahathir parvient, en 1989, à reprendre l’avantage et s’assure le contrôle du Barisan Nasional (BN, le « Front national »), la coalition de partis sur laquelle repose la stabilité du gouvernement. Il se fixe alors plusieurs objectifs : isoler l’opposition dirigée par Razaleigh, améliorer les conditions économiques du pays et réviser la NEP. En ce qui concerne le problème que pose à Mahathir l’opposition de Razaleigh, l’élection partielle qui se tient, en janvier 1989, dans la circonscription d’Ampang Jaya, dans la banlieue de la capitale, donne lieu à une mobilisation efficace du BN contre le Semangat’ 46. En revanche, les résultats économiques et la préparation de nouvelles dispositions dans le cadre de la NEP apparaissent beaucoup plus mitigés. Les autorités instituent, le 19 janvier 1989, un nouvel organe : le Conseil économique consultatif, à qui il revient la charge d’étudier les nouvelles mesures à adopter. Toutefois, un an après sa mise en place, aucun rapport définitif n’est établi. Les observateurs estiment alors que la NEP a, globalement, atteint ses objectifs – dans la lutte contre la pauvreté et l’« égalisation » des moyens entre les différents groupes ethniques –, mais de nombreuses critiques demeurent sur les disparités entre zones urbaines et rurales, qui s’accroissent avec le développement du pays. Mahathir souligne, quant à lui, lors d’une convention de l’Association malaisienne d’économie, le 7 août 1989, que l’erreur des Malaisiens – « Bumiputra » [9] et Malais principalement – a été de considérer la NEP non pas comme un instrument de développement social et économique, mais comme un moyen de s’enrichir rapidement, sans se doter des capacités de bien gérer leurs nouvelles richesses. Souhaitant désormais se concentrer sur l’application de cet aspect particulier, il se fait le défenseur d’une New Development Policy (NDP). Ayant affermi son contrôle sur le parti et tirant avantage de l’amélioration de la situation économique, il décide d’organiser des élections anticipées en octobre 1990.
 
LA MALAISIE DE 1990 À 1996 : LE RETOUR DE L’ISLAM ET DE L’IDENTITÉ MALAISE SUR LA SCÈNE POLITIQUE
 
 
Des élections générales de 1990 à la personnification du slogan de « Melayu Baru » en 1993
L’année 1990 est lourde en événements électoraux, puisque se succèdent les élections législatives en juillet, puis des élections générales en octobre. L’opposition entre Mahathir et Razaleigh, qui a donné lieu à la scission de l’UMNO en deux partis malais désormais adverses, l’UMNO Baru et le Semangat’ 46, suscite l’apparition de deux alliances : le Barisan Nasional [10] (11 partis) et le Gagasan Rakyat [11] – composé de Semangat’ 46 et, curieusement, du parti chinois Democratic Action Party (DAP) ainsi que du parti islamiste (PAS). Mahathir doit alors faire face non seulement aux divisions qui affectent son parti, mais aussi à celles qui touchent les mouvements de sa coalition. En effet, il est confronté à des sujets d’inquiétude dans les territoires de Bornéo, et tout particulièrement dans l’État de Sabah où son allié, le Parti Bersatu Sabah [12] (PBS), donne des signes de désobéissance croissants qui aboutissent, cinq jours avant les élections générales, à sa défection et son ralliement à la faction adverse. Les résultats sont malgré tout plutôt favorables au gouvernement, qui remporte, au niveau national, 127 des 180 sièges du Parlement [13], réalisant ainsi son objectif de maintenir sa majorité des deux tiers, alors que le Semangat’ 46 ne conserve que 8 des 12 sièges qu’il détenait.
En revanche, les résultats des élections, qui se déroulent dans 11 des 13 États de la Fédération, confirment une poussée de l’opposition, qui remporte 98 sièges contre 62 en 1986, même si le BN conserve 253 sièges. Il ne reste plus à Mahathir qu’à implanter l’UMNO au Sabah et ne plus se contenter de s’allier avec des partis locaux à la fidélité mouvante. D’autre part, l’apparition de nouvelles tensions entre le Premier ministre et les sultans lors de la campagne d’octobre 1990 [14] se poursuit et rebondit à l’occasion de plusieurs scandales politico-financiers qui offrent enfin à Mahathir la possibilité de limiter le pouvoir des souverains.
Les élections qui se préparent alors à l’UMNO pour le mois de novembre 1993 ouvrent la voie à une nouvelle compétition. Si le poste de président n’est pas remis en cause, celui de vice-président donne lieu à des rivalités. Anwar Ibrahim, qui défend avec Mahathir les nouveaux concepts de Melayu Baru (nouveau Malais) et Melayu Korporat (corporation malaise), apparaît ainsi en bonne position ; peut-être déjà un peu trop, et surtout trop rapidement au goût de certains... En effet, les rivalités au sein du parti se font particulièrement fortes lorsque Anwar présente sa candidature contre celle de Ghafar Baba, alors vice-Premier ministre, démontrant au passage la relative « neutralité » exercée par Mahathir et le fait qu’il n’existe plus le même « tabou » concernant cette fonction et celle de président du parti. Pourtant, alors que la question de la succession de Mahathir se pose de manière accrue, le poste n’en est que plus primordial, puisque c’est au vice-président du parti majoritaire que reviendrait la charge de le remplacer en cas de besoin. Dès lors, deux modèles s’opposent. Ghafar, né en 1925, incarne la « vieille génération » avec des valeurs traditionnelles, alors qu’Anwar, né en 1947, ancien fer de lance du mouvement de revivalisme musulman, incarne la nouvelle génération plus active, une génération de « jeunes Turcs » [15], impliquée dans les activités économiques.
De la nomination d’Anwar aux élections tests de 1994
Le raz-de-marée des voix qui soutiennent la candidature d’Anwar convainc Ghafar de renoncer. Il démissionne au mois d’octobre 1993 et, sans concurrent, Anwar est élu vice-président de l’UMNO et, donc, vice-Premier ministre. Cependant, cette élection provoque des remous. Ainsi, des délégués n’hésitent pas à soulever la question de la tentative de corruption, dont la majorité d’entre eux auraient fait l’objet, et lancent des débats sur des questions fondamentales telles que les réformes à venir. Mahathir, qui conserve le souci d’assurer la croissance du pays et d’en faire un pôle régional de développement attractif pour les entreprises étrangères, y répond en proposant d’étendre l’enseignement de l’anglais sur les campus, mesure qui pourrait, selon lui, contribuer à garantir la prospérité, une prospérité dont Anwar se fait le chantre en présentant des résultats économiques particulièrement remarquables, malgré un contexte international défavorable. C’est à partir de cette période de relative euphorie économique que se manifestent de nouvelles tensions entre générations, mais aussi entre le monde rural et urbain.
Des élections au Sabah de 1994 à la fin de l’année 1996
En mars 1994, se tiennent les élections législatives de l’État du Sabah, seul État de la fédération avec le Kelantan à être détenu par l’opposition [16]. L’échéance revêt d’autant plus d’importance pour le pouvoir central qu’elle lui offre la possibilité, pour la première fois, de participer directement à un scrutin dans la partie orientale du pays et, donc, de donner à l’UMNO un caractère totalement national. De plus, le parti cherche à réduire le particularisme de cette partie de la fédération, ancré sur ses spécificités ethniques, religieuses et historiques systématiquement mises en relief par les dirigeants locaux. En fin de compte, le BN finit par prendre le contrôle de l’État du Sabah. Néanmoins, si la situation politique locale en ressort complexifiée par l’apparition d’une multitude de nouveaux partis, le déroulement de la campagne tend à démontrer l’assise dont jouit désormais Anwar, responsable de la campagne du BN au Sabah. Les signes de tensions entre Mahathir et Anwar ne vont cependant plus tarder à se multiplier.
Malgré une accumulation de problèmes et de scandales touchant plusieurs de ses proches, Mahathir organise une nouvelle fois des élections générales anticipées, en avril 1995. Celles-ci ne remettent pas en cause son assise, mais la question de sa succession demeure ouverte et lancinante. Certains se demandent d’ailleurs si elle sera abordée lors de la future Assemblée générale du parti, prévue pour le mois d’octobre 1996. Pourtant, un an avant cet événement, Mahathir fait adopter une résolution qui empêche toute candidature aux postes de président et vice-président de l’UMNO. Cela revient à évaluer son influence et celle d’Anwar dans la désignation des autres personnalités clés, c’est-à-dire des trois autres vice-présidents et, dans une moindre mesure, des chefs de la branche féminine (Wanita UMNO) et de la branche des jeunes. Le Premier ministre s’arrange également pour limiter les scandales relatifs à la corruption et liés aux achats de votes de délégués, en interdisant toute forme de campagne préélectorale [17]. Dans l’ensemble, Mahathir obtient satisfaction. Certes, des partisans d’Anwar obtiennent la direction des branches féminine et de la jeunesse du parti, mais il est assuré du soutien de deux des trois vice-présidents – Abdullah Ahmad Badawi et Najib Tun Razak, Muhammad Taib apparaissant davantage comme un proche d’Anwar. Il parvient surtout à réintégrer Razaleigh au sein de l’UMNO – à la condition que le Semangat’ 46 soit dissous [18] – peu de temps avant l’Assemblée générale, ce qui lui permet d’espérer pouvoir disposer d’un soutien de poids face à un dauphin désormais trop ambitieux.
 
LA MALAISIE DE 1997 À 2002 : LA CRISE FINANCIÈRE ET L’USURE DU POUVOIR, FACTEURS DE RELANCE DES CLIVAGES SOCIAUX ET DE L’ASPIRATION AUX RÉFORMES
 
 
1997 : d’une crise à une autre...
L’année 1996 s’achève sur une note ironique : le vice-président de l’UMNO, Mohammad Taib, proche d’Anwar, est arrêté en Australie en possession de 2,4 millions de ringgits. L’événement marque le début de nouveaux problèmes qui feront de l’année à venir, selon l’expression de James Chin, une année particulièrement « horrible » pour Mahathir [19]. En effet, la nouvelle campagne anticorruption s’abat sur plusieurs membres de l’UMNO. D’autres événements – annulation d’une élection dans une circonscription de Sarawak, nouvelles dissensions à Sabah, etc. –, remettant en cause l’assise de l’UMNO, s’ajoutent par ailleurs à ces difficultés. Après avoir contraint, en avril 1997, Mohammad Taib à démissionner de ses fonctions de chef de l’État du Selangor, le Premier ministre quitte le pays en mai pour des congés, en confiant le pouvoir à Anwar. Lorsqu’il revient à la fin du mois de juillet, il doit faire face à trois principales sources de tensions : l’assurance prise par Anwar, l’ouverture d’une confrontation avec les ulamas et la dégradation de la situation économique. À ces tensions s’ajoutent des questions régionales qui affectent la Malaisie : incendies de forêts en Indonésie, ingérences extérieures dans les affaires des États de la région, tensions avec le Fonds monétaire international (FMI) et la crise qui secoue le Cambodge et empêche son intégration au sein de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ANSEA).
L’assurance prise par Anwar n’est, aux yeux de certains, que d’une importance toute relative face aux difficultés que rencontre Mahathir. Mais l’opposition entre les deux hommes est manifeste, notamment au sujet des réformes économiques à mettre en œuvre pour contrer les effets de la crise financière qui affecte la région. Mahathir, quant à lui, s’estime trahi. De plus, la tension qui l’oppose aux personnalités religieuses après l’interdiction de divers concours de beauté et de culturisme dans les États du Selangor et de Sarawak prend une importance semblable à celle qui l’avait auparavant opposé aux sultans. Mahathir réagit de la même manière, en plaçant les questions religieuses sous contrôle de l’administration fédérale, puis en annonçant en septembre qu’il durcira sa politique de lutte contre le radicalisme musulman et les déviances religieuses.
De la destitution d’Anwar Ibrahim à l’organisation des élections générales de novembre 1999
La Malaisie est donc confrontée, depuis la crise financière de l’été 1997, à un considérable bouillonnement politique. La dégradation de la situation économique, les divergences de vues entre Mahathir et son dauphin – qui appelle à l’adoption de réformes pour nettoyer la société de tous ses maux – pèsent lourdement sur la situation politique intérieure [20]. C’est dans ces circonstances, alors qu’Anwar représente clairement une menace pour le Premier ministre, que les autorités annoncent, à la fin du mois de juillet 1998, la possibilité d’organiser des élections anticipées. Plusieurs facteurs – rumeurs, troubles, contestations et critiques à l’intérieur de l’UMNO mais aussi la démission du président Suharto en Indonésie, qui est commentée avec insistance par les partisans d’Anwar – amplifient par ailleurs le différend entre les deux hommes.
La rupture est consommée après la tenue de l’Assemblée de l’UMNO, lorsque Mahathir désigne Daim Zainuddin aux affaires économiques et demande à Anwar de présenter sa démission, ce que ce dernier refuse de faire. Objet d’enquêtes, il est alors accusé, en septembre 1998, de toute une série de délits. Exclu de l’UMNO, il accorde des entretiens à des journalistes, dans lesquels il dénonce la corruption officielle, puis appelle à un vaste mouvement de Reformasi ainsi qu’à la démission de Mahathir. Devant l’ampleur des manifestations de soutien, les autorités procèdent à son arrestation. À la suite de celle-ci, sa femme reprend le flambeau. Elle crée un nouveau parti : le Parti Keadilan (le « parti de la justice »), tandis que les manifestations de soutien à l’ancien vice-Premier ministre se succèdent au rythme des procès engagés contre lui.
L’année suivante est marquée par la poursuite des troubles et des épisodes du procès d’Anwar [21]. Face à cette situation, confronté à différents impératifs – notamment calendaires, du fait des fêtes religieuses des différentes communautés et de la période de mousson – et voulant éviter qu’une nouvelle génération d’électeurs favorables à Anwar ne s’inscrivent sur les listes électorales, Mahathir organise les dixièmes élections générales fin novembre 1999. Les quatre principaux partis d’opposition – le Parti Islam Se-Malaysia (PAS), le Democratic Action Party (DAP), le Malaysian People’s Party (PRM) et le tout nouveau Parti Keadilan – forment alors une coalition concurrente au Barisan Nasional : le Barisan Alternatif (BA, le « Front alternatif »). Néanmoins, le BN gagne les élections, même si la classe politique malaise en sort plus profondément divisée encore que lors de l’existence du Semangat’ 46. En effet, une large part de l’électorat a montré sa désaffection envers l’UMNO, particulièrement dans les États du Nord, le principal facteur qui a limité un raz-de-marée en faveur de l’opposition ayant été la crainte des minorités et d’une partie de l’électorat de voir le pays basculer dans de nouveaux troubles ethniques, dans l’hypothèse où la coalition dirigée par le PAS remporterait le scrutin.
Une situation intérieure particulière : de la période postélectorale à l’annonce de la démission de Mahathir
Trois élections législatives – en avril, en juin et en novembre 2000 – ont lieu durant l’année qui succède à ces élections générales. Le BN y obtient des résultats médiocres [22]. Au sein de l’UMNO, Mahathir est renouvelé dans ses fonctions en mai 2000, mais, comme le démontrent les résultats des élections, la situation est loin d’être aussi simple qu’auparavant. Il doit en effet compter avec la hausse de popularité de l’opposition, alors qu’il lui est reproché de ne pas avoir su renouveler les cadres au sein de son parti ni donner une place plus grande aux jeunes. Ces jeunes sont pourtant, comme dans les années 1970, de plus en plus impliqués dans les activités politiques, situation qui n’est pas sans lui rappeler l’engagement d’Anwar au sein de l’ABIM quand il était étudiant... Il assiste également à un regain de contestations suite à l’arrestation d’opposants et à l’apparition de scandales qui frappent sa coalition et contribuent à lui faire subir une défaite stratégique face au Keadilan lors de la dernière élection législative de l’année au Kedah.
Cependant, en 2001, la situation de Mahathir tend à se consolider [23], malgré des appels répétés en faveur de la lutte contre la corruption qui continue à gangrener l’UMNO. Les critiques envers l’encadrement du parti se multiplient. Le Premier ministre y répond en dénonçant les intérêts égoïstes de certains, qui nuisent à l’image de l’UMNO. Mahathir dénonce même l’attitude des Malais et le fait qu’ils ne réalisent pas les efforts consentis pour les sortir de leur condition. Il regrette ainsi les efforts qu’il a engagés en leur faveur, alors que ces derniers n’étaient pas capables de soutenir son action, faisant ainsi le jeu de l’opposition. Il laisse cependant entrevoir, à différentes reprises, et ce, dès 1999, la possibilité de mettre un terme à ses fonctions. La situation de la Fédération de Malaisie à compter de cette période – incidents ethniques, immigration illégale jugée source de troubles, attentats aux États-Unis et leurs répercussions – est cependant utilisée par Mahathir afin de raffermir son emprise et de reconstituer l’union autour de sa politique. C’est le 22 juin 2002, lors de la clôture de la session de l’UMNO, qu’il annonce alors son intention de se retirer, à la stupeur de l’ensemble des délégués du parti... Ce n’est que plusieurs jours après qu’il explique sa décision, qu’il décrit comme mûrement réfléchie.
En effet, Mahathir estime que les circonstances sont désormais plus favorables pour une transition politique. L’UMNO s’est ressoudée et semble avoir moins à redouter de l’opposition. Anwar, symbole de la nouvelle opposition, est « mis sur la touche » de manière durable. Sa condamnation à six ans de prison pour corruption et neuf ans supplémentaires pour mœurs déviantes semble devoir l’empêcher de jouer un rôle dans les affaires du pays, au moins dans un proche avenir. La situation du Keadilan, incarné par l’épouse d’Anwar, Wan Azizah Ismail, demeure fragile tant en raison de l’essoufflement du mouvement pro-Reformasi – du fait des arrestations auxquelles ont procédé les autorités [24] – que d’un manque de programme clair et du caractère trop effacé de sa présidente. De plus, les dissensions au sein du Barisan Alternatif ont affaibli la coalition d’opposition, amenant notamment le DAP à remettre en cause sa participation au sein de celle-ci. Enfin, la disparition du dirigeant du PAS, Fadzil Noor, le 24 juin 2002, contribue à affaiblir le BA et pose la question de l’évolution du parti, surtout après l’arrivée à sa tête de son vice-président, Abdul Hadi Awang, généralement décrit comme très dogmatique. Il est donc possible de considérer que les circonstances sont plus favorables au maintien de la prééminence de l’UMNO sur la scène politique malaisienne. Mahathir affirme, en tout cas, qu’il est temps pour lui d’abandonner son poste. Il s’engage à veiller à ce que la transition se fasse de manière souple au sein de l’UMNO, jusqu’à son départ fixé pour le mois d’octobre 2003, soit après la tenue à Kuala Lumpur du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
 
LES PERSPECTIVES APRÈS 2003
 
 
Le calendrier proposé par le Premier ministre présente l’avantage de préparer les institutions et les hommes au changement. Le vice-président de l’UMNO, Abdullah Badawi, paraît crédité d’un parfait profil pour prendre la relève du Premier ministre, car il semble en mesure de pouvoir contrer, mieux que quiconque, les risques posés par le radicalisme musulman dans le pays. Lui-même descendant d’une famille d’ulamas ayant des origines arabes, il semble à même d’avoir des positions respectées par tous. La véritable question est alors de savoir si un dialogue pourra s’établir entre le futur dirigeant de l’UMNO et la nouvelle direction du PAS. En effet, cette dernière semble résolue à imposer différentes dispositions islamiques, contre l’avis des autorités fédérales. Elle cherche ainsi à faire appliquer le Code pénal islamique et évoque la possibilité de création d’« unités spéciales » chargées de faire respecter des dispositions que les forces de police malaisiennes refusent de mettre en œuvre [25]. Mais la Malaisie devra également s’assurer d’un développement économique suffisant dans les années à venir, afin d’éviter l’apparition de nouveaux troubles intercommunautaires ou religieux. Malheureusement, en la matière, personne ne peut affirmer que les perspectives de stabilité économique du pays se maintiendront.
Enfin, l’hypothèse de risques de tensions internes à l’UMNO ne peut être entièrement levée tant que le futur vice-président n’aura pas été officiellement désigné [26]. Les yeux de nombreux commentateurs se tournent pour le moment en direction des trois actuels vice-présidents : Najib Tun Razak, Muhyiddin Yassin et Muhammad Muhammad Taib, dont personne ne sait si l’un d’entre eux aura effectivement le désir de parvenir rapidement au poste de numéro deux du régime. Mahathir a appelé ses partisans au calme et à la raison. Néanmoins, il pourrait être tenté, à l’image de Julius Nyerere en Tanzanie, de conserver, après son retrait officiel de la vie politique, la haute main sur les affaires et, dans cette perspective, de conseiller, une nouvelle fois, l’organisation d’élections anticipées qui pourraient se tenir entre son retrait officiel de la vie politique, à la fin de l’année 2003, et l’échéance électorale programmée autour du mois de novembre 2004.
 
NOTES
 
[1] N.d.l.R. : L’objectif du mouvement Reformasi était de changer l’ordre politique et social en Malaisie.
[2] Décision qu’il a, par la suite, remise à l’automne 2003, le temps de préparer au mieux une transition politique d’autant plus déterminante qu’elle coïnciderait avec les préparatifs des futures élections générales.
[3] Nathalie Hoffmann, « La radicalisation de l’islam : facteur de déstabilisation en Asie du Sud-Est ? », Politique étrangère, no 1, printemps 2002, p. 115-133.
[4] Voir les ouvrages de John Funston, Malay Politics in Malaysia, a Study of the United Malays National Organisation and Party Islam, Kuala Lumpur, Heinemann Educational Books, 1980, 326 p. ; Robert S. Milne, Diane K. Mauzy, Malaysian Politics Under Mahathir, Londres, Routledge, 1999, 225 p. ; Khoo Boo Teik, Paradoxes of Mahathirism, an Intellectual Biography of Mahathir Mohamad, Oxford, Oxford University Press, 1995, 375 p.
[5] Tunku Abdul Rahman (1957-1970), Tun Abdul Razak (1970-1976) et Tun Hussein Onn (1976-1981).
[6] Le mouvement s’est élevé contre les autorités qu’il estimait insuffisamment engagées en faveur des Malais. Plusieurs de ses membres ont, comme Anwar Ibrahim, pris une part active dans des manifestations visant à dénoncer les effets de la pauvreté dans plusieurs États de la fédération.
[7] La Malaisie est une fédération de 13 États (9 sultanats héréditaires et 4 États non monarchiques). Le Premier ministre est le chef du gouvernement, mais les sultans, qui sont les chefs religieux de leur État (et des territoires fédéraux), ont également la caractéristique d’élire celui d’entre eux qui, pendant une durée de cinq ans, aura le titre de roi, le « Yang di Pertuan Agong ». La fonction comporte un certain nombre de pouvoirs, notamment dans le domaine constitutionnel, ainsi que de nombreux privilèges que le Premier ministre tentera de limiter à plusieurs reprises.
[8] Ibrahim Mahmud (alias Ibrahim Libya), ancien membre du PAS, enseignant religieux dans un village de l’État de Kedah, trouve la mort avec une trentaine de villageois lors d’affrontements avec les forces de sécurité.
[9] Terme qui signifie, littéralement : « les fils du sol » et désigne les populations indigènes établies originellement sur le territoire. Adopté après les émeutes de mai 1969, ce terme vise à la fois à éviter que le ratio ethnique ne bascule en faveur des Chinois et à institutionnaliser la mise en place de mesures préférentielles en faveur du groupe constitué par les Malais et Bumi.
[10] Le « Front national », qui a pris le relais de « l’Alliance » en élargissant sa composition.
[11] « Gagasan », qui signifie, littéralement : « idée, concept », et que l’on peut d’ailleurs rapprocher du terme « wawasan » (la « vision ») qu’emploie Mahathir ; « rakyat » pour « populaire ».
[12] Littéralement : le « Parti unifié de Sabah ».
[13] Contre 148 sièges sur les 177 que comptait précédemment le Parlement lors des élections générales de 1986.
[14] Ces tensions apparaissent en raison du soutien que le sultan du Kelantan apporte à Tengku Razaleigh, chef du « Semangat’ 46 », son beau-frère, en violation des règles qui limitent l’implication des sultans dans la vie politique.
[15] Selon l’expression de Khai Leong Ho dans son article « Malaysia : The Emergence of a New Generation of UMNO Leadership », Southeast Asian Affairs 1994, Singapour, Institute of Southeast Asian Studies, p. 179-193.
[16] James Chin, « The Sabah State Election of 1994, End of Kadazan Unity », Asian Survey, vol. 34, no 10, octobre 1994, p. 904-915.
[17] Voir James Chin, « Malaysia in 1996, Mahathir-Anwar Bouts, UMNO Election, and Sarawak Surprise », Asian Survey, vol. 37, no 2, février 1997, p. 181-187 ; et Boo Teik Khoo, « Malaysia : Challenges and Upsets in Politics and Other Contestations », Southeast Asian Affairs 1997, Singapour, Institute of Southeast Asian Studies, p. 163-184.
[18] Le parti n’a en effet pratiquement connu que des revers successifs et des dissensions avec le PAS lors des différentes élections qui se sont succédé à partir de 1988.
[19] James Chin, « Malaysia in 1997, Mahathir’s Annus Horribilis », Asian Survey, vol. 38, no 2, février 1998, p. 183-189.
[20] Greg Felker, « Malaysia in 1998, a Cornered Tiger Bares its Claws », Asian Survey, vol. 39, no 1, janvier-février 1999, p. 43-54.
[21] Greg Felker, « Malaysia in 1999, Mahathir’s Pyrrhic Deliverance », Asian Survey, vol. 40, no 1, janvier-février 2000, p. 49-60.
[22] Patricia Martinez, « Malaysia in 2000, a Year of Contradictions », Asian Survey, vol. 41, no 1, janvier-février 2001, p. 189-200.
[23] Patricia Martinez, « Malaysia in 2001, an Interlude of Consolidation », Asian Survey, vol. 42, no 1, janvier-février 2002, p. 133-140.
[24] « Silencing the Critics », The Economist, 25 avril 2002.
[25] Leslie Lau, « Terengganu to Create Hudud Enforcement Unit, PAS Vows to Forge Ahead With Its New Islamic Penal Code After Malaysia’s Police Chief Orders Officers in the State Not to Uphold It », The Straits Times, 12 juillet 2002.
[26] Reme Ahmad, « UMNO Leaders Try to Douse Debate on no 2 Post », The Straits Times, 7 juillet 2002.
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Leslie Lau, « Terengganu to Create Hudud Enforcement Unit,...
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[26]
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