Revue internationale et stratégique
Dalloz

Institut des relations internationales et stratégiques

I.S.B.N.2130536581
248 pages

p. 69 à 78
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Tendances

n° 49 2003/1

2003 Revue internationale et stratégique Tendances

La redéfinition des relations Japon/Corée du Nord : un nouvel enjeu pour l’Asie du Nord-Est ?

Marianne Péron-Doise Analyste sur les questions de sécurité en Asie du Nord-Est et en Asie du Sud-Est, chercheur invité au Japan Institute of International Affairs, Tokyo, 1999-2000.
La République populaire et démocratique de Corée du Nord est le seul pays d’Asie avec lequel le Japon n’entretient pas de relations diplomatiques. La politique nord-coréenne du Japon s’est d’ailleurs longtemps contentée de « diaboliser » le régime de Pyongyang. D’autre part, face à une péninsule Coréenne divisée en deux depuis cinquante ans, le Japon subit avant tout les contraintes inhérentes au statut de principal allié stratégique des États-Unis dans un jeu global de puissance dont l’issue lui échappe. La tentative de Junichiro Koizumi de définir de nouvelles règles du jeu en rehaussant la politique nord-coréenne du Japon au niveau étatique a cependant été rattrapée par un environnement régional pétrifié par les révélations américaines sur le développement d’un programme nucléaire clandestin par Pyongyang. Re-defining the Japan/North Korea Relations : A New Challenge for North East Asia ?
The Democratic People’s Republic of North Korea is the only Asian country with whom Japan maintains no diplomatic relations. For a long time, Japan’s North Korean policy did not go beyond treating Pyongyang as an evil threat. On the other hand, in defining its posture towards to a Korean peninsula that has been divided for 50 years, Japan feels constrained by its position as the US main strategic ally in a global power game whose outcome lies beyond its control. In his attempt to set new rules of the game by promoting North Korean policy-making to a state level, Junichiro Koizumi was caught up in a regional environment that was stunned when the Americans revealed Pyongyang’s secret nuclear program.
« “Quand les baleines chahutent, les crevettes trinquent.” Il est bien connu que l’environnement géopolitique de la Corée ne manque pas de baleines. Baleines jaunes de Chine et du Japon, baleines blanches au long nez, américaines, russes et européennes. » [1]
La République populaire et démocratique de Corée du Nord (RPDC) est le seul pays d’Asie avec lequel le Japon n’entretient pas de relations diplomatiques. La politique nord-coréenne du Japon s’est d’ailleurs longtemps contentée de « démoniser » le régime de Pyongyang. Parangon de la menace militaire dans les approches japonaises, l’imprévisibilité apparente du régime nord-coréen a pu, aux yeux de Tokyo, commodément justifier la vigilance et les efforts de réarmement des Forces d’autodéfense (FAD) japonaises, tout comme l’implication japonaise dans le programme de recherche américain sur la Missile Defense. Le survol d’un engin balistique au-dessus de l’archipel en 1998 n’a pas peu contribué à justifier, a posteriori, les crispations sécuritaires japonaises dans un environnement toujours marqué par des rapports de force de type guerre froide.
Face à une péninsule Coréenne divisée en deux depuis cinquante ans, le Japon subit avant tout les contraintes de principal allié stratégique des États-Unis dans un jeu global de puissance dont l’issue lui échappe. Sur le plan intérieur, l’hostilité conjuguée de l’opinion publique et de la classe politique japonaises face à la dictature militaire en place à Pyongyang explique également le peu d’appétence du gouvernement nippon pour tout dialogue un tant soit peu substantiel avec la Corée du Nord. Cette marge de manœuvre, relativement étroite, s’est longtemps traduite par une diplomatie louvoyante préférant les canaux officieux et les missions de responsables politiques qui, s’ils sont porteurs d’un message, ne disposent d’aucun pouvoir de décision. En septembre 2002, la tentative volontariste du Premier ministre japonais Junichiro Koizumi de définir de nouvelles règles du jeu, en rehaussant la politique nord-coréenne du Japon au niveau étatique, n’a pas permis aux deux pays de s’extraire des frustrations passées. Les attentes engendrées par la visite à Pyongyang de J. Koizumi se sont en effet vite dissipées face à la dimension émotionnelle prise par l’affaire des kidnappés japonais et devant un environnement régional pétrifié par les révélations américaines sur le développement d’un programme nucléaire clandestin nord-coréen [2].
 
UN CONTENTIEUX HISTORIQUE AMBIGU
 
 
La question du passé occupe une place centrale dans la construction des relations politiques entre les pays d’Asie orientale et dans l’élaboration de la mémoire et des mythes nationaux au sein de ceux-ci. La querelle récurrente sur les manuels d’histoire japonais, jugés négationnistes, ou le prévisible courroux chinois lors de visites d’une autorité politique nippone au sanctuaire shinto de Yasukuni, où sont honorées les âmes des Japonais tombés pour la patrie de 1853 à 1945 [3], soulignent les difficultés de l’archipel à s’insérer dans un ensemble régional où il ne ferait plus figure d’« agresseur ». Les déclarations toujours très tranchées des gouvernements chinois ou sud-coréens sur le thème de la « résurgence du militarisme japonais » rendent délicate la gestion de l’histoire nationale par le Japon [4]. Comme le souligne Karoline Postel-Vinay [5], l’instrumentalisation de la mémoire, notamment dans un pays divisé comme la Corée, a avant tout une fonction de mobilisation nationale et s’efforce de lisser les nombreux clivages qui existent entre Séoul et Pyongyang. L’animosité nippo-coréenne remonte en grande partie à la période d’occupation et de colonisation brutale infligées par le Japon à la Corée de 1905 à 1945 ; passionnelle, elle touche également à la construction même de l’identité nationale coréenne [6] et vise à préserver une « coréanité » menacée par une division qui se prolonge. Cette dimension identitaire se manifeste également sous la forme d’un rejet et de critiques plus ou moins violentes à l’encontre de la présence militaire américaine et de l’influence des États-Unis sur les affaires de la péninsule, notamment la politique à tenir face à la Corée du Nord. C’est en grande partie la mobilisation populaire anti-américaine, déclenchée par l’affaire des deux soldats américains impliqués dans un accident ayant coûté la vie à deux écolières coréennes, qui a permis à Roh Moo Hyun de s’imposer dans l’élection présidentielle qui a eu lieu le 19 décembre 2002 en Corée du Sud.
La période d’occupation japonaise a laissé des réalisations contradictoires : d’une part, elle a su construire en réalisant l’industrialisation de la Corée et en l’unifiant sur le plan de l’organisation administrative, jetant ainsi les bases de l’État coréen moderne ; d’autre part, elle s’est révélée dévastatrice en évoluant, après 1910, vers le schéma autoritaire de la substitution, imposant une élite dirigeante japonaise au détriment des lettrés coréens, un mode d’éducation en opposition aux canons confucéens en vigueur en Corée et, surtout, l’usage de la langue japonaise. D’inspiration nationaliste, communiste ou libérale, le sentiment antijaponais a été la clé de la construction de la société politique coréenne moderne. La nation coréenne qui émergea, divisée, de la guerre de Corée de 1950-1953, reçut ce fond commun. Le Japon légua également un modèle bureaucratique qui lui survécut. En 1940, plus de 700 000 Japonais résidaient en Corée et étaient majoritairement employés dans les services gouvernementaux. Cette construction étatique fortement centralisée reproduisait le mode d’action de l’État japonais au sein de l’archipel nippon lui-même, son interventionnisme économique, son rôle leader dans la création de nouvelles industries et son contrôle étroit sur les milieux syndicaux et politiques. Insidieusement, ce schéma imposé resurgit et il en subsiste des traces dans le modèle bureaucratique et autoritaire qui s’imposa à la Corée du président Park Chung Hee, en marche vers l’industrialisation dans les années 1960.
La signature d’un traité de paix, en 1965, entre Séoul et Tokyo apaisa partiellement un ressentiment toujours prompt à resurgir côté coréen, mais il fallut attendre la visite du président Kim Dae Jung à Tokyo, en 1998, et les excuses écrites du Japon à cette occasion, pour voir les relations nippo-coréennes connaître une embellie décisive [7]. Cette réelle décrispation, vivement souhaitée par les États-Unis, dont Tokyo et Séoul sont des alliés stratégiques majeurs en Asie orientale, ne parvint cependant pas à dissiper le sentiment que le Japon demeurait implicitement hostile à toute réunification de la péninsule Coréenne, perspective politique, militaire et économique dont, par ailleurs, il estimait devoir être la première victime.
Les contentieux propres à la relation Japon/Corée du Nord
Face à la Corée du Nord, la diplomatie japonaise a longtemps donné l’image d’une absence de conviction et de stratégie. Pour sa part, Pyongyang n’a jamais caché son hostilité de principe à Tokyo, considéré comme un partenaire stratégique mineur et totalement inféodé aux États-Unis. Les avantages financiers à retirer d’une normalisation potentielle ont, seuls, constitué une donnée significative afin que Pyongyang se montre disposé à des concessions majeures. Le dossier des « kidnappés japonais » et la polarisation de la diplomatie nord-coréenne sur Washington, à partir des années 1990, ont contribué à différer un rapprochement qu’aucune des deux parties ne souhaite réellement.
La question des dommages de guerre exigés par Pyongyang au titre des réparations pour la période d’occupation japonaise n’a jamais été acceptée par la classe politique nippone, qui réfute la notion même de dommage. Il lui est préférée l’idée, plus neutre, d’aide ou d’assistance économique pour financer des projets précis. Cette formulation et le refus nord-coréen d’y adhérer ont longtemps bloqué l’évolution de cette question. Plus délicat encore est le dossier de la dizaine de disparus japonais [8], enlevés dans les années 1970 et 1980 par des agents nord-coréens. La gravité de l’affaire, le mystère longtemps entretenu autour du sort des malheureux kidnappés comme l’objet d’un tel acte ont largement contribué à en faire un sujet de colère, voire d’effroi, de l’opinion publique japonaise, face au cynisme d’un voisin qui s’embarrasse si peu des règles du droit international. Cette affaire, pour tragique qu’elle soit, n’a pas manqué d’être exploitée à des fins de politique intérieure, tant par le ministère des Affaires étrangères japonais, qui y trouva maintes fois une justification opportune de sa ligne dure face à Pyongyang, que par les courants nationalistes qui ont entretenu des campagnes régulières de dénonciation. Les associations d’aide aux familles des personnes enlevées n’ont pas échappé à cette tentation de la manipulation politique. Le règlement de ce dossier a constitué pour les « faucons » du Parti libéral démocrate (PLD) le préalable à une normalisation des relations nippo-nord-coréennes, chacun de ces pays s’étant servi de ce dossier pour bloquer un processus qu’il ne souhaitait pas voir aboutir. La question des épouses japonaises de Coréens qui, établis au Japon, ont regagné leur pays entre 1959 et 1980 a fourni à Pyongyang un autre levier qu’il a su utiliser avec habileté dans les discussions entre les deux pays. En échange de la livraison de nourriture, la Corée du Nord se réserve en effet le droit d’autoriser ces femmes à revenir au Japon pour y visiter leur famille [9].
 
UNE RELATION DIPLOMATIQUE CONFISQUÉE PAR DES RÉSEAUX ET DES MODES DE FONCTIONNEMENT PÉRIPHÉRIQUES
 
 
Les acteurs et les structures décisionnelles qui définissent et, à tout le moins, influencent la politique nord-coréenne du Japon frappent par leur diversité et par la part faite aux intervenants non étatiques, au premier rang desquels il faut citer la Chosen Soren, association regroupant les Coréens vivant au Japon et très favorable à Pyongyang. Ces multiples canaux, qui ont largement concurrencé la diplomatie traditionnelle, n’ont cependant pas contribué à rapprocher les deux pays.
Les acteurs officiels
Les scandales réguliers qui frappent le ministère des Affaires étrangères japonais, Gaimusho, en donnent une image peu flatteuse, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le Gaimusho apparaît comme un ministère faible et sans grand pouvoir. La grande proximité de ses fonctionnaires avec les États-Unis a fait longtemps douter de la capacité de la politique étrangère japonaise à s’émanciper des vues américaines. La logique des blocs, héritée de la guerre froide, a durablement prévalu sur les intérêts stratégiques propres à l’archipel, et les bureaucrates du Gaimusho se sont révélés durablement hostiles à la normalisation des relations de leur pays avec l’Union soviétique, comme avec la Chine. Soumis à l’instabilité politique qui caractérise le système japonais et à une grande rotation des fonctionnaires, y compris le ministre lui-même, ce qui ne favorise ni l’expertise, ni la mise en œuvre d’une politique sur le long terme, le Gaimusho est un acteur institutionnel à l’influence réduite. Il est vrai qu’aux yeux de Pyongyang le Japon n’a jamais été un interlocuteur intéressant, même s’il peut représenter une source de capitaux et de technologies dont le régime nord-coréen a besoin. La spécificité du dossier nord-coréen fait que la direction « Asie » du Gaimusho qui le gère doit se coordonner avec la toute-puissante direction « Amérique du Nord » de ce même ministère et avec l’Agence de défense pour les questions de sécurité. De plus, il peut s’y ajouter l’action non négligeable de l’Agence de police, chargée de la surveillance des organisations de résidents coréens d’obédience nord-coréenne établies au Japon. L’action de ces fonctionnaires a cependant dû s’accommoder des interactions des partis politiques dans la gestion du dossier nord-coréen.
Le régime singulier de partitocratie qui règne au Japon explique partiellement cette singularité. Dans les faits, ces interactions se traduisent principalement par de fréquents contacts du Gaimusho avec les instances des partis, avant ou après des missions d’échanges, mais elles peuvent aussi s’inscrire dans un registre plus explicite, avec l’envoi de délégations de parlementaires de haut niveau s’apparentant à une quasi-diplomatie partisane. Historiquement, c’est le Parti socialiste japonais (PSJ) qui constitua le principal canal des contacts politiques officieux entre Tokyo et Pyongyang jusque dans les années 1990. Le parti dominant, le PLD, ne s’intéressa que plus tardivement à la Corée du Nord. La conjonction de ces intérêts déboucha sur la fameuse mission PSJ-PLD qui vit, en septembre 1990, Makoto Tanabe et Shin Kanemaru se rendre à Pyongyang. Le communiqué conjoint rédigé à l’issue de cette visite révéla de larges concessions [10] à la Corée du Nord, ce qui provoqua d’importants remous, tant au Japon, au sein du PLD et du Gaimusho, qu’à Séoul et à Washington [11]. La crise nucléaire de 1993-1994 marqua un tournant dans la politique nord-coréenne du Japon avec l’instauration d’une ligne dure et l’alignement de fait sur la politique de sanctions prônée par les États-Unis. Il s’ensuivit un débat parlementaire houleux sur l’évolution possible de la posture des Forces d’autodéfense, qui ne prit fin qu’avec la signature de l’accord-cadre du 24 octobre 1994 entre les États-Unis et la Corée du Nord [12]. Il fallut attendre un an pour qu’une nouvelle mission parlementaire japonaise issue de la majorité se rende à Pyongyang, avec à sa tête Michio Watanabe. Les résultats en furent mitigés. En 1997, une nouvelle délégation parlementaire se rendit en Corée du Nord. Elle en rapporta des engagements de Pyongyang sur les questions humanitaires, ainsi que les dossiers des épouses japonaises et des missing persons – terme par lequel les Nord-Coréens désignent les Japonais kidnappés –, mais ne se concrétisa pas sur les questions politiques.
Le tir d’un missile nord-coréen en août 1998 qui, survolant le Japon, atterrit dans l’océan Pacifique Nord fit l’effet d’une douche froide sur la classe politique japonaise. La Corée du Nord s’imposait alors comme une menace sécuritaire directe pour l’archipel qui, réalisant sa vulnérabilité, s’engagea dans une série de projets, dont l’acquisition de satellites d’observation et la participation à un programme de recherche antimissile conjoint avec les Américains. C’est dans ce contexte tendu que, répondant cette fois à une invitation nord-coréenne, la mission de l’ex-Premier ministre et chef du parti social démocrate japonais, Tomiichi Murayama, relança, en décembre 1999, un processus jusqu’à présent peu productif. Les recompositions stratégiques en cours autour de la péninsule, la constitution d’un front de concertation entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon face à la Corée du Nord, la ligne apaisante mise en place par le président Kim Dae-jung avec la Sunshine Policy et l’affirmation du Japon dans son rôle d’acteur régional, sont certainement parmi les éléments qui incitèrent Pyongyang à reprendre l’initiative [13], dans un environnement où le gouvernement nord-coréen subissait diverses pressions, dont celles de la Chine.
L’année 1999 vit en effet un net rapprochement entre la Corée du Nord et la Chine. Le dîner inattendu de Kim Jong Il à l’ambassade chinoise de Pyongyang, en mai, déboucha sur la mise en place d’une nouvelle politique étrangère nord-coréenne, visant la normalisation des relations avec les États les plus susceptibles de lui fournir l’assistance économique dont le pays a de plus en plus besoin et qui étaient déjà ses principaux fournisseurs d’aide alimentaire : les États-Unis, le Japon et l’Union européenne. Cette optique fit du rapprochement avec le Japon l’objectif prioritaire de Kim Jong Il. Un changement notable dans la perception nord-coréenne du Japon se manifesta dans ce dernier calcul : le Japon, longtemps perçu comme un interlocuteur mineur, est devenu, à la fin des années 1990, une puissance militaire dont les moyens représentent un potentiel dissuasif, qui donne désormais à réfléchir au régime militaro.policier que le « Cher leader » a mis en place à Pyongyang à la mort de son père Kim Il Sung. Engagé dans l’étude d’un projet de défense antimissile avec les États-Unis, le Japon vient de relancer sa relation stratégique avec ceux-ci en acceptant le renforcement de son rôle militaire au sein de l’alliance de sécurité nippo-américaine [14]. À cette fin, il s’est engagé dans un programme d’équipements militaires qui privilégie la projection de la puissance : construction de bâtiments de débarquement et acquisition d’avions ravitailleurs. Le contexte qui a entouré le déroulement de la mission Murayama marque donc un tournant par rapport aux tentatives de dialogue précédentes. Paradoxalement, si la partie nord-coréenne semble montrer une relative ouverture, la partie japonaise n’est pas prête à s’engager dans la normalisation, en raison notamment de l’absence de garanties dans le domaine de la sécurité. Les dossiers des Japonais enlevés et des épouses japonaises trouvent cependant une amorce de solution avec la mise en place d’un dialogue entre représentants de la Croix-Rouge des deux pays. Toutefois, en dépit du sommet de Pyongyang de juin 2000 entre les deux Corée et de l’ouverture de la communauté internationale à l’égard de la Corée du Nord, le Japon ne se départit pas d’un certain attentisme et, même si des canaux de dialogue officiels fonctionnent entre les deux pays, la normalisation ne se réalise toujours pas [15].
À la fin d’une décennie de tâtonnements et de méfiance réciproques de part et d’autre, montrant que les missions de responsables politiques n’ont pour seul effet que d’entretenir un contact a minima, le schéma classique des relations bilatérales nippo-nord-coréennes s’établit donc entre comités de la Croix-Rouge et ministères des Affaires étrangères des deux pays.
Les acteurs non étatiques
En raison des réticences mutuelles à bâtir un canal de dialogue officiel régulier et soutenu entre le Japon et la Corée du Nord, on a pu assister à une relative mise en avant des filières officieuses. Les nombreuses missions d’étude ou de contact établies par les milieux d’affaires japonais ne débouchèrent cependant pas sur la coopération escomptée. Malgré une main-d’œuvre abondante, le risque financier est demeuré trop grand aux yeux des Japonais pour inciter les industriels ou les milieux commerçants à investir massivement en Corée du Nord. Aucun canal actif ne s’est donc construit dans ce domaine. Tout au plus, en 2000, des investisseurs japonais manifestèrent-ils de l’intérêt pour le projet de tourisme piloté par Huyndai au mont Kumgang, ainsi que pour le parc industriel de Kaesong.
En revanche, l’Association générale des résidents coréens au Japon, ou Chosen Soren, s’est rapidement imposée comme le vecteur privilégié et relativement structuré de l’influence nord-coréenne au sein de l’archipel. Fondée en 1955, cette association rassemble près de 245 000 des 600 000 Coréens vivant au Japon. Selon l’analyse très minutieuse d’Éric Seizelet [16], il s’agit d’« un État dans l’État » et son bureau de Tokyo fonctionne comme « une ambassade ». Sa proximité avec le régime en place à Pyongyang est telle que ses dirigeants appartiennent à l’Assemblée suprême du peuple, organe législatif nord-coréen.
De facto, la Chosen Soren est un « banquier » de la Corée du Nord, vers laquelle elle draine d’importantes sommes [17]. Une partie de ces fonds provient de particuliers, qui les envoient aux membres de leurs familles résidant en Corée du Nord, ou de dons de Coréens fortunés. Le secteur du jeu et des machines à sous, le Pachinko, majoritairement contrôlé par les Coréens, constitue également une source de revenus appréciable pour Pyongyang. La Chosen Soren a pu ainsi être qualifiée d’« organisation dangereuse », du fait de sa capacité à fournir une couverture aux activités d’agents nord-coréens opérant au sein de l’archipel, et de son implication, plusieurs fois avérée, dans l’exportation frauduleuse de matériels et d’équipements sensibles à usage dual.
Actuellement, l’influence de la Chosen Soren dans les milieux politiques japonais semble décroître tant en raison de la volonté d’assimilation que manifeste la troisième génération de Coréens établie au Japon, qu’en raison des problèmes financiers de l’organisation. En effet, la perquisition effectuée par les services japonais en novembre 2001 dans les locaux de l’institution pour y examiner, entre autres, ses livres de compte, marque la fin d’une époque. Le mois suivant, les remous déclenchés autour de l’incursion d’un bâtiment, suspecté d’être nord-coréen et de se livrer à des trafics dans les eaux territoriales japonaises, n’ont pas manqué de relancer les interrogations récurrentes sur les activités mafieuses de la Chosen Soren, régulièrement accusée de se livrer au trafic de drogue.
 
LE SOMMET KOIZUMI/KIM JONG IL, OU LA DIFFICILE ÉMERGENCE D’UNE POLITIQUE NORD-CORÉENNE DU JAPON
 
 
En septembre 2002, la visite à Pyongyang de J. Koizumi, pour spectaculaire qu’elle ait pu apparaître, avait été soigneusement préparée par une année de contacts et de tractations parallèles. À cet égard, la disponibilité des Nord-Coréens à établir un dialogue substantiel avec le Japon, y compris dans le domaine de la sécurité, s’exprima sans équivoque fin juillet 2002 lors du sommet du forum régional de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ANSEA), à Brunei. Ces nouvelles dispositions furent confirmées lors des réunions bilatérales entre membres des comités nationaux de la Croix-Rouge et directeurs des Affaires étrangères, qui se déroulèrent un mois plus tard à Pyongyang. En effet, les sujets sensibles tels que les Japonais disparus, le trafic de drogue ou les bâtiments espions, s’ils ne furent pas traités sur le fond, ne furent néanmoins pas esquivés. Enfin, la question des réparations ne fut plus considérée comme un préalable à la poursuite du dialogue. Ce dernier point ne manqua pas d’être exploité comme une concession du gouvernement japonais face au régime nord-coréen par une presse nippone particulièrement critique. Un article du Nikkei Weekly, en date du 30 août 2002, recense ainsi les éléments qui faisaient du déplacement à Pyongyang une « visite risquée » : la question du passé, l’attitude ambiguë des États-Unis, les calculs nord-coréens et une opinion publique japonaise divisée. Ce dernier élément joua plus que prévu et le Premier ministre ne tarda pas à se trouver confronté aux réactions d’une population japonaise qui, prenant fait et cause pour les « disparus-restitués », ne facilita pas le rapprochement des deux gouvernements, ainsi que la définition de leurs futures relations. Enfin, perçue par Washington comme une tentative malvenue d’autonomisation de la diplomatie nippone, l’initiative de J. Koizumi buta également sur les révélations relatives au programme nord-coréen d’enrichissement d’uranium.
Une dimension passionnelle paralysante
De la rencontre Koizumi/Kim Jong Il, l’opinion publique japonaise ne voulut, dans un premier temps, que retenir la question des disparus. Le sort de ces derniers constitua un enjeu prioritaire et aboutit, après le choc des révélations du 17 septembre 2002, à voir l’émotion prendre le pas sur le politique, remettant en cause l’initiative du Premier ministre et bloquant, à peine entamée, la reprise des discussions. En effet, après trente ans de dénégations grossières, les révélations faites sur le sort des onze disparus, dont la moitié seraient morts dans des circonstances mal élucidées, firent passer au second plan l’importance de la rencontre de haut niveau entre le Japon et la Corée du Nord. Il s’agissait pourtant du premier déplacement d’un chef de gouvernement japonais en exercice, de surcroît dans un pays avec lequel Tokyo n’entretient pas de relations diplomatiques [18]. Par la suite, le retour au Japon de cinq des disparus survivants, le 17 octobre 2002, constitua un facteur de tension grandissante entre les deux pays. L’archipel se passionna de plus pour le sort de Hitomi Soga qui, mariée à un soldat américain déserteur, avait laissé son époux et leur fille derrière elle à Pyongyang [19]. Le sort des enfants des « Japonais enlevés » mobilisa l’archipel. Pyongyang, qui avait accepté le principe d’une « visite » de ces quasi-otages, puis leur retour en Corée du Nord avant la reprise des discussions qui devaient fixer leur sort, vit une de ses cartes maîtresses lui échapper. Le volontarisme qui avait inspiré le déplacement à Pyongyang de J. Koizumi sembla se retourner contre lui et, en l’incitant à une attitude des plus fermes sur le dossier des « Japonais disparus », son opinion publique annula tout le bénéfice que le Premier ministre espérait retirer de son initiative.
Les révélations américaines sur l’existence d’un programme nucléaire clandestin nord-coréen achevèrent de réduire la marge de manœuvre déjà très étroite de J. Koizumi face à une Corée du Nord redevenue très agressive. Les discussions nippo-nord-coréennes qui se tinrent à Kuala Lumpur, fin octobre 2002, virent le processus de normalisation des relations diplomatiques entre Tokyo et Pyongyang connaître un arrêt brutal.
Des enjeux politico-économiques cruciaux mais divergents
Les enjeux vus de Tokyo. En se rendant à Pyongyang le 17 septembre 2002, le Premier ministre J. Koizumi a pourtant fait preuve d’un grand courage politique et de cette capacité de décision [20] qu’il avait déjà manifestée au lendemain du 11 septembre 2001, en donnant rapidement et clairement à son pays les moyens d’être présent, notamment sur le plan militaire, au sein de la coalition antiterroriste. Après avoir observé l’introduction de réformes économiques par Kim Jong Il, en juillet 2002, et apparemment convaincu que la faillite du système nord-coréen ne pouvait lui permettre de se relever sans une aide extérieure massive, le Japon semblait décidé à donner à Pyongyang les moyens de se développer, afin de lui éviter un effondrement brutal qui aurait des répercussions négatives sur l’ensemble de la région : exode massif de réfugiés et tentative aventuriste d’une fraction jusqu’au-boutiste du régime. La Chine, qui accueille sur son territoire près de 200 000 clandestins nord-coréens et qui, depuis mars 2002, doit faire face à un nouvel afflux, est, quant à elle, favorable à un rapprochement nippo-nord-coréen qui permettrait de stabiliser une situation régionale incertaine, en partie du fait d’une attitude et d’un discours américains intransigeants face à une Corée du Nord étiquetée membre de l’« axe du Mal ».
Pour ses voisins asiatiques et russe, le décollage de la Corée du Nord produirait alors une mécanique bénéfique à l’ensemble de l’Asie du Nord-Est. La poursuite des travaux de reconnexion ferroviaire entre les deux Corée accrédite en effet la perspective de voir, sous peu, le sud de la péninsule être rattaché par le rail au continent eurasiatique. Les deux capitales devraient être reliées entre elles, puis à la zone franche de Sinuiju, sur la frontière chinoise, ainsi qu’à Nanjin, sur la frontière russe. Ce double raccordement permettrait alors de rétablir les liens avec le Transsibérien russe et les chemins de fer chinois. Au-delà de la péninsule, c’est donc toute l’économie de la région avec le Japon, la Chine et la Russie qui bénéficierait de l’intégration de la Corée du Nord. La démonstration sous-tendue par la visite de J. Koizumi confirmerait que la Corée du Nord est prête à s’engager lorsque les questions sont d’importance, mais accrédite également la perception qui prévaut, tant à Séoul qu’à Tokyo, selon laquelle le régime joue sa survie.
Les enjeux vus de Pyongyang. Les excuses présentées par Kim Jong Il et les efforts déployés pour apporter une réponse à la question des disparus japonais attestent l’importance que la Corée du Nord accorde à un rapprochement avec le Japon. Pour le régime de Pyongyang, à bout de souffle, l’éventuel rétablissement des relations diplomatiques avec Tokyo, si longtemps différé, est devenu prioritaire en raison de l’aide économique escomptée. La dette bilatérale de la Corée du Nord envers le Japon, évaluée à plus de 93 milliards de yens en 2000, a gelé les investissements japonais dans ce pays. La normalisation pourrait permettre un rééchelonnement et constituerait un signal positif en direction des organisations financières internationales. L’octroi de la clause de la nation la plus favorisée permettrait d’intensifier les échanges commerciaux bilatéraux. Enfin, la Corée du Nord table avant tout sur un important soutien économique et des aides à la coopération du Japon [21], qu’elle considère comme des compensations pour les dommages entraînés par la période d’occupation japonaise.
Les calculs politiques de Kim Jong Il sont également transparents : après la visite des présidents sud-coréen, chinois et russe à Pyongyang, celle de J. Koizumi ferait du président américain George W. Bush le seul responsable politique à ne pas avoir rencontré le « Cher leader ». La visite de J. Koizumi s’apparentait ainsi à une pression indirecte sur l’Administration américaine [22]. La déclaration commune signée à l’issue du sommet de Pyongyang comporte un indéniable volet sécuritaire : la prolongation du moratoire sur les essais balistiques comme la promesse de Pyongyang de respecter ses engagements internationaux en matière nucléaire [23], ou la reconnaissance du bien-fondé du cadre de dialogue à six (Six Party Talks), intégrant de facto le Japon comme la Russie aux discussions sur la sécurité de la péninsule, constituent, davantage que des concessions au Japon, des messages adressés aux États-Unis. Parallèlement à la visite de J. Koizumi, en reprenant les travaux de reconnexion des voies ferrées qui traversent la Demilitarized Zone (DMZ, zone démilitarisée qui sépare les deux Corée) avec la Corée du Sud, Pyongyang tente de créer un flottement au sein de la coordination trilatérale Tokyo-Séoul-Washington. Il reste toutefois un agenda de sécurité consistant, que Pyongyang semble vouloir réserver à Washington : l’état du programme nucléaire nord-coréen, les ventes de missiles balistiques à des pays tiers et les stocks d’armes chimiques ou biologiques.
Marquant le cinquantenaire de la fin de la guerre de Corée, 2003 devrait être une année charnière pour l’Asie du Nord-Est. Symbolique et lourde de sens politique, cette date ne pourra que déboucher sur des constats mitigés et une impression d’inachevé, à l’image d’un armistice qui n’a toujours pas laissé la place à la signature d’un traité de paix entre les deux Corée : l’unification de la péninsule s’inscrit dans une perspective des plus hypothétiques et la Corée du Nord reste une menace conventionnelle, balistique et nucléaire durable. Durant ces dix dernières années, l’Administration américaine n’a pas été en mesure d’élaborer de stratégie cohérente qui contienne la ligne prédatrice fondant la politique extérieure nord-coréenne. Les instruments de lutte contre la prolifération nucléaire, notamment l’accord-cadre de 1994, se sont révélés inefficaces : 2003 devait être la date de remise des deux réacteurs à eau légère promis à Pyongyang dans le cadre de la Korean Energy Development Organization (KEDO) [24], mais le programme a pris du retard, et la décision de sanctionner la Corée du Nord avec l’arrêt des livraisons de fuel semble remettre en cause son fonctionnement même. En retour, la menace de Pyongyang de réactiver son programme nucléaire de production d’électricité, gelé depuis 1994 et sous surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’inscrit dans une démarche classique de « montée aux extrêmes » déjà observée lors de la crise nucléaire de 1993-1994.
Dans ce contexte tendu, et alors que la Corée du Nord, dont la population est une nouvelle fois confrontée à une crise alimentaire [25], reste polarisée sur l’attitude de Washington, la diplomatie japonaise peine à trouver sa place et à imprimer son rythme. Si une crise régionale venait à éclater en raison de la ligne inflexible suivie par l’Administration Bush et des initiatives provocatrices de Kim Jong Il, le Japon, dont l’appréhension est grande, sent bien qu’il sera le premier impliqué. Bien que toutes les parties s’accordent à prôner le dialogue comme moyen de gestion des tensions en cours, les préoccupations des principaux acteurs – crise irakienne pour Washington, après-XVIe Congrès du Parti communiste pour la Chine et mise en place d’un nouveau gouvernement pour la Corée du Sud – renforcent le sentiment d’isolement stratégique du Japon.
 
NOTES
 
[1] Commentaire d’Alain Delissen autour d’un proverbe coréen très populaire dans son érudite préface à un ouvrage rédigé au XIXe siècle par un jeune officier de marine italien, consul d’Italie à la cour de Corée en 1902 : Carlo Rossetti, La Corée et les Coréens, Langres, Maisonneuve & Larose, 2002.
[2] Voir, à ce sujet, « Consequence of a Confession », Far Eastern Economic Review, 31 octobre 2002, p. 14-19.
[3] Jusqu’en 1945, l’usage voulait que l’empereur envoie chaque année un représentant présider une cérémonie officielle commémorative, pratique abolie après la Seconde Guerre mondiale. Lorsque, en 1979, le Premier ministre Ohira y fit une visite, reprenant cette coutume, le geste fut inévitablement interprété comme une manifestation nationaliste déplacée par la plupart des pays asiatiques qui avaient subi l’aventurisme colonial du Japon, notamment la Chine et les deux Corée.
[4] Amy Webb, Hideko Takayama, « Japan’s Military Complex : Tokyo is Trying to Talk About War, But It Is Never Easy », Newsweek, 9 décembre 2002, p. 22-24.
[5] Karoline Postel-Vinay, Le Japon et la nouvelle Asie, Paris, Presses de Sciences Po, 1997, chap. 1.
[6] André Fabre, Histoire de la Corée, Paris, Langues et mondes / L’Asiathèque, 2000, chap. 14.
[7] Voir, à cet effet, Victor D. Cha, « Japan Engagement Dilemmas With North Korea », Asian Survey, vol. XLI, no 4, juillet-août 2001, p. 55 et 557.
[8] Le nombre des victimes de ces enlèvements seraient en réalité plus important : le Conseil d’aide aux victimes fait état de 106 kidnappés tandis que l’Agence de police japonaise parle d’environ 70 personnes (chiffres cités par le Pr Hideshi Takesada, National Institute for Defense Studies, Tokyo).
[9] Les chiffres cités par la presse japonaise varient de 1 800 à 6 000 épouses.
[10] Il s’agissait principalement de l’ouverture quasi immédiate de négociations en vue de la normalisation des relations diplomatiques entre Tokyo et Pyongyang, ce que les fonctionnaires du Gaimusho apprécièrent peu, tandis qu’un accord implicite était donné sur le principe de compensations à la Corée du Nord.
[11] Brian Bridges, « Japan’s Relations With North Korea », Korean Journal of Defense Analysis, vol. 3, no 2, hiver 1991, p. 187-206.
[12] Cet accord repose sur l’engagement de la Corée du Nord de geler son programme nucléaire, c’est-à-dire d’arrêter le réacteur de Yongbyon (5 MW), stopper les chantiers des réacteurs de 50 et 100 MW et abandonner toute activité de retraitement dans le laboratoire de radiochimie du site de Yongbyon. En échange, les États-Unis s’engageaient à lui fournir deux réacteurs à eau légère à l’horizon de 2003-2009. 2003 est la date retenue pour la première mise en service de la centrale. Pendant la construction, les États-Unis s’engagent à verser 500 000 t de fuel par an à la Corée du Nord. La mise en œuvre de cet accord a été confiée à la KEDO (Korean Energy Development Organization), cf. infra.
[13] Izume Hajime, « Pyongyang Grasps New Realities », Japan Quarterly, avril-juin 2000.
[14] L’année 1997 voit en effet la signature des Guidelines, nouvelles orientations de sécurité, entre les deux pays.
[15] Victor D. Cha, « What’s Behind the Smile ? », Pacific Forum CSIS, Comparative Connections, vol. 2, no 2, 2000, sur Internet à l’adresse suivante : http :// wwwwww. csis. org/ pacfor/ ccejournal. html.
[16] Éric Seizelet, « Processus, organisation et fonctionnement des relations nippo-nord-coréennes : essai d’interprétation », Études internationales, vol. 30, no 1, mars 1999, p. 67-83.
[17] Karoline Postel-Vinay, Corée, au sein de la nouvelle Asie, Paris, Flammarion, 2002, chap. 2, p. 130.
[18] Le seul exemple de cette nature qui puisse être cité est la visite du Premier ministre Kakuei Tanaka en Chine, juste avant l’établissement de liens diplomatiques entre Pékin et Tokyo en 1972.
[19] Voir, à ce sujet, « Abducted Visit Kin, Family Tombs », The Daily Yomiuri, 19 octobre 2002 ; Howard W. French, « Japan Extends the Visit of 5 From North Korea », The New York Times, 25 octobre 2002 ; « Japan Negociating for Abductees », Associated Press, 25 octobre 2002.
[20] Voir Ralph Cossa, « Underestimating Koizumi and Kim Jong Il », Pacific Forum CSIS, Newsletter no 38 A, 20 septembre 2002. Sur Internet à l’adresse suivante : http :// wwwwww. csis. org/ pacfor/ pacnet.
[21] Soit, comparé à l’aide reçue par la Corée du Sud pour les mêmes raisons, entre 5 et 10 milliards de dollars.
[22] « North Korea : Admission Aimed at Drawing US Into Talks », Stratfor, 18 octobre 2002, sur Internet à l’adresse suivante : http :// wwwwww. stratfor. info.
[23] Allusion claire à une acceptation du principe de la visite d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sous réserve toutefois de discussions avec les États-Unis.
[24] La Korean Energy Development Organization est un consortium rassemblant les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Union européenne, dont le but est de fournir deux réacteurs à eau légère à la Corée du Nord, en contrepartie de l’arrêt de son programme nucléaire.
[25] James Brooke, « North Korea Bites the Hands that Try to Feed it », International Herald Tribune, 6 décembre 2002.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[1]
Commentaire d’Alain Delissen autour d’un proverbe coréen t...
[suite] Suite de la note...
[2]
Voir, à ce sujet, « Consequence of a Confession », Far Eas...
[suite] Suite de la note...
[3]
Jusqu’en 1945, l’usage voulait que l’empereur envoie chaqu...
[suite] Suite de la note...
[4]
Amy Webb, Hideko Takayama, « Japan’s Military Complex : To...
[suite] Suite de la note...
[5]
Karoline Postel-Vinay, Le Japon et la nouvelle Asie, Paris...
[suite] Suite de la note...
[6]
André Fabre, Histoire de la Corée, Paris, Langues et monde...
[suite] Suite de la note...
[7]
Voir, à cet effet, Victor D. Cha, « Japan Engagement Dilem...
[suite] Suite de la note...
[8]
Le nombre des victimes de ces enlèvements seraient en réal...
[suite] Suite de la note...
[9]
Les chiffres cités par la presse japonaise varient de 1 80...
[suite] Suite de la note...
[10]
Il s’agissait principalement de l’ouverture quasi immédiat...
[suite] Suite de la note...
[11]
Brian Bridges, « Japan’s Relations With North Korea », Kor...
[suite] Suite de la note...
[12]
Cet accord repose sur l’engagement de la Corée du Nord de ...
[suite] Suite de la note...
[13]
Izume Hajime, « Pyongyang Grasps New Realities », Japan Qu...
[suite] Suite de la note...
[14]
L’année 1997 voit en effet la signature des Guidelines, no...
[suite] Suite de la note...
[15]
Victor D. Cha, « What’s Behind the Smile ? », Pacific Foru...
[suite] Suite de la note...
[16]
Éric Seizelet, « Processus, organisation et fonctionnement...
[suite] Suite de la note...
[17]
Karoline Postel-Vinay, Corée, au sein de la nouvelle Asie,...
[suite] Suite de la note...
[18]
Le seul exemple de cette nature qui puisse être cité est l...
[suite] Suite de la note...
[19]
Voir, à ce sujet, « Abducted Visit Kin, Family Tombs », Th...
[suite] Suite de la note...
[20]
Voir Ralph Cossa, « Underestimating Koizumi and Kim Jong I...
[suite] Suite de la note...
[21]
Soit, comparé à l’aide reçue par la Corée du Sud pour les ...
[suite] Suite de la note...
[22]
« North Korea : Admission Aimed at Drawing US Into Talks »...
[suite] Suite de la note...
[23]
Allusion claire à une acceptation du principe de la visite...
[suite] Suite de la note...
[24]
La Korean Energy Development Organization est un consortiu...
[suite] Suite de la note...
[25]
James Brooke, « North Korea Bites the Hands that Try to Fe...
[suite] Suite de la note...