2003
Revue internationale et stratégique
De nouveaux flux migratoires ? Mythes et réalités
Concepts historiques des flux migratoires : dualités et fausses découvertes
Nancy L. Green
Chercheuse américaine, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Les distinctions entre nature marginale ou structurale de l’immigration, entre formes temporaires ou permanentes du phénomène ou bien entre notions d’immigration de travail ou de peuplement ont pendant longtemps structuré la pensée autour des migrations, et elles sous-tendent bien des questions aujourd’hui encore. Réexaminer les usages de tels concepts nous amène à nous interroger sur leurs temporalités implicites. Voir l’immigration de la fin du XXe siècle comme une nouveauté revient à manquer d’imagination et de connaissance historique. La présence de femmes immigrées est elle-même un phénomène de longue durée. Il convient donc de réinterroger la dualité des concepts de pensée migratoire et de comprendre leur historicité.
Historical Concepts of Migratory Flows : Dualities and False Discoveries
For a long time, studies on migrations have been structured by the distinction between marginal and structural, temporary and permanent or work and settlement immigration. This categorization still underlies many current analyses of the issue. When re-examining the uses of such concepts, one is lead to question their implicit temporalities. It is lack of imagination and historical knowledge to see the immigration of the late 20th Century as a novelty. Even the presence of women among immigrants is a long-term phenomenon. The duality of concepts on migration must be reconsidered and their historicity understood.
En 1973, Stephen Castles et Godula Kosack ont publié un ouvrage remarqué, Immigrant Workers and Class Structure in Western Europe, proposant une des toutes premières analyses globales de l’immigration de travail contemporaine au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Suisse. Envisageant les aspects économiques, syndicaux et éducatifs ainsi que les problèmes de logement et d’adaptation, les auteurs ont voulu montrer, dans le contexte des débats britanniques sur l’arrivée des travailleurs en provenance du Commonwealth, que l’expérience anglaise n’était pas unique. Celle-ci se situait dans un phénomène plus large, d’envergure européenne, ce que personne ne contestera aujourd’hui.
Dix ans plus tard, S. Castles a récidivé avec Heather Booth et Tina Wallace, faisant une mise à jour significative qui proposait une nouvelle lecture du processus migratoire. Depuis la première analyse, centrée autour d’hommes seuls venant travailler au sein des usines et vivre dans des foyers ou des bidonvilles, S. Castles et les coauteurs ont constaté, en 1984, à la fois la pérennisation de l’immigration et l’arrivée et l’installation des familles. Comme le titre,
Here for Good,
Western Europe’s New Ethnic Minorities, l’indique, les immigrés étaient à présent bel et bien là, pour de bon
[1].
Quel étonnement de voir les immigrés s’installer, le
Wanderlust supposé inhérent à la condition humaine se transformant en une
Gemeinschaft inattendue
[2]. Le changement de paradigme de S. Castles et des coauteurs, en l’espace d’une décennie, est parlant, et ils en étaient conscients. Dans le deuxième livre, S. Castles, H. Booth et T. Wallace proposent une analyse de la « phase suivante » de l’immigration elle-même, c’est-à-dire le moment où l’immigration de travail devient une immigration de peuplement. Si, dans le premier ouvrage, S. Castles et G. Kosack ont renversé une image – datée – de l’immigration en tant que phénomène marginal du système économique, dans le second, les trois auteurs relèvent le défi d’une autre notion fausse, celle de la nature temporaire de l’immigration.
Les distinctions entre la nature marginale ou structurale de l’immigration, entre les formes temporaires ou permanentes du phénomène, ou bien entre les notions d’immigration de travail ou de peuplement ont pendant longtemps structuré la pensée autour des migrations et elles sous-tendent aujourd’hui encore bien des questions. Or il s’agit ici de réexaminer les attendus et les usages de tels concepts en s’interrogeant sur leurs temporalités implicites. Au fur et à mesure qu’un concept en chasse un autre, la « pensée migratoire » est-elle toujours en retard d’une vague ?
UN PHÉNOMÈNE MARGINAL OU STRUCTURAL ?
La « question de l’immigration » prend la forme d’une « découverte » dans les sociétés européennes à partir des années 1970. Des débats tournent autour de la question de l’apport des immigrés au sein du capitalisme contemporain. Sur fond d’apparente nouveauté, des chercheurs apportent des réponses qui vont au c
œur des perceptions et des structures, non seulement modernes mais aussi historiques. Dans un article qui a fait date, Manuel Castells a insisté sur l’aspect structurel du phénomène migratoire. Cette « révélation » était d’autant plus nécessaire que les imaginaires, souhaits ou espoirs des pouvoirs publics et de la société civile postulaient la nature marginale du phénomène
[3]. Ainsi, comme Christian Mercier l’a longuement développé dans une thèse revisitant les théories de l’économie politique face à l’immigration, celle-ci s’explique non pas comme un appel conjoncturel de la production, mais par les intérêts plus généraux du capitalisme. Si les thèses classiques présument l’équilibre de l’économie nationale, voyant le migrant comme exogène à celle-ci, les interprétations marxistes, quant à elles, ne voient que des déséquilibres au sein du marché national, mais à l’intérieur duquel le migrant est partie intégrante. Comme l’affirment deux sociologues américains, le fait migratoire ferait partie des « activités ordinaires d’un seul système économique unifié »
[4].
Il a fallu attendre la crise des années 1970, l’« arrêt » de l’immigration et sa pérennisation simultanée afin de reconceptualiser la place des immigrés au sein de l’économie contemporaine. Le passage d’un imaginaire de la marginalité à une prise en compte d’une nécessité structurale impliquait également une nouvelle considération de la durabilité de l’immigration. La question structurale se double donc d’une question temporelle.
TEMPORAIRE OU PERMANENT ?
Ainsi les immigrés ont-ils été pensés pendant des années comme des êtres voués à disparaître : ce qui est marginal est forcément temporaire. Conçus comme des ouvriers transitoires, invités à venir avec des contrats limités dans le temps et à repartir dès la fin de leur utilité, ils sont d’abord perçus dans des temporalités courtes,
a fortiori au moment des crises, celle des années 1930 comme celle des années 1970. Le terme allemand semble résumer cette précarité du statut du travailleur immigré :
Gastarbeiter, c’est-à-dire l’hôte censé rentrer chez lui
[5].
Cette compréhension du temporaire (qui aura la vie dure) a été fondée sur un oubli : celui de la sédentarisation des vagues précédentes. L’ignorance de l’histoire de l’immigration permettait de privilégier l’éphémère sur le permanent. Puisqu’on avait oublié les Italiens ou les Polonais, les immigrés de l’après-guerre semblaient doublement « nouveaux ». Supposés être originaux en raison de leur provenance d’Afrique du Nord (effaçant par la même occasion leurs compatriotes qui étaient déjà venus depuis le début du siècle
[6]), ils sont également postulés comme porteurs d’une deuxième nouveauté encore plus radicale : celle d’être les premiers travailleurs immigrés en France.
À partir des années 1970, des historiens se joignent aux économistes et aux sociologues sur le champ de l’immigration. Des rappels du passé sont autant d’arguments en faveur d’une reconceptualisation, plus structurale, plus historique et plus durable du phénomène. Les historiens montrent ainsi comment les « nouveaux » immigrés d’
antan se sont mués en « anciens » avant de devenir presque invisibles aujourd’hui : Italiens, Polonais, Arméniens, Juifs d’Europe de l’Est (sans parler des Belges ou des Allemands, venus au XIX
e siècle)
[7]. Le travail historique est, au fond, un rappel du temps long de l’immigration. Même ceux qui sont entrés avec des premiers contrats (aux durées déterminées) sont restés en grand nombre. Et cela malgré les retours forcés des années 1930. Le travail des historiens n’est pas seulement de dépeindre les heurs et malheurs des migrations précédentes. Il propose une nouvelle compréhension temporelle du phénomène.
La longue histoire des migrations comporte au moins deux volets. Tout d’abord, elle ne signifie pas forcément un renouvellement des
mêmes vagues. Il s’agit de comprendre le processus
en tant que tel et la manière dont les vagues successives d’immigrés sont arrivées, soutenant un renouvellement périodique, sinon continu, du phénomène. De nouveaux immigrés se succèdent en même temps que les anciens demeurent
[8]. D’ailleurs, l’arrivée des plus récents permet aux précédents de rester sur place et de s’intégrer, si ce n’est le contraire... Mais la deuxième caractéristique d’une pensée historique des flux migratoires intègre aussi la notion de la longévité des vagues. Les termes mêmes se révèlent impropres. En effet, il s’agit moins de « vagues » ou de « flux » qui refluent, que de nouveaux citoyens en puissance.
Enfin, l’idée de la nature temporaire de l’immigration rejoint une idée chère à bon nombre d’immigrés eux-mêmes : le retour. Pour les pouvoirs politiques arc-boutés sur le temporaire, où marginalité et statut temporaire sont pensés ensemble, le corollaire implique que les immigrés vont/devraient rentrer chez eux. L’idée du retour s’articule à deux niveaux. D’une part, on la prête aux immigrés (non sans un certain écho de leur part) pour mieux expliquer leurs comportements différentiels sur place (puisqu’ils ne vont pas rester, ils n’investiraient ni dans leur travail, ni dans leur logement, ni dans l’acculturation à la société d’accueil, etc.). Sociologues et historiens ont beau expliquer qu’il s’agit plus d’un « mythe de retour » rarement effectué que d’une réalisation quantitativement majoritaire
[9], les échecs répétés des tentatives gouvernementales pour promouvoir les retours massifs sont autant de révélateurs du mythe mal fondé de la temporalité de l’immigration
[10].
D’autre part, le projet de retour s’est avéré plus imaginaire qu’historique, aussi bien du côté de l’État importateur que du côté des immigrés eux-mêmes
[11]. L’histoire des migrations de masse depuis le XIX
e siècle le montre. Italiens et Polonais, chacun avec leurs histoires propres, sont venus pendant l’entre-deux-guerres avec l’idée de rentrer chez eux, encouragés en cela par l’État français. Si ce dernier les a effectivement congédiés avec la crise, il n’empêche que bon nombre étaient déjà sédentarisés et sur la voie de l’intégration. Ils sont restés et ont été rendus invisibles par la vague d’immigration suivante, celle de la décolonisation. Mais, surtout, Italiens et Polonais montrent la fausse dichotomie entre le temporaire et le permanent
[12].
La « découverte » de la permanence a été construite sur les oublis de l’histoire. Permanence et structure s’opposent aux notions de marginalité et de précarité temporelle. Mais la reconnaissance des besoins structurels de l’économie et l’aperçu historique du phénomène sur le long terme vont aider à proposer de nouvelles conceptualisations des flux migratoires, et notamment celle du peuplement.
TRAVAIL ET PEUPLEMENT, L’ARRIVÉE DES FEMMES
Avec la maturation de ce que Abdelmalek Sayad a appelé « le troisième âge »
[13] de l’immigration nord-africaine, on assiste donc à cette fausse « découverte » du peuplement. Fondée sur l’oubli, elle est certes accompagnée d’un changement démographique indéniable. À la suite de mesures législatives – le fameux « arrêt » de l’immigration en 1974, qui n’en était pas un –, on voit l’arrivée plus massive de femmes, la naissance et la croissance d’enfants sur place. La limitation de nouveaux travailleurs immigrés laisse toutefois la place au regroupement familial, à une féminisation de l’immigration et à un peuplement aussi redouté qu’inattendu
[14].
Or, si, en France comme aux États-Unis, les hommes seuls ont souvent émigré en premier, le regroupement familial est un phénomène ancien. Comme l’a signalé A. Sayad, « c’est totalement illusoire : l’immigration de travail a toujours fini par se transformer en immigration de peuplement, et on peut dire qu’il n’est aucune immigration réputée de peuplement qui n’ait été d’abord immigration de travail »
[15]. A. Sayad renverse habilement la logique. Au lieu de voir une immigration de travail qui s’installe, il interroge l’histoire pour souligner comment les migrations anciennes et intégrées étaient elles aussi faites de travailleurs immigrés.
Grandes absentes de l’histoire de l’immigration, les femmes ont toujours été présentes, en nombre important et souvent au sein même des immigrations dites de travail. On les « découvre », elles aussi, avec retard, grâce à un féminisme qui pose de nouvelles questions à l’histoire
[16]. On les perçoit non seulement dans les ateliers clandestins, mais vivant une autre sorte de double clandestinité, l’une face aux statistiques, l’autre due à la conceptualisation même du travail immigré : masculin, émanation de l’industrie lourde
[17]. L’invisibilité des immigrées est à l’inverse de la construction de l’image du travailleur immigré. Telle Pénélope attendant son Ulysse, la femme est imaginée comme celle qui reste au foyer, aux champs ou dans le petit commerce du pays, s’occupant des enfants et de la belle-famille en attendant le retour improbable du mari
[18].
Mais l’autre figure de la femme est celle qui suit. Outre-Atlantique, comme outre-Méditerranée, à quelques mois ou années d’intervalle, elles rejoignent leur mari, enfants dans leurs jupes, théières et oreillers dans les bagages. Des scènes de retrouvailles malaisées qui parsèment la littérature de l’immigration témoignent de la difficulté des migrations familiales par étapes
[19]. Mais, selon l’image consacrée, grâce à la femme la famille se reconstruit ; c’est elle, au fond, qui permet l’intégration. Donc, les femmes émigrent aussi, pour suivre leur mari, mais également pour le quitter ou en trouver un. Dès le XIX
e siècle, les Irlandaises partent outre-Atlantique plus massivement que les hommes (en partie à cause d’un déséquilibre du marché matrimonial chez elles) ; au XX
e siècle, la féminisation statistique de l’immigration aux États-Unis a lieu dès les années 1930 ; en France, elle s’opère après la Seconde Guerre mondiale
[20].
La présence des femmes dans les flux migratoires a souvent servi d’outil de distinction (conceptuelle autant que démographique) pour définir des groupes et comparer différents types de migrations historiques : Juifs et Arméniens auraient, par la nature de leurs émigrations suite aux persécutions politiques et religieuses, plus de femmes et plus d’enfants. Cette image des migrations familiales ferait oublier, a contrario, leur nécessité de trouver un travail ou leur classe sociale modeste. Or ces mêmes groupes sont autant des immigrations de travail que de peuplement.
Chaque vague d’immigrés depuis le XIX
e siècle comprend des femmes en nombre significatif. Déjà en 1911, presque la moitié des Allemands et des Anglais présents en France étaient des femmes (pour beaucoup gouvernantes et... enseignantes), ainsi qu’un bon quart des Italiens et presque un tiers des Suisses. En 1926, 47 % des Belges, 43 % des Suisses et 51 % des Allemands – les plus « anciens » parmi les groupes présents – étaient des femmes, également en proportion non négligeable parmi les immigrés plus récents, 42 % des Italiens et 39 % des Polonais
[21]. Entre 1946 et 1982, le pourcentage des femmes parmi les immigrés avoisinait les 40 %. À force de considérer uniquement ce qui est majoritaire, on n’avait vu « que » des hommes.
Or, si c’est grâce aux femmes que le peuplement s’effectue, elles apportent également un renouveau de l’image même du travail immigré. En petits ateliers, chez elles à domicile ou chez les autres (concierges ou gouvernantes), l’apport des femmes est conceptuellement double : elles font « apparaître » le peuplement tout en aidant à réviser les notions du « travail immigré ».
L’ÉCONOMIQUE ET LE CULTUREL
Enfin, cette mise en perspective des concepts changeants du champ migratoire – autant de flux intellectuels – serait incomplète sans une réflexion sur la façon dont l’intérêt même pour l’économique s’est transformé depuis trente ans en discours culturaliste. Le passage conceptuel d’une marginalité à une nécessité structurale, du temporaire au permanent et du travail au peuplement va de pair avec une transformation du discours économique en un discours culturaliste. Avec le délaissement des discours marxisants, avec la perte de mémoire des apports passés des immigrés (devenus « invisibles » sur le long terme), avec la désindustrialisation et la transformation des banlieues – d’objets honnis de par leur architecture en lieux suspects de par leurs habitants –, l’image de l’immigration s’est transformée en un discours ethnicisé.
Ce n’est plus une découverte mais une disparition qui, en fin de compte, a le plus fait pour renverser les schémas de l’immigration. Avec la « fin du travail » – industriel – et la montée du chômage, la compréhension même des migrations passées et présentes s’est transformée. On va jusqu’à effacer le lien entre immigrés et travail, la raison d’être des flux. Des glissements de sens vers le tout-culturel reposent encore une fois sur des oublis de l’histoire, mais cette fois-ci de l’histoire toute récente des Trente Glorieuses.
De ne voir les derniers arrivés que comme une surprise contraire aux imaginaires des pouvoirs publics est manquer d’imagination et de connaissance historique. Les deux tendances du « penser immigré » s’y retrouvent depuis longtemps : travail et peuplement. Les flux migratoires contemporains sont, à tort, interprétés comme un phénomène nouveau : la seule chose véritablement nouvelle est la perception de sa nouveauté.
[1]
Stephen Castles, Godula Kosack,
Immigrant Workers and Class Structure in Western Europe, Londres, Oxford University Press, 1973 ; Stephen Castles, Heather Booth, Tina Wallace,
Here for Good, Western Europe’s New Ethnic Minorities, Londres, Pluto Press Ltd, 1984. Dans un changement linguistique typique des travaux anglais, le premier ouvrage s’intéresse aux « relations raciales » ; le second, à la formation des « minorités ethniques ». Voir également Georges Photios-Tapinos,
L’économie des migrations internationales, Paris, Armand Colin / Fondation nationale des sciences politiques, 1974 ; et Françoise Gaspard, Claude Servan-Schreiber,
La fin des immigrés, Paris, Le Seuil, 1984.
[2]
Daniel Kubat, Joachim Hoffmann-Nowotny, « Migrations. Vers un nouveau paradigme »,
Revue internationale des sciences sociales, vol. 33, n
o 2, 1981, p. 335-359.
Wanderlust peut être compris comme un « désir de voyage » et
Gemeinschaft comme une « communauté ».
[3]
Manuel Castells, « Migrant Workers and Class Struggles in Advanced Capitalism. The Western European Experience »,
Politics and Society, vol. 5, n
o 1, 1975, p. 33-66 ; ainsi que Kingsley Davis, « The Migrations of Human Populations »,
Scientific American, vol. 231, n
o 3, septembre 1974, p. 93-105 ; André Gorz, « Immigrant Labour »,
New Left Review, n
o 61, mai-juin 1970, p. 28-31 ; Bernard Granotier,
Les travailleurs immigrés en France, Paris, Maspero, 1970.
[4]
Alejandro Portes, John Walton,
Labor, Class and the International System, New York, Academic Press, 1981, p. 59, voir également p. 79-83 ; Christian Mercier,
Les déracinés du capital : immigration et accumulation,
Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1977.
[5]
Le mot
Gastarbeiter (travailleur immigré) provenant de
Gast (hôte) et
Arbeiter (travailleur). Pour une comparaison entre la France et l’Allemagne, voir Riva Kastoryano,
La France, l’Allemagne et leurs immigrés : négocier l’identité, Paris, Armand Colin, 1996.
[6]
Benjamin Stora,
Ils venaient d’Algérie : l’immigration algérienne en France, 1912-1992, Paris, Fayard, 1992.
[7]
Michelle Perrot, « Les rapports des ouvriers français et des étrangers (1871-1893) »,
Bulletin de la Société d’histoire moderne, 12
e série, n
o 12, p. 4-9 [supplément à la
Revue d’Histoire moderne et contemporaine, n
o 1, 1960] ; Commission internationale d’histoire des mouvements sociaux et des structures sociales,
Les migrations internationales de la fin du XVIIIe siècle à nos jours [actes d’un colloque de 1972], Paris, Éditions du CNRS, 1980 ; Jean-Charles Bonnet,
Les pouvoirs publics et l’immigration dans l’entre-deux-guerres, Lyon, Université de Lyon II, 1976 ; Serge Bonnet,
L’homme du fer, 3 vol., Metz, 1975-1984 ; Léon Gani,
Syndicats et travailleurs immigrés, Paris, Éditions Sociales, 1972 ; Pierre Milza,
Français et Italiens à la fin du XIXe siècle, Rome, École française de Rome, 1981 ; Émile Témime, « Évolution et problèmes d’intégration d’une minorité étrangère »,
Ethnologie française, n
o 3, 1977. Une série d’ouvrages paraissent ensuite dans les années 1980 : Gary S. Cross,
Immigrant Workers in Industrial France, Philadelphie, Temple University Press, 1983 ; Philippe Dewitte,
Les mouvements nègres à Paris, Paris, L’Harmattan, 1985 ; Nancy L. Green,
Les travailleurs immigrés juifs à la Belle Époque, le « Pletzl » de Paris, Paris, Fayard, 1985 ; Gérard Noiriel,
Longwy : immigrés et prolétaires, 1880-1980, Paris, PUF, 1984 ; Gérard Noiriel,
Le creuset français. Histoire de l’immigration : XIXe-XXe siècles, Paris, Le Seuil, 1988 [qui plaide avec force pour l’intégration de l’histoire de l’immigration dans la mémoire nationale] ; Janine Ponty,
Polonais méconnus. Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres, Paris, Publications de la Sorbonne, 1988 ; Ralph Schor,
L’opinion française et les étrangers en France, 1919-1939, Paris, Publications de la Sorbonne, 1985 ; B. Stora,
op. cit.
[8]
Voir, par exemple, G. Noiriel,
op. cit., 1984 ; et Nancy L. Green,
Du Sentier à la 7e Avenue : la confection et les immigrés, Paris-New York, 1880-1980, Paris, Le Seuil, 1998. Pour une réflexion au sujet des catégories d’immigrés « anciens » et « nouveaux », voir Nancy L. Green,
Repenser les migrations,
Paris, PUF, 2002.
[9]
Néanmoins, un certain nombre d’immigrés sont en effet rentrés, et diverses études ont essayé d’en mesurer l’impact, tant individuel qu’au niveau étatique.
[10]
Pour une analyse de la législation, voir Patrick Weil,
La France et ses étrangers : l’aventure d’une politique de l’immigration de 1938 à nos jours, Paris, Calmann-Lévy, 1991 ; et Vincent Viet,
La France immigrée. Construction d’une politique, 1914-1997, Paris, Fayard, 1998.
[11]
L’histoire des retours volontaires a été relativement peu étudiée. Voir pourtant Mark Wyman,
Round-trip to America, The Immigrants Return to Europe, 1880-1930, Ithaca (NY), Cornell University Press, 1993.
[12]
Voir, par exemple, Marie-Claude Blanc-Chaléard,
Les Italiens dans l’Est parisien. Une histoire d’intégration (1880-1960),
Rome, École française de Rome, 2000 ; et J. Ponty,
op. cit.
[13]
Abdelmalek Sayad, « Les trois âges de l’émigration algérienne »,
Actes de la recherche en sciences sociales,
n
o 15, juin 1977, p. 59-79 ; Abdelmalek Sayad,
La double absence. Des illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré, Paris, Le Seuil, 1999.
[14]
On peut comparer la législation américaine de 1965 et ses effets inattendus sur le renouvellement des vagues migratoires en provenance d’Asie et d’Amérique latine. Voir Dominique Daniel,
L’immigration aux États-Unis, 1965-1995. Le poids de la réunification familiale, Paris, L’Harmattan, 1996.
[15]
Abdelmalek Sayad, « Culture dominante, cultures dominées »,
Projet, n
o 171-172, janvier-février 1983, p. 40.
[16]
Voir N. L. Green,
op. cit., 2002, chap. 5.
[17]
Pour une autre révision de cette image, voir Claire Zalc,
Immigrants et indépendants, parcours et contraintes. Les petits entrepreneurs étrangers dans le département de la Seine (1919-1939), thèse de doctorat, Université de Paris X, 2002.
[18]
Michelle Perrot, intervention au colloque « Et pourtant elles bougent ! À propos des mobilités des femmes », Journée d’études MAGE/IRESCO, 8 juin 2000 ; Michelle Perrot,
Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998.
[19]
Voir, par exemple, la première scène du classique de Henry Roth,
L’or de la terre promise, Paris, Grasset, 1989.
[20]
Hasia R. Diner,
Erin’s Daughters in America, Irish Immigrant Women in the Nineteenth Century, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1983 ; Marion F. Houston, Roger G. Kramer, Joan M. Barrett, « Female Predominance of Immigration to the United States since 1930, A First Look »,
International Migration Review, vol. 18, n
o 4, hiver 1984, p. 908-963 ; Mirjana Morokvasic, « Birds of Passage are also Women... »,
International Migration Review, vol. 18, n
o 4, hiver 1984, p. 886-907.
[21]
Georges Mauco,
Les étrangers en France. Leur rôle dans l’activité économique, Paris, Armand Colin, 1932, p. 175.