Revue internationale et stratégique
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Institut des relations internationales et stratégiques

I.S.B.N.2130539896
200 pages

p. 103 à 113
doi: en cours

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Un concept aux multiples facettes

n° 51 2003/3

2003 Revue internationale et stratégique Un concept aux multiples facettes

Définir les origines du terrorisme : un débat transatlantique ?

Karin von Hippel Chercheur au Centre for Defence Studies, King’s College London. Texte original en anglais.
Suite aux événements du 11 septembre 2001, l’Administration Bush a principalement réagi en renforçant les activités policières, militaires et celles relatives au renseignement, tout en adoptant et en appliquant de nouveaux instruments financiers et juridiques. Un an et demi et deux guerres plus tard, le gouvernement des États-Unis a décidé d’officialiser ces efforts en publiant la National Strategy for Combating Terrorism, en février 2003. Cependant, une étude plus approfondie de la question révèle que, bien qu’une certaine énergie ait été déployée pour comprendre les causes du terrorisme et s’y attaquer dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre, la réponse à ces problèmes n’a pas été adéquate. En effet, la rhétorique – de chaque côté de l’Atlantique – n’a pas été accompagnée de manière satisfaisante de réformes réalistes et solides. Transatlantic Convergence on Confronting Root Causes of Terrorism : Rhetoric or Reality ?
In the immediate aftermath of September 11th, the US government, along with other members of the hastily assembled counter-terrorist coalition, responded primarily through accelerated police, military, and intelligence activity, as well as by adopting and applying new financial and legal instruments. Approximately one and a half years later, and two wars on, the United States government formalized this effort to deal with root causes when it published its National Strategy for Combating Terrorism (February 2003). A closer examination of these factors reveals that while some energy has been dedicated to understand and tackle the causes of terrorism in the two years since the attacks in America, the response has not been adequate. Indeed, the rhetoric – on both sides of the Atlantic – has not yet been satisfactorily matched by realistic and robust reforms.
Dans les mois qui suivirent les événements du 11 septembre 2001, le gouvernement américain, épaulé par les autres membres de la coalition rapidement constituée contre le terrorisme, réagissait aux attentats par une intensification des activités policières, militaires et de renseignement, ainsi que par l’adoption et la mise en œuvre de nouveaux instruments financiers et juridiques. Parallèlement, l’Union européenne (UE) développait une stratégie détaillée afin de lutter contre le terrorisme, cherchant notamment à s’attaquer à ses causes profondes, à la manière de plusieurs autres organisations multilatérales et intergouvernementales [1]. Un an et demi et deux guerres plus tard, le gouvernement des États-Unis a officiellement décidé de se joindre à ces efforts, en publiant la National Strategy for Combating Terrorism en février 2003.
Dans ce document, Washington préconise une stratégie détaillée afin de combattre le terrorisme et explique que le « succès d’une telle entreprise ne sera possible que grâce à l’application durable, constante et systématique de l’ensemble des éléments qui constituent la puissance nationale, c’est-à-dire la diplomatie, l’économie, l’information, la finance, l’application de la loi, le renseignement et l’armée » [2]. Ce document décrit une Amérique déterminée et capable d’utiliser des outils coercitifs, ainsi que des moyens moins agressifs, pour atteindre son objectif. Le gouvernement américain souligne que les terroristes – bien qu’ils ne soient pas, eux-mêmes, nécessairement pauvres ni sans éducation – utilisent la souffrance des pauvres comme plate-forme pour recruter davantage de personnes. Ce document affirme que : « Les efforts américains actuels visant à résoudre les conflits régionaux favorisent le développement économique, social et politique, les économies de marché, une gouvernance correcte et l’État de droit, sans pour autant se concentrer sur la lutte contre le terrorisme. Ces efforts contribuent également à la campagne [antiterroriste] en évoquant des conditions sous-jacentes que recherchent souvent les terroristes pour les utiliser à leur avantage à des fins manipulatrices. Par ailleurs, pour atténuer l’importance de ces conditions, les États-Unis, ainsi que leurs amis et alliés, doivent remporter la “guerre des idées” afin de soutenir les valeurs démocratiques et promouvoir la liberté économique. » [3]
La National Strategy for Combating Terrorism explique également que le gouvernement américain ne pourra pas atteindre seul ces objectifs : « Les États-Unis ne disposent ni des ressources, ni des compétences pour être omniprésents dans le monde. [...] Nos amis et alliés sont confrontés à de nombreuses menaces du même type. Dans cette campagne, il est primordial que l’Amérique travaille en étroite collaboration avec ses amis et alliés. » [4]
Peu de temps après la guerre en Irak, alors que les tensions transatlantiques atteignaient leur paroxysme, les termes employés dans ce document semblent être étrangement déplacés et ne pas tenir compte du récent comportement américain. En effet, le différend transatlantique – manifeste depuis la fin de la guerre froide mais ranimé à la suite du discours du président George W. Bush sur l’« axe du Mal », en janvier 2002 – est devenu extrêmement tendu pour trois raisons connexes. Tout d’abord, les pays tels que l’Allemagne et la France – de même que l’opinion publique et certains responsables de l’élaboration des politiques d’États soutenant le gouvernement américain, tels que le Royaume-Uni et l’Espagne – ne se sentaient pas intégrés à un processus de consultation au niveau international et assuraient que les États-Unis agissaient de manière unilatérale [5]. La plainte répétée des Européens concernant le fait que « les Américains veulent faire la cuisine et que nous fassions la vaisselle » reflète précisément cette préoccupation. Ensuite, ces pays avançaient l’argument qu’une attaque contre l’Irak, suivie d’une occupation américaine, ne ferait que grossir les rangs d’Al-Qaïda, car elle constituerait, de fait, une guerre supplémentaire contre un pays à majorité musulmane, pouvant éventuellement aller jusqu’à humilier les musulmans les plus modérés. Enfin, ces pays signalaient, depuis le début, qu’une campagne antiterroriste devait s’attaquer aux causes profondes du terrorisme avant tout. Sur ce point, ils étaient persuadés que le gouvernement américain ne souscrivait pas à cette idée. Ainsi, le 6 février 2002, le ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Hubert Védrine, soulignait : « Nous sommes menacés aujourd’hui d’un nouveau simplisme (sic) qui est de ramener tous les problèmes du monde à la seule lutte contre le terrorisme. Ce n’est pas sérieux. [...] Nous devons nous attaquer aux situations de pauvreté, d’injustice, d’humiliation, etc. Aujourd’hui, il existe clairement une différence radicale entre notre approche et celle de l’Administration américaine. » [6]
Bien que les stratégies publiques européenne et américaine semblent clairement converger dans le combat contre les causes profondes du terrorisme, et quel que soit l’accueil réservé à l’approche américaine par les responsables européens de l’élaboration des politiques, reste à savoir à quels motifs les deux blocs attribuent effectivement le terrorisme et comment leurs stratégies vont pouvoir réellement le contrecarrer. En d’autres termes, il n’a pas été établi quelles mesures pratiques ces pays prévoient d’appliquer en matière de réformes politiques et socio-économiques afin de réduire considérablement l’attrait et l’influence d’Oussama Ben Laden et d’Al-Qaïda. La difficulté réside ici dans le fait que, à ce jour, on ne connaît pas suffisamment les causes du terrorisme. Les efforts demeurent donc superficiels, tandis que les pays donateurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’évertuent à formuler des réponses politiques au terrorisme à partir de bases de données empiriques insuffisantes.
Six principaux thèmes sont notamment ressortis du débat public comme étant des facteurs de causalité du terrorisme international. Certains constituent en effet des causes possibles et peuvent faciliter ou exacerber le terrorisme, tandis que d’autres ne sont que des causes présumées et n’ont pas besoin d’être discrédités pour améliorer et détailler une réponse politique. Une étude plus approfondie de ces facteurs révèle que, bien qu’une certaine énergie ait été déployée pour les comprendre et s’y attaquer dans les deux années qui ont suivi les attentats terroristes aux États-Unis, la réponse à ces problèmes n’a pas été adéquate. En effet, la rhétorique, de chaque côté de l’Atlantique, n’a pas été accompagnée de manière satisfaisante de réformes réalistes et solides.
 
LES LIENS ENTRE TERRORISME ET PAUVRETÉ
 
 
Depuis le 11 septembre 2001, de nombreux hommes politiques, dont le président G. W. Bush, ont établi un rapport direct entre la pauvreté et le terrorisme. Ainsi, lors de la Conférence internationale sur le financement du développement, qui s’est tenue à Monterrey (Mexique) en mars 2002, les chefs d’État participants ont déclaré que la lutte contre la pauvreté était intrinsèquement liée à la lutte contre le terrorisme. Bien que, spontanément et traditionnellement, on ait sans doute tendance à établir un lien direct entre la pauvreté et le terrorisme, les éléments réunis à ce jour ne confirment pas cette affirmation. Au contraire, ils iraient plutôt dans le sens inverse. En effet, si la pauvreté était réellement la cause profonde du terrorisme, la plupart des terroristes seraient originaires des parties les plus pauvres du monde, notamment l’Afrique subsaharienne. Or, jusqu’à présent, ce n’est pas le cas.
Une étude de l’Université de Princeton, réalisée en 2002 sur le terrorisme israélien et arabe au Moyen-Orient, a révélé que, dans cette région, non seulement les terroristes avaient un niveau de vie supérieur au seuil de pauvreté, mais également qu’ils avaient au moins un diplôme du secondaire [7]. Les informations recueillies jusqu’à présent, relatives aux antécédents des membres d’Al-Qaïda, semblent confirmer ces résultats, notamment en ce qui concerne l’aptitude des terroristes à bien s’adapter à un environnement étranger. Dans des villes étrangères, les membres d’Al-Qaïda n’ont eu aucune difficulté à trouver un emploi, à louer un appartement, à suivre des cours à l’université ou à s’inscrire à des cours de pilotage : tout ceci aurait été bien plus difficile s’ils n’avaient bénéficié d’aucun enseignement et s’ils avaient été pauvres. La National Strategy for Combating Terrorism confirme également cela : « Plusieurs organisations terroristes qui ont peu de points communs avec les masses pauvres et privées de ressources exploitent ces conditions à leur avantage. Par exemple, les terroristes du 11 septembre étaient essentiellement issus de la classe moyenne instruite et servaient une organisation dirigée par un meurtrier millionnaire. » [8]
Les attentats-suicide
On pourrait établir un lien plus direct entre les attentats-suicide et la pauvreté dans certaines circonstances, étant donné que les familles des auteurs de ces attentats sont généreusement indemnisées par de nombreuses œuvres de bienfaisance. Ainsi peut-on imaginer que la récompense financière puisse attirer une famille pauvre. En ce qui concerne les Palestiniens, les soutiens financiers des attentats-suicide comptaient, entre autres, Saddam Hussein, un journaliste allant jusqu’à constater, en mars 2002, une augmentation des sommes distribuées par l’Irak aux familles des kamikazes vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, celles-ci passant de 10 000 à 25 000 dollars [9]. Cependant, au cours de ses entretiens avec des candidats palestiniens à l’attentat-suicide, le journaliste pakistanais Nasra Hassan s’est aperçu qu’ils étaient issus de familles instruites de la classe moyenne [10]. À l’opposé, les recherches de Jessica Stern, experte en terrorisme et bioterrorisme, portant essentiellement sur les conflits au Cachemire, ont prouvé que plusieurs volontaires aux attentats-suicide venaient effectivement de familles pauvres [11]. Il demeure donc nécessaire de procéder à des recherches plus poussées afin de connaître l’impact des considérations financières sur les volontaires au suicide dans certaines parties du globe.
L’éducation
Le niveau d’instruction est un facteur supplémentaire à prendre en compte dans le débat sur la pauvreté. Dans certains pays islamistes, tels que la Somalie ou le Pakistan, les parents pauvres envoient leurs enfants aux madrasas (écoles coraniques) car elles sont largement subventionnées ou gratuites. Les enfants reçoivent également de la nourriture, des vêtements et des livres sans aucun frais pour la famille. Cependant, on a constaté que l’on enseigne aux enfants qui fréquentent certaines madrasas radicalisées – et ce, dès leur plus jeune âge – le mépris pour les « influences occidentales menant à la corruption » et qu’ils acquièrent peu de compétences pratiques leur permettant de travailler dans la société – par exemple, certains n’apprennent ni les mathématiques, ni les sciences, quelles qu’elles soient [12].
Tandis que près de 30 % des talibans – qui ont protégé Al-Qaïda en Afghanistan – ont fréquenté ces madrasas, ce n’est pas le cas des terroristes d’Al-Qaïda qui ont commis les attentats du 11 septembre. Il est intéressant de constater que la plupart des preneurs d’otages ont des diplômes en sciences et techniques et qu’ils ont fait des études en Europe et en Amérique du Nord. Ces disparités indiquent la nécessité de clarifier et de catégoriser le niveau d’études et de vie des différents terroristes afin de mettre en œuvre des interventions appropriées à ces populations. Par exemple, les aides à un enseignement public de qualité comme alternative au système des madrasas pourraient être une manière de lutter contre les causes profondes du terrorisme dans certaines parties du globe. La Commission européenne étudie actuellement des approches novatrices pour travailler avec le système des madrasas du Pakistan, dans la perspective d’embaucher la « source de main-d’œuvre considérable non exploitée » manifestement présente dans ces communautés, et de « financer les travaux liés au développement et à l’enseignement » [13].
Même s’il peut s’avérer que, en général, les terroristes ne sont ni pauvres ni illettrés, ces derniers ont tendance à utiliser la souffrance des pauvres pour justifier en partie leurs actes de violence et s’attirer plus de partisans. Ils revendiquent souvent le fait de parler au nom des pauvres, comme ce fut, par le passé, le cas d’idéologues issus de la classe moyenne et ayant reçu une instruction. Par conséquent, on pourrait très bien avancer l’argument qu’il est nécessaire de fournir un sérieux effort pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire établis par l’Organisation des Nations unies (ONU) – ou les rendre plus réalistes et plus faciles à atteindre – afin d’éliminer l’une des plates-formes généralement utilisées par les terroristes. Au lieu de se concentrer sur le terrorisme individuel, qui est probablement hors de portée, il semble plus important de travailler sur ce que Louise Richardson, professeur à l’université de Harvard, appelle l’« environnement favorable » ou la « société complice ».
 
ÉTATS DÉFAILLANTS ET ÉTATS FAIBLES : TERREAU D’UNE ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ILLÉGALE ?
 
 
Concernant l’environnement dans lequel le terrorisme sévit, une autre théorie associe les États « défaillants », tels que la Somalie, au terrorisme [14]. Les facteurs pouvant rendre ces lieux attrayants pour les organisations terroristes sont au nombre de trois : des structures gouvernementales faibles ou non existantes ; l’incapacité de la communauté internationale à superviser et à réglementer le commerce ainsi que les mouvements de population et de biens au niveau des pistes d’atterrissage ; et enfin, des lignes côtières non surveillées, bien que ce type d’activité puisse être contrôlé, voire taxé, par les acteurs locaux. En théorie, les terroristes peuvent agir en toute impunité sans craindre de mesures sévères du gouvernement à leur encontre, ni d’intervention internationale.
Ces avantages peuvent être contrecarrés par les difficultés auxquelles se heurtent les terroristes lorsqu’ils agissent dans un environnement peu sûr ou étranger, où la sécurité est elle-même extrêmement fragmentée et les infrastructures peu fiables. On doit rappeler que, en trouvant refuge au Soudan, O. Ben Laden ne s’est pas installé dans les parties situées au sud du territoire qui sont considérées « hors la loi », bien que chrétiennes et animistes, mais plutôt dans le Nord musulman, à Khartoum, zone dans laquelle le gouvernement assurait un contrôle ferme. De la même manière, lorsqu’il a établi sa base en Afghanistan, en 1996, le pays n’était plus un État défaillant, mais sous le contrôle étroit des talibans, à l’exception de la province de Badakhshan, au nord.
Alors que les États défaillants ne constituent pas nécessairement les réels viviers à terroristes – il existe d’ailleurs peu d’allégations pour étayer cette thèse, notamment dans le cas de la Somalie [15] –, ils pourraient, à l’avenir, devenir des territoires plus attrayants pour ces derniers, en particulier si la communauté internationale resserre l’étau autour des réseaux terroristes dans d’autres États. La menace de l’infiltration terroriste pourrait être plus importante dans des États faibles et fragiles, où les gouvernements sont souvent corrompus et exercent toujours un certain contrôle sur les structures de sécurité ; ce qui permet ainsi aux terroristes d’agir, dans certains cas, dans un environnement protégé. C’est pour cette raison que les repères les plus plausibles d’Al-Qaïda ont été identifiés dans des endroits tels que le Kenya, le Mozambique, l’Angola, la Sierra Leone, ou dans la région latino-américaine située à la frontière du Paraguay, du Brésil et de l’Argentine.
Dans ces zones, le terrorisme se fait le complice du crime organisé à travers l’augmentation du trafic et l’expansion de réseaux de contrebande servant à exporter illégalement des hommes, de la drogue, des armes légères, des ressources naturelles, de l’argent sale et, éventuellement, des matières nucléaires. Le réseau Al-Qaïda a également pénétré les sociétés occidentales – tout au moins les villes de Minneapolis, Londres, Hambourg et Toronto – mais, dans ce cas, les activistes laissent une trace écrite de leur passage. En revanche, dans les États faibles, il est bien plus difficile de déterminer leurs mouvements et leurs activités. Un effort important pour renforcer la gouvernance et la sécurité dans ce type de pays pourrait stimuler la campagne contre le terrorisme. Ce point a, en effet, été reconnu comme étant une priorité dans un certain nombre de documents politiques de l’UE. De même, la National Strategy for Combating Terrorism déclare : « Nous garantirons que les efforts visant à identifier et réduire les facteurs contribuant à la faiblesse et à l’échec de l’État constituent un objectif américain crucial en termes de politique étrangère. L’objectif principal [...] sera de reconstruire un État étant en mesure de prendre en charge sa population. » [16]
À cet égard, des efforts sont fournis dans un certain nombre d’États faibles afin de renforcer la sécurité, notamment en ce qui concerne la police des frontières et des douanes. Cependant, si l’on considère les efforts concurrents dans le seul cas d’effondrement prolongé d’un État, celui de la Somalie, il semble que ni les Européens ni les Américains ne consacrent suffisamment de ressources pour reconstruire l’État. En 2002, la Somalie a eu toutes les peines du monde à recevoir 41 millions de dollars par l’intermédiaire du processus d’appel consolidé des Nations unies, et n’a reçu que 50 % de la somme demandée initialement. Un an plus tard, la somme totale attribuée à la Somalie était passée à 18 millions de dollars, 53 millions n’ayant pas été reçus, ce qui signifie que seule 25 % de la somme demandée avait été octroyée [17].
 
DES CONFLITS RéCUPéRéS PAR LES EXTRéMISTES RELIGIEUX
 
 
Les guerres perçues comme une menace pour l’Islam ont également été exacerbées par la participation de « volontaires étrangers », dont un grand nombre sont liés à Al-Qaïda. Ce phénomène s’apparente aux guerres idéologiques qui, par le passé, attiraient des recrues étrangères, comme ce fut le cas de la guerre civile espagnole. O. Ben Laden et d’autres membres d’Al-Qaïda – que l’on a pu appeler les « Arabes afghans » – ont combattu contre l’occupation soviétique en Afghanistan, et l’on suppose que c’est à cette période qu’Al-Qaïda a été créée. À l’heure où les chercheurs et les journalistes revisitent les conflits où furent impliqués ces « mercenaires musulmans », on ne dispose que de peu d’informations sur leur participation dans de nombreux conflits, notamment en Afghanistan, en Bosnie, en Tchétchénie, en Érythrée, au Cachemire, aux Philippines, en Somalie, au Soudan et en Ouzbékistan. On suppose qu’ils ont tenté d’influencer le conflit au Kosovo, mais en ont été empêchés par les Américains.
La participation du mouvement Al-Qaïda peut également transformer ces territoires en viviers de terroristes, ce qui fut le cas en Afghanistan à la fin des années 1990. Ainsi, Ayman al-Zawahiri, premier lieutenant de O. Ben Laden, écrivait-il que sa visite en Tchétchénie avait pour objet l’établissement d’un nouveau camp d’entraînement [18]. Européens et Américains peuvent jouer un rôle central en essayant de résoudre ces conflits, en usant finement des outils que sont la diplomatie et le développement, avant que ceux-ci ne s’enveniment de la sorte. En ce qui concerne les conflits déjà exacerbés, il faudra recourir à de nouveaux moyens, mais, il sera nécessaire en premier lieu, de mieux comprendre comment ces conflits ont été manipulés par Al-Qaïda.
 
L’ACTION DES INTÉGRISTES ET L’INFLUENCE DE LA DIASPORA
 
 
Les soutiens financiers qui encouragent le terrorisme islamique ont des sources multiples, notamment de nombreuses diasporas – au sens large et récent du terme. La coalition antiterroriste a tenté de prendre des mesures sévères à l’encontre de ce financement, comme ce fut le cas de la banque somalienne Al-Barakaat. Une attention particulière est également apportée au rôle et à l’importance des œuvres de bienfaisance des intégristes. Il convient toutefois ici de différencier certaines œuvres islamiques, telles que la fondation Aga Khan, qui procurent des services de première importance dans les domaines de la santé et de l’éducation dans les régions rurales négligées, des autres œuvres de bienfaisance dont l’aide dissimule des objectifs plus radicaux.
En effet, l’un des principes de l’Islam est la charité, celle-ci devant se pratiquer sans humilier la personne qui en bénéficie. Cependant, cette façon discrète de pratiquer la charité complique considérablement la surveillance dans ce domaine, et il n’est pas aisé de déterminer comment certaines œuvres islamiques, appuyées par plusieurs gouvernements, comme celui de l’Iran, propagent leur idéologie extrémiste par le biais de leur aide. À cet égard, Rohan Gunaratna fait remarquer que, « d’après la Central Intelligence Agency (CIA), un cinquième de toutes les organisations non gouvernementales (ONG) islamiques à travers le monde ont été infiltrées à leur insu par Al-Qaïda et d’autres groupes de soutien aux terroristes » [19]. Aussi, les organisations occidentales d’aide au développement pourraient également envisager d’avoir recours à des méthodes d’intervention plus discrètes dans les pays islamiques, dans un effort supplémentaire pour éviter toute humiliation (cf. infra).
En Somalie, par exemple, l’aide internationale occidentale n’étant pas significative à grande échelle, comme indiqué ci-dessus, l’influence de ces mouvements islamiques a donc progressé. Un récent rapport de l’International Crisis Group (ICG) a souligné que « la rapide progression [des mouvements intégristes en Somalie] depuis 1990 était moins liée à leur popularité qu’à un accès à un important financement extérieur » [20]. L’action caritative islamique n’est que rarement rapportée dans les appels des Nations unies en faveur de la Somalie, et peu de ces pays ou organisations participent activement à l’Organe de coordination de l’aide pour la Somalie (OCAS), créé dans un but de coordination permanente entre les donateurs, les agences des Nations unies, les ONG et les autres organisations internationales.
De plus, il semble qu’au cours de ces dix dernières années, des sommes importantes finançant les activités terroristes à travers le monde soient issues d’Arabie Saoudite. L’argent de ce pays a clairement permis de financer l’activité des intégristes dans différentes parties du monde, allant de l’Algérie ou la Tchétchénie, en soutien aux groupes terroristes, jusqu’à l’Europe ou l’Asie centrale, régions dans lesquelles les Saoudiens assuraient le financement des mosquées et de la scolarité des étudiants en études islamiques. L’influence de ces œuvres de bienfaisance s’est accrue, en toute quiétude, jusqu’à ce que, récemment, deux publications sur les Saoudiens aient reçu, aux États-Unis, une attention particulière [21].
Le financement s’accompagne également d’une idéologie radicale et d’un sentiment antioccidental. C’est pourquoi il est important de comprendre le fonctionnement des réseaux de financement, ainsi que la promotion de l’extrémisme véhiculé par ces réseaux. Bien que les efforts internationaux aient permis de mettre à jour des informations sur les activités financières de certaines œuvres de bienfaisance financées par l’Arabie Saoudite, et que l’OCDE tente de mettre en application un régime plus rigoureux exigeant de toutes les organisations de bienfaisance qu’elles soient plus transparentes et qu’elles rendent davantage de comptes, on ne dispose que d’informations trop partielles sur le financement et l’encouragement du radicalisme religieux dans de nombreuses régions du monde.
Il est important de souligner ici que les groupes islamiques extrémistes ne sont pas les seuls à utiliser cette méthode d’influence : les organisations intégristes chrétiennes aux États-Unis, par exemple, ont soutenu certains belligérants dans des conflits perçus comme une menace pour la Chrétienté, le sud du Soudan en étant l’exemple le plus frappant. Dans ce conflit de longue date, le président G. W. Bush a désormais pris ouvertement position en faveur des Soudanais du Sud, principalement sous l’influence du lobby chrétien intégriste.
 
MOBILISATION ET RECRUTEMENT TRANSNATIONAUX
 
 
Le cinquième domaine recouvre le fait non vérifié que certains émigrants économiques, demandeurs d’asile et membres de communautés en diaspora rejoignent des groupes de terroristes après avoir séjourné un certain temps dans leur pays d’accueil. Mohammed Atta, à Hambourg, ou Sayyid Qutb, au Colorado, ne sont que deux exemples parmi d’autres. Il semble que le radicalisme islamique soit mobilisé au sein même de l’Europe et de l’Amérique du Nord. D’aucuns ont suggéré que l’une des principales raisons qui poussent ces immigrants à rejoindre ces groupes insurgés, tels que l’organisation Al-Qaïda, est l’aliénation et les préjugés dont ils sont souvent victimes en Occident.
Cette marginalisation est renforcée par le fait que nombre d’entre eux demeurent en dehors des structures formelles de l’État, en raison de leur clandestinité. Par conséquent, ils cherchent une aide et un soutien auprès des mosquées et des centres culturels islamiques locaux – souvent la première escale pour les nouveaux venus – où ils peuvent se procurer de faux passeports et de fausses cartes d’identité. Il semble que ces individus soient vulnérables aux campagnes agressives de recrutement menées par les groupes extrémistes opérant dans toute l’Europe et aux États-Unis.
Ils ont également accès à la littérature islamique extrémiste qui les conseille sur les façons de survivre dans les pays « infidèles ». Ces publications, ainsi que les manuels d’Al-Qaïda, font la promotion et l’éloge d’une existence isolée dans les pays occidentaux, transformant ainsi les sentiments d’aliénation en un moyen nécessaire de survie. De plus, nombre de ces individus ont été encouragés à participer à des camps d’entraînement en Afghanistan. Ce phénomène a évidemment des implications sérieuses et de longue portée pour la sécurité des Européens et des Américains. À cet égard, il semble qu’une grande partie du financement de ces activités provienne de sources wahhabites, mais des études plus approfondies sont nécessaires pour identifier plus clairement qui finance ces actions de recrutement [22].
 
LE FACTEUR DE GOUVERNANCE : LE DÉFICIT DÉMOCRATIQUE
 
 
Les États forts et autoritaires comptant des majorités musulmanes et accusant des lacunes en matière de démocratie et de responsabilité des gouvernements (accountability), sont peut-être les véritables viviers du terrorisme international. Les terroristes d’Al-Qaïda qui ont participé aux attentats du 11 septembre 2001 et la plupart des membres des organisations affiliées qui ont été arrêtés pour d’autres actes terroristes, proviennent de ce type d’États. Ils s’opposent à ce qu’ils considèrent comme autoritaire et profane dans leurs propres pays, et considèrent que leurs dirigeants sont corrompus par les influences occidentales. Ils estiment que seul l’établissement d’États islamiques peut permettre à ces pays de se remettre dans le droit chemin et de retrouver leur gloire passée.
Dans ces pays, la colère a un effet boule de neige au sein de la « rue arabe » [23] et elle se trouve dirigée à l’encontre des États-Unis et de certains pays occidentaux. Nombre de Saoudiens, d’Algériens et d’Égyptiens nourrissent de la rancœur contre leur propre gouvernement, mais sont incapables d’exprimer leur colère d’une manière constructive et de susciter ainsi des changements. Il est donc beaucoup plus aisé de canaliser cette colère contre les États-Unis et d’autres pays développés qui soutiennent leurs dirigeants « élitistes » et non représentatifs.
Dans certaines régions du monde, cette frustration est telle que l’on peut souvent être confronté à des versions différentes et contradictoires d’un même événement. Les théories de la conspiration qui s’interrogent sur les véritables auteurs des attaques terroristes abondent : des accusations selon lesquelles la CIA et le Federal Bureau of Investigation (FBI) seraient responsables de l’attentat à la bombe de Bali, en Indonésie, ou auraient détruit le World Trade Center, sont alimentées par des imams ou des leaders religieux particulièrement extrémistes. Ces convictions sont inculquées à des populations de certaines régions du monde qui sont déjà désillusionnées et méfiantes à l’égard des intentions de l’« Ouest » et en colère contre leur propre gouvernement. De plus, ils peuvent être informés par la presse des aides financières importantes destinées aux populations appauvries ou en entendre parler, mais n’ont que de rares preuves que les déshérités reçoivent réellement cet argent. Les pays développés ne sont pas nécessairement responsables de cette situation, étant eux-mêmes dans l’obligation de travailler avec des gouvernements corrompus en raison des facteurs dits de conditionnalité, afin d’assurer une comptabilité claire dans l’octroi des aides, ou dans l’incapacité de dépenser les fonds qui ont été engagés en raison du manque de partenaires responsables sur le terrain.
Néanmoins, l’incapacité des pays développés à atteindre les objectifs de développement au niveau international attise les sentiments de désillusion et de rancœur, poussant un nombre croissant de citoyens ordinaires à accepter ces théories de la conspiration. Il s’agit là de la « société complice » évoquée plus haut. À cet égard, Thomas L. Friedman estime qu’il faut œuvrer pour faire face à la colère de la « rue arabe », car une fois que celle-ci a rejoint « le sous-sol », il est trop tard pour faire usage de la persuasion et de toute autre mesure non violente ou axée sur la sécurité [24].
Les institutions et les décideurs européens ont plaidé pour que des efforts soient engagés dans le but de maîtriser cet « environnement en mouvement » depuis le 11 septembre 2001. Cependant, les hypothèses qui guident leurs prises de décisions politiques sont toujours fondées sur la conviction selon laquelle les mécanismes de prévention des conflits peuvent également être utilisés pour prévenir le terrorisme et, jusqu’à présent, rares sont les preuves qui ont afflué dans ce sens. En outre, la Commission européenne a récemment recommandé que tous ses programmes contiennent des « éléments antiterroristes en amont » ce qui, au minimum, encouragera la prise de conscience sur le terrain, même si la Commission n’a pas entièrement conceptualisé ce que cela signifie [25].
Le gouvernement américain a, pour sa part, articulé une stratégie similaire à travers la National Strategy for Combating Terrorism, qui déclare vouloir « gagner la guerre des idées ». « De concert avec la communauté internationale, nous nous [...] assurerons que les conditions et les idéologies qui encouragent le terrorisme ne trouvent de terrain fertile dans aucune nation [...] et [...] nourrirons les espoirs et les aspirations de liberté des personnes vivant dans des sociétés dominées par ceux qui encouragent le terrorisme mondial. » [26] Bien qu’il ne soit pas encore établi comment cela sera possible, la guerre en Irak aura très probablement contribué à renforcer l’urgence de cet élément de la campagne antiterroriste.
Ces six points – la pauvreté, la faiblesse de certains pays, les guerres récupérées par les extrémistes islamiques, les œuvres de bienfaisance intégristes, la radicalisation des terroristes en Europe et en Amérique du Nord et le « déficit démocratique » – nécessitent une analyse plus approfondie afin de saisir la façon dont ils facilitent le recrutement terroriste ainsi que le soutien à celui-ci. Ils appellent également une réponse plus approfondie que celle que défend la politique actuelle, à la fois en Europe et en Amérique : de nouveaux outils, plus nuancés, sont nécessaires. En Europe, les espoirs portent sur le fait que la Convention sur l’avenir de l’Europe harmonisera les activités antiterroristes en cours auprès du Conseil et de la Commission, attendu qu’une partie d’entre elles sont redondantes. L’élargissement escompté des missions de Petersberg, afin qu’elles puissent comprendre la lutte antiterroriste en tant que fonction majeure, constituerait une étape supplémentaire dans cette direction. Qui plus est, les documents d’orientation politique européens ont également fait preuve d’humilité en reconnaissant que ce projet se réaliserait certainement sur le long terme et que ses résultats ne seraient pas sensibles avant longtemps.
Les attaques spectaculaires d’Al-Qaïda ont été programmées des années à l’avance et méticuleusement planifiées, ce qui atteste de la patience et des capacités incroyables de cette organisation. Par ailleurs, leur stratégie d’endoctrinement s’étale également sur le long terme, le système des madrasas constituant un exemple éloquent de la préparation patiente des recrues potentielles. Alors qu’il est extrêmement improbable qu’Al-Qaïda inflige une défaite à l’Occident ou parvienne à instaurer un Califat islamique regroupant tout le monde musulman, il est très probable que ce mouvement continue à causer des dommages considérables jusqu’à ce qu’il lui soit fait échec de manière décisive. Dans cette optique, la coalition antiterroriste – des deux côtés de l’Atlantique – devra faire preuve d’un même niveau de flexibilité, de fluidité et de capacité d’adaptation sur le long terme.
 
NOTES
 
[1] L’Union européenne (UE) a divisé son programme en cinq thèmes : coopération de la police et de la justice ; relations bilatérales avec les pays tiers et les régions (Moyen-Orient, partenariat euro-méditerranéen, reconstruction de l’Afghanistan, aide humanitaire) ; sécurité des transports aériens ; mesures économiques et financières ; et protection civile. La deuxième section met l’accent sur les causes profondes du terrorisme. Pour plus d’informations, consulter le site Internet de l’UE à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// europa. eu. int. En ce qui concerne les autres organisations intergouvernementales, le Secrétariat du Comité d’assistance au développement (DAC) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a été l’un des premiers à examiner les causes profondes potentielles du terrorisme et leurs implications dans la coopération pour le développement. À cet égard, se reporter au rapport du DAC de l’OCDE le plus récent, A Development Co-operation Lens on Terrorism Prevention : Key Entry Points for Action, 11 avril 2003, sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. oecd. org. Consulter également la publication des Nations unies, Report of the Policy Working Group on the United Nations and Terrorism, New York, United Nations Actions Against Terrorism, 2003, disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. un. org/ terrorism/ a57273. htm,consulté le 20 juin 2003.
[2] National Strategy for Combating Terrorism, Washington, The White House, février 2003, p. 29. Disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. whitehouse. gov/ news/ releases/ 2003/ 02/ counter_terrorism/ counter_terrorism_strategy. pdf,consulté le 20 juin 2003.
[3] Ibid., p. 23.
[4] Ibid.
[5] Quelques exemples : en 1998, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, déclarait que la puissance américaine représentait un problème pour le monde et que la politique étrangère américaine était inappropriée. Depuis le discours faisant état de l’« axe du Mal », ces différences n’ont fait que s’accentuer. Ainsi, Chris Patten, Commissaire de l’UE chargé des relations extérieures, n’a pas uniquement accusé les États-Unis d’impérialisme, mais a également critiqué ses « dangereux instincts ». Les éditoriaux allemands ont également décrié l’hégémonie et l’isolationnisme américains. Voir « Europeans Ease Criticism of Washington », International Herald Tribune, 5 mars 2002.
[6] Entretien avec Hubert Védrine lors de l’émission Question directe sur France Inter, Paris, 6 février 2002. Voir également Corine Lesnes, « Hubert Védrine dénonce le “simplisme” et l’unilatéralisme “utilitaire” des Américains », Le Monde, 8 février 2002.
[7] Alan B. Krueger, Jitka Maleckova, « Education, Poverty, Political Violence and Terrorism : Is There a Causal Connection ? », Working Papers, no 9074, Woodrow Wilson School, Université de Princeton, mai 2002.
[8] National Strategy for Combating Terrorism, op. cit., p. 22-23.
[9] Bill Keller, « Springtime for Saddam », The New York Times, 6 avril 2002.
[10] Nasra Hassan, « An Arsenal of Believers. Talking to the “Human Bombs” », The New Yorker, 19 novembre 2001, p. 36-41, disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. newyorker. com/ fact/ content/  ? 011119fa_FACT1,consulté le 20 juin 2003.
[11] Jessica Stern, « Pakistan’s Jihad Culture », Foreign Affairs, vol. 79, no 6, novembre-décembre 2000.
[12] Jessica Stern, « Meeting with the Muj », Bulletin of the Atomic Scientists, vol. 57, no 1, janvier-février 2001, p. 42-51, disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. thebulletin. org/ issues/2001/jf01/jf01stern.html, consulté le 17 juin 2003.
[13] Tel que l’indique Brigid Smith, Review of Primary Education in Pakistan During Last 10 Years, Madrassah Schooling : Potential for Growth, avril 2002, p. 8, disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// europa. eu. int/ comm/ external_relations/ cpcm/ rrm/ pakistan_02. pdf,consulté le 20 juin 2003. Voir également International Crisis Group (ICG), « Pakistan : Madrasas, Extremism and the Military », ICG Asia Report, no 36, 29 juillet 2002.
[14] Adrian Blomfield, « Banks-to-terror Conglomerate Faces US Wrath », The Daily Telegraph, 28 septembre 2001. Cet article affirmait que « entre 3 000 et 5 000 membres du partenariat Al-Qaïda/Al-Itihad agissent, en Somalie, avec 50 000 à 60 000 partisans et réservistes ».
[15] Pour plus d’informations, voir Ken Menkhaus, « Somalia : Next Up in the War on Terrorism ? », Africa Notes, no 6, janvier 2002, disponible sur Internet à l’adresse suivante : hhhhhhhttp:// wwwwwww. csis.org/africa/Anotes/Anotes0201b.pdf, consulté le 20 juin 2003 ; André Le Sage, « Prospects for Al Itihad and Islamist Radicalism in Somalia », Review of African Political Economy, vol. 27, no 89, septembre 2001 ; « Somalia and the “War” on Terrorism », Strategic Comments, vol. 8, no 1, janvier 2002 ; Karin von Hippel, « Terrorist Space », World Today, vol. 38, no 2, février 2002, p. 10-12.
[16] National Strategy for Combating Terrorism, op. cit., p. 23.
[17] Pour plus d’informations, consulter le site Internet suivant : hhhhhhttp:// wwwwwww. reliefweb. int.
[18] Lawrence Wright, « The Man Behind Bin Laden : How an Egyptian Doctor Became a Master of Terror », The New Yorker, 16 septembre 2002, p. 80-81.
[19] Rohan Gunaratna, Inside Al-Qa’ida : Global Network of Terror, Londres, Hurst & Company, 2002, p. 6.
[20] ICG, « Somalia : Countering Terrorism in a Failed State », ICG Africa Report, no 45, 23 mai 2002, p. 13.
[21] Maurice R. Greenberg, William F. Weschsler, Lee S. Wolosky (eds.), Terrorist Financing : Report of an Independent Task Force, New York, Council on Foreign Relations, 2002.
[22] Alison Pargeter, chercheur associé au Centre for Defence Studies, King’s College London, a entrepris un programme de recherche sur ce sujet.
[23] Le terme n’est cependant pas approprié puisque cette colère est aussi ressentie par de nombreuses régions non arabes du monde.
[24] Thomas L. Friedman, « Under the Arab Street », The New York Times, 23 octobre 2002.
[25] Pour de plus amples informations, consulter le site Internet de l’UE à l’adresse suivante : hhhhhhttp:// europa. eu. int.
[26] National Strategy for Combating Terrorism, op. cit., p. 23.
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