Revue internationale et stratégique
Dalloz

Institut des relations internationales et stratégiques

I.S.B.N.2247066666
176 pages

p. 53 à 64
doi: en cours

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Dossier - Le patriotisme économique à l'épreuve de la mondialisation

N°62 2006/2

DANS UNE ÉCONOMIE MONDIALISÉE, LA NATIONALITÉ DES ENTREPRISES A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?

Mondialisation et recomposition du capital des entreprises européennes

Michel Dietsch
La position de la France comme carrefour pour les investissements internationaux, la taille moyenne de son territoire et l’intégration des marchés financiers ont entraîné une progression considérable de la détention du capital des entreprises françaises par des non-résidents, principalement originaires de la zone euro et du Royaume-Uni, avec la croissance des investissements directs et des investissements en portefeuille. Les investisseurs institutionnels s’inscrivent dans une logique financière, alors que les groupes étrangers répondent à des stratégies industrielles. Le marché national devient également étroit pour les sociétés françaises qui se mondialisent et constituent des groupes européens. Or, leur développement est freiné par les barrières institutionnelles, qui pourraient être dépassées par la convergence des modèles européens d’entreprise. European Companies’ Capital Readjustment to a Globalized Environment
France is a crossroads for international investment, but has an average-sized territory ; in this context, the integration of financial markets caused a considerable progression of foreign shareholding in French companies’ capital. Most of the newcomer investors are non-French residents, essentially originating from the Eurozone and the United Kingdom, who reverberate the general growth of both direct and portfolio investment. Institutional investors function in a financial logic, whereas foreign groups obey to industrial strategies. The national market is narrowing for French companies, which globalize their activities and regroup in European conglomerates, but their development is kept in check by institutional obstacles, which could be overcome if there was a convergence of European corporate models.
• Faut-il s’inquiéter de l’importance des capitaux étrangers ?
— La France est traditionnellement un pays « carrefour » pour les investissements directs internationaux
— Une forte pénétration étrangère dans le capital des sociétés n’est pas étonnante dans un pays de taille moyenne comme la France
— La pénétration étrangère est indissociable de l’intégration des marchés financiers et d’une tendance à la convergence des systèmes financiers
— Les entreprises françaises sont-elles pour autant contrôlées par les investisseurs étrangers ?
— Le cas particulier des entreprises familiales
— Un risque sur l’emploi ?
• L’européanisation dans la mondialisation
— La consolidation de l’appareil productif tend d’abord à s’opérer dans un cadre européen
— Les entreprises européennes se mondialisent autant qu’elles s’européanisent
— La constitution de groupes européens obéit à une stratégie de recentrage sur le métier de base
• Comment consolider le pôle européen ?
— Les barrières institutionnelles restreignent les potentialités offertes par la taille de l’espace européen au renforcement des groupes européens
— Vers un modèle européen de gouvernance


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