Revue internationale et stratégique
Dalloz

Institut des relations internationales et stratégiques

I.S.B.N.9782247082018
256 pages

p. 89 à 90
doi: en cours

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Dossier

n° 72 2008/4

2008 Revue internationale et stratégique Dossier

Editorial

Laure Delcour respectivement directrice de recherche et chercheur à l'IRIS Barah Mikaïl respectivement directrice de recherche et chercheur à l'IRIS
La montée en puissance des BRIC, l'affirmation de l'Organisation de coopération de Shanghai, la volonté d'ex-Républiques soviétiques de rejoindre l'OTAN ou l'Union européenne, le rôle de la Chine en Afrique, les interrogations sur l'ouverture du Conseil de sécurité des Nations unies ou du G8 à de nouveaux pays sont autant d'indicateurs d'un brouillage des sphères d'influences traditionnelles des relations internationales, héritées du XXe siècle. Ils témoignent aussi de l'émergence – sous des formes diverses – de nouvelles alliances, dont l'aboutissement reste néanmoins à confirmer.
Ce sont cependant ces tendances globales qui méritent, aujourd'hui, d'être définies au travers de leurs principales articulations. Le monde semble en effet, près de vingt ans après la fin de la guerre froide, connaître des mutations si conséquentes qu'elles pourraient déjà porter un coup – même relatif – à l'épisode unilatéral qu'ont pu faire valoir jusqu'à peu les États-Unis. Cela ne signifie en rien que Washington soit sur le déclin, bien entendu. Le monde reste en effet fonction d'orientations globales qui ne sauraient qu'exceptionnellement connaître un bouleversement radical, ce qui garantit encore un potentiel international correct pour les États-Unis. Mais, pour l'heure, c'est plutôt au contrecoup des frasques de l'Administration Bush que l'on assiste, avec pour effet la mise en évidence d'une volonté de (re)positionnement de puissances en gestation. C'est ce que l'on peut noter, exemple parmi d'autres, devant la stratégie développée par la Chine sur le continent africain, tout comme devant les politiques renouvelées développées par la Russie dans son proche environnement géographique. Le tout sans oublier que l'Amérique latine elle-même est en proie à des réorientations politiques qui soulignent son dépit vis-à-vis de son puissant voisin septentrional.
Le monde et ses orientations ne se résument pas pour autant aux seuls enjeux découlant de l'hégémonie américaine sur la scène internationale. Les thèmes et évolutions sont en effet légion, qui rendent encore plus urgente la mise en place d'outils d'accompagnement adéquats. Les enjeux migratoires connaissent ainsi des recadrages fondamentaux, et qui méritent de leur porter une attention plus accrue ; les enjeux énergétiques eux-mêmes sont tout aussi importants et déterminants, en ce sens qu'ils ont un impact sur les redéfinitions des perspectives à l'international. Ce sans oublier que le risque terroriste a, depuis les événements du 11-Septembre en particulier, tout aussi bien fait prévaloir une forme d'insécurité de tous les instants qui ne trouve malheureusement pas toujours des réponses adéquates.
Devant la portée de ces enjeux, faut-il croire en une possibilité pour l'ONU et sa réforme tellement souhaitée, de participer des évolutions requises pour une bonne avancée des perspectives à l'international ? D'autres instances intergouvernementales, telles le G8, l'OMC, la Banque mondiale ou encore le FMI, vont-elles arriver par la force des choses à une participation active de la refonte des perspectives à l'international ? La mondialisation du capitalisme, elle-même, va-t-elle continuer à imprimer sa marque ? Autant de questions qui méritent d'être posées, tant le monde connaît une évolution vers des horizons incertains. Dit autrement, si le monde a été jusqu'à présent marqué par un ascendant franchement américain, rien ne permet de dire qu'une telle situation continuera à prévaloir d'ici à cinq ou dix années.
C'est dès lors tout le sens du dossier présent que de vouloir mettre l'accent sur les évolutions en cours qui pourraient vite engager le monde vers des logiques sensiblement modifiées. Il n'y là aucune volonté de vouloir hâter les perspectives de manière indue, et forcément aléatoire. Bien au contraire, c'est plutôt une bonne compréhension des logiques passées et présentes qui, à notre sens, permettra à tout un chacun de s'armer des arguments les plus fiables pour évaluer les perspectives mondiales qui pourraient prévaloir.
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