L’Allemagne et l’Europe
Maxime Lefebvre
Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne s’est engagée dans une culture de retenue stratégique, d’utilisation civile de la puissance (le soft power) et d’attention prioritaire aux grands défis entraînés par la mondialisation. L’Europe était le projet central de la politique étrangère allemande, cautionnant et amplifiant ses orientations stratégiques. La construction européenne a ainsi offert aux Allemands une identité, voire une forme de nationalisme de substitution. Mais à mesure que le pays retrouvait sa puissance, il a de plus en plus vu l’Union européenne comme un instrument de la politique de défense de ses intérêts. Toutefois, l’Allemagne ne peut que rester un pays fondamentalement pro-européen, et a toujours besoin de partenaires, en particulier de la France, pour exercer un effet de levier.
Germany and Europe
After the Second World War, Germany has embarked on a culture of strategic restraint, use of “soft power” and exclusive attention to the great challenges posed by globalization. Europe was the central project of German foreign policy, restricting and amplifying its strategic orientations. The European construction has offered the Germans an identity, even a form of substitution nationalism. But when measuring a country’s return to power, it has increasingly seen the European Union as a policy instrument to defend its interests. However, Germany can only be a fundamentally pro-European, and still needs partners, particularly France, to exercise leverage.
• Le projet européen vu d’Allemagne
• Entre la rédemption et le retour de la puissance : l’évolution de la politique européenne de l’Allemagne
• L’Allemagne dans le système européen des nations