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S'inscrire Alertes e-mail - Journal de la Société des Océanistes Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezHostile Shores. Catastrophic Events in Prehistoric New Zealand and their Impact on Maori Coastal Communities
AuteurGilles Bounoure du même auteur
1 McFadgen Bruce, 2007. Hostile Shores. Catastrophic Events in Prehistoric New Zealand and their Impact on Maori Coastal Communities, Auckland University Press, Auckland. xiv-298 p., appendices, bibliogr., index, nombreuses ill. noir et blanc, cartes et figures dans le texte.
2 Dû à un archéologue chevronné, auteur de plus de soixante-dix contributions scientifiques tirées de quatre décennies de travail de fouille et d’analyse des données de terrain, ce livre a deux ambitions explicites, exposées dans son sous-titre et rappelées p. 15 : « en premier lieu décrire les diverses catastrophes naturelles » anciennes survenues en Nouvelle-Zélande « dans leur contexte stratigraphique pour corréler et dater ces événements préhistoriques » et « en second lieu explorer les effets de ces événements sur les communautés littorales préhistoriques ». Sur ces deux sujets formant aussi le plan du livre, il apporte à la fois des connaissances de première main et de remarquables exposés synthétisant avec grande clarté les progrès récents de l’archéologie néo-zélandaise. Mais la conclusion qu’il finit par en tirer semblera considérable à quiconque connaît un peu la civilisation et les arts maori, et le caractère encore énigmatique de leur évolution.
3 On l’oublie trop souvent, la Nouvelle-Zélande reste le théâtre de phénomènes volcaniques et sismiques intenses, du fait de sa situation à la jointure de deux plaques tectoniques, l’indo-australienne et la pacifique, le long d’une zone de subduction que prolongent notamment les fosses sous-marines de Puységur au sud et des Kermadec au nord. À côté de manifestations telluriques spectaculaires et quelquefois terrifiantes rapportées par les voyageurs ou les journalistes, rien n’est plus impressionnant que la carte dressée en 1952 par Harold Wellman (p. 21), montrant, d’après leurs correspondances géologiques, le glissement horizontal sur 480 km des parties est et ouest de l’île du Sud le long de la « faille alpine » qui la traverse entièrement. L’île du Nord comporte également diverses failles de même orientation, elles aussi à l’origine d’éruptions et de séismes, mais, selon l’auteur, les populations maori d’abord établies sur les côtes avaient moins à craindre de ces phénomènes que des tsunamis engendrés par l’activité tectonique sous-marine, et dont l’archéologie met en évidence les ravages répétés sur le littoral et les estuaires qui le ponctuent.
4 Voilà pourquoi, dans cette Nouvelle-Zélande qui peut être considérée globalement comme un « lieu précaire de résidence » (titre du premier chapitre), les Maori qui se fixèrent d’abord sur ses rivages empoissonnés, giboyeux et relativement fertiles, en vinrent à s’éloigner de ces côtes devenues « hostiles » au terme de catastrophes répétées et qui semblent s’être précipitées aux alentours de l’an 1500 de notre ère. Les faisceaux très serrés d’indices archéologiques, biologiques, chimiques, géologiques sur lesquels Bruce McFadgen appuie ses hypothèses toujours prudentes, en appelant du reste les spécialistes à les discuter fermement (p. xiii), proviennent de plusieurs milliers de sites, et il est évidemment impossible de résumer ici une telle masse de données, ainsi que l’auteur le fait dans ses appendices. Mais, tout comme les recherches de Roger Duff (1950) ont établi sans conteste la réalité de The Moa-hunter Period of Maori Culture, on retiendra certainement comme un apport essentiel à l’archéologie et à l’histoire maori cette leçon de Hostile shores, la mise en évidence de l’abandon massif des sites côtiers au cours du xvie siècle, et la réinstallation de leurs descendants dans des zones plus abritées, quoique plus difficiles à aménager, à cultiver et à défendre.
5 De ce livre souvent très technique mais de lecture aisée et parfois passionnante, on conservera les deux paragraphes extrêmement suggestifs sur lesquels s’achève le corps du texte (p. 237) :
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8 Cette dernière hypothèse, qui s’appuie notamment sur l’exemple de l’extinction « anthropique » du moa, devra elle aussi être discutée, mais il est précieux de disposer avec ce livre d’un début d’explication de cette énigme, le passage de la culture maori de sa phase archaïque à sa phase classique, si manifeste dans l’ensemble de ses productions artistiques.
Bibliographie
Bibliographie
Duff Roger, 1950. The Moa-hunter Period of Maori Culture, Wellington, Dept. of Internal Affairs, Canterbury Museum bulletin 1.
POUR CITER CET ARTICLE
Gilles Bounoure « Hostile Shores. Catastrophic Events in Prehistoric New Zealand and their Impact on Maori Coastal Communities », Journal de la Société des Océanistes 1/2009 (n° 128), p. 174-175.
URL : www.cairn.info/revue-journal-de-la-societe-des-oceanistes-2009-1-page-174.htm.





