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Journal du droit des jeunes

2001/5 (N° 205)


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Art. 1er. - Les conditions dans lesquelles une contraception d’urgence peut être administrée aux élèves des établissements d’enseignement du second degré, en application des dispositions du dernier alinéa de l’article L. 5134-1 du Code de la santé publique, sont déterminées par le protocole national annexé au présent décret.

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Art. 2. - La ministre de l’Emploi et de la Solidarité, le ministre de l’Education nationale, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, la ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance, le ministre délégué à la Santé, le ministre délégué à l’Enseignement professionnel et la secrétaire d’Etat aux Droits des femmes et à la formation professionnelle sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Annexe

Protocole national sur la contraception d’urgence en milieu scolaire

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Le présent protocole détermine les modalités d’administration de la contraception d’urgence non soumise à prescription obligatoire aux élèves externes et internes des établissements d’enseignement du second degré.

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Il appartient à ces établissements de respecter les dispositions suivantes et d’adapter en conséquence leur mode de fonctionnement :

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1. Peuvent administrer cette contraception d’urgence les infirmières et les infirmiers rattachés à un établissement et y disposant d’un local permettant le respect de la confidentialité.

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2. Toute décision concernant l’administration d’une contraception d’urgence doit être précédée d’un entretien avec l’élève, qu’elle soit mineure ou majeure.

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Cet entretien doit permettre à l’infirmière ou à l’infirmier d’apprécier si la situation de l’élève correspond aux critères d’urgence et de détresse caractérisée prévus par le cinquième alinéa de l’article L. 5134-1 du Code de la santé publique et aux conditions d’utilisation prévues par l’autorisation de mise sur le marché.

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Chaque fois, il sera indiqué à l’élève que la contraception d’urgence ne constitue pas une méthode régulière de contraception et qu’elle peut ne pas être efficace dans tous les cas.

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Elle sera également informée que ce médicament ne saurait lui être administré de manière répétée et que son usage ne peut être banalisé.

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Lorsque les indications du médicament ne permettent plus l’administration d’une contraception d’urgence, l’élève devra impérativement être orientée vers un centre de planification ou d’éducation familiale, l’hôpital ou un médecin généraliste ou gynécologue en cas de retard de règles.

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3. La mise en place d’une éventuelle contraception d’urgence suppose de prendre en compte deux types de situations :

L’élève mineure

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L’infirmière ou l’infirmier recherche les modalités les plus appropriées en fonction de l’âge et de la personnalité de l’élève aux fins d’informer celle-ci des différentes possibilités de contraception d’urgence, de lui indiquer les structures existantes pour se procurer de tels médicaments (pharmacie, centre de planification ou d’éducation familiale) et de lui proposer d’entrer en contact avec un médecin. L’infirmière ou l’infirmier propose également à l’élève, qui peut le refuser, de s’entretenir avec l’un des titulaires de l’autorité parentale ou avec son représentant légal de la démarche d’aide et de conseil mise en œuvre.

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Si aucun médecin ou centre n’est immédiatement accessible et si l’élève est dans une situation de détresse caractérisée, l’infirmière ou l’infirmier pourra, à titre exceptionnel, administrer la contraception d’urgence à l’élève concernée aux fins de permettre d’éviter une grossesse non désirée à un âge précoce.

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Il conviendra dans ce cas de s’assurer de la prise effective par l’élève du médicament et du respect de la posologie.

L’élève majeure

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L’infirmière ou l’infirmier informe l’élève des différentes possibilités d’accès à la contraception d’urgence (médecin, pharmacie, centre de planification ou d’éducation familiale, urgences hospitalières) en l’aidant si nécessaire à prendre rapidement un rendez-vous et lui propose d’entrer en contact avec sa famille.

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Si aucun médecin ou centre n’est immédiatement accessible et si l’élève est dans une situation de détresse caractérisée, l’infirmière ou l’infirmier pourra, à titre exceptionnel, administrer la contraception d’urgence à l’élève concernée aux fins de permettre d’éviter une grossesse non désirée.

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4. L’administration de ce médicament doit faire l’objet de la part de l’infirmière ou de l’infirmier d’un compte rendu écrit, daté et signé sur le « cahier de l’infirmière » ou tout autre document prévu à cet effet dans l’établissement.

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A la fin de chaque année scolaire, l’infirmière ou l’infirmier, quel que soit son établissement d’exercice, établit et adresse à l’infirmière ou à l’infirmier conseiller technique auprès de l’inspecteur d’académie pour les établissements relevant du ministère de l’Education nationale et à la direction régionale de l’Agriculture et de la Forêt pour les établissements relevant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche un état faisant apparaître le nombre de demandes de ce médicament de la part des élèves mineures et majeures, ainsi que le nombre d’élèves auxquelles une contraception d’urgence a été administrée ainsi que le nombre d’élèves mineures et majeures orientées vers d’autres structures.

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5. L’infirmière ou l’infirmier organise un suivi de chaque élève à laquelle une contraception d’urgence a été administrée.

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Dans tous les cas, il lui appartient de veiller à la mise en œuvre d’un accompagnement psychologique de l’élève et d’un suivi médical par un centre de planification ou d’éducation familiale, ou d’un médecin traitant ou spécialiste visant à :

  • s’assurer de l’efficacité de la contraception d’urgence, notamment en conseillant un test de grossesse lorsqu’il est constaté un retard de règles ;

  • prévenir les maladies sexuellement transmissibles et le sida, notamment en vue d’un dépistage et, éventuellement, d’un traitement précoce ;

  • discuter d’une méthode de contraception régulière adaptée à son cas.

Pour citer cet article

« Contraception d'urgence. NOR : MENE0100458D. Décret n˚ 2001-258 du 27 mars 2001 pris en application de la loi n˚ 2000-1209 du 13 décembre 2000 », Journal du droit des jeunes, 5/2001 (N° 205), p. 44-44.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2001-5-page-44.htm
DOI : 10.3917/jdj.205.0044


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