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Journal du droit des jeunes

2002/6 (N° 216)


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Non, pas un RMI-Jeunes, répond Patrick Kanner : l’aide aux jeunes de moins de 25 ans doit être, à son avis et selon l’Union des centres d’action sociale, une aide par l’emploi et la formation ! Nous avons applaudi la création des emplois-jeune (les C.C.A.S. en ont créé des milliers...), le programme Trace et tous les dispositifs de lutte contre le chômage mais on s’aperçoit que beaucoup des emplois ainsi offerts ont été destinés à des jeunes déjà formés et que 50 % sont restés sur le carreau, dont une dizaine de milliers de jeunes en grande difficulté.

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« Nombre d’emplois-jeune ont été destinés à des jeunes déjà formés et il reste des milliers de jeune en difficulté ».

Mais il faut reconnaître les situations d’urgence…

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L’insertion passe donc d’abord par l’emploi et la formation : il ne faut pas laisser tomber toute une génération ! Dans le Département du Nord comme ailleurs, mais sans doute plus qu’ailleurs, se trouvent de jeunes en grande difficulté, peu aptes à bénéficier de ces dispositifs d’accès à l’emploi ; l’octroi de ressources régulières et le principe d’une allocation d’autonomie a donc été une priorité dans le Nord mais il faut que ce droit à une allocation de subsistance soit un droit universel, applicable, au nom de l’égalité, sur tout le territoire national ; pour autant, ajoute Patrick Kanner, cette aide doit être individualisée, en fonction, notamment, du projet du jeune et de son investissement personnel.

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Il faut assurer un revenu régulier permettant de mener une vie digne et, pour cela, il faut une loi qui instaure ce droit mais ce droit doit être géré dans la proximité pour permettre l’individualisation.

Ne pas faire au national ce qui peut se faire localement

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Patrick Kanner voit la mise en œuvre de ce principe par la création d’un barème national et la possibilité d’octroyer des compléments locaux selon l’urgence des situations et les besoins particuliers. Rien n’empêche de faire mieux que le national tout en appliquant la règle de subsidiarité consistant à ne pas faire au national ce qui peut se faire au niveau local.

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Sans doute les montants évoqués par la commission nationale et ceux prévus dans le contrat d’accès à l’autonomie qu’instaure le Département du Nord sont ils modeste et ces allocations de subsistance, de survie même, ne semblent pas suffisantes pour mener une vie conforme à la dignité humaine ; cela repose d’évidence la question de l’ensemble des minima sociaux en France : voyez le montant du salaire minimum, celui des retraites ou celui du revenu garanti aux personnes handicapées (569,38 euros par mois pour un handicapé vivant seul !).

L’aide des parents

Lorsque les jeunes ne vivent plus chez leurs parents, l’implication financière des familles reste forte, surtout pour les étudiants (neuf ménages étudiants sur dix reçoivent une aide financière régulière, monétaire ou en nature, de sorte que 20 % seulement sont en dessous du seuil de pauvreté.

A contrario, les jeunes ménages dont les membres sont au chômage ou inactifs non étudiants se trouvent dans une situation plus précaire ; moins fréquemment aidés par leur famille, près de 50 % sont en risque de pauvreté élevé.

Source : INSEE Première, n°286, févr. 2002, Ed. INSEE, 18, bd Adolphe-Pinard, 75675 Paris Cedex 14 - tél. : 01 41 17 50 50

Logement, revenu et insertion

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Ce revenu, même régulier, ne permet guère de mener une vie convenable ni d’envisager un contrat d’autonomie à la mode nordiste si le jeune ne dispose pas d’un logement.

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Les Centres d’hébergement d’urgence ne sont, en général, pas adaptés à une population de jeunes dont une bonne part n’a, par ailleurs, guère de possibilité d’accès à un logement autonome et au FSL ; or de ces jeunes qui ont besoin de poser leurs valises, il y en a partout. La collaboration des communes a donc été recherchée pour créer des structures adaptées sur le modèle du SARL (voir ci-contre) qui offrent une semi autonomie et un encadrement éducatif en vue d’une insertion professionnelle (emploi ou contrat de qualification). Tout un programme !

Accueil et réinsertion par le logement

Un parcours du combattant !

Crée en 1996 à Lille, le S.A.R.L. [*] est une résidence sociale qui a pour objectif le relogement autonome et définitif de jeunes de 18 à 26 ans en situation d’errance ou de grande instabilité de logement. Il peut accueillir douze couples avec ou sans enfants ou paires de jeunes (deux garçons ou filles par logement) pour une durée de six à douze mois. En 2001, 26 ménages ont occupé la résidence sociale : cinq couples, 13 garçons et huit filles. La même année, 17 ménages ont quitté le S.A.R.L. : quatre jeunes sont retournés dans leur famille, deux ont été relogés en Foyer de jeunes travailleurs, onze ont été relogés de manière autonome, en majorité dans le secteur locatif privé.

Le S.A.R.L. n’est pas un centre d’hébergement d’urgence et les admissions font l’objet d’une procédure stricte : les demandes d’admission sont étudiées à partir d’une "note de situation d’un référent social" (sic) ; les candidats sont reçus à deux entretiens, le premier avec l’équipe éducative, le second avec la psychologue et l’admission est validée ou non en réunion d’équipe (en 2001, 25 candidatures ont été ainsi retenues pour 75 demandes).

Une équipe comprenant notamment deux travailleurs sociaux et un psychologue assure un accompagnement qui peut durer jusqu’à 24 mois en cas de relogement autonome (22 ménages ont été suivis en 2001 dans leur nouveau logement). Dès le premier entretien d’admission, les jeunes sont informés de l’obligation d’adhérer à l’accompagnement social proposé ; cet accompagnement comporte, de façon incontournable, plusieurs dimensions : le logement (sensibilisation aux droits et devoirs des locataires, entretien du logement, paiement du loyer, organisation des rythmes de vie, etc.), l’insertion professionnelle, la gestion du budget, l’accès aux droits sociaux, suivi sanitaire, socialisation-comportement. Sauf cas extrêmes (alcoolisation à répétition, toxicomanie ou comportements violents), la consultation de la psychologue n’est pas obligatoire mais proposée.

L’équipe du S.A.R.L. note que le relogement des jeunes s’avère parfois être un parcours du combattant, les bailleurs restant méfiants lorsque la situation financière n’est pas stabilisée. Le versement d’une caution et l’engagement d’une garantie financière facilite le relogement. L’équipe souhaite élargir les possibilités d’hébergement par la mise à disposition de logement en A.L.T. (allocation logement temporaire), notamment pour orienter des personnes que la résidence sociale ne peut accueillir, faute de place.

[*]

Service d’accueil et de réinsertion par le logement, tél. 03 20 52 54 10

Plan de l'article

  1. Mais il faut reconnaître les situations d’urgence…
  2. Ne pas faire au national ce qui peut se faire localement
  3. Logement, revenu et insertion

Pour citer cet article

Bartholomé Jean-Pierre, Kanner Patrick, « Vers un RMI-Jeunes ? », Journal du droit des jeunes, 6/2002 (N° 216), p. 32-33.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2002-6-page-32.htm
DOI : 10.3917/jdj.216.0032


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