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Journal du droit des jeunes

2002/8 (N° 218)


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La réflexion sur l’évolution de la mesure de «tutelle aux prestations sociales enfants» incite a partager une réflexion sur la bientraitance et à s’interroger plus largement sur comment bientraiter - traiter bien - les parents des enfants en danger, ceux dont la santé, la sécurité, la moralité ou les conditions d’éducation sont gravement compromises (art. 375), c’est a dire les parents pour lesquels la mesure de tutelle est organisée.

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Qu’il s’agisse de parents maltraitants ou de parents en fragilité économique ou psychique, avec des enfants vivant au foyer ou séparés d’eux, cette tutelle lorsqu’elle est ordonnée est bien de l’ordre de la prévention, même lorsqu’elle semble aujourd’hui avant tout une mesure de sûreté pour le paiement des dettes ! Se pose alors, ici comme dans toutes les autres mesures, la question de la bientraitance dans les pratiques professionnelles.

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Depuis l’époque des «enfants martyrs» ou des «enfants battus» on a beaucoup décrit ces dernières décennies les différentes formes de maltraitance directe exercée sur les enfants au sein de leurs familles et les conditions de leur émergence.

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On a commencé ensuite à décrire les violences exercées sur les enfants au sein des institutions chargées de les accueillir, de les soigner ou de les instruire : violence d’un membre isolé dans l’institution ou violence de l’institution tout entière…

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On pourrait penser que parler d’enfants en danger voire maltraités, évoque des sentiments tendres, protecteurs, réparateurs surtout lorsqu’ils sont jeunes. On sait que ce n’est pas le cas ! Quotidiennement les professionnels sont confrontés à une violence difficile à endiguer : celle des enfants qui s’agressent entre eux, et celle des parents en souffrance, puis celle des gestionnaires et financiers politiques qui méconnaissent la complexité et les difficultés de ce «retricotage». S’ajoute la violence des idéologies qui conduit chacun à ne plus écouter ceux qui pensent autrement et à ne plus travailler ensemble. Enfin, et ce n’est pas la moindre, la violence de la vie psychique : la notre et celle de l’autre c’est à dire celle de la vie pulsionnelle, combat permanent entre désir de vie et pulsion de mort.

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Dans ce contexte, l’an 2000 n’apparaît pas seulement comme le passage d’un siècle à l’autre. Cette année-là marquera sans doute dans le champ de la protection de l’enfant en danger l’arrivée sur la place publique et professionnelle de trois mots nouveaux : bientraitance, résilience et parentalité. Ils étaient bien-sûr les uns et les autres en gestation depuis une ou deux décennies, mais ils sont aujourd’hui bien présents dans notre langage et bientôt sans doute dans les mentalités et les pratiques professionnelles.

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Déjà à la fin des années 80, apparaissait le terme de maltraitance, un néologisme, encore absent des codes juridiques, mais entré progressivement dans les dictionnaires et étendu à toutes les personnes vulnérables : enfants, handicapés, personnes âgées…

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L’appétence des milieux médico-sociaux à l’utiliser continue à laisser perplexe. En effet si ce terme regroupe bien toutes les formes de violences faites aux enfants, il est aussi réducteur et ne décrit plus rien. Qui fait quoi à qui ? N’aurait-il pas alors comme fonction la mise à distance de faits insupportables en ne nommant plus, ni l’enfant, ni l’auteur, ni la forme ou l’intensité de la violence ?

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Maltraitance - traiter-mal - devient ainsi, pour beaucoup, dans son utilisation extensive, et excessive un terme susceptible de banalisation qui appelle progressivement en réaction, un autre concept : la bientraitance - traiter bien. Pourquoi ces trois mots : bientraitance, résilience et parentalité sont-ils aujourd’hui au premier plan de l’intérêt des travailleurs sociaux aujourd’hui ? On peut faire, ici l’hypothèse qu’après tant de chiffres et de descriptions insupportables dans une société où l’enfant a tous les droits, les professionnels, trop souvent confrontés à leurs limites attendent à présent une aide de l’extérieur :

  • de la société : la bientraitance

  • de la bonne nature : la résilience.

  • de la famille : la parentalité

Ne risquent-ils pas de transformer ces concepts en incantations vidées de leur sens, au risque de se désengager pour se déculpabiliser ? On pourrait le penser, lorsque se pose aujourd’hui cette nouvelle question :

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Et si le système de protection de l’enfance en danger portait en lui, les germes d’une sur-violence faite aux enfants, aux parents, et aux professionnels ?

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La prise de conscience de cette sur-violence indirecte pouvant s’exercer sur l’enfant, comme sur ses parents est récente et progressive. Il s’agit d’une véritable maltraitance des institutions (ASE - justice - école - hôpitaux… ) qui inclut les professionnels eux-mêmes, alors qu’ils œuvrent souvent douloureusement pour précisément protéger cet enfant en danger !

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L’absence d’un corpus théorique clinique et pratique, fondé sur l’expérience et la recherche, sur lequel chacun pourrait s’appuyer n’est pas compensée, à ce jour, par des évaluations continues des actions engagées. Le signalement et après ? Ce problème de fond semble être que les travailleurs médicaux et sociaux, s’ils savent bien que leurs interventions sont parfois sans effet à moyen terme, vont imaginer rarement que ces interventions puissent nuire à ceux qu’ils veulent aider !

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Quand acceptera-t-on l’idée que seule l’évaluation continue et à la clôture du dossier, est capable d’élaborer des savoirs nouveaux sur les actions mises en œuvre afin d’en comprendre les effets positifs et négatifs et de les infléchir, les transformer, voire d’en innover d’autres ? Le modèle médical est cependant intéressant : lorsqu’il s’agit d’un médicament ou d’un traitement, il s’agit non seulement de faire la preuve de son efficacité, mais l’évaluation doit aussi démontrer simultanément l’absence d’effets indésirables et l’efficacité spécifique de ce traitement.

La naissance d’un mot

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Un mot - un néologisme - ne naît pas spontanément. Il est la concrétisation d’un mouvement profond, long, issu de la connaissance de situations insupportables aux yeux de quelques précurseurs. Quelques repères et quelques noms :

  • Pour une naissance sans violence avec Frédéric Leboyer (1975);

  • L’opération «pouponnière» au ministère des Affaires sociales avec Danièle Rapoport et Marie Jeanne Reichen (1978);

  • L’humanisation des hôpitaux avec Simone Veill (1983);

  • La série télévisée de Bernard Martino, «le bébé est une personne» (1985).

Mais en même temps, d’autres noms importants font école : Michel Lemay à Montréal, Françoise Dolto sur les ondes, Terry Brazzelton aux USA,. Françoise Molenat à Montpellier, mais aussi René Clément, Annie Picard-Gauvain et bien d’autres… Plus récemment un colloque des médecins de PMI (1997) «La bientraitance existe-t-elle ?» puis un ouvrage collectif Bientraitance aux éditions Fleurus en 2000 et enfin en 2001, les premières Assises de l’enfance bien traitée.

Et dans la protection de l’enfance en danger ?

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Bien après, les gynécologues, pédiatres, psychanalystes, les nombreux professionnels intervenants dans le champ de la protection de l’enfance en danger, en arrivent aujourd’hui à réexaminer leurs pratiques et accepter l’idée des sur-violences imposées individuellement et collectivement sur les enfants, leurs familles et entre eux-mêmes. Cependant pour envisager des pratiques plus bientraitantes il convient d’abord de comprendre en quoi la maltraitance faite aux enfants génère tant de violence entre les adultes et entre les institutions qui s’en occupent.

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On connaît mieux aujourd’hui les effets de la violence intra-familiale sur la personne du professionnel. La violence provoque chez lui des mouvements émotionnels à présent bien connus et décrits : angoisse, peur, déni, dépression, impuissance ou toute-puissance.

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L’identification à l’enfant maltraité ou à la mère carencée se fera dans la confrontation aux images parentales inconscientes chez chaque professionnel. Or, on sait que l’identification à l’un ou à l’autre désorganise, divise les professionnels entre eux et peut aboutir à des décisions préjudiciables pour l’enfant et ses parents. En effet, la maltraitance s’inscrit dans des cultures et des traditions familiales où chaque professionnel peut se retrouver. Quelle peut-être une norme commune dans une société composite aux cultures d’origine ou de classes si variées ?

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Face à la maltraitance, le professionnel est aussi confronté à l’horreur, par ce qu’il a peut-être rencontré a des degrés divers dans son histoire personnelle - les composantes affectives de sa biographie sont réveillées. Les histoires de famille ne sont pas indemnes d’un certain nombres d’événements douloureux : il n’y a pas, d’un côté des familles horribles, impossibles ou carencées et de l’autre, celles qui seraient bien dans les normes, bien distinctes les unes des autres ! L’appréciation du bien-être de l’enfant n’est-elle pas en fin de compte faite de notre propre enfance ?

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De nombreux mécanismes plus ou moins inconscients sont à l’œuvre chez les professionnels et dans les institutions confrontées à la violence comme en miroir avec celle des familles, et qui les empêchent de penser pour mettre en mots. Les idéaux familiaux dont nous sommes tous porteurs sont brutalement mis en danger par cette violente révélation qu’être géniteur ce n’est pas forcément un label pour être bon parent. L’aveuglement ou la surdité de certains professionnels, puis leur peur, témoignent du malaise où ils se trouvent pour affronter des situations de conflits familiaux de maltraitance et aussi de «mal-aimance».

Les mots qui tuent

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Quelques exemples de ces mots que l’on entend encore, et que l’on prononce parfois soi-même sans mesurer leur impact.

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En direction des enfants :

  • c’est pour ton bien;

  • tu me remercieras plus tard;

  • qui aime bien châtie bien;

  • tu es nul !

  • ne fait pas ton intéressant;

  • peut mieux faire (école);

  • Tais-toi : soit un homme (hôpital).

En direction des parents : - convocation au lieu d’invitation - surveillance au lieu de consultation (PMI) - enfants de la DASS, au lieu d’enfants accueillis - placement au lieu d’accueil - prise en charge au lieu d’accompagnement - alcoolique au lieu de dépendance à l’alcool - enfants «martyrs» qui appellent des parents «bourreaux», «les attributs de l’autorité parentale» (langage administratif).

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Mais aussi en direction des professionnels, en provenance des médias ou de certaines associations, brisons la conspiration du silence ! Rien n’est fait, faisons tomber les tabous ! Sortons de la conspiration du silence «familles pauvres -. ces enfants qu’on arrache !», (médias) «les travailleurs sociaux, horde psychologisante qui exerce avec griserie un pouvoir sur les bourgeois» (médias) «les travailleurs sociaux savaient mais ne faisaient rien» (médias) «tous les enfants maltraités deviennent des parents maltraitants» (idéologie).

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Combien de jugements de valeur dévalorisants, de désinformation ou d’idéologies contenues dans de telles affirmations. Les excès de cette «militance» médiatique et parfois politique, qui ont suivi la Loi du 10 juillet 1989, outre qu’ils n’informent pas sur le fond peuvent donner au grand public le sentiment que rien ne peut être fait, et que les solutions doivent être drastiques (pénalisation, placements). En terme simpliste, il faut pénaliser encore plus lourdement les «bourreaux» séparer et placer, voire adopter les «martyrs». Jouer sur les sentiments d’impuissance ou de culpabilité n’a jamais conduit à une prise de conscience c’est-à-dire, une préoccupation susceptible, seule, de conduire à l’action et au désir de changement, c’est-à-dire à plus de bientraitance. Changer les mots aide parfois à changer le regard et peut-être les mentalités. Le même ministère se nomme ministère du Bien-être Social au Québec, et Ministère des Affaires Sociales en France.

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Dans ce contexte de violence, comment dégager des voies pour plus de bientraitance ? Au moins trois pistes de réflexion :

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- la prévention - l’évaluation - le soutien aux professionnels.

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1) La prévention, c’est comment ne pas entrer un jour dans le système de protection et de réparation. C’est l’accueil bien-traitant (bien porté) de l’enfant dès sa conception à la maternité, à la crèche, à l’école, chez lui. C’est l’affaire de tous et de chacun, mais plus précisément :

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- C’est avec les hôpitaux (maternité-néonatologie) et la médecine libérale, que les services sociaux et P.M.I., qui savent que la péri-natalité est une période clef, devront soutenir particulièrement les parents jeunes, démunis et isolés. Le développement de lieux de paroles autour de la maternité permettrait l’observation des compétences de l’enfant restitué à la mère comme une sorte de pansement narcissique. Pour les professionnels, c’est aussi un moment de partage émotionnel qui peut constituer pour la mère un véritable filet humain, favorable à l’établissement de liens sociaux, entre l’intérieur et l’extérieur de la maternité. Les staffs de parentalité, les maisons des bébés sont aujourd’hui l’amorce de plus de bientraitance, afin de mieux utiliser ces moments magiques de réceptivité

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- C’est avec la crèche, haltes garderies, assistantes maternelles, P.M.I. qu’il faut engager une réflexion sur l’adéquation des horaires, des accueils c’est-à-dire des espaces de parole - et d’écoute - pour ces parents en grande difficulté, souvent désorganisés ou grands carencés. Ces activités de groupes, véritables «écoles de parents» qui permettent l’expression des émotions et de l’empathie, mais aussi la prise de conscience des dysfonctionnements relationnels.

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- C’est avec une école éducatrice et non humiliante, que peut, par exemple, se développer une solidarité de proximité, que les jeunes peuvent être préparés à leur vie affective et sexuelle c’est-à-dire à leur fonction parentale en devenir.

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- C’est de la place où l’on est, retricoter le lien social. Une idée de plus en plus répandue chez tous ceux qui observent l’évolution de notre société, qu’est devenu le lien social ? Comment le restaurer ? Et qui doit le faire ? Certains professionnels tentent aujourd’hui de mettre en place des réseaux de proximité, familles relais, familles confidentes, parrainages encadrés par eux. Les travailleurs sociaux ne doivent-ils pas aujourd’hui être aussi des acteurs de changements, innovant dans une véritable prévention précoce, en ce sens, qu’en recréant le lien social si distendu, ils organisent pour les parents carencés le soutien naturel dont ils ont besoin, et qu’un grand nombre de familles-relais sont prêtes à leur donner. Soutenir la fonction parentale, c’est une culture commune à développer, qui concerne la société et tous les partenaires et pas seulement quelques spécialistes.

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2) L’évaluation c’est comment et dans quel état sortir du système de protection

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Si l’on voit bien le bénéfice que les enfants pourront retirer de parents mieux valorisés, mieux soutenus, il reste à s’intéresser à ce qu’il advient des enfants entrés dans le système de protection, lorsque l’action préventive est insuffisante et qu’il faut procéder à un signalement.

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La vision fragmentée des prises en charge des enfants, et du nombre important de leurs changements de lieux de vie, nous oblige aujourd’hui à nous intéresser à leurs parcours. Depuis la loi de 1989, les efforts pour repérer, identifier toutes les formes de maltraitance, mieux évaluer les signalements faits à l’ASE. ou à l’autorité judiciaire, ont été considérables. Mais signaler n’était-il pas devenu une fin en soi ?

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Notre système de protection de l’enfance est complexe, fait d’interventions concomitantes susceptibles de générer des synergies bénéficiant aux enfants et à leurs familles. Encore faut-il en avoir une connaissance globale pour en évaluer les effets et savoir si, ces effets sont positifs, neutres, voire négatifs ?

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L’évaluation continue des mesures mises en œuvre oblige à quelques règles qui supposent à la fois une rigueur professionnelle et une confiance des professionnels et des institutions entre elles..

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3) Le soutien aux professionnels est la condition qui permettra que la prévention et l’évaluation deviennent des voies pour plus de bientraitance. En premier lieu il va dépendre de la qualité de cette formation des professionnels. mais aussi de leur encadrement.

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- La formation initiale et continue a été renforcée par la loi du 10 juillet 1989 et étendue à l’ensemble des responsables d’encadrement d’enfants.

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Mais plus que des connaissances, ce sont surtout des aptitudes et des comportements adaptés que la formation doit apporter aux professionnels. Dans le cadre des formations continues, mais aussi dans les lieux de supervision, les jugements idéologiques - le mythe de l’amour maternel inné par exemple - les généralités à partir d’expériences négatives, les «a priori», les étiquetages véhiculés par un vocabulaire professionnel, devraient être revisités dans un processus étalé dans le temps. Actuellement, les formations dispensées portent essentiellement sur le système de protection, les lois, le repérage et le signalement, mais apportent peu d’attention aux émotions des professionnels. La formation à l’empathie «cette habilité à lire les sentiments des autres et à y répondre de façon appropriée» devrait être au cœur de ce soutien aux professionnels.

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Concrètement, et en vrac, bientraiter, c’est pour les professionnels travailler à :

  • déconfusionner et différencier la place de chacun des intervenants :

  • introduire avec soin, un autre intervenant sans risque de réactiver l’abandon;

  • tenir dans la continuité, sans tentation de passer la «patate chaude»;

  • favoriser les interventions précoces, porte d’une pédagogie du succès;

  • introduire le doute, cet état d’esprit intermédiaire entre ignorance et certitude;

  • suppléer sans remplacer;

  • être plus des révélateurs de compétences que des stigmatisateurs de défaillances;

  • plaider pour un changement de regard qui ne soit ni naïf, ni incantatoire;

  • éviter catégorisations et étiquetages;

  • faciliter l’expression de l’ambivalence des sentiments chez les jeunes parents;

  • repérer et valoriser les évolutions et les rencontres;

  • créer autour des parents un réseau qui soutient, sans étouffer;

  • développer des lieux festifs entre familles (sorties - goûters);

  • s’appuyer sur la famille élargie et son réseau relationnel;

  • rendre les lieux d’accueil et d’écoute accueillants, propres et respectueux;

  • rendre les horaires accessibles aux parents qui travaillent;

  • prévoir un accueil spécifique à l’urgence;

  • ne pas rester exclusivement des «réparateurs de mères». Réintroduire les pères et beaux-pères;

  • parler clairement : le jargon administratif ou scientifique est hégémonique;

  • rompre les solitudes en s’appuyant plus sur le tissu associatif, souvent méconnu des professionnels;

  • débusquer les injonctions paradoxales : «signale sans délai» (professionnels) mais aussi «affirme-toi, mais ne désobéis pas» (enfants).

En résumé c’est :

  • une meilleure connaissance de l’impact de la violence familiale sur les professionnels et les institutions qui devrait réduire la violence exercée les uns sur les autres, au détriment des enfants;

  • une plus grande implication et participation des parents aux projets faits pour l’enfant qui devrait réduire la souffrance de la séparation, de l’un et des autres et les associer à une pédagogie du succès en s’appuyant sur leurs potentialités autant que sur leurs dysfonctionnements;

  • une plus grande implication des éléments forts de la société pour retisser du lien social, qui devrait conduire les professionnels à «faire faire» au lieu de tout faire tout seul. Créer les conditions de la co-éducation et de plus de solidarité de proximité;

  • une évaluation permanente, globale et pas seulement dans les moments de crise, qui devrait autoriser des prises en charges diversifiées, innovantes, probablement plus courtes et sans doute moins coûteuses.

Plus de bientraitance pour les enfants et leurs familles, passe d’abord par plus de bientraitance entre les intervenants et entre les institutions afin de pouvoir développer des attitudes professionnelles, civiques faites d’empathie et de confiance réciproque. Les métiers éducatifs et sociaux sont comme pour les parents, exigeants et usants. La bientraitance à leur égard passe au moins par cette reconnaissance.

Notes

[*]

Chargée de cours à l’Université Paris X. Nanterre. Compte- rendu de son intervention lors du Colloque «Textes et contextes : La nécessité d’une réforme de la loi de 1966 ?» des 11 et 12 mars 2002 à Paris.

Plan de l'article

  1. La naissance d’un mot
    1. Et dans la protection de l’enfance en danger ?
  2. Les mots qui tuent

Pour citer cet article

Gabel Marceline, « Bien traiter les parents des enfants en danger », Journal du droit des jeunes, 8/2002 (N° 218), p. 32-35.

URL : http://www.cairn.info/revue-journal-du-droit-des-jeunes-2002-8-page-32.htm
DOI : 10.3917/jdj.218.0032


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